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Mesures d'hygiène recommandées pour combattre les insectes et les acariens chez les légumes de serre

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 290/621
Date de publication : 01/94
Commande no. 94-030
Dernière révision : 01/94
Situation : aucune
Rédacteur : G.M. Ferguson - conseillère,serriculture/MAAARO; J.L. Shipp - Agriculture et AgriFood Canada

Table des matières

  1. Introduction
  2. L'hygiène pendant la mise en culture
  3. L'hygiène pendant la production
  4. L'hygiène en fin de production
  5. Remerciements

Introduction

L’hygiène est une stratégie culturale qui contribue pour une part importante à protéger les plantes cultivées en serre contre les arthropodes parasites (insectes et acariens). L’hygiène d'une serre passe par la destruction ou le ramassage non seulement des matériaux infestés, mais aussi des sources potentielles d'infestation. En appliquant de bonnes pratiques d’hygiène, on peut réduire et retarder l'apparition de foyers d'infestation (insectes, acariens, mauvaises herbes) et, au bout du compte, éliminer ou réduire au minimum leurs préjudices. Il est plus facile et moins coûteux d’empêcher les parasites de pénétrer dans la serre que de s'en débarrasser une fois qu'ils sont entrés. Pour être efficaces, les règles d’hygiène doivent être strictes et observées constamment. Elles doivent s'appliquer aussi bien à l’intérieur de la serre que dans les structures (chaufferie, etc.) qui sont situées dans le périmètre immédiat de la serre, et pendant tous les stades de la production. L’hygiène de la serre doit être une discipline de tous les instants.

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I. L'hygiène pendant la mise en culture

 A ce stade de la production, le programme d’hygiène devrait se composer des pratiques suivantes :

  1. Dépistage des parasites - Suspendez des plaquettes jaunes encollées de 8 H 13 cm (une pour 50-100 m2 de superficie de serre) pour dépister tôt les aleurodes, les sciarides, les thrips et les pucerons que peuvent abriter les végétaux. Placez ces pièges le long des allées, près des portes et des prises d'air, et inspectez-les au moins chaque semaine (figure 1). De plus, inspectez les plantules chaque semaine pour y débusquer les tétranyques et les pucerons. En ce qui concerne les tétranyques, cherchez sur les plantules les indices de leur présence et les lésions caractéristiques qu'ils causent. Les piqûres du tétranyque à deux points se traduisent par de petites taches jaunes sur les feuilles. Les pucerons sont en général présents dans une culture sous leur forme aptère (sans ailes) avant qu'on ne les retrouve sous forme ailée sur les plaquettes jaunes. Aussi est-il important de faire une inspection visuelle pour déceler ces parasites : ils se tiennent au revers des feuilles ou sur les points végétatifs, y abandonnent de petites mues blanches et déposent sur les feuilles des gouttelettes luisantes et poisseuses de miellat. Mettez en oeuvre les mesures qui s'imposent dès que vous avez décelé et identifié correctement ces parasites.

  2. Lutte contre les mauvaises herbes - Enlevez toutes les mauvaises herbes qui se trouvent dans la serre ou à ses abords. Elles peuvent être d'importantes sources d'insectes et d'acariens à longueur d’année.


    Dépistages des parasites à l'aide de plaquettes jaunes encollées. 

    Figure 1. Dépistages des parasites à l'aide de plaquettes jaunes encollées. 

  3. Ne suspendez jamais de jardinières de plantes ornementales au-dessus des planches de semis ou de jeunes plants repiqués, car elles peuvent également être une réserve de parasites.

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II. L'hygiène pendant la production

Pendant cette phase, il faut continuer à appliquer les mesures d’hygiène recommandées pendant la mise en culture. D'autres mesures sont également conseillées:

  1. Ramassez sans tarder tous les déchets végétaux qui jonchent les allées ou les drains et ne laissez pas de tas de détritus s'accumuler à l’intérieur de la serre ou à ses abords (figure 2). Ces tas pourraient être la cause d'infestations futures.

  2. Faites en sorte que le système de drainage fonctionne bien afin d’éviter la formation de flaques et de surfaces mouillées qui fournissent aux insectes ailés comme les sciarides et les éphydras un lieu de reproduction idéal.

  3. Ne placez jamais d'autres cultures (p. ex. plantes ornementales, vigne et figuiers) à l’intérieur de la serre car elles servent de refuge aux insectes, aux acariens et aux autres parasites.

  4. Partout où c'est possible, posez des moustiquaires pour empêcher les ravageurs d'entrer dans la serre (figure 3). Les moustiquaires sont une barrière physique efficace et simple contre les parasites d'assez grande taille comme les teignes, les charançons, les abeilles et les punaises qui ne peuvent plus ainsi envahir la serre.

  5. Semez tout autour de la serre une bande de pelouse d'au moins dix mètres de large que vous tondrez régulièrement. (Si vous épandez des herbicides à l’extérieur, évitez que les embruns pénètrent dans la serre par les ventilateurs et les prises d'air.) Les plantes à massifs et les jardins potagers privés constituent un excellent habitat pour les insectes et les acariens; ils sont donc considérés comme des mauvaises herbes quand ils se trouvent suffisamment près de la serre pour servir de source d'infestation. 

Une serre bien tenue: a) des allées nettes; b) des abords exempts de plantes et de détritus.

Figure 2.
Une serre bien tenue: a) des allées nettes; b) des abords exempts de plantes et de détritus.


Un moustiquaire empêche les insectes de rentrer par cette prise d'air latérale.

Figure 3. Un moustiquaire empêche les insectes de rentrer par cette prise d'air latérale.

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III. L'hygiène en fin de production

  1. Enlèvement de la récolte - Si la culture est infestée d'insectes et d'acariens, commencez le traitement antiparasitaire le plus tôt possible après la dernière cueillette mais avant l’enlèvement des restes de culture. On laisse ainsi moins de chances aux parasites de se disperser dans la serre, de se terrer sous les bâches de plastique ou de se réfugier dans les fentes et fissures de la structure. On peut procéder au traitement chimique ou non chimique de la culture.

  2. Traitement chimique - L'application de pesticides efficaces avant et après l’enlèvement de la culture réussit généralement à détruire une part importante des populations d'insectes et d'acariens. Demandez au conseiller en lutte antiparasitaire du MAAARO affecté à votre comté de vous faire ses recommandations à ce sujet. De même que pour tous les produits antiparasitaires, observez le mode d'emploi et aérez généreusement la serre avant d'y retourner.

  3. Traitement non chimique - Les insectes et acariens ne survivent pas à une température d'au moins 40 °C et à une humidité relative inférieure à 50 % durant un minimum de 3 ou 4 jours. Une fois la culture enlevée, ce traitement peut être répété. La lutte antiparasitaire par modification des conditions d'ambiance se fait le plus facilement et le plus économiquement pendant les mois d’été après la récolte des primeurs.

  4. Dépistage des parasites - Après le traitement et l’enlèvement de la récolte, il convient de vérifier qu'il ne reste pas d'autres insectes ailés (tels les thrips, les aleurodes et les pucerons) à l'aide des plaquettes jaunes encollées. Examinez ces plaquettes régulièrement et, si elles portent des parasites, appliquez des mesures supplémentaires. (Consultez un conseiller en lutte antiparasitaire du MAAARO).

  5. Stérilisation du milieu de culture - Ce traitement réduit le nombre d'insectes subsistant après la récolte, en particulier les tétranyques et les thrips. En août et en septembre, avant d'entrer en diapause, les tétranyques migrent vers le fond des couches de culture et se terrent notamment dans les blocs de laine de roche, sous les bâches de plastique et dans les débris végétaux où ils resteront à l'abri jusqu'au retour des conditions propices. Les thrips entrent en pupaison sur le sol et peuvent survivre dans les mêmes cachettes que celles que l'on a mentionnées au sujet des tétranyques.

  6. Stérilisation du sol à la vapeur - Pour que la stérilisation donne bien les résultats escomptés, il faut que le sol soit meuble et qu'il ne soit ni trop humide ni trop sec. Utilisez un thermomètre spécial pour vérifier que la température du sol est portée à plus de 80 °C (180 °F) durant 30 minutes. Si cette température ou cette durée est dépassée, il y a risque de saturation du sol par l'eau, d'élévation de sa teneur en sels et de brûlure de la prochaine culture par l'ammoniac.

  7. Fumigation du sol - Le bromure de méthyle est le fumigant du sol le plus couramment utilisé. La fumigation doit être faite dans un sol qui est meuble sur 15 cm de profondeur et porté à au moins 15 °C. Après la fumigation, le sol devrait être complètement aéré pendant 3 à 7 jours, car cette opération y laisse des vapeurs très toxiques pour les plantes et les mammifères. Il est interdit de traiter au bromure de méthyle avant la culture de légumes vendus pour leurs feuilles (p. ex. la laitue) parce que ce produit s'accumule particulièrement dans les feuilles et les tiges.

  8. La stérilisation du sol par la vapeur est préférable à la fumigation parce que, en plus de détruire la majorité des parasites, elle n'a aucun effet secondaire toxique. En outre, la mise en culture peut commencer dès que le sol est refroidi et ressuyé.

  9. Stérilisation de la laine de roche par la vapeur - Le temps requis pour stériliser ce substrat à la vapeur dépend de son humidité et de la température qu'on lui fait atteindre. Une stérilisation à
    90 °C pendant 30 minutes devrait être suffisante. En général, plus la laine est humide, plus la stérilisation doit être longue; c'est la raison pour laquelle le substrat devrait être aussi sec que possible avant de subir ce traitement.

  10. La laine de roche empilée sur des palettes, sans sacs de polyéthylène, peut être stérilisée à la vapeur en 2 heures. La laine de roche ne devrait pas être empilée sur plus de 1,5 m (5 pi) de haut. Pour stabiliser la pile, il faut alterner les rangées, c’est-à-dire poser chaque rangée perpendiculairement à la rangée voisine. En outre, il est conseillé de laisser un espace de 2,5 cm (1 po) entre chaque bloc de laine pour permettre à la vapeur de mieux pénétrer la pile.

Remerciement

Nous remercions de leur aide Bill Jarvis, phytopathologiste, Agriculture Canada, Station de Harrow, et Shalin Khosla, conseiller en horticulture (légumes de serre), MAAARO, Station de Harrow. Nous exprimons également notre gratitude à la famille Tiessens de Pyramid Farms, Leamington, pour nous avoir permis de reproduire aux figures 1 et 2 des photographies de leur exploitation.

Nous tenons à remercier le secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca