Maïs sucré à haute teneur en sucre
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| Gène | Type | % de sucre |
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| su | Ordinaire | 9-16 |
| se | Sugar enhanced hétérozygote, 25% se | 14-22 |
| Sugar enhanced homozygote, 100% se | 20-35 | |
| SH2 | Supersweet | 28-44 |
Source : université de l'Illinois
A l'heure actuelle, les sélectionneurs de maïs recherchent des combinaisons génétiques donnant des teneurs en sucre encore plus élevées et des combinaisons permettant d'améliorer la germination des cultivars portant le gène SH2.
Le maïs sucré possède certains caractères qui lui sont propres. En effet, de tous les fruits et les légumes cultivés en Ontario, il est la seule denrée agricole dont la qualité (teneur en sucre, tendreté et couleur du grain) soit modifiée directement par le pollen d'un autre cultivar. Dans toutes les autres cultures, l'effet du pollen ne se manifeste qu'après le développement de la graine produite par cette pollinisation croisée. C'est pourquoi les cultivars de chaque génotype de maïs doivent être cultivés séparément les uns des autres pour atteindre leur plein potentiel. L'effet néfaste des croisements indésirés revêt parfois une très grande importance; c'est le cas du maïs sucré qui prend, à maturité, le goût et la texture du maïs de grande culture.
Il est encore plus crucial d'isoler les cultivars portant le gène SH2. Leur pollinisation par d'autres génotypes (su, se, maïs de grande culture et maïs décoratif), amène leur dénaturation; ils reprennent les caractères du maïs de grande culture, soit des teneurs élevées en amidon et faibles en sucre. Les cultivars possédant le gène se ne redeviennent pas du maïs de grande culture à la suite de leur pollinisation par des cultivars su ordinaires, mais leurs teneurs en sucre chutent au même niveau que celles des types su ordinaires.
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IPI | |||
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OK = atteint le plein potentiel de sucre pour ce génotype
Figure 1. Chacun des génotypes su, se et SH2 peut donner des cultivars à épis jaunes, blancs ou bicolores.
Parmi les cultivars de chacun des génotypes su, se et SH2, on trouve des variétés à grains jaunes, blancs ou bicolores. De plus, le pollen d'un cultivar d'une certaine couleur peut modifier la couleur d'un autre. Il est donc important d'isoler les champs non seulement selon le génotype, mais aussi selon la couleur des grains. Au plan de la couleur, le maïs jaune et le maïs décoratif ont un effet de dominance. Ainsi, les cultivars jaunes rendent bicolore un cultivar blanc et réduisent le nombre de grains blancs d'un maïs bicolore. De même, les cultivars blancs pollinisés par des cultivars bicolores produisent une certaine quantité de grains jaunes.
Le pollen du maïs décoratif peut aussi modifier totalement l'apparence des trois types (jaune, blanc et bicolore) en faisant apparaître sur les épis des grains bleu foncé ou noirs.
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La pollinisation croisée est surtout un problème dans les trois ou quatre rangs situés en bordure du champ. Plus à l'intérieur, il y a tellement de pollen du même cultivar que l'effet du pollen non désiré d'un autre génotype est minime.
On peut isoler les cultivars de plusieurs façons :
En éloignant les génotypes différents d'au moins 100 mètres (350 pieds).
En semant les cultivars prédisposés à la dénaturation en amont des cultivars à caractères dominants, compte tenu de la direction du vent. En effet, dans certains cas, le vent peut transporter le pollen non désiré sur une distance supérieure à 100 mètres.
En échelonnant les semis de façon que les fleurs mâles des différents cultivars apparaissent à intervalles de deux semaines sur les panicules terminales. Cette technique empêche la pollinisation croisée, sans qu'il soit nécessaire de distancer les divers génotypes de 100 mètres.
En séparant les cultivars entre eux d'une distance de 15 m et en se servant des quatre rangs de bordure de chaque cultivar placé en aval d'un autre (compte tenu des vents dominants) comme « tampons » ou rangs de protection. Une telle solution est utile dans le cas où l'espace est limité et où l'on ne peut échelonner les semis. Le maïs des rangs tampons sera contaminé par le pollen des cultivars situés en amont et ne pourra donc pas être commercialisé.
La levée du maïs est influencée par un certain nombre de facteurs, dont la température et l'humidité du sol, la qualité de la semence, la profondeur des semis et le génotype du cultivar. Chacun de ces facteurs et ses effets sur la levée sont étudiés dans les paragraphes suivants.
La température du sol a un effet important sur la vitesse de germination et le pourcentage de levée des semences. Aussi, la plupart des producteurs de semences prennent soin d'identifier les cultivars qui tolèrent les sols froids durant le semis. Au lieu de germer aussitôt, les graines ensemencées dans un sol trop froid restent à l'état dormant durant un certain temps et sont alors vulnérables aux insectes et aux maladies. En général, les cultivars ordinaires (su) sont bien adaptés aux sols les plus frais (9­13 oC ou 48-55 oF). Les cultivars se donneront de meilleurs peuplements dans des sols dont la température se situe entre 13 et 16 oC (55-60 oF), tandis que les cultivars de type SH2 exigent des sols d'une température supérieure à 15 oC (58 oF).
| Date de semis | % de levée | |
|---|---|---|
| Cultivar A |
Mai 7
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34
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Mai 14
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58
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Mai 26
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78
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| Cultivar B |
Mai 7
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62
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Mai 14
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71
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Mai 26
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78
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| Cultivar C |
Mai 7
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42
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Mai 14
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59
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Mai 26
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70
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La semence endommagée est très vulnérable à l'attaque des insectes et des maladies. Il faut souligner qu'en raison de leur fragilité, les semences des cultivars se, et en particulier des cultivars SH2, requièrent une manipulation soigneuse, compte tenu du risque élevé de fendillement à la période du semis. Il ne faut donc pas lancer les sacs de semences, mais les déposer doucement.
Un certain degré d'humidité est indispensable à la germination des semences. Celles-ci demeurent en état de dormance tant que l'humidité du sol est insuffisante, ce qui risque de créer des vides forts coûteux dans le calendrier des récoltes.* L'emploi d'un système d'irrigation reste le meilleur moyen de s'assurer d'un taux d'humidité du sol suffisant pour les semis.
Il est clair que l'aménagement d'un réseau d'irrigation n'est pas toujours possible. Pour remédier à la sécheresse en surface, certains producteurs effectuent un semis plus profond. En général, les graines des cultivars ordinaires et « Sugar Enhanced » tolèrent un semis plus profond, grâce à leurs réserves nutritives plus abondantes.
En revanche, les graines des cultivars SH2 ont très peu de réserves nutritives et leur levée est difficile lorsqu'elles sont semées trop profondément. Autant que possible, il faut éviter de les semer à une profondeur supérieure à 2,5 cm (1 po). Quand l'humidité déficiente du sol empêche la levée rapide du maïs, il est préférable d'irriguer la culture plutôt que de la semer trop en profondeur.
| Génotype | Profondeur de semis | % de levée | |
|---|---|---|---|
| 1988 | 1989 | ||
| Ordinaire | 3,0 cm |
89 |
85 |
| 4,5 cm | 78 | 82 | |
| 6,2 cm | 81 | 65 | |
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«Sugar enhanced»
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3,0 cm |
88 | 86 |
| 4,5 cm | 92 | 86 | |
| 6,2 cm | 91 | 79 | |
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«Supersweet»
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3,0 cm |
64 | 58 |
| 4,5 cm | 50 | 47 | |
| 6,2 cm | 42 | 31 | |
Plus le semis est profond, plus la germination est faible, surtout avec les cultivars SH2
Les cultivars de maïs sucré se sont grandement améliorés ces dernières années et continueront de le faire.
De nombreux détaillants demandent des variétés SH2 à haute teneur en sucre à cause de leur durée de conservation à l'étalage beaucoup plus longue et de la diminution des pertes en magasin. Aujourd'hui, 90 % du maïs sucré produit en Floride est du type SH2, et déjà, d'autres États américains situés plus au nord suivent un tel exemple. En Ontario, on importe ce maïs à haute teneur en sucre durant le printemps et le début de l'été, ce qui permet d'offrir aux consommateurs un produit étonnamment bon. Enfin, il faut rappeler que la plus longue durée de conservation de ces nouveaux cultivars de maïs sucré permet aussi aux consommateurs d'en profiter plus longtemps à la maison.
Malheureusement, les cultivars « Supersweet » sont plus difficiles à cultiver en raison :
- de leur sensibilité à la fraîcheur des sols au printemps;
- des faibles réserves nutritives de leurs graines;
- de la fragilité de leurs graines (elles se fendillent facilement).
Le marché du maïs sucré continuera vraisemblablement de s'accroître pour les producteurs de l'Ontario, au fur et à mesure que les consommateurs apprendront à connaître les nouveaux cultivars de maïs à haute teneur en sucre.
Pour plus de renseignements :