Production commerciale de l'arachide en Ontario


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 143
Date de publication : 05/93
Commande no. 93-062
Dernière révision : 05/93
Situation : (En remplacement de la fiche no 90-009, intitulée Production commerciale d'arachides en Ontario)
Rédacteur : N.W. Sheidow - Direction des productions végétales/MAAO; R.C. Roy - Direction générale de la recherche/Agriculture Canada; D.L. Van Hooren - Direction des productions végétales/MAAO

Table des matières

  1. Aire de culture
  2. Type de sol et fertilisation
  3. Préparation du lit de semence
  4. Semis
  5. Traitement des semences
  6. Cultivars
  7. Façons culturales et lutte contre les mauvaises herbes
  8. Insectes nuisibles
  9. Maladies
  10. Irrigation
  11. Récolte
  12. Séchage
  13. Mise en marché

L'arachide (Arachis hypogaea L.) n'est pas une noix à proprement parler. Légumineuse thermophile de la famille du haricot, originaire de l'Amérique du Sud, elle constitue une culture importante dans un grand nombre de régions chaudes du globe.

L'arachide se divise en quatre types de plantes : 1) Va-lencia; 2) Espagnol; 3) Virginia et 4) rampant. Les types Valencia et Espagnol sont plus précoces et ce sont les seuls qui conviennent au climat de l'Ontario. À l'heure actuelle, seulement les variétés du type Valencia sont exploitées com-mercialement dans la province.

L'arachide possède des fleurs jaune vif qui commencent à apparaître vers la mi-juin ou au début de juillet. Après la fécondation, les pétales de la fleur tombent et le pédoncule (gynophore) commence à s'allonger, s'infléchissant vers le sol où il enfonce l'ovaire à une profondeur de 5 à 7,5 cm. L'ovaire reprend ensuite la position horizontale et en mûris-sant produit une gousse. Seulement les 15 à 20 premières fleurs du bas arrivent à conduire les graines à maturité durant une saison et, même si la floraison s'étale sur une longue période, les gousses formées plus tard n'auront pas le temps de mûrir.

Figure 1. Plante d'arachide à maturité

Figure 1. Plante d'arachide à maturité

Aire de culture

L'arachide requiert un minimum de 3000 UTM (unités thermiques maïs) pour pousser et se reproduire normalement. Les arachides cultivées dans les zones moins bien pourvues en UTM n'atteindront pas le stade de maturité optimal et, d'une façon générale, leur rendement est trop bas pour justifier une production industrielle.

Type de sol et fertilisation

L'arachide affectionne les sols légers et bien drainés, comme le sable et le loam sableux. Il faut éviter les sols mal drainés et les sols très vulnérables à l'érosion éolienne. De même, on écartera les sols lourds trop enclins à la compac-tion et à l'encroûtement : ils peuvent réduire la levée des jeu-nes plantes, entraver l'enfouissement du gynophore et occa-sionner des difficultés à la récolte. Les sols pierreux ne conviennent pas non plus. Les cailloux de la grosseur d'une gousse d'arachide sont particulièrement embêtants à cause de la difficulté de les séparer d'avec les arachides.

Le niveau de fertilité varie considérablement d'un sol à l'autre. L'analyse du sol est le meilleur moyen de savoir s'il faut apporter de l'engrais ou de la chaux. Le chaulage est nécessaire quand le pH est inférieur à 5,8. Dans l'ensemble, les cultures installées sur les sols bien pourvus en phosphate et en potasse (la plupart des terres à tabac) répondent peu à un apport d'engrais chimique. Cependant, si l'analyse du sol impose une fertilisation complémentaire, l'engrais sera épan-du à la volée puis incorporé dans le sol avant le semis.

Comme c'est une légumineuse, l'arachide a la faculté de fixer biologiquement l'azote dont elle a besoin. Les semen-ces doivent être correctement inoculées au moment du semis pour stimuler la nodulation. Il faut utiliser un inoculant gra-nulaire (pas une préparation sur tourbe) à raison de 56 g par 100 m de ligne (9 kg/ha). Pour obtenir une bonne nodula-tion, l'inoculant doit être épandu directement sur la semence dans la raie de semis.

L'arachide a besoin de beaucoup de calcium disponible dans la phase d'enfouissement du gynophore. Voilà pourquoi, dans certains pays, on épand du gypse en début de floraison. Toutefois, à la Station de recherches de Delhi, le gypse n'a pas produit d'effets significatifs.

Préparation du lit de semence

Pour protéger le sol contre l'érosion par le vent et par l'eau, on y installe normalement une culture couvre-sol d'hi-ver qui sera ensuite enfouie pas plus tard que la fin avril, afin de lui laisser le temps de bien se décomposer avant les se-mailles de l'arachide. L'enfouissement doit être suivi d'un bon plombage du sol. Les façons culturales superficielles sont effectuées immédiatement avant le semis au moyen d'une herse à dents ou à disques.

Le lit de semence doit être bien uni et de préférence plombé. La récolte unique exige que toutes les plantes soient cultivées le plus possible à la même hauteur. Le niveau de la terre doit donc être relativement égal.

Semis

Il faut semer l'arachide dans le sens du labour afin de réduire le plus possible les ondulations du terrain. La meil-leure époque de semis se situe entre le début et la mi-mai. S'il fait froid, on retardera les semailles. Malgré qu'elle ne tolère pas très bien les basses températures, l'arachide est plus résistante au froid que le haricot ordinaire et, une fois levée, elle peut endurer une gelée de printemps.

La graine de l'arachide est extrêmement fragile. Il faut donc employer les bons plateaux de semoir si on veut réduire les dégâts au minimum. Une graine fendue ne pousse pas. Les semoirs doivent être équipés de patins de contrôle de profondeur, d'organes de recouvrement et de roues plom-beuses.

Une densité de peuplement de dix à treize plantes par mètre linéaire est considérée comme l'idéal. Pour obtenir cette densité, semer de treize à seize graines de bonne qualité par mètre de ligne, à 4-5 cm de profondeur et à écartement de 60 cm entre les lignes.

Traitement des semences

Un traitement des semences est à conseiller pour les protéger contre la fonte des semis ainsi que contre d'autres agents de la pourriture. Malheureusement, il n'existe à présent aucun produit homologué pour cet usage.

Cultivars

Les cultivars homologués pour les cultures en Ontario sont les OAC Garroy, OAC Ruby et OAC Tango, tous trois du type Valencia. Ils sont légèrement plus précoces et plus productifs que les cultivars américains comme McRan, Valencia A et Valencia C.

Façons culturales et lutte contre les mauvaises herbes

La présence de mauvaises herbes peut occasionner une réduction significative du rendement de l'arachide, en plus de rendre la récolte difficile. Les mauvaises herbes bourrent l'organe de coupe de l'andaineuse et introduisent un excédent de terre dans la machine. Il existe des herbicides qui de-vraient permettre de maîtriser la plupart des mauvaises herbes annuelles. (Voir la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.) Les herbicides actuels homologués pour l'arachide ne sont pas efficaces contre les mauvaises herbes vivaces en général et contre le chiendent en particulier. En tout cas, il ne faut jamais semer d'arachides dans des terres infestées de chiendent.

L'arachide se traite assez bien au sarclage mécanique, lequel peut être nécessaire à l'occasion pour détruire les mauvaises herbes qui ont échappé aux traitements herbicides. Le sarclage doit être peu profond pour éviter de remonter à la surface le sol non traité, ce qui pourrait supprimer l'action de l'herbicide. En outre, on s'efforcera de garder le champ le plus uni possible, sans crêtes ni buttes.

Insectes nuisibles

Jusqu'à présent la cicadelle de la pomme de terre est le principal insecte ravageur de l'arachide en Ontario. L'insecte arrive généralement en fin de juin ou au début de juillet. Les attaques se manifestent par un jaunissement de l'extrémité et du pourtour de la feuille et, dans les infestations graves, une partie de la feuille peut brunir et tomber au sol. Lorsque les populations de cicadelles atteignent de deux à trois nymphes par plante, il faut traiter avec un insecticide. Les produits Ambush et Belmark, homologués pour usage sur l'arachide, assurent une protection pour dix à quatorze jours. Certaines années, on aura besoin de deux traitements ou même davantage.

Par temps sec, il arrive que des acariens causent des dé-gâts. L'acarien adulte, habituellement de couleur rouge, est un organisme rond et minuscule à huit pattes. Les adultes et les formes immatures de l'acarien sucent les sucs de la plante à partir du revers des feuilles qui, sous ces attaques, jau-nissent, s'enroulent et se bronzent. Un examen minutieux permettra de distinguer les acariens ainsi que la présence d'une fine toile au revers des feuilles. Il n'existe actuellement aucun produit homologué pour la lutte contre les acariens sur l'arachide. Selon des données en provenance des États-Unis, l'irrigation atténuerait les attaques des acariens.

Maladies

Les maladies ne sont pas un problème pour l'arachide en Ontario. Des cas d'ascochytose et de cercosporiose ont été signalés mais les pertes de récolte se sont révélées peu importantes. On a également observé des champignons de la pourriture de la graine, mais la menace ne semble pas grave.

Irrigation

L'arachide répond bien à l'irrigation quand le temps est sec entre le début de la floraison et l'enfouissement des gyno-phores. Un apport de 2,5 cm d'eau est jugé suffisant pour corriger le stress hydrique.

Récolte

En Ontario, la meilleure époque pour récolter l'arachide se situe entre le 20 septembre et le 10 octobre. Si on récolte plus tôt, le rendement et la qualité risquent d'en souffrir et plus tard, l'activité des organismes de la décomposition peut causer un accroissement du nombre de gousses endomma-gées.

L'arachide ne supporte pas les gelées d'automne. Si la gelée est légère, il n'y aura qu'une faible réduction du ren-dement, mais si elle est forte, elle peut tuer tout le couvert de la culture, ce qui obligera à commencer la récolte tout de suite. Si le temps froid et pluvieux se maintient après une gelée meurtrière, la qualité et le rendement de la récolte en souffriront.

On dispose de deux systèmes de récolte : 1) la récolte unique; 2) le système classique américain.

Figure 2. Récolteuse à arachide deux rangs fabriquée au Canada

Figure 2. Récolteuse à arachide deux rangs fabriquée au Canada

Le système à récolte unique utilise une récolteuse de conception canadienne. La machine déchausse les gousses, en même temps que des courroies saisissent les feuilles et tirent la plante en dehors du sol. Au cours de l'arrachage, les gousses sont libérées de la terre qui les entoure au moyen de batteurs mécaniques. Les arachides tombent sur une bande réceptrice, les déchets sont éliminés par aspiration et les gousses sont transportées dans une trémie. Quand la récolte doit se faire par temps pluvieux, beaucoup de producteurs de l'Ontario utilisent un type ou l'autre de nettoyage auxiliaire (p. ex., une laveuse à tambour rotatif) avant le séchage pour éliminer l'excédent de terre.

Le système américain comporte deux ou trois opérations. Pour commencer, on élimine une partie du couvert végétal. On peut utiliser pour cela une hacheuse rotative. S'il y a déjà eu une gelée meurtrière, cette étape ne sera peut-être néces-saire parce que la plupart des feuilles sont déjà tombées. Ensuite, les plantes sont arrachées et mises en andains. Au cours de la phase d'arrachage, les plantes sont secouées légèrement pour que la terre se détache des racines. L'an-dainage doit durer assez longtemps pour que les plants per-dent un peu d'humidité. Si la température tombe en bas du point de congélation pendant la nuit, les arachides en andains risquent fort d'être endommagées. La dernière étape est le moissonnage-battage au moyen d'une machine spéciale pour arachides qui utilise des batteurs à dents à ressorts pour sépa-rer les gousses du reste des plantes.

Séchage

La teneur en eau de l'arachide, qui est normalement de 60 à 70 % à la récolte, doit être abaissée à 10 % pour assurer sa conservation. L'arachide doit donc être séchée au moyen de séchoirs à grand débit d'air, munis d'un appareil de chauffage d'appoint. Les séchoirs à tabac en vrac peuvent être adaptés pour ces fins moyennant de légères modifica-tions. On peut aussi utiliser des séchoirs-remorques spéciaux pour arachides.

Figure 3. Séchage de l'arachide dans un séchoir à tabac en vrac modifié

Figure 3. Séchage de l'arachide dans un séchoir à tabac en vrac modifié

La vitesse de circulation de l'air, sa température et son humidité relative sont autant de facteurs qui influent sur la qualité finale du produit. Si l'on veut mettre toutes les chan-ces de son côté, on suivra rigoureusement les principes suivants :

Débit d'air

Les arachides doivent être aussi propres que possible. La présence de terre et de restes de plantes en proportions excessives rend le séchage inégal. Le ventilateur doit pouvoir fournir un débit minimal de 500 L d'air par seconde par mètre cube (30 cfm/pi3).

Température et humidité relative de l'air

La teneur de l'air de séchage doit être réglée en fonction des conditions atmosphériques extérieures, mais elle ne devrait jamais dépasser 30 °C. Le tableau 1 donne les températures maximales de l'air de séchage pour diffé-rentes conditions atmosphériques extérieures.

Tableau 1. Températures maximales de l'air de séchage pour obtenir un séchage optimal de l'ara-chide

Température de l'air à l'extérieur

°C

Humidité relative de l'air à l'extérieur

100 %

80 %

60 %

40 %

Température de séchage °C

5
19
17
15
14
10
21
19
17
15
15
24
22
19
17
20
28
25
22
20

25

30

28

25

25

Source : Mechanical Peanut Curing. North Carolina Agriculture Extension Service. Folder Number PPG20.

Exemple d'utilisation du tableau :

  1. déterminer les conditions de l'air à l'extérieur à partir des rapports météorologiques fournis pour la région ou au moyen d'un psychromètre crécelle;
  2. si l'on suppose, par exemple, que l'air à l'extérieur est à 5 °C et à 80 % H.R., la température maximale de l'air de séchage s'établirait à 17 °C.

Si l'on élevait la température de séchage au-delà des ni-veaux proposés dans le tableau 1, on obtiendrait bien sûr un séchage plus rapide, étant donné que l'humidité relative de l'air de séchage est plus basse. Toutefois, les arachides séchées dans ces conditions risqueraient d'avoir un taux plus élevé de saveurs anormales et une diminution de la qualité technologique (aptitude à la transformation). En revanche, si on utilisait des températures plus basses que celles recom-mandées, on s'exposerait à l'apparition de moisissure et de graines germées qui conféreraient au produit des saveurs anormales et un aspect peu attirant.

Mise en marché

Avant d'envisager la production de l'arachide, il faut étudier sérieusement les possibilités et les conditions de la mise en marché. Pour le moment, la seule option disponible est de passer contrat avec un décortiqueur local et, comme il n'y a aucune garantie qu'une quantité supplémentaire d'ara-chides sera requise dans une année donnée, toutes les dis-positions contractuelles doivent être prises avant la mise en terre de la culture.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca