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La culture des mûres, des framboises noires et des framboises pourpres

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 234/20
Date de publication : 06/92
Commande no. 92-024
Dernière révision : 07/94
Situation :
Rédacteur : F.J. Louws - Direction des productions végétales/MAAO; A. Dale - Institut de recherche horticole de l'Ontario

Table des matières

  1. Introduction
  2. Emplacement
  3. Terrain
  4. Précédents culturaux
  5. Préparation du sol
  6. Plantation
  7. Entretien des plantations établies
  8. Taille et plantation des plants
  9. Récolte
  10. Rendements et durée de vie d'une plantation
  11. Maladies et insectes nuisibles

Introduction

En Ontario, la production commerciale des mûres, des framboises noires et des framboises pourpres est limitée. Toutefois, la production de ces fruits pourrait s'accroître car il existe de bons débouchés à exploiter, en particulier pour les étalages routiers et l'auto-cueillette. Comme ce sont des fruits qui supportent mal les longs transports, les framboises et les mûres sont peu menacées par la concurrence des importations. En outre, chacune de ces espèces, grâce à la saveur et au parfum qui lui sont propres, se taillera sans peine un marché une fois que les consommateurs auront appris à les connaître.

Les mûriers, les framboisiers à fruits pourpres et les framboisiers à fruits noirs font l'objet d'une fiche technique séparée parce qu'ils se différencient des framboisiers à fruits rouges par le mode de végétation. La mûre se distingue de la framboise par le fait que le réceptacle adhère à la mûre quand elle est cueillie, mais qu'il reste accroché au rameau dans le cas de la framboise (qu'elle soit noire, rouge ou pourpre), laissant le centre du fruit creux.

En Ontario, seuls un petit nombre d'essais ont été réalisés avec des mûriers et des framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres. Les recommandations concernant la culture de ces espèces sont donc fondées sur les comptes rendus des horticulteurs et des stations de recherche. Aucune de ces espèces n'est douée d'une rusticité égale à celle des cultivars recommandés de framboisiers à fruits rouges. Elles survivent difficilement à l'hiver lorsqu'elles sont insuffisamment protégées par la neige, sauf dans le sud de l'Ontario ou près des grandes étendues d'eau. Pour le moment, les plants certifiés exempts de virose sont difficiles à trouver dans le commerce. Les producteurs ont intérêt à s'adresser à des pépiniéristes de confiance pour acheter leurs plants.

Mûres et fruits de la famille des ronces

On distingue habituellement deux catégories de mûriers : les mûriers à tiges dressées et les mûriers à tiges sarmenteuses. Les premiers se rencontrent à l'état sauvage dans la majeure partie de la province et sont les plus cultivés chez nous. Les mûriers sarmenteux, encore appelés ronces, ont des fruits trop délicats pour se prêter à la production commerciale en Ontario. Les cultivars obtenus par croisement entre la ronce et le framboisier à fruits rouges, tels le Loganberry, le Boysenberry et le Youngberry, manquent de rusticité, mais peuvent être cultivés s'ils bénéficient de soins culturaux particuliers.

Contrairement aux cultivars de mûriers issus de la ronce dont les tiges faibles doivent trouver un support, les mûriers à tiges dressées peuvent se passer de palissage.

Les cultivars de mûriers Darrow et Lowden ont été cultivés avec succès en Ontario. Il existe d'autres cultivars, notamment Hull Thornless, Dirksen, Black Satin et Chester, mais ils n'ont pas été testés en Ontario.

Framboises noires

Les framboisiers à fruits noirs, bien qu'indigènes du sud de l'Ontario, sont endommagés par le gel certains hivers. Tous les cultivars à fruits noirs sont sensibles à la flétrissure verticillienne. Les framboises noires sont plus fermes que les mûres et les framboises pourpres, mais elles renferment aussi un plus grand nombre de petites graines dures. Les cultivars qui sont les plus souvent proposés aux producteurs sont Bristol, Cumberland, Jewel et Haut.

Framboises pourpres

Les framboisiers à fruits pourpres sont le résultat de croisements entre des framboisiers à fruits noirs et des framboisiers à fruits rouges. La riche saveur de la framboise pourpre en fait un fruit recherché pour la confection de tartes. C'est une framboise de couleur rouge violacé, voilée d'une pruine blanche. Pour les non avertis, la pruine donne l'impression que le fruit est moisi et le rend moins attirant dans les points de vente au détail. Les cultivars auxquels les producteurs pourraient donner la préférence sont Royalty, Brandywine, Columbian et Sodus. Il est important de se procurer, si possible, des plants venant de plantations productives.

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Emplacement

Le choix de l'emplacement se fait en fonction du climat, des débouchés et de la main-d'oeuvre disponible dans la région. À cause du nombre restreint d'essais qui ont été réalisés en Ontario, il est préférable de ne pas planter à grande échelle sans s'être au préalable renseigné sur le rendement du fruit qui vous intéresse dans votre région.

Débouchés

Les débouchés possibles sont considérables pour les mûres, les framboises noires et les framboises pourpres. Dans certains cas, l'exploitation de ces débouchés prendra un certain temps parce que les fruits ne sont pas très connus.

Main-d'oeuvre disponible

La cueillette des mûres et des framboises fait appel à une importante main-d'oeuvre. C'est un facteur dont il faut tenir compte au moment de décider de la superficie à planter. Du fait de leur mode de végétation, les mûres, les framboises noires et les framboises pourpres sont probablement plus faciles à récolter que les framboises rouges. En effet, les fruits se développent surtout en périphérie du plant, ce qui en fait des espèces idéales pour l'auto-cueillette.

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Terrain

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans le choix du terrain, les plus importants étant la nature du sol, le drainage, la circulation de l'air, l'exposition, la possibilité d'accéder à une source d'eau, les précédents culturaux et l'isolement.

Sol

Les mûriers et les framboisiers s'accommodent des sols les plus divers. En général, ils affectionnent les loams sableux, mais les facteurs les plus importants sont la qualité du drainage et la capacité de rétention en eau. Ces espèces fruitières ne tolèrent pas un sol mal drainé. Comme le sol doit de préférence être drainé sur un mètre de profondeur, les terrains encaissés sont à éviter. Les sols riches en argile sont durs à cultiver et les sols caillouteux s'assèchent trop vite. Sont également à éviter les sols qui ont une semelle de labour ou qui se tassent facilement.

Circulation de l'air

Quand elle est située sur un terrain en pente douce, la plantation bénéficie d'une bonne circulation de l'air entre les rangs et subit donc moins de pertes dues aux gels printaniers et aux maladies. Les pentes exposées au nord retiennent mieux l'humidité que les pentes orientées au sud et les plants risquent moins d'y être endommagés par les gelées printanières. En revanche, sur une pente orientée au sud, les fruits mûrissent plus tôt en été.

Exposition

Il est conseillé d'abriter derrière des brise-vent les plantations qui sont situées sur des terrains ouverts à tous les vents car ceux-ci dessèchent les plants et peuvent blesser les rameaux fructifères.

Eau d'irrigation

Il est essentiel de pouvoir compter sur une source d'eau constante pour l'irrigation, surtout pendant la période de récolte. Un permis de captage est obligatoire pour puiser de l'eau de quelque source que ce soit. En matière de permis et d'analyses d'eau, on peut obtenir l'aide des bureaux régionaux du Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.

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Précédents culturaux

Au moment de choisir un terrain, on doit tenir compte des cultures qui ont précédé. Certaines plantes hébergent des ravageurs qui s'attaquent aux framboises. Il faut s'abstenir de planter dans les sols qui ont connu des foyers de flétrissure verticillienne, de même que dans les sols qui ont porté au cours des cinq dernières années des cultures susceptibles d'héberger cette maladie comme les tomates, les poivrons, les aubergines et les pommes de terre. Il est déconseillé de planter des mûriers ou des framboisiers sur une terre qui a porté ces mêmes espèces au cours des trois dernières années, ni sur une terre où les plantations précédentes ont posé des problèmes. Il est utile de savoir quels herbicides ont été utilisés dernièrement sur ce terrain.

Isolement

Comme les viroses se transmettent des mûrières et des framboisières infectées aux nouvelles plantations, il faut choisir un terrain qui soit aussi éloigné que possible d'anciennes plantations, y compris des framboisières à fruits rouges. Si d'anciennes plantations relativement improductives se trouvent dans le voisinage du terrain où l'on prévoit planter, c'est une sage précaution que de les détruire. À moins que les plants de la nouvelle plantation soient issus d'un programme de sélection reconnu, il faut veiller à les tenir à l'écart des nouvelles plantations de framboisiers à fruits rouges.

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Préparation du sol

Il est indispensable de bien préparer le sol avant d'établir une nouvelle mûrière ou framboisière car ces plantations doivent produire pendant au moins six ans. Les soins culturaux suivants sont à envisager : apport de matière organique, lutte contre les mauvaises herbes vivaces, fumigation du sol et épandage d'engrais.

Matière organique

La richesse du sol en humus, produit de la décomposition de la matière organique, favorise le drainage, l'aération, et la rétention de l'eau. L'apport de la matière organique est le plus efficace quand il est effectué au cours de l'année précédant la plantation. Au printemps de l'année précédant la plantation, épandre 14 t/ha de foin ou de paille ou 45 t/ha de fumier. Avec le foin ou la paille, épandre de l'engrais (55 kg/ha d'azote) au printemps et de nouveau à l'automne. La culture d'un engrais vert est également intéressante à cet égard. La publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, renseigne sur les besoins en matière organique.

Mauvaises herbes vivaces

Il est extrêmement important de débarrasser le terrain des mauvaises herbes vivaces comme les liserons et le chiendent avant de planter. Ce nettoyage est possible par les façons culturales, mais l'emploi d'herbicides peut s'avérer nécessaire. Voir la publication 75F du MAAO Guide de lutte contre les mauvaises herbes.

Fumigation du sol

Certains sols hébergent des nématodes qui s'attaquent aux racines des framboisiers et propagent des viroses. Une fumigation du sol, effectuée de préférence à l'automne précédant la plantation, vient à bout de ces parasites. Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits à employer, les doses et autres renseignements généraux.

Engrais

Les analyses de sol sont le meilleur moyen de déterminer les besoins en engrais. On peut se renseigner sur les analyses de sol en s'adressant aux bureaux régionaux du Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales. Si le sol n'a pas été analysé, suivre les recommandations données dans la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières.

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Plantation

Époque de plantation

Les mûriers, les framboisiers à fruits noirs et les framboisiers à fruits pourpres se plantent au début du printemps. S'ils sont plantés en automne, il doivent être protégés avec un paillis.

Type de plant

Les mûriers à tiges dressées et quelques cultivars de framboisiers à fruits pourpres se multiplient, comme les framboisiers à fruits rouges, par séparation des drageons. On y procède pendant la dormance en choisissant les drageons robustes. Les mûriers sarmenteux, les framboisiers à fruits noirs et la plupart des framboisiers à fruits pourpres ne drageonnent pas; il faut donc les multiplier par marcottage de jeunes tiges de l'année ou par bouturage de rameaux portant un oeil. Les marcottes enracinées sont sevrées de la plante mère et mises en terre au début du printemps.

Espacement des plants

Il convient d'écarter les rangs de 1,80 à 3 m et d'espacer les plants de 0,75 m à 0,90 m sur le rang. L'écartement des rangs dépend de la superficie disponible et de la largeur des machines utilisées pour les façons culturales, les traitements phytosanitaires, etc.

Mise en terre

Il est important de ne pas laisser dessécher les racines des plants pendant les travaux de mise en terre et d'éviter de les laisser sans protection au soleil et au vent. Quand la plantation se fait dans un sillon tracé à la charrue, les plants de mûriers sont posés contre la paroi du sillon de manière qu'ils soient enterrés légèrement plus profond qu'il ne l'étaient en pépinière, puis les racines sont recouvertes d'un peu de terre que l'on tasse fermement. Le sillon est comblé plus tard.

Les marcottes de framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres peuvent être mises en terre dans des sillons. Les couvrir de seulement 3,5 à 5 cm de terre au moment de la plantation. À mesure que les marcottes reprennent, ajouter graduellement de la terre de manière que les racines soient couvertes finalement de 10 à 12,5 cm de terre.

Rabattre les tiges des mûriers à 15 ou 20 cm du sol. Supprimer les cannes (tiges qui ont fructifié) des framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres, au moment de la plantation, car elles sont un réservoir de maladies.

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Entretien des plantations établies

Fertilisation

Les objectifs généraux d'un programme de fertilisation sont les suivants : a) maintenir une teneur suffisante en matière organique; b) stimuler la croissance rapide des plants au printemps et au début de l'été; c) ralentir la croissance à la fin de l'été et à l'automne de manière à laisser aux tiges le temps d'aoûter et de s'endurcir suffisamment avant l'arrivée de l'hiver. Les analyses de sol sont recommandées pour déterminer la quantité d'engrais à apporter. Si le sol n'a pas été analysé, voir la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières.

Méthodes culturales

Il faut commencer à travailler le sol au printemps, dès que le terrain est suffisamment égoutté, et incorporer au sol la culture de couverture, le fumier ou autre matière organique. Cette opération se fait la plupart du temps avec une machine à disques. À proximité des rangs, les organes de travail de cette machine ne doivent pas travailler à plus de 5 cm de profondeur ni à plus de 10 cm dans le centre des rangs. Biner superficiellement seulement pour détruire les mauvaises herbes et les drageons. Cesser de biner pendant la récolte. Biner une fois après la récolte. Le cas échéant, semer la culture de couverture au début d'août en choisissant pour cela une des espèces décrites dans la publication 360F du MAAO Recommandations pour les cultures fruitières. La culture de couverture endurcit les plants en les soumettant à une concurrence vitale pour l'obtention de l'humidité et des éléments fertilisants. Les plants endurcis sont mieux armés pour résister aux rigueurs de l'hiver.

Engazonnement

Entre les rangs, on peut semer un gazon permanent, par exemple de la fétuque rouge traçante à raison de 20 kg de semences à l'hectare. On se dispense ainsi de sarcler et de semer des cultures de couverture. L'engazonnement assure la propreté des entre-rangs pour les cueilleurs, un avantage particulièrement intéressant dans les plantations d'auto-cueillette. Les plantations engazonnées ont des besoins d'irrigation plus importants et obligent à utiliser des herbicides pour lutter contre le gazon qui cherche à empiéter sur les rangs.

Désherbage chimique

La plupart des mauvaises herbes qui envahissent les plantations de mûriers ou de framboisiers peuvent être détruites par des herbicides. Consulter la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.

Paillage

En Ontario, le paillage des mûriers et des framboisiers n'est pas conseillé puisque l'irrigation, le désherbage chimique et les cultures de couverture apportent la plupart des avantages des paillis sans en entraîner les inconvénients.

Protection contre les rigueurs de l'hiver

On gagne à protéger les plantations contre les effets du vent en hiver en installant des brise-vent. En outre, on réduit les lésions causées par l'hiver lorsqu'on favorise l'amoncellement de la neige sur les plants aussi haut possible. Dans le nord de l'Ontario, la pose d'un paillis en paille, en terreau, etc., à la fin de l'automne, présente une certaine utilité.

Importance de l'irrigation

L'irrigation est essentielle pour assurer une production élevée et constante. Les années où l'on peut se passer d'irriguer sont rares. Il faut que le sol soit bien pourvu en humidité pour que les jeunes pousses se développent vigoureusement au début du printemps et que les cannes donnent des fruits de bonne taille. Un manque d'humidité survenant au mois d'août peut nuire à la qualité de la récolte de l'année suivante en réduisant la croissance des plants. En revanche, l'excès d'irrigation peut se traduire par des framboises à chair molle, une mauvaise croissance des racines et le lessivage des éléments nutritifs au-dessous de la rhizosphère.

Matériel

Les framboisiers et les mûriers sont irrigués soit par aspersion soit par micro-irrigation (goutte-à-goutte). Les fournisseurs qui vendent ces deux sortes de matériel aident les producteurs à planifier leur réseau d'irrigation. Le bureau régional du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario peut fournir plus de renseignements.

Quand faut-il irriguer?

Le système de micro-irrigation apporte en permanence de l'eau aux plants. Avec le système d'irrigation par aspersion, l'apport d'eau est intermittent; on le met en marche en général quand la quantité d'eau utile aux plantes a baissé de moitié. Dans un cas comme dans l'autre, le producteur doit veiller à ce que les plants ne manquent jamais d'eau. Il ne doit pas attendre les premiers signes de flétrissement pour mettre en marche les asperseurs. À titre indicatif, on peut dire que les framboisiers ont besoin d'un apport d'eau de 25 à 35 mm par semaine. Par conséquent, quand il ne pleut pas, il faut arroser.

Quand faut-il cesser d'irriguer?

Un apport d'eau excessif est un gaspillage qui peut en outre s'avérer nuisible. Pour savoir si la terre est assez humide, on en presse une poignée dans la main; elle doit former une boule moite qui laisse un soupçon d'humidité sur la main; le sol est trop humide si de l'eau suinte à la surface de la boule.

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Taille et formation des plants

Le fait de connaître la façon dont le plant se développe permet de mieux comprendre comment il faut le tailler et le conduire. Les racines, vivaces, vivent de nombreuses années et émettent de nouvelles pousses chaque année. Ces pousses sont bisannuelles : elles atteignant leur hauteur définitive dès la première année, fructifient au cours de l'été suivant (elles portent alors le nom de cannes) puis meurent. Dans le cas des mûriers, les nouvelles pousses se développent à partir de bourgeons situés sur les racines (on les appelle alors des drageons) ou de bourgeons situés à la base des cannes qui ont fructifié. Dans le cas des framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres, les nouvelles pousses se développent seulement à partir de la base des cannes. Comme nous le disions plus haut, quelques cultivars de framboisiers à fruits pourpres émettent des drageons.

Les nouvelles pousses des mûriers et des framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres se développent en longueur. Ce mode de développement oblige à conduire les plants sur un palissage, sauf si l'on pratique l'écimage des pousses en été.

Écimage des pousses en été

Couper l'extrémité des jeunes pousses au début de l'été. Cette taille stimule la croissance des bourgeons et la formation des rameaux latéraux. Les plants ramifiés qui en résultent sont robustes, n'ont pas besoin de support et ont une grande quantité de bois à fruit. Les pousses non écimées s'allongent démesurément et compliquent la conduite de la plantation.

Écimer les pousses des framboisiers à fruits noirs à une hauteur de 60 à 75 cm. Il convient d'écimer les framboisiers à fruits pourpres à 75 ou 90 cm de hauteur et les mûriers à 90 ou 105 cm de hauteur.

L'écimage consiste à raccourcir l'extrémité de la pousse de 5 à 8 cm. Il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour écimer l'ensemble de la plantation car les tiges n'atteignent pas toutes en même temps la bonne hauteur pour l'écimage. Ne pas laisser les pousses se développer trop au-delà de la bonne hauteur avant de les écimer. Les pousses qui sont écimées lorsqu'elles sont déjà trop hautes porteront des rameaux latéraux moins vigoureux que les pousses qui ont été écimées lorsqu'elles ont la bonne hauteur.

Les pousses qui n'atteignent pas une hauteur suffisante pour être écimées avant l'époque de la récolte sont en général laissées telles quelles. En effet, un écimage tardif a pour effet d'affaiblir les rameaux latéraux qui, ensuite, risquent de mal supporter l'hiver. Ne pas raccourcir pas les rameaux latéraux avant le printemps.

Ne pas écimer en été les cultivars Boysenberry ou les autres cultivars de mûriers de type sarmenteux (voir page 5).

Rabattage des rameaux latéraux

Les rameaux latéraux qui se développent le long des pousses à la suite de l'écimage d'été peuvent atteindre une longueur d'un mètre ou plus. Chez les framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres, la plupart des bourgeons situés sur ces rameaux sont des bourgeons à fruit. Si tous ces bourgeons étaient conservés, la compétition serait trop grande, donnant des fruits de petite taille et de médiocre qualité. Rabattre (raccourcir) les extrémités des rameaux de manière à diminuer le nombre de fruits et à faciliter la conduite des plants. Il faut faire cette opération au printemps dès que l'on peut mesurer l'importance des pertes causées par l'hiver, mais avant que les bourgeons aient eu le temps de beaucoup se développer (figures 1a et 1b).

Chez les framboisiers à fruits noirs, laisser huit à dix bourgeons sur chaque rameau. On peut laisser quelques bourgeons de plus sur chaque rameau chez les framboisiers à fruits pourpres. Les rameaux peuvent être taillés moins courts si les cannes ont seulement deux ou trois rameaux ou si les cannes sont peu nombreuses par touffe. On raccourcit les rameaux des mûriers à environ 30 à 45 cm. Il est conseillé de supprimer tout le bois mort pendant l'hiver.

Cannes de framboisiers à fruits noirs avant la taille de printemps.

Figure 1a Cannes de framboisiers à fruits noirs avant la taille de printemps. Les pousses ont été écimées l'été précédent pour stimuler la croissance des rameaux latéraux. Les cannes qui ont fructifié l'année précédente ont été supprimées après la récolte.

Les mêmes cannes après la taille.

Figure 1b Les mêmes cannes après la taille. Les rameaux latéraux ont été raccourcis et les cannes chétives supprimées.

Éclaircissage des cannes

Les framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres ne produisent pas de drageons; aussi les nouvelles cannes se développent en touffes autour des plantes mères. Couper les cannes qui ont moins de 12 mm de diamètre. Faire ce travail au printemps en prenant soin de couper au ras du sol. Laisser cinq à huit cannes robustes par touffe.

Les cannes des mûriers se développent parfois en s'écartant du rang. Conserver les cannes robustes qui sont espacées de 15 à 20 cm. La base des rangs ne doit pas dépasser 30 cm de large, sous peine de compliquer la cueillette des mûres.

Suppression des cannes après la fructification

Les cannes meurent après avoir fructifié. Il est conseillé de les couper dès la fin de la récolte, surtout pour prévenir les maladies.

Mûriers à tiges sarmenteuses

Ne pas raccourcir en été les nouvelles pousses des cultivars Boysenberry ou des autres cultivars sarmenteux. Laisser les nouvelles pousses traîner sur le sol pendant leur première année. Les maintenir près des rangs. Elles peuvent parfois atteindre une longueur de 3 m ou plus. Au printemps, après l'enlèvement du paillis d'hiver, attacher à un tuteur les cannes les plus robustes, par groupe de huit ou dix. Celles-ci prendront le relais des cannes qui ont fructifié l'année d'avant et qui ont été supprimées après la récolte. Avant d'attacher les cannes au tuteur, supprimer les extrémités grêles. C'est la partie centrale de la canne qui porte le plus de fruits. On peut rabattre les cannes de moitié, au maximum, pour stimuler la production de grosses mûres. Le palissage des mûriers peut être constitué de deux fils fixés à des piquets, le premier fil étant à 120 ou 150 cm de hauteur, l'autre à 60 ou 75 cm. Il y a différentes manières de fixer les cannes aux fils. Choisissez celle qui permet d'utiliser au mieux l'espace sur les fils. Éviter une trop grande densité de cannes pour ne pas compliquer la cueillette.

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Récolte

La plupart des mûriers et des framboisiers à fruits noirs ou à fruits pourpres sont récoltés à la main. Des cueilleuses mécaniques ont été mises au point pour la récolte des mûres ou des framboises destinées à la conserverie. La formule de l'auto-cueillette est celle qui recèle les plus grandes chances d'expansion pour la production de ces fruits en Ontario.

Cueillette à la main

Il est difficile de trouver des cueilleurs pour récolter les fruits destinés à la vente en frais. C'est une des principales raisons pour laquelle la production et la superficie ont diminué ces dernières années. Lorsqu'on décide de la superficie à planter, il faut penser à la disponibilité de la main-d'oeuvre et aux demandes de main-d'oeuvre concurrentes de la part d'autres cultures.

Pour la cueillette, il est conseillé d'utiliser seulement des contenants peu profonds et de ne pas transvaser les fruits d'un contenant à un autre. Il faut également éviter de trier les fruits après la cueillette. Pour augmenter leur durée de conservation, les fruits doivent être réfrigérés de manière qu'ils perdent rapidement leur chaleur de récolte. Ne cueillir que les fruits déjà bien colorés. Les mûres ou les framboises parvenues à maturité se détachent sans peine du rameau.

Auto-cueillette

Les framboises noires, les framboises pourpres et les mûres se prêtent bien aux exploitations dans lesquelles les clients viennent cueillir eux-mêmes leurs fruits et cela d'autant mieux que ces fruits sont coûteux à récolter et qu'ils sont très périssables. Voir la fiche technique du MAAO L'auto-cueillette, AGDEX 205/51.

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Rendements et durée de vie d'une plantation

Il faut viser un rendement allant de 5000 à 5600 kg à l'hectare pour les mûres et les framboises pourpres. Les rendements des framboises noires sont légèrement inférieurs. Pour atteindre ces rendements, il faut être attentif à tous les détails de la culture. Les rendements moyens en Ontario sont bien inférieurs à ces chiffres.

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Maladies et insectes nuisibles

Pour la description des maladies et des insectes nuisibles, ainsi que des mesures de lutte, se reporter à la fiche technique du MAAO, Insectes ravageurs et maladies du framboisier et de la ronce, AGDEX 230/605 et à la publication 360F Recommandations pour les cultures fruitières.

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Nous remercions W.D. Evans, professeur à la retraite, Département de science horticole, Université de Guelph, qui est l'auteur du manuscrit d'origine.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca