Production de haricots blancs
semés
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| Agdex : | 142/50 |
|---|---|
| Date de publication : | 04/90 |
| Commande no. | 90-107 |
| Dernière révision : | 04/90 |
| Situation : | |
| Rédacteur : | John Heard - Direction des productions végétales/MAAO; G.R. Ablett - Collège de technologie agricole de Ridgetown; T.E. Michaels - Département de phytotechnie/ Université de Guelph; J.J. O'Toole - Collège de technologie agricole de Centralia; R.E. Forest - Collège de technologie agricole de Centralia |
Récemment, on a consacré plus de terrain à la culture
du haricot blanc; elle s'étend notamment vers le nord, dans les
comtés de Huron, Perth et Middlesex, ainsi qu'à l'est, dans
la vallée de l'Outaouais. Les nouveaux producteurs de haricot blanc
n'adoptent pas la méthode traditionnelle de culture; c'est-à-dire
semer en rangs de 70 à 75 cm, butter le rang en travaillant le
sol entre les rangs, et arracher, andainer et battre à la récolte.
Plusieurs d'entre eux utilisent un système de semis en rangs étroits
(15 à 55 cm) et le battage direct.
Voici les raisons pour lesquelles ils adoptent cette nouvelle technique
de production :
On attribue plusieurs avantages agronomiques à la culture en rangs étroits. Le couvert végétal intercepte plus de lumière solaire avant que celle-ci n'atteigne la surface du sol, augmentant ainsi l'énergie solaire potentielle captée par la plante pour sa photosynthèse. Le couvert végétal se développe plus rapidement en saison, fournissant plus d'ombrage aux mauvaises herbes qui émergent tardivement, et réduisant le potentiel d'érosion causé par l'impact de la pluie qui tombe sur un sol exposé. Lorsque la culture est semée en rangs étroits, les plantes adjacentes dans le rang sont plus espacées, minimisant ainsi la compétition qu'elles se font pour l'eau et les éléments nutritifs. Tous ces facteurs expliquent souvent les rendements supérieurs obtenus des rangs étroits par opposition aux plus larges.
Plusieurs projets de recherche en Ontario indiquent que le rétrécissement des rangs augmente le rendement de la culture (tableau 1). Cependant, puisque les parcelles sont récoltées à la main, ceci ne donne qu'une indication du potentiel de rendement. La formation des gousses de haricot blanc se fait près du sol et les avantages dans le rendement peuvent être perdus à cause des pertes de récolte lors du battage.
Tableau 1. Comparaisons du rendement des haricots blancs semés selon différents espacements.
| Région * | Année | Largeur du rang | Augmentation moyenne du rendement en rangs étroits % | ||
|---|---|---|---|---|---|
| 17,5 cm | 38 cm | 75 cm | |||
| kg/ha | |||||
|
Centralia
|
1983 |
2536
|
--
|
2261
|
12
|
|
Centralia
|
1984-85 |
1695
|
2077
|
1242
|
36-67
|
|
Ailsa-Craig
|
1982 |
--
|
2260
|
1860
|
22
|
|
Woodstock
|
1985-86 |
2794
|
2791
|
2182
|
28
|
|
Elora
|
1980 & 1983-87 |
2371
|
2407
|
2152
|
10-12
|
|
Mitchell
|
1980-81 |
2436
|
--
|
2168
|
12
|
* Les rendements sont la moyenne de tous les cultivars mis à l'essai.
En Ontario, il semble que les haricots blancs réagissent pareillement à la rotation des cultures, au type de sol et au drainage, au sarclage et aux méthodes de fertilisation, indifféremment de l'espacement des rangs. Il faut se référer à la fiche technique du MAAO, Culture des haricots blancs en Ontario, commande no 88-122, pour plus de renseignements sur ces pratiques culturales.
De nouveaux cultivars à port plus dressé et à profil plus étroit sont mis à l'essai dans le cadre d'essais provinciaux. Ces cultivars devraient diminuer les pertes de récolte dues à la verse et aux gousses basses (figure 1).

Figure 1.
Les nouveaux cultivars (à droite) ont une architecture dressée
comparativement aux cultivars traditionnels (à gauche).
Le choix des cultivars pour la production en rangs étroits et le battage direct doit être établi selon leur maturité, leur potentiel de rendement et leur tolérance à la moisissure blanche. Les producteurs doivent choisir un cultivar qui mûrira à la fin août ou au début septembre. Leur tolérance à la moisissure blanche constitue un deuxième critère d'importance majeure puisqu'on remarque que ce champignon est beaucoup plus répandu dans la plantation en rangs étroits. Il faut se référer à la publication 296F du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures, pour plus de renseignements sur les cultivars courants.
À cause de la nature des opérations de récolte, il est très important de choisir des champs épierrés pour les haricots battus directement. On doit pratiquer des façons culturales primaires à l'aide d'une charrue à versoir ou d'un chisel quand le sol est sec pour réduire le compactage. On doit limiter les façons culturales secondaires, s'il est requis, à l'incorporation des herbicides et pour préparer un lit de semence ferme et nivelé. Minimiser le nombre de passes pour les façons culturales secondaires réduit le compactage et le nombre de traces laissées par le tracteur.
La production de haricots blancs requiert des sols très fertiles. On peut identifier les besoins en fertilisation par une analyse du sol. On ne doit pas fertiliser en même temps que le semis; le fertilisant doit être labouré ou incorporé au sol avant l'ensemencement.
Les haricots blancs sont des légumineuses et, sous des conditions optimales, celles-ci fixent biologiquement une portion de leur besoin en azote. Dans le cas où les rendements obtenus des haricots blancs sont faibles, soit à cause du bronzage, d'un sol dont la teneur en matière organique est faible, d'une mauvaise structure du sol ou encore des pourritures de racines, il faut épandre et incorporer 50 à 100 kg/ha d'azote dans le sol avant le semis. La quantité à utiliser dépendra de la sévérité du stress.
Pour promouvoir l'émergence rapide et égale des haricots
blancs, on doit les semer à une profondeur uniforme de 3,5 à
5,0 cm, indifféremment de l'espacement des rangs, dans un sol chaud
et humide. Pour assurer la sécurité des grains, certains
herbicides requièrent une profondeur de semis minimale.
On peut réussir à semer des haricots en rangs étroits
en utilisant un semoir en lignes ou un semoir monograine. Les semoirs
en lignes doivent être équipés d'appareils distributeurs
de grains souples, de bandes ou de roues de réglage de profondeur
et de roues de plombeuses pour assurer le placement et le recouvrement
uniformes des graines. Certains agriculteurs ont assemblé des semoirs
monograines sur une barre porte-outils, ajustés pour des rangs
étroits afin d'obtenir la précision de semis d'un semoir
à maïs. On recommande de laisser des pistes ou des voies de
passage lors du semis. L'objectif est de tirer tous les avantages possibles
des rangs étroits sans ensemencer dans un sol tassé par
les pneus du tracteur ou pour éviter d'écraser les plantules
de haricots blancs lors des opérations en post-émergence,
telles que le ramassage des pierres et l'application de pesticides ou
de dessiccatifs.
Figure 2. Ensemencement.
La plupart des producteurs font suivre le semoir d'un rouleau ou d'un
cultipacker pour mieux couvrir les graines et pour repousser dans le sol
les pierres ou les buttes de terre ressorties par le cultivateur ou les
disques du semoir. Cette pratique facilite la récolte puisqu'elle
égalise la surface du sol ou empêche les pierres de s'introduire
dans la moissonneuse-batteuse, par contre cela fait croûter le sol
et peut entraver l'émergence. On peut retarder cette étape
jusqu'à ce que les graines germent et soient prêtes à
lever.
L'ensemencement peut se faire dans des rangs espacés de 18 à
55 cm, mais des largeurs de 18 à 35 cm sont plus communes. Les
écarts dans les rendements obtenus de ces espacements de rang étroits
sont minimes et inconsistants (tableau 1).
Des études récentes démontrent que les pertes de
récolte peuvent être réduites si l'on augmente le
taux de semis pour les rangs étroits même si le rendement
biologique ou potentiel est semblable pour différents taux de semis.
Cependant, les producteurs doivent être avertis que des taux de
semis plus élevés peuvent accroître la pullulation
de la moisissure blanche et la compétition des plantes pour l'eau
et les éléments nutritifs.
Les taux de semis recommandés pour les rangs larges de haricots
blancs (70 cm) sont approximativement 250 000 plants par hectare et doivent
être augmentés à 375 000 à 640 000 graines
viables par hectare pour des rangs écartés de 18 à
36 cm. On doit établir le taux de semis en graines par hectare
plutôt qu'en kg/ha puisque le calibre des graines peut varier grandement
selon le cultivar et les conditions de croissance saisonnières
sous lesquelles les graines sont produites (tableau 2). Pour faciliter
l'ensemencement d'une quantité spécifique de graines par
hectare, plusieurs compagnies donnent la quantité de graines au
kilogramme ou à la livre.
Tableau 2. Dose de semis selon la quantité de graines par mètre de rang
| Écartement des rangs | Quantité désirée de graines viables par hectare | |||
|---|---|---|---|---|
| 250 000 | 375 000 | 500 000 | 640 000 | |
|
(cm)
|
graines par mètre de rang | |||
|
70
|
19
|
28
|
--
|
--
|
|
50
|
13
|
19
|
--
|
--
|
|
38
|
9
|
14
|
19
|
24
|
|
25
|
6
|
9
|
13
|
17
|
|
18
|
5
|
7
|
9
|
12
|
On doit ajuster les taux de semis selon la qualité des graines, leur germination, la précision et la fiabililité de l'équipement d'ensemencement, le lit de semence et l'humidité du sol, et la susceptibilité du sol à la formation de croûtes.
Les plantes soumises à des stress peuvent rabougrir et subir une maturité tardive et non uniforme, affectant le rendement et la qualité de la semence. Le rabougrissement des plantes (causé par des stress tels la pourriture des racines, le compactage ou les blessures de la cicadelle de la pomme de terre) entraîne la formation des gousses près du sol et des pertes élevées à la récolte mécanique. La maturation tardive ou non uniforme nuit à la qualité de la récolte des haricots blancs. Cette maturation inadéquate peut être causée par un sol tassé, une émergence inégale, des dommages causés par les herbicides, des plants écrasés par le passage de l'équipement agricole ou des stress climatiques durant la saison de croissance et de récolte. On peut amoindrir l'effet de ces stress en évitant de tasser le sol, en semant des graines de haute qualité à une profondeur uniforme dans un sol dont l'humidité est adéquate, en utilisant des doses de fertilisants et d'herbicides adéquats, et en évitant les chevauchements. On peut faire très peu de choses pour éviter une croissance végétale secondaire résultant d'un stress dû à la température, et souvent l'application d'un dessiccatif chimique est requise.
Si les conditions climatiques et de croissance favorisent l'incidence de la moisissure blanche, les rendements seront généralement réduits dans un champ semé en rangs étroits. Un couvert végétal plus dense nuit à la circulation d'air et garde l'humidité plus longtemps, ce qui favorise le développement et la prolifération des maladies.
Au tableau 3, on rapporte les rendements d'un essai de cultivars sévèrement
infestés.
La moisissure blanche était présente tout au long de l'essai
et tous les cultivars en rangs étroits furent plus sévèrement
atteints par la moisissure blanche. Malgré les pertes de rendement,
certains cultivars ont démontré une meilleure tolérance
à la moisissure blanche que d'autres.
Tableau 3. L'influence d'une infestation de moisissure blanche sur les rendements de cultivars de haricots blancs semés selon deux espacements de rang (Hensall, 1982)
| Cultivar |
Espacement des Rangs
|
Pertes de Rendement en Rangs Etroits
|
|
|---|---|---|---|
|
17,5 cm
|
75 cm
|
%
|
|
|
kg/ha
|
|||
| Ex Rico 23 |
1772
|
2658
|
33
|
| Moyenne de trois cultivars sensibles |
906
|
1574
|
42
|
Les producteurs doivent choisir des cultivars tolérants à la moisissure blanche s'ils soupçonnent la maladie de faire des ravages. Il faut se référer à la publication 296F du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures, pour connaître la tolérance des cultivars à la moisissure blanche. Les producteurs pourront peut-être réduire l'importance de la moisissure blanche et obtenir un meilleur établissement en adoptant un écartement de rang intermédiaire (35 à 50 cm) plutôt que de pratiquer le semis en pleine surface (18 cm).
On peut combattre efficacement la moisissure blanche en appliquant des fongicides à l'aide d'équipement au sol au début de la période de floraison. Consultez la publication 296F du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures, pour connaître les fongicides présentement recommandés et les procédures d'évaluation de la maladie afin d'établir le seuil économique de pulvérisation.
Le plus grand ennemi des haricots de grande culture est la cicadelle de la pomme de terre. Elle injecte de la salive dans la plante tout en y retirant la sève. Une toxine dans la salive cause le rabougrissement de la plante et la « brûlure de la cicadelle » - un enroulement serré des feuilles dont les extrémités et les bords jaunissent et brunissent. Cette brûlure et ce rabougrissement réduisent les rendements et rendent difficile la récolte des plus petits plants. Il faut se référer à la publication 296F du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures pour plus de renseignements et recommandations pour la lutte contre la cicadelle de la pomme de terre.
Les haricots blancs semés en rangs étroits sont autant
susceptibles aux pertes de rendement et de qualité causées
par les mauvaises herbes que le sont les haricots semés en rangs
plus larges (voir la fiche technique Culture des haricots blancs en Ontario,
AGDEX 142). Mais une stratégie différente de lutte contre
les mauvaises herbes est nécessaire pour les semis en rangs étroits.
Les haricots semés en rangs étroits formeront un couvert
végétal plus tôt sur le rang, offrant ainsi plus de
compétition aux mauvaises herbes annuelles, contrairement aux haricots
semés en rangs larges. Cependant, il est plus difficile de pratiquer
des sarclages entre des rangs de moins de 50 cm et cette pratique risque
de nuire aux opérations de battage direct en faisant remonter des
pierres ou en formant des buttes de terre. On restreint la lutte mécanique
aux façons culturales secondaires de présemis et au travail
du sol à l'aide d'une houe rotative en pré-émergence
et en post-émergence. On doit donc concentrer sur la lutte chimique.
Il faut se référer à la publication 75F du MAAO,
Guide de lutte contre les mauvaises herbes, pour connaître les herbicides,
seuls ou en association, recommandés pour la lutte contre la vaste
gamme de mauvaises herbes.
On doit lutter contre les mauvaises herbes vivaces, telles le chiendent,
le chardon des champs et le liseron des champs au cours de la culture
précédente ou dans le chaume. Parfois, le travail du sol
entre les rangs peut sauvegarder une culture envahie par les mauvaises
herbes vivaces, mais la lutte chimique de ces mêmes mauvaises herbes
requiert un moment d'application précis et souvent des traitements
répétés et dispendieux. Si l'on prévoit l'utilisation
d'un herbicide de post-émergence, il faut laisser des voies de
passage lors de l'ensemencement. Les plants de haricot écrasés
se rétablissent habituellement, mais ils mûrissent plus lentement,
causant une maturation inégale et une moins bonne qualité
de haricots.
Dans le passé, plusieurs cultivateurs adoptèrent le battage direct dans le but de sauvegarder la culture de haricots quand les conditions au champ étaient trop mouillées pour permettre l'arrachage et l'andainage. Il arrive souvent que le haricot subisse des dommages importants à cause de la température; les agriculteurs connaissent alors de faibles rendements et de grandes pertes de récolte. Cependant, il est possible de récolter un produit de très bonne qualité et à bons rendements si l'on compte sur le battage direct à l'aide d'équipement de récolte moderne, effectué au bon moment dans notre système de gestion des cultures semées en rangs étroits.
La moissonneuse-batteuse doit être équipée d'une barre de coupe libre et flexible, ajustée de telle façon qu'elle coupe les haricots au ras du sol. Ceci réduit la coupe des gousses basses et autres pertes de récolte. On doit entretenir les couteaux et les gardes, et les remplacer au besoin. Le couteau doit trancher nettement et rapidement pour éviter de secouer le plant sec, d'ouvrir les gousses et d'écosser les haricots. Les pertes par écossage à la barre de coupe augmentent au fur et à mesure que les gousses perdent leur humidité.
On a développé de nouveaux équipements modifiés pour minimiser les pertes de récolte. Des rabatteurs à air sont disponibles pour pousser la culture plus rapidement des couteaux au batteur. Ceci réduit l'accumulation de plants de haricots coupés sur les couteaux (aussi appelés sections) et les pertes par écossage qui surviennent. La pression d'air pousse les mauvaises herbes et les plants de haricots loin des couteaux, permettant une meilleure visibilité de la barre de coupe sans pousser les pierres sur le tablier. Des recherches effectuées au Collège de technologie agricole de Centralia ont noté une réduction de 50 % des pertes au tablier élévateur comparé aux pertes subies avec l'utilisation d'un rabatteur conventionnel. Des tuyaux d'amenée d'air incorporés à un rabatteur rotatif ou d'autres placés devant un rabatteur conventionnel constituent un autre développement.
Bien des agriculteurs ont réussi à modifier leur rabatteur conventionnel en ajoutant aux palettes des bandes de courroies épaisses ou de plastique rigide pour balayer les plants de haricots des couteaux et les pousser sur le tablier élévateur. D'autres agriculteurs ont soudé des releveurs de forme triangulaire sur les doigts de la barre de coupe pour soulever les touffes de haricots et les gousses avant que les tiges soient coupées, réduisant ainsi les pertes sur les tiges.
Il est souvent possible d'améliorer le rendement et la qualité en modifiant le parcours de récolte d'une culture envahie de mauvaises herbes ou d'une dont le mûrissement est inégal. Le battage direct n'oblige pas l'agriculteur à suivre les rangs; celui-ci peut donc battre les surfaces mûries à point séparément de celles qui sont vertes ou envahies de mauvaises herbes. On peut retarder la récolte de ces endroits irréguliers jusqu'à ce que les haricots mûrissent ou qu'ils soient traités avec un dessiccatif. Il ne faut jamais laisser les haricots blancs encore verts et tachés provenant d'une région moins productive du champ contaminer un échantillon de haricots blancs secs et propres. Modifier le parcours de récolte d'une culture versée peut en accroître le rendement de récolte. Récolter dans la direction opposée à la verse ou faucher le champ à un angle permet de battre les branches des touffes inclinées et les gousses basses, et peut réduire de trois fois les pertes sur le chaume.
L'arrachage et l'andainage conventionnels peuvent occasionner des pertes de récolte de 3 à 12 %, mais il est difficile de déterminer ces pertes facilement ou de les mettre en évidence puisque les haricots libres sont mêlés et/ou couverts de terre et de paille de haricots. Les pertes de récolte subies par le battage direct sont très évidentes et peuvent décourager les producteurs. Les pertes peuvent se situer de 5 à 18 %, dépendant des modifications apportées à l'équipement, de l'expérience et de l'habileté de l'opérateur et du moment propice de la récolte. Il faut déterminer les pertes de récolte régulièrement pour pouvoir évaluer les nouvelles technologies, les modifications ou les ajustements à la moissonneuse-batteuse. On peut calculer les pertes en consultant la fiche technique intitulée Mesure des pertes de soya à la récolte, AGDEX 141/745. Une perte de 100 kg/ha égale 48 haricots/m2 (100 livres/acre = 5 graines/pied carré).
Le moment idéal pour la récolte des haricots est lorsqu'ils atteignent un taux d'humidité de 18 %, que le plant a perdu ses feuilles, que les tiges sont sèches et qu'on ne trouve plus de mauvaises herbes vertes. Des feuilles vertes de haricots et des mauvaises herbes tacheront le tégument des graines et, à de hauts taux d'humidité, toutes saletés ramassées par la moissonneuse-batteuse s'incrusteront dans le tégument des graines et causeront une décoloration permanente. Dans le cas des plants immatures de haricots et de mauvaises herbes dans les rangs plus larges, les plants seront arrachés et andainés puis laissés en andains pour le séchage avant la moisson. Pour les haricots battus directement, les agriculteurs pourront considérer l'application d'un dessiccatif, tel le Reglone, s'il y a des mauvaises herbes vertes ou des haricots de maturité inégale ou de deuxième levée. Il faut se référer à la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes. Il est souvent peu rentable d'attendre que la deuxième floraison produise des gousses puisque les intempéries endommageront celles de la première floraison durant l'attente.

Figure 3. Récolte.
La qualité du haricot peut vraiment être supérieure grâce au battage direct si on le compare aux techniques de récolte traditionnelles. Il y aura moins de marques de boue ou de taches de saletés puisque de plus petites quantités de terre pénètrent dans la moissonneuse en même temps que les graines. De même, les haricots tolèrent les intempéries beaucoup plus longtemps quand ils sont debout en rangs que couchés dans l'andain. Il arrive souvent que les haricots dans les gousses du bas soient les premiers à germer et à se décolorer lors des pluies, et ils ne sont pas récoltés lors du fauchage.
Le battage quotidien direct peut représenter le tiers ou la moitié des superficies récoltées en andains. Mais, une passe de battage direct remplace les machines et la main-d'oeuvre additionnelles que requiert la méthode conventionnelle d'arrachage-andainage-battage des haricots.
Les opérations de battage, de manutention, d'expédition, d'entreposage et de commercialisation sont les mêmes que pour la production de haricots en rangs plus larges. Il faut consulter les fiches techniques Culture des haricots blancs en Ontario, AGDEX 142 ou Culture des haricots colorés en Ontario.
Publications
75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes
296F Recommandations pour les grandes cultures
1787/F Les haricots de grande culture au Canada (Agriculture Canada)
Fiches techniques
Culture des haricots blancs en Ontario, AGDEX 142
Culture des haricots colorés en Ontario, AGDEX 142/10
Mesure des pertes de soya à la récolte, AGDEX 141/745
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.