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L'épine-Vinette
et le Nerprun Commun :
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| Agdex : | 110/632 |
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| Date de publication : | 01/92 |
| Commande no. | 92-002 |
| Dernière révision : | 01/92 |
| Situation : | |
| Rédacteur : | Stephen Clare - Direction des productions végétales/MAAO |
La rouille de la tige et la rouille couronnée causent des pertes considérables de rendement aux productions céréalières en plus de déclasser les céréales mises en marché. Les pertes sont les plus grandes lorsque les infections de début de saison sont le fait d'organismes pathogènes qui ont hiverné sur des hôtes intermédiaires établis à proximité du champ. La rouille de la tige, qui attaque l'avoine, l'orge, le blé de printemps et le seigle a comme hôte intermédiaire l'épine-vinette commune. La rouille couronnée de l'avoine a pour hôte intermédiaire, le nerprun commun.
Au printemps, le pathogène de la rouille qui a hiverné sur les résidus de céréales laissés à la surface du sol produit des spores susceptibles de n'infecter que les jeunes feuilles d'épine-vinette. Le champignon de la rouille forme sur ces feuilles des amas contenant des millions de spores aptes à infecter les plantes céréalières dès le début de la saison de croissance. Dans les régions dépourvues d'épine-vinette, l'infection ne se produit que tard au cours de la saison. Cette infection tardive est due aux spores de la rouille de la tige que les vents transportent en Ontario depuis les champs infectés du sud des États-Unis. Il est peu probable que des pertes résultent de telles infections tardives.
La phase sexuée du champignon de la rouille de la tige se produit sur l'épine-vinette. Au cours de cette phase, les croisements qui se font entre différentes souches de rouille risquent de créer de nouvelles souches capables d'infecter les cultivars de céréales jusqu'à maintenant résistants à la maladie. Voilà pourquoi il est important de lutter contre l'épine-vinette en Ontario.
Le nerprun commun est l'hôte intermédiaire du champignon causant la rouille couronnée de l'avoine. Le cycle biologique du champignon est similaire à celui du champignon de la rouille de la tige. En effet, la rouille couronnée n'infectera l'avoine que tard pendant la saison si le nerprun commun n'existe pas à proximité des champs de culture céréalière.
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L'épine-vinette commune, Berberis vulgaris L., est un arbuste
épineux et gracieux qui atteint entre 1 et 4 m de hauteur et
porte des branches arquées et une écorce externe gris
pâle. Les feuilles, vert brillant et ovales, mesurent de 2 à
8 cm de long, et leurs marges sont découpées en fines
dents épineuses. Les épines présentes sur les branches
ont ordinairement trois pointes. Les fleurs sont petites, jaunes, et
sont rassemblées en grappes lâches et pendantes. Les baies
sont oblongues, rouges et acides. Il existe une variété
d'épine-vinette à feuilles pourpres.

Figure 1. Épine-vinette
L'existence du stade fongique de la maladie et les graves épidémies de rouille de la tige qui frappent l'avoine, l'orge, le seigle et le blé sont imputables à l'épine-vinette.
L'épine-vinette a d'abord été cultivée comme arbuste ornemental mais elle s'est ensuite échappée des cultures et poussent maintenant à l'état sauvage dans nombre d'endroits. Il existe en Ontario des hybrides entre l'épine-vinette commune et d'autres espèces. Ces hybrides ont certaines des caractéristiques de chacun des parents. Il s'ensuit que certains hybrides sont infectés par la rouille de la tige alors que d'autres ne le sont pas. S'il y a des amas de spores jaunes de la rouille de la tige sur les feuilles, il est certain que l'hybride est sensible. Dans ce cas, les plantes doivent être détruites, car elles produisent des plantules qui peuvent être infectées par la rouille de la tige.
Plusieurs sortes d'épine-vinette peuvent se trouver en Ontario.
Malgré le fait qu'Agriculture et Agroalimentaire Canada interdise
maintenant l'importation et la vente de toute épine-vinette à
feuilles caduques, on a transplanté ce type d'arbuste dans le
passé. L'épine-vinette du Japon, Berberis thunbergii D.C.,
a été l'espèce la plus cultivée. Cette plante
s'étale plus que l'épine-vinette commune et ne dépasse
généralement pas 1 à 2 m de hauteur. L'écorce
externe est brun rougeâtre, les feuilles sont vertes ou rouges
à marges unies, et les épines que portent les branches
ne sont habituellement pas composées. Les fleurs et les fruits
sont solitaires ou en grappes de deux, trois ou quatre. Les baies sont
plus petites et plus charnues que celles de l'épine-vinette commune.
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Le nerprun commun, (Rhamnus cathartica L.) est un ar-buste ou un petit
arbre mesurant 2 à 6 mètres de hauteur. La plupart des
branches d'un an ou plus se terminent par une épine acérée;
habituellement, des épines sont aussi présentes dans l'angle
formé par deux branches. Les feuilles sont presque opposées,
et plus ou moins ovales. Elles demeurent ver-tes jusque tard en automne,
plus longtemps même que les feuilles de pommiers sauvages. Ce
caractère facilite l'identification de la plante en automne.
Les nervures principales de chaque coté de la nervure médiane
sont courbées et orientées vers l'extrémité
de la feuille plutôt que vers les marges. Au lieu d'être
rassemblés en grappes, les fruits, ronds et noirs, sont portés
individuellement par de courts pédoncules qui sont regroupés
entre les feuilles. Chaque baie contient deux ou trois graines dures
très amères, et ses propriétés purgatives
sont extrêmement puissantes.

Figure 2. Nerprun commun
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L'épine-vinette commune et le nerprun commun ont été
importés pour leurs qualités ornementales et ils ont été
plantés en haies. Les oiseaux consomment les baies et en disséminent
les graines par leurs fientes. On en trouve des plantes isolées
et des buissons le long des clôtures, en bordure des routes, dans
les champs en friche, près des boisés et sur les rives
des cours d'eau et des lacs. Une attention particulière doit
être apportée aux fermes abandonnées où ces
plantes ont pu être cultivées.
Le vent transporte les spores de la rouille sur de grandes distances; les spores présentes sur l'épine-vinette et le nerprun commun voyagent donc facilement d'un champ à un autre. Pour être efficace, la lutte contre ces deux espèces de plantes doit reposer sur une stratégie régionale. Une méthode de lutte s'avérera préférable à toute autre, compte tenu de différents facteurs : la dimension des buissons et leur milieu de croissance, la proximité des cultures ou des plantes orne-mentales sensibles, l'équipement utilisé et la portée du programme de lutte. Les régions où l'on a effectué l'éradication des hôtes intermédiaires doivent faire l'objet d'une surveillance soutenue, durant plusieurs années, afin que toute repousse à partir de graines ou de racines persistantes soit dépistée le plus tôt possible. Il faut souligner que les oiseaux risquent de causer de nouvelles infections en disséminant vers d'autres fermes les graines des arbustes qui n'ont pas été détruits.
Il suffit d'arracher ou de déterrer les petites plantes isolées pour les détruire. La présence d'épines rend toutefois difficile le fauchage des arbustes de grande dimension. De plus, comme les nouvelles pousses croissent rapidement à partir des souches, il peut s'avérer nécessaire de faucher plusieurs fois, d'enlever les souches ou d'effectuer des traitements chimiques.
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On trouvera des méthodes de lutte chimique contre l'épine-vinette
et le nerprun commun à la section « Lutte contre les broussailles
» de la publication 75F, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.
L'utilisation des produits chimiques doit se faire conformément
aux directives du fabricant et elle doit respecter toutes les mesures
sécuritaires nécessaires.
Le traitement est réalisé au moyen d'un pulvérisateur
à main ou à moteur sur les 30 premiers centimètres
du tronc et sur les racines découvertes. Le traitement est efficace
sur les arbres dont le diamètre du tronc ne dépasse pas
15 cm.
Il est souvent souhaitable de couper et d'enlever les buis-sons pour
des raisons esthétiques. À l'aide d'un pulvérisateur
ou d'un pinceau, il faut ensuite recouvrir parfaitement d'un herbicide
recommandé les souches fraîchement coupées. La destruction
d'une souche constitue la première étape menant à
son pourrissement et elle aide à empêcher toute croissance
de nouvelles pousses.
La rouille de la tige et la rouille couronnée causent des pertes considérables de rendement aux productions céréalières. Elle s'attaque à l'avoine, l'orge, le blé de printemps et le seigle et a comme hôte intermédiaire l'épine-vinette commune. Compte tenu de différents facteurs : la dimension des buissons et leur milieu de croissance, la proximité des cultures ou des plantes orne-mentales sensibles, l'équipement utilisé et la portée du programme de lutte, certaines méthodes de lutte s'avérent préférables à d'autres.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
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