Les sureaux dans le jardin


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 238/10
Date de publication : février 1995
Commande no. 95-006
Dernière révision : juillet 2002
Situation : aucune
Rédacteur : Kevin Schooley - Division de l'agriculture/MAAO

Table des matières

  1. Emplacement
  2. Préparation du sol
  3. Plants
  4. Distances de plantation
  5. Mise en terre
  6. Entretien de la plantation
  7. Cultivars
  8. Multiplication
  9. Maladies
  10. Ravageurs
  11. Remerciements

Le sureau blanc (Sambucus canadensis) est un arbuste qui pousse à l'état sauvage presque partout dans le sud de l'Ontario ainsi que dans maintes régions de l'est de l'Amérique du Nord. Le sureau ne constitue peut-être pas une culture commerciale importante, mais on le retrouve dans de nombreux jardins privés.

Les sureaux sont appréciés pour leurs baies d'un noir tirant sur le mauve (figure 1) qu'on utilise dans les tartes, vins, gelées, confitures, jus et soupes. On les utilise également comme colorant naturel dans des produits alimentaires. Les fleurs du sureau (figure 2) servent aussi à la fabrication du vin et peuvent par ailleurs être frites en grande friture. Avec ses belles fleurs odorantes et ses fruits attrayants, le sureau est une culture d'ornement aussi bien qu'une culture fruitière.

Emplacement

Les sureaux sauvages se retrouvent normalement dans des sols fertiles et humides. Bien que les sureaux cultivés s'adaptent à une vaste gamme de conditions de sol, ils prospèrent mieux dans un loam bien drainé. La capacité de drainage du sol est un facteur important à considérer dans le choix de l'emplacement. Les emplacements situés en plein champ, loin des forêts, assurent une bonne circulation d'air, ce qui réduit les risques de maladie et de dommages attribuables au gel, aux insectes et aux oiseaux.

Figure 1. Baies de sureau à maturité.

Figure 1. Baies de sureau à maturité.

Préparation du sol

Le sureau est une plante vivace qui nécessite une bonne préparation de sol avant sa plantation. Il est utile de faire analyser le sol pour connaître sa teneur en éléments nutritifs et déterminer s'il se prête à la culture du sureau. Si le sol est sableux ou pauvre, il est préférable de l'enrichir de matière organique, telle que fumier ou mousse de tourbe, avant la plantation afin d'augmenter sa capacité de rétention de l'humidité et sa teneur en éléments nutritifs. Bien travailler le sol et le laisser se drainer comme il faut avant la plantation. L'élimination des mauvaises herbes avant la plantation par un travail du sol ou l'épandage d'herbicides, ou l'une et l'autre méthodes, facilite l'établissement des plants. Dans les sols lourds ou mal drainés, la culture sur billons peut donner des plants plus vigoureux.

Plants

Les plants de sureaux doivent être exempts de maladie. Bien que les sureaux s'accommodent de conditions difficiles, prendre garde de ne pas laisser leurs racines s'assécher avant la plantation.

Tous les cultivars de sureaux sont considérés comme partiellement autofertiles. Toutefois, comme la pollinisation croisée les rend plus productifs, toujours planter au moins deux cultivars à proximité l'un de l'autre.

Distances de plantation

Un espacement des plants sur le rang de 1 mètre et une distance de 4 à 5 mètres entre les rangs donneront une haie en trois saisons de croissance. Dans les jardins particuliers, on peut rapprocher les plants, sous réserve d'un espacement minimal de 2 mètres dans tous les sens.

Mise en terre

La mise en terre doit se faire au début du printemps. La profondeur de plantation peut varier, l'essentiel étant de bien recouvrir toutes les racines et de bien tasser le sol. On suggère cependant d'enfouir les plants à la profondeur à laquelle ils étaient cultivés à la pépinière. Un arrosage au moment de la plantation ou sitôt la plantation terminée favorise la reprise des racines et la croissance ultérieure des sujets.

Entretien de la plantation

Lutte contre les mauvaises herbes et paillage

On peut éliminer les mauvaises herbes par un sarclage superficiel du rang et de l'entre-rang pourvu qu'on prenne garde de ne pas endommager les racines. Une couche de paille, de sciure de bois ou de compost au pied des plants peut également être utile pour maîtriser les mauvaises herbes. Une haie vigoureuse de sureaux contribue par ailleurs à tenir les mauvaises herbes en échec. Les mauvaises herbes vivaces difficiles à maîtriser comme le chiendent et la verge d'or doivent être supprimées avant les plantations et détruites au fur et à mesure de leur apparition.

Irrigation

Entre la floraison et la fin de la récolte, les sureaux ont besoin d'environ 25 mm d'eau par semaine. En l'absence de précipitations suffisantes, l'irrigation s'impose si l'on vise une croissance et une fructification optimales. Arroser également les plants en cas de sécheresse prolongée après la récolte.

Taille

Au cours des deux premières saisons de croissance, laisser les plants pousser avec vigueur en s'abstenant de les tailler ou en limitant la taille au minimum. Après la deuxième année, faire la taille chaque année au début du printemps. Élaguer les tiges mortes, endommagées ou faibles. Supprimer également les tiges de trois ans; elles produisent moins de fruits et semblent davantage vulnérables à la gelure. La suppression des tiges plus vieilles stimule la croissance de tiges nouvelles, plus productives.

Dans une plantation à maturité, une taille de rajeunissement qui consiste à rabattre sévèrement toutes les tiges peut constituer une méthode de régénération économique sur le plan de la main-d'oeuvre. Cette méthode oblige cependant à renoncer à la production de la saison suivante étant donné que les tiges d'un an produisent peu.

Récolte

Les fruits du sureau parviennent normalement à maturité entre la mi-août et la mi-septembre. Les grappes mettent 5 à 15 jours à mûrir et sont faciles à récolter. Éviter de conserver les fruits dans des contenants à température de la pièce pendant plus de 2 à 4 heures; la chaleur de cueillette risquerait d'en amoindrir la qualité et de les faire se gâter rapidement. Après 3 à 4 ans, on peut s'attendre qu'un plant produise entre 5,5 et 6,8 kg (12 et 15 lb) de fruits si la plantation est bien conduite.

Cultivars

Plusieurs cultivars ont été mis à l'essai et cultivés. Voici une liste descriptive de certains des cultivars les plus fiables  :

NY21 – d'une vigueur moyenne, productif, donnant des grappes et des fruits de bonne taille.

Johns – vigoureux, productif, très haut, produisant les grappes les plus grosses (bonne valeur ornementale).

York – à maturité tardive, vigoureux, productif, portant des baies et des grappes de bonne taille.

Victoria – d'une vigueur moyenne, portant des baies et des grappes de taille moyenne.

Adams – vigoureux, produisant de grosses baies, à maturité tardive.

Multiplication

Les sureaux se multiplient facilement à partir de boutures aoûtées ou demi-aoûtées, à partir de fragments de racines ou par rejets. Au début du printemps, tandis que l'arbuste est encore en dormance, on peut prélever des boutures aoûtées comptant au moins deux yeux sur des tiges d'un an et les planter directement dans une rangée de multiplication ou à leur emplacement définitif. On peut aussi prélever des boutures l'automne sur des tiges ayant achevé leur première saison de croissance, pourvu qu'on les emballe dans du plastique pour retenir l'humidité et qu'on les remise dans un endroit frais et sombre jusqu'au printemps. On doit mettre les boutures en terre de façon que seule la paire d'yeux du haut se situe au-dessus de la surface du sol.

Figure 2. Fleurs de sureau à différents stades de leur développement.

Figure 2. Fleurs de sureau à différents stades de leur développement.

Maladies

Le virus de la tache annulaire de la tomate est responsable de l'une des maladies les plus graves du sureau. Il est disséminé par les nématodes et pendant le transfert pollinique. Le pissenlit et certaines autres mauvaises herbes peuvent également être des vecteurs de ce virus. Les plants atteints de la tache annulaire sont affaiblis, sont moins productifs et meurent tôt ou tard. Pour prévenir la propagation du virus, faire une analyse de sol avant la plantation. Si l'analyse révèle la présence de nématodes, procéder à une fumigation. Prendre soin également d'éliminer les plants de sureaux poussant à l'état sauvage dans un rayon de 31 m (100 pi) autour des plants cultivés.

Les chancres (causés par Cytospora, Nectria et Sphaeropsis) sur les tiges et les rameaux font partie des maladies cryptogamiques qu'on peut tenir en échec en élaguant et en brûlant les tiges infectées. Le blanc, qui affecte les tiges et les baies vers la fin de l'été et le début de l'automne, donne une apparence grisâtre aux baies, sans toutefois diminuer la qualité de leur jus. Parmi les affections cryptogamiques moins fréquentes, notons la tache des feuilles causée par divers champignons, la brûlure, le pourridié des racines et la flétrissure verticillienne.

Ravageurs

Les oiseaux sont les principaux ravageurs des sureaux. Ils se nourrissent des baies et peuvent occasionner des dégâts importants, surtout dans les petites plantations. Les méthodes de lutte comprennent l'utilisation de détonateurs et d'alarmes, la récolte des fruits sitôt qu'ils sont mûrs et l'installation de filets, cette dernière méthode étant la plus efficace.

Desmocène à manteau

La larve du desmocène à manteau se reconnaît à sa tête noire, à sa teinte blanc jaunâtre et à la double rangée de points noirs en travers de chaque segment du corps. Elle se nourrit à l'intérieur de la tige et peut provoquer le dépérissement et la mort de nombreuses tiges. Élaguer à l'automne le bois infesté ou mort afin de détruire les oeufs qui y sont déposés et qui y passeront l'hiver à l'abri. L'adulte est un papillon nocturne aux ailes antérieures rouille tachetées de gris, et aux ailes postérieures gris jaunâtre.

Nitidules

Les nitidules adultes mesurent 5 mm de long. Ils sont noirs et possèdent quatre taches jaunes sur les élytres. Les nitidules deviennent problématiques à partir du moment où les fruits sont endommagés ou se gâtent, car ces insectes sont attirés par les sucres en fermentation. Les larves de nitidules sont également préoccupantes. À mesure que les fleurs se forment, les larves se creusent une galerie jusqu'à la base de la fleur et se nourrissent au centre de l'inflorescence.

Phytoptes

Ces acariens minuscules, visibles uniquement au microscope, s'attaquent aux feuilles. Les bords de celles-ci s'enroulent et des bandes jaunes apparaissent. On peut se débarrasser des phytoptes par des pulvérisations de dormance, bien que les dommages qu'ils causent soient réellement sans gravité.

Autres insectes

Le desmocène à manteau adulte, qui ronge les bords des feuilles en festons, est présent en juin et juillet. Le tétranyque à deux points est un autre ravageur du sureau. En grand nombre, cet insecte peut entraîner des pertes de récolte de l'ordre de 75 %. Les autres ravageurs possibles comprennent : pucerons, altise de la pomme de terre, cochenille de la vigne, thrips, cochenille de San José, sésie du groseillier et scarabée du rosier.

Remerciements

Nous exprimons notre gratitude à G. Kis pour avoir contribué à l'élaboration de la présente fiche technique.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca