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Les maladies bactériennes des crucifères cultivées
Table des matières
IntroductionEn Ontario, trois maladies bactériennes affectent les crucifères cultivées telles que le chou, le chou-fleur, le brocoli et le rutabaga. La biologie, la régie et la répression de la nervation noire, de la tache bactérienne et de la pourriture molle sont décrites dans cette fiche technique. Les maladies fongiques de ces cultures font l'objet d'une autre fiche du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), Les maladies fongiques des crucifères cultivées, commande no 90-255. | Haut de la page | Nervation noireLa nervation noire, causée par la bactérie Xanthomonas campestris, est la maladie des crucifères la plus préjudiciable partout dans le monde. Toutes les crucifères maraîchères sont sensibles à cette maladie, sauf certains cultivars de radis et de chou frisé, qui sont moins facilement infectés. La bactérie contamine les graines de crucifères lors de la production des semences. Les jeunes plants cultivés à partir de graines contaminées sont souvent infectés de façon systémique; par temps chaud, ils tournent au jaune pâle et dépérissent. Sur les plantes plus âgées, l'infection débute à l'extrémité des nervures, en bordure des feuilles, et provoque l'apparition de lésions jaunes en forme de V devenant brunes et nécrosées au fil de leur progression vers la base des feuilles (figures 1 et 2). Les nervures et les faisceaux vasculaires des feuilles, des tiges et des racines infectées noircissent au fur et à mesure que les bactéries, en se multipliant, entravent la circulation normale de l'eau et des éléments nutritifs (figures 3 et 4). L'infection causant la nervation noire est souvent suivie de l'invasion par les micro-organismes responsables de la pourriture molle, ce qui réduit encore davantage la qualité et la durée d'entreposage de ces crucifères (figure 5).
Figure 1. Lésion nécrotique brune et jaune, en forme de V, que cause la nervation noire en bordure d'une feuille de chou. Noter les nervures noircies.
Figure 2. Feuille de chou portant de grandes lésions dues à la nervation noire.
Figure 3. Tout comme dans les nervures, les autres faisceaux vasculaires d'une plante infectée de façon systémique par la nervation noire deviennent brun foncé ou noirs.
Figure 4. Système vasculaire noirci d'un rutabaga infecté par la nervation noire.
Ainsi, la nervation noire peut être propagée au champ à partir des résidus de culture, de crucifères adventices ou du sol contaminés. La propagation est également réalisée, par l'action du vent, des éclaboussures de la pluie et de l'eau d'irrigation et par les insectes, la machinerie et les travailleurs agricoles. On signale que 3 graines infectées sur 10 000 (0,03 %) suffisent à causer une épidémie de nervation noire au champ. Comme les bactéries de la nervation noire se développent de façon optimale par temps chaud et humide, les symptômes se manifestent clairement entre 20 et 30 C. Toutefois, les symptômes ne sont pas toujours apparents chez les crucifères infectées, à des températures de 15 à 20 C. Les plants destinés au repiquage étant souvent cultivés à des températures plus fraîches, il importe de détecter la nervation noire tôt avant la transplantation au champ. | Haut de la page | Tache bactérienneCette maladie bactérienne des crucifères cause parfois de sérieux problèmes dans les cultures de chou-fleur. L'agent pathogène, Pseudomonas maculicola, s'attaque surtout au chou-fleur mais peut aussi infecter le brocoli, le chou de Bruxelles et d'autres crucifères. Habituellement en juillet, les feuilles se couvrent de petites taches brunes (1 mm) de forme irrégulière et entourées d'un halo jaune. À ce stade, les symptômes sont difficiles à déceler sur la face supérieure des feuilles tandis que la face inférieure est distinctement " criblée " de taches brunes d'aspect huileux (figures 6 et 7). À la longue, ces nombreuses petites taches se fusionnent en larges plages brunes à bordure jaune et à texture de papier; en se déchirant, elles donnent à la plante un aspect déchiqueté (figure 9). La bactérie responsable de la tache bactérienne, tout comme celle de la nervation noire, subsiste dans les résidus de cultures durant au moins deux ans; elle se transmet par la semence et jouit de moyens de dissémination similaires. Par contre, la croissance de P. maculicola est favorisée par des températures légèrement plus fraîches; elle est optimale à 22 - 23 C. Les moyens de lutte contre la nervation noire sont également efficaces contre la tache bactérienne.
Figure 5. Les bactéries de la nervation noire présentes sur les feuilles attachées d'un chou-fleur en ont infecté la pomme, en diverses zones subséquemment atteintes de pourriture molle.
Figure 6. La tache bactérienne du chou-fleur causée par Pseudomonas maculicola n'est pas très apparente durant les premiers stades, surtout sur la face supérieure des feuilles.
Figure 7. La même feuille qu'à la figure 6, une fois retournée, révèle les taches brunes d'aspect huileux sur sa face inférieure.
Figure 8. Une feuille de moutarde des champs, Brassica Kaber, montrant des symptômes de nervation noire. Noter les nervures noircies.
Figure 9. Stade avancé de tache bactérienne du chou-fleur caractérisé par des plages brunes entourées de jaune, semblables à du papier. Noter les trous dans le limbe de la feuille qui donnent à la plante un aspect déchiqueté.
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Pourriture molleLa pourriture molle est causée par Erwinia carotovora et d'autres bactéries secondaires. Celles-ci envahissent les tissus végétaux par les blessures dues aux insectes, aux opérations culturales, à la machinerie, aux températures froides, à la terre emportée par le vent, à la grêle ou à d'autres maladies; par temps chaud, elles décomposent rapidement ces tissus, en une masse molle, visqueuse et nauséabonde (figure 10). La pomme du chou-fleur peut être envahie à la fois par la mouche des légumineuses et par la pourriture molle; on n'a pas établi lequel des deux est l'agent primaire (figure 11). Les jets ou bouquets de brocoli ayant de petites dépressions dans lesquelles l'eau s'accumule deviennent souvent infectés par des bactéries responsables de la pourriture molle au champ. La brûlure interne (" Tip-burn ") des pommes de chou peut favoriser leur détérioration ultérieure par les bactéries responsables de la pourriture molle. Cette maladie constitue un problème aussi sérieux en entrepôt et durant le transport que dans les champs. Il est donc primordial de réduire au minimum les meurtrissures à la récolte, et de n'utiliser que de l'eau propre pour le rinçage et le refroidissement des crucifères.
Figure 10. Les tissus en décomposition, bruns et visqueux, de cette pomme de chou sont le résultat de l'action des micro-organismes responsables de la pourriture molle.
Figure 11. Le chou-fleur de droite, atteint de pourriture molle, est aussi infesté par des larves de la mouche des légumineuses dans les zones brunes en décomposition.
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Répression des maladies des crucifèresLe programme de lutte suivant permettra de réprimer les maladies aussi bien bactériennes que fongiques affectant les crucifères : A) Production de plants ou semis direct :
B) De plus, transplanter ou semer dans des champs :
C) Lors de l'achat des plants, exiger les clauses suivantes dans le contrat :
En faisant bonne utilisation des moyens de lutte mentionnés ci-dessus, il est possible de réduire au minimum les problèmes de maladie dans les cultures de crucifères. Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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