Le Topinambour


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 642
Date de publication : 08/94
Commande no. 94-078
Dernière révision : 08/94
Situation :
Rédacteur : C.J. Swanton - Département de phytotechnie/Université de Guelph; A.S. Hamill - Agriculture Canada, Harrow.

Table des matières

  1. Introduction
  2. Description
  3. Débouchés en Ontario
  4. Possibilités d'infestation
  5. Sommaire

Introduction

Même s'il est parfois commercialisé comme légume spécial, le topinambour (Helianthus tuberosus) est généralement considéré en Ontario comme une plante nuisible. Au fil des ans, sa popularité dans l'alimentation des humains et des animaux a connu des hauts et des bas. Au début de la colonie, le topinambour était prisé tant par les colons que par les Amérindiens et sa culture a sensiblement contribué à en répandre l'usage. Par le passé, on l'a recommandé comme plante fourragère, comme aliment pour les porcs et comme légume-feuille; à l'heure actuelle, on l'utilise en outre comme source de sucre et pour la production d'alcool. En Amérique du Nord, on n'en a toutefois jamais fait la culture sur une grande échelle.

Le topinambour a été ainsi nommé parce qu'on l'a cru originaire de la région du Brésil où vivait une peuplade, les Topinambous. En réalité, c'est une plante indigène de l'Amérique du Nord, qui appartient à la famille des tourne-sols. Elle fut introduite en France par Champlain au XVIIe siècle. Elle pousse à l'état sauvage le long des rivières et des ruisseaux, et dans la plupart des prés et des vallées de l'Ontario. Cultivée comme plante ornementale et pour ses tubercules comestibles, elle a gagné les champs cultivés, les bords de terrains et les bords de routes.

Description

Le topinambour (figure 1) est une plante vivace. Il se reproduit par ses graines ou par ses rhizomes (tiges souter raines) qui produisent de petits tubercules semblables aux pommes de terre. Ses tiges, robustes, mesurent d'un à trois mètres de haut et deviennent ligneuses en vieillissant. Ses feuilles, simples, sont ovées ou lancéolées, velues et dentées. Les capitules sont jaune vif et rappellent ceux du tournesol cultivé; ils sont toutefois plus petits et sont portés à l'extrémité des tiges et des rameaux axillaires. Les graines sont tachetées de noir, aplaties, cunéiformes et lisses. La production de graines est rare et n'a lieu que lorsque les plantes sont pollinisées par une plante de souche différente qui croît à proximité. Les rhizomes (figure 2) produisent des tubercules (figure 3) de tailles et de formes variées; ils peuvent être petits, ronds et noueux, ou longs, minces et lisses. Leur couleur varie du blanc au rose ou au rouge. Les souches du topinambour cultivé donnent de gros tubercules et présentent des tiges plus courtes et plus grosses que celles du topinambour sauvage.

Figure 1. Topinambours adultes en fleurs

Figure 1. Topinambours adultes en fleurs

Figure 2. Rhizomes de topinambour

Figure 2. Rhizomes de topinambour

Figure 3. Tubercules de topinambour

Figure 3. Tubercules de topinambour

Rhizomes et tubercules sont riches en substances nutritives et jouent un rôle de première importance dans la régénération de la plante. Les parties aériennes naissent de rhizomes, de tubercules ou de fragments de rhizomes et de tubercules dispersés au moment des labours.

Débouchés en Ontario

À l'heure actuelle, les tubercules sont vendus en Ontario comme aliment de santé. Ils sont riches en inuline, un polysaccharide recommandé autrefois aux diabétiques comme sucre facilement assimilable.

On pourrait utiliser la partie aérienne ou le feuillage luxuriant du topinambour comme fourrage de qualité inférieure; mais la texture ligneuse des tiges pourrait cependant en limiter l'usage. La qualité de la pulpe des tubercules et sa forte teneur en protéines laissent entrevoir la possibilité de l'utiliser comme supplément protéique dans l'alimentation des animaux. À cette fin, la pulpe est aussi bonne ou meilleure que la pulpe de la betterave sucrière.

La forte teneur en fructose du topinambour le rend intéressant comme substitut possible du sucrose, d'autant plus qu'il est facile à extraire. L'augmentation des cours mondiaux du sucrose a favorisé le recours à d'autres sucres. Comme le fructose a un pouvoir sucrant une fois et demie supérieur à celui du sucrose, il présente un rapport calorie/édulcorant inférieur. L'industrie des boissons gazeuses a été la première à employer le fructose; aux États-Unis, cet édulcorant est recommandé pour les confitures, les gelées et les conserves.

On s'est aussi montré très intéressé à convertir le fructose des tubercules en alcool éthylique. Les recherches préliminaires, effectuées à Morden, au Manitoba, laissent entrevoir la possibilité d'extraire du topinambour une quantité d'alcool éthylique supérieure par unité de volume à celle que l'on extrait de la betterave sucrière. L'intérêt que présente ce débouché sera fonction de la disponibilité et du prix des sources traditionnelles de carburant.

Possibilités d'infestation

Le topinambour cause aux agriculteurs de l'Ontario des problèmes d'infestation de plus en plus graves. La plante est difficile à éliminer, vu le nombre important de tubercules et de rhizomes qu'elle produit. En effet, les rhizomes se propagent partout et donnent naissance à de nouvelles plantes qui entrent en concurrence avec les cultures pour la lumière, les éléments nutritifs et l'eau. D'après certaines études, une forte densité de topinambours diminue de 25 % le rendement en grains de maïs et de 91 % le rendement en fèves de soya.

Les tubercules viables de l'année précédente produisent des tiges aériennes pendant la saison de croissance. Il est possible de retarder l'infestation en travaillant le sol à la fin juin, époque où les tubercules ont épuisé leurs réserves, avant la formation de nouveaux tubercules. Il faut retravailler le sol deux ou trois fois si l'on veut faire considérablement diminuer une population bien établie.

On peut réduire de façon draconienne les infestations graves par un fauchage fréquent des parties aériennes pendant deux ou trois ans. La première coupe de l'année devrait se faire en mai, avant que les rhizomes se développent.

La culture des céréales contribue à combattre efficacement le topinambour. En outre, les céréales sont habituellement récoltées assez tôt pour affaiblir les plants et limiter la formation de tubercules et de rhizomes.

La lutte chimique, conjuguée ou substituée à des méthodes culturales, a donné de bons résultats. En territoire non agricole, une pulvérisation fractionnée de Kilmor® à raison de 1 L/ha ou de Banvel® à raison de 0,7 L/ha a donné des résultats de 95 à 100 % efficaces. On peut procéder à la première pulvérisation n'importe quand après que la plante a atteint de 20 à 30 cm et, à la deuxième, dix jours plus tard. Une seule pulvérisation a donné des résultats de 50 à 80 % efficaces.

On peut employer cette méthode pour le maïs. La deuxième pulvérisation s'avère parfois difficilement réalisable, vu la fragilité des plants de maïs dans les dix à quatorze jours qui suivent. Il est, par ailleurs, déconseillé de circuler dans les champs à ce moment-là. En outre, il se peut que la hauteur du maïs empêche de circuler avec de la machinerie ordinaire. On peut cependant effectuer des traitements ponctuels à l'aide d'un pulvérisateur à dos. On effectue la dernière pulvérisation au plus tard deux semaines avant l'apparition des soies ou de l'inflorescence mâle.

Dans les cultures céréalières, la première pulvérisation de Kilmor® ou de Banvel® doit se faire suivant les recommandations du fabricant pour la lutte contre les dicotylédones annuelles; la deuxième est faite après la récolte des céréales, quand le topinambour commence à repousser.

Le Roundup® a été utilisé pour la lutte non sélective du topinambour. Le traitement est efficace lorsque l'herbicide est appliqué à raison de 6,5 à 9,0 litres à l'hectare, au milieu de l'été ou tard à l'automne. On peut l'appliquer à la repousse, après la récolte des céréales ou dans un champ en jachère. Les recherches ont révélé que les pulvérisations effectuées au printemps donnent des résultats médiocres.

La publication 75F du MAAO, intitulée Guide de lutte contre les mauvaises herbes, renferme des renseignements complémentaires sur la sécurité et les précautions à prendre à l'égard de ces produits chimiques. La conjugaison des moyens de lutte culturaux et chimiques est la meilleure façon de freiner la prolifération du topinambour.

  • Kilmor® - marque déposée de Ciba-Geigy
  • Banvel® - marque déposée de Sandoz
  • Roundup® - marque déposée de Monsanto

Sommaire

Même s'il est parfois commercialisé comme légume spécial, le topinambour est généralement considéré en Ontario comme une plante nuisible. Au fil des ans, sa popularité dans l'alimentation des humains et des animaux a connu des hauts et des bas. Au début de la colonie, le topinambour était prisé tant par les colons que par les Amérindiens et sa culture a sensiblement contribué à en répandre l'usage.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


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