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La
Pourriture Noire du Concombre de Serre
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| Agdex : | 292/685 |
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| Date de publication : | 08/90 |
| Commande no. | 90-174 |
| Dernière révision : | 08/90 |
| Situation : | |
| Rédacteur : | S.K. Khosla - Southwestern Ontario Agriculture Research Corporation, Harrow; W.R. Jarvis et A.P. Papadopoulos - Station de recherche d'Agriculture Canada, Harrow. |
La maladie est causée par un champignon parasite microscopique
nommé Didymella bryoniae, qui s'attaque à toutes les plantes
de la famille des cucurbitacées (concombre, courge, melon, courge
à moelle et courgette). Cette maladie, appelée pourriture
noire, attaque les feuilles, les fruits et les tiges. Sur ces dernières,
les symptômes (figures 1 et 2) prennent la forme de lésions
brun roux accompagnées de sporanges noirs à peine visibles
à l'oeil nu. On les trouve principalement au niveau des noeuds,
sur les chicots laissés par la cueillette des fruits, sur les
pousses latérales et sur les
feuilles. Ces lésions peuvent aussi se développer à
la base de la tige principale et causer le flétrissement de la
plante si elles entourent complètement la tige. On peut parfois
constater une exsudation gommeuse jaune brun sur les lésions
des tiges. Aux extrémités des feuilles, les symptômes
(figures 3 et 4) se manifestent habituellement en des tissus nécrotiques
jaune pâle ou bruns formant un V pointé vers le centre.
Quelquefois toute la bordure de la feuille est atteinte, lui donnant
la forme d'une coupole inversée. Sur le fruit, les lésions
externes (figure 5) peuvent apparaître n'importe où et
former des taches circulaires irrégulières, variant du
jaune au brun pâle et finissant par noircir. La pourriture se
répand sous ces lésions noires affaissées. Ces
symptômes se révèlent surtout à l'entreposage.
On reconnaît la pourriture interne (figure 6), invisible de l'extérieur,
par les bouts du calice ou de la tige légèrement fuselés
ou malformés et mous au toucher. En tranchant le concombre, on
aperçoit une tache brun noir qui s'enfonce à 1 ou 2 cm
dans la chair. Si la maladie a progressé, la tache est étendue;
dans les cas graves, on peut la remarquer sur l'épiderme du concombre,
au bout du calice. Parfois des sporanges noirs sont visibles sur ces
fruits.

Figure 1. Noeuds. Remarquer les gouttelettes d'eau en arrière-plan,
indiquant une humidité élevée et des risques élevés
de nouvelles infections.

Figure 2. Base de la plante. Les lésions engainent la tige et
les sporanges noirs sont visibles à sa surface.

Figure 3. Tissu nécrotique en forme de V, débutant habituellement
aux pointes de guttation

Figure 4. Coupole inversée de la feuille causée par la
nécrose des tissus périphériques

Figure 5. Pourriture externe : les symptômes des taches circulaires
irrégulières visibles après le classement, l'emballage
et l'entreposage des concombres. Habituellement, ces taches se transforment
rapidement en pourritures molles très destructives, d'origine
bactérienne.

Figure 6. Pourriture interne : remarquer les bouts fuselés du
calice et le changement de couleur des tissus internes. Ce changement
peut se limiter à une tache minuscule ou s'étendre sur
1 ou 2 cm.
Les sporanges du champignon sont de la grosseur de la tête d'une aiguille et sont facilement repérés à l'aide d'une loupe grossissant dix ou douze fois. Ils contiennent deux types de spores :
a) des ascospores propagées dans l'air, et b) des pycnospores répandues par les éclaboussures d'eau. Ces dernières sont parfois exsudées sous forme de minuscules vrilles mucilagineuses, de la consistance du dentifrice, et facilement propagées par les doigts et les couteaux.
Les symptômes apparaissent sur la tige et les feuilles quand le pathogène envahit aussi bien les plus vieux tissus endommagés que les extrémités en croissance. L'infection s'implante plus aisément en présence d'une sporée abondante et d'une humidité élevée. Par conséquent, les plus grands risques d'infection existent quand le feuillage est mouillé. Une période de mouillure d'une heure suffit pour que la maladie envahisse les feuilles saines. Dans la feuille adulte, une blessure ouvre la voie à l'infection. Une telle blessure peut résulter de la manutention ou de l'exsudation et de l'évaporation répétées de la sève à l'extrémité des nervures (guttation), point où s'accumulent alors des sels pouvant endommager les tissus. Ce phénomène s'observe souvent en début de matinée dans les serres très humides. La guttation est un bon indice du risque d'infection.
Habituellement, la pourriture interne frappe d'abord le calice, mais, à l'occasion, le bout de la tige. Le champignon met deux jours à passer d'une nouvelle inflorescence au fruit. Comparée à l'infection de fleurs flétries, celle de nouvelles inflorescences accroît le nombre de fruits infectés. L'éclaircissage des fruits, leur période de croissance et l'humidité relative n'influent pas de façon appréciable sur l'infection du fruit. Une insuffisance d'eau avant ou après la floraison augmente l'incidence de la pourriture interne du fruit. Bien qu'il demande beaucoup de temps, l'élimination des fleurs au point d'attache des fruits permet de réduire l'infection. Par ailleurs, les cultivars dont les fleurs chutent au début du développement du fruit seraient avantageux.
Même si, habituellement, la pourriture externe du fruit ne se manifeste qu'après la récolte, elle résulte d'une infection reliée à une blessure infligée avant ou pendant la récolte. Une blessure du fruit, si légère soit-elle, un mauvais entreposage dès la récolte et une fertilisation trop élevée en azote augmentent la sensibilité du fruit à la pourriture externe.
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On peut enrayer cette maladie en adoptant des méthodes sanitaires,
une gestion éclairée du milieu et par l'usage de produits
chimiques. Il faut éloigner des serres les résidus de
culture. Les résidus de culture secs et non décomposés
constituent une source de spores aéroportés lorsqu'ils
sont remouillés. Entre les cultures, enlever tous les résidus
végétaux, y compris les vrilles fixées aux fils
métalliques, et pulvériser l'intérieur de la serre
et les superstructures à l'aide d'un désinfectant recommandé
(se référer à la publication 365F du MAAO pour
plus de renseignements). Puisque d'autres cucurbitacées abritent
le champignon, il faut éviter de planter des courgettes, des
courges, des melons et des citrouilles près de la serre.
Les pratiques culturales contribuent à réduire la prolifération de la maladie. Une faible température de ventilation (23 °C, comparé à 26 °C, diminue de trois ou quatre fois la pourriture interne du fruit.
Le passage de la température nocturne à celle diurne avant le lever du soleil diminuera l'importance de la maladie en empêchant la condensation de l'air humide à la surface plutôt fraîche des feuilles et des fruits. La ventilation adéquate de la serre en tout temps empêche aussi la formation d'eau sur les plantes. On ne doit pas laisser de rosée sur les plantes pendant de longues périodes.
Au lieu d'arracher les fruits, il faut toujours les couper en laissant un chicot de 1 à 5 mm de long. L'arrachage endommage le chicot et le fruit, ouvrant ainsi la voie au champignon. Dans une culture gravement atteinte, il faut stériliser les couteaux à intervalles réguliers, avec de l'eau de Javel à 10 %.
On doit entreposer les fruits à 10 °C ou 12°C. L'entreposage durant huit heures à 20 °C, puis à 11°C, favorise le développement de la pourriture. Ainsi, dès la récolte, il faut transférer rapidement le fruit dans une chambre de refroidissement à air forcé maintenue à 12 °C. On doit aussi éviter d'endommager le fruit lors de la cueillette, de l'emballage et de l'expédition. Il ne faut pas entreposer les concombres avec d'autres produits dégageant de l'éthylène, telles les tomates et les pommes, puisque ce gaz accélère le mûrissement et la pourriture des fruits.
En dernier ressort, on peut faire des pulvérisations de produits chimiques comme celles recommandées dans la publication 365F du MAAO pour lutter contre la prolifération de la maladie.
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La maladie est causée par un champignon parasite microscopique nommé Didymella bryoniae, qui s'attaque à toutes les plantes de la famille des cucurbitacées. Cette maladie, appelée pourriture noire, attaque les feuilles, les fruits et les tiges. On peut cependant enrayer cette maladie en adoptant des méthodes sanitaires, une gestion éclairée du milieu et par l'usage de produits chimiques.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
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