Dans cette section
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Production
de haricots blancs semés
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| Agdex : | 142/50 |
|---|---|
| Date de publication : | 04/90 |
| Commande no. | 90-107 |
| Dernière révision : | 04/90 |
| Situation : | |
| Rédacteur : | John Heard - Direction des productions végétales/MAAO; G.R. Ablett - Collège de technologie agricole de Ridgetown; T.E. Michaels - Département de phytotechnie/ Université de Guelph; J.J. O'Toole - Collège de technologie agricole de Centralia; R.E. Forest - Collège de technologie agricole de Centralia |
Récemment, on a consacré plus de terrain à la
culture du haricot blanc; elle s'étend notamment vers le nord,
dans les comtés de Huron, Perth et Middlesex, ainsi qu'à
l'est, dans la vallée de l'Outaouais. Les nouveaux producteurs
de haricot blanc n'adoptent pas la méthode traditionnelle de
culture; c'est-à-dire semer en rangs de 70 à 75 cm, butter
le rang en travaillant le sol entre les rangs, et arracher, andainer
et battre à la récolte. Plusieurs d'entre eux utilisent
un système de semis en rangs étroits (15 à 55 cm)
et le battage direct.
Voici les raisons pour lesquelles ils adoptent cette nouvelle technique
de production :
1) ils ne veulent pas investir dans l'achat de machines agricoles spécialisées
(arracheuses et andaineuses);
2) ils espèrent atteindre les rendements potentiels plus élevés
qu'offre le semis en rangs étroits;
3) ils veulent éviter les risques d'une récolte difficile
à cause des intempéries;
4) ils profitent de leur expérience comme producteurs de fèves
soya;
5) ils se servent de l'équipement de récolte amélioré
pour fèves soya dont ils disposent déjà.
Quelques-unes de ces raisons expliquent aussi que les producteurs d'expérience
dans la culture des haricots blancs aient choisi le système de
plantation en rangs étroits. Dans les quatre années qui
suivirent son implantation, la culture des haricots en rangs étroits
et le battage direct augmenta la production totale de haricots blancs
de 15 à 20 %.
On attribue plusieurs avantages agronomiques à la culture en
rangs étroits. Le couvert végétal intercepte plus
de lumière solaire avant que celle-ci n'atteigne la surface du
sol, augmentant ainsi l'énergie solaire potentielle captée
par la plante pour sa photosynthèse. Le couvert végétal
se développe plus rapidement en saison, fournissant plus d'ombrage
aux mauvaises herbes qui émergent tardivement, et réduisant
le potentiel d'érosion causé par l'impact de la pluie
qui tombe sur un sol exposé. Lorsque la culture est semée
en rangs étroits, les plantes adjacentes dans le rang sont plus
espacées, minimisant ainsi la compétition qu'elles se
font pour l'eau et les éléments nutritifs. Tous ces facteurs
expliquent souvent les rendements supérieurs obtenus des rangs
étroits par opposition aux plus larges.
Plusieurs projets de recherche en Ontario indiquent que le rétrécissement
des rangs augmente le rendement de la culture (tableau 1). Cependant,
puisque les parcelles sont récoltées à la main,
ceci ne donne qu'une indication du potentiel de rendement. La formation
des gousses de haricot blanc se fait près du sol et les avantages
dans le rendement peuvent être perdus à cause des pertes
de récolte lors du battage.
| Région * | Année | Largeur du rang | Augmentation moyenne du rendement en rangs étroits % | ||
|---|---|---|---|---|---|
| 17,5 cm | 38 cm | 75 cm | |||
| --------Kg/ha------------ | |||||
|
Centralia
|
1983 | 2536 | -- | 2261 | 12 |
|
Centralia
|
1984-85 | 1695 | 2077 | 1242 | 36-67 |
|
Ailsa-Craig
|
1982 | -- | 2260 | 1860 | 22 |
|
Woodstock
|
1985-86 | 2794 | 2791 | 2182 | 28 |
|
Elora
|
1980 & 1983-87 | 2371 | 2407 | 2152 | 10-12 |
|
Mitchell
|
1980-81 | 2436 | -- | 2168 | 12 |
* Les rendements sont la moyenne de tous les cultivars mis à l'essai.
En Ontario, il semble que les haricots blancs réagissent pareillement à la rotation des cultures, au type de sol et au drainage, au sarclage et aux méthodes de fertilisation, indifféremment de l'espacement des rangs. Il faut se référer à la fiche technique du MAAO, Culture des haricots blancs en Ontario, commande no 88-122, pour plus de renseignements sur ces pratiques culturales.
De nouveaux cultivars à port plus dressé et à profil plus étroit sont mis à l'essai dans le cadre d'essais provinciaux. Ces cultivars devraient diminuer les pertes de récolte dues à la verse et aux gousses basses (figure 1).

Figure 1. Les nouveaux cultivars (à droite) ont une architecture
dressée comparativement aux cultivars traditionnels (à
gauche).
Le choix des cultivars pour la production en rangs étroits et le battage direct doit être établi selon leur maturité, leur potentiel de rendement et leur tolérance à la moisissure blanche. Les producteurs doivent choisir un cultivar qui mûrira à la fin août ou au début septembre. Leur tolérance à la moisissure blanche constitue un deuxième critère d'importance majeure puisqu'on remarque que ce champignon est beaucoup plus répandu dans la plantation en rangs étroits. Il faut se référer à la publication 296F du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures, pour plus de renseignements sur les cultivars courants.
À cause de la nature des opérations de récolte,
il est très important de choisir des champs épierrés
pour les haricots battus directement. On doit pratiquer des façons
culturales primaires à l'aide d'une charrue à versoir
ou d'un chisel quand le sol est sec pour réduire le compactage.
On doit limiter les façons culturales secondaires, s'il est requis,
à l'incorporation des herbicides et pour préparer un lit
de semence ferme et nivelé. Minimiser le nombre de passes pour
les façons culturales secondaires réduit le compactage
et le nombre de traces laissées par le tracteur.
La production de haricots blancs requiert des sols très fertiles.
On peut identifier les besoins en fertilisation par une analyse du sol.
On ne doit pas fertiliser en même temps que le semis; le fertilisant
doit être labouré ou incorporé au sol avant l'ensemencement.
Les haricots blancs sont des légumineuses et, sous des conditions optimales, celles-ci fixent biologiquement une portion de leur besoin en azote. Dans le cas où les rendements obtenus des haricots blancs sont faibles, soit à cause du bronzage, d'un sol dont la teneur en matière organique est faible, d'une mauvaise structure du sol ou encore des pourritures de racines, il faut épandre et incorporer 50 à 100 kg/ha d'azote dans le sol avant le semis. La quantité à utiliser dépendra de la sévérité du stress.
Pour promouvoir l'émergence rapide et égale des haricots
blancs, on doit les semer à une profondeur uniforme de 3,5 à
5,0 cm, indifféremment de l'espacement des rangs, dans un sol
chaud et humide. Pour assurer la sécurité des grains,
certains herbicides requièrent une profondeur de semis minimale.
On peut réussir à semer des haricots en rangs étroits
en utilisant un semoir en lignes ou un semoir monograine. Les semoirs
en lignes doivent être équipés d'appareils distributeurs
de grains souples, de bandes ou de roues de réglage de profondeur
et de roues de plombeuses pour assurer le placement et le recouvrement
uniformes des graines. Certains agriculteurs ont assemblé des
semoirs monograines sur une barre porte-outils, ajustés pour
des rangs étroits afin d'obtenir la précision de semis
d'un semoir à maïs. On recommande de laisser des pistes
ou des voies de passage lors du semis. L'objectif est de tirer tous
les avantages possibles des rangs étroits sans ensemencer dans
un sol tassé par les pneus du tracteur ou pour éviter
d'écraser les plantules de haricots blancs lors des opérations
en post-émergence, telles que le ramassage des pierres et l'application
de pesticides ou de dessiccatifs.
Figure 2. Ensemencement.
La plupart des producteurs font suivre le semoir d'un rouleau ou d'un
cultipacker pour mieux couvrir les graines et pour repousser dans le
sol les pierres ou les buttes de terre ressorties par le cultivateur
ou les disques du semoir. Cette pratique facilite la récolte
puisqu'elle égalise la surface du sol ou empêche les pierres
de s'introduire dans la moissonneuse-batteuse, par contre cela fait
croûter le sol et peut entraver l'émergence. On peut retarder
cette étape jusqu'à ce que les graines germent et soient
prêtes à lever.
L'ensemencement peut se faire dans des rangs espacés de 18 à
55 cm, mais des largeurs de 18 à 35 cm sont plus communes. Les
écarts dans les rendements obtenus de ces espacements de rang
étroits sont minimes et inconsistants (tableau 1).
Des études récentes démontrent que les pertes de
récolte peuvent être réduites si l'on augmente le
taux de semis pour les rangs étroits même si le rendement
biologique ou potentiel est semblable pour différents taux de
semis. Cependant, les producteurs doivent être avertis que des
taux de semis plus élevés peuvent accroître la pullulation
de la moisissure blanche et la compétition des plantes pour l'eau
et les éléments nutritifs.
Les taux de semis recommandés pour les rangs larges de haricots
blancs (70 cm) sont approximativement 250 000 plants par hectare et
doivent être augmentés à 375 000 à 640 000
graines viables par hectare pour des rangs écartés de
18 à 36 cm. On doit établir le taux de semis en graines
par hectare plutôt qu'en kg/ha puisque le calibre des graines
peut varier grandement selon le cultivar et les conditions de croissance
saisonnières sous lesquelles les graines sont produites (tableau
2). Pour faciliter l'ensemencement d'une quantité spécifique
de graines par hectare, plusieurs compagnies donnent la quantité
de graines au kilogramme ou à la livre.
| Écartement des rangs | Quantité désirée de graines viables par hectare | |||
|---|---|---|---|---|
| 250 000 | 375 000 | 500 000 | 640 000 | |
|
(cm)
|
---------------- graines par mètre de rang -------------- |
|||
|
70
|
19
|
28
|
|
|
|
50
|
13
|
19
|
|
|
|
38
|
9
|
14
|
19
|
24
|
|
25
|
6
|
9
|
13
|
17
|
|
18
|
5
|
7
|
9
|
12
|
On doit ajuster les taux de semis selon la qualité des graines, leur germination, la précision et la fiabililité de l'équipement d'ensemencement, le lit de semence et l'humidité du sol, et la susceptibilité du sol à la formation de croûtes.
Les plantes soumises à des stress peuvent rabougrir et subir une maturité tardive et non uniforme, affectant le rendement et la qualité de la semence. Le rabougrissement des plantes (causé par des stress tels la pourriture des racines, le compactage ou les blessures de la cicadelle de la pomme de terre) entraîne la formation des gousses près du sol et des pertes élevées à la récolte mécanique. La maturation tardive ou non uniforme nuit à la qualité de la récolte des haricots blancs. Cette maturation inadéquate peut être causée par un sol tassé, une émergence inégale, des dommages causés par les herbicides, des plants écrasés par le passage de l'équipement agricole ou des stress climatiques durant la saison de croissance et de récolte. On peut amoindrir l'effet de ces stress en évitant de tasser le sol, en semant des graines de haute qualité à une profondeur uniforme dans un sol dont l'humidité est adéquate, en utilisant des doses de fertilisants et d'herbicides adéquats, et en évitant les chevauchements. On peut faire très peu de choses pour éviter une croissance végétale secondaire résultant d'un stress dû à la température, et souvent l'application d'un dessiccatif chimique est requise.
Si les conditions climatiques et de croissance favorisent l'incidence de la moisissure blanche, les rendements seront généralement réduits dans un champ semé en rangs étroits. Un couvert végétal plus dense nuit à la circulation d'air et garde l'humidité plus longtemps, ce qui favorise le développement et la prolifération des maladies.
Au tableau 3, on rapporte les rendements d'un essai de cultivars sévèrement
infestés.
La moisissure blanche était présente tout au long de l'essai
et tous les cultivars en rangs étroits furent plus sévèrement
atteints par la moisissure blanche. Malgré les pertes de rendement,
certains cultivars ont démontré une meilleure tolérance
à la moisissure blanche que d'autres.
| CULTIVAR | ESPACEMENT DES RANGS |
PERTES DE RENDEMENT |
|
|---|---|---|---|
|
17,5 cm
|
75 cm | % | |
|
---------------------------- Kg/ha ------------------------------
|
|||
| Ex Rico 23 |
1772
|
2658
|
33
|
| Moyenne de trois cultivars sensibles |
906
|
1574
|
42
|
Les producteurs doivent choisir des cultivars tolérants à
la moisissure blanche s'ils soupçonnent la maladie de faire des
ravages. Il faut se référer à la publication 296F
du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures, pour connaître
la tolérance des cultivars à la moisissure blanche. Les
producteurs pourront peut-être réduire l'importance de
la moisissure blanche et obtenir un meilleur établissement en
adoptant un écartement de rang intermédiaire (35 à
50 cm) plutôt que de pratiquer le semis en pleine surface (18
cm).
On peut combattre efficacement la moisissure blanche en appliquant des
fongicides à l'aide d'équipement au sol au début
de la période de floraison. Consultez la publication 296F du
MAAO, Recommandations pour les grandes cultures, pour connaître
les fongicides présentement recommandés et les procédures
d'évaluation de la maladie afin d'établir le seuil économique
de pulvérisation.
Le plus grand ennemi des haricots de grande culture est la cicadelle de la pomme de terre. Elle injecte de la salive dans la plante tout en y retirant la sève. Une toxine dans la salive cause le rabougrissement de la plante et la « brûlure de la cicadelle » - un enroulement serré des feuilles dont les extrémités et les bords jaunissent et brunissent. Cette brûlure et ce rabougrissement réduisent les rendements et rendent difficile la récolte des plus petits plants. Il faut se référer à la publication 296F du MAAO, Recommandations pour les grandes cultures pour plus de renseignements et recommandations pour la lutte contre la cicadelle de la pomme de terre.
Les haricots blancs semés en rangs étroits sont autant
susceptibles aux pertes de rendement et de qualité causées
par les mauvaises herbes que le sont les haricots semés en rangs
plus larges (voir la fiche technique Culture des haricots blancs en
Ontario, AGDEX 142). Mais une stratégie différente de
lutte contre les mauvaises herbes est nécessaire pour les semis
en rangs étroits. Les haricots semés en rangs étroits
formeront un couvert végétal plus tôt sur le rang,
offrant ainsi plus de compétition aux mauvaises herbes annuelles,
contrairement aux haricots semés en rangs larges. Cependant,
il est plus difficile de pratiquer des sarclages entre des rangs de
moins de 50 cm et cette pratique risque de nuire aux opérations
de battage direct en faisant remonter des pierres ou en formant des
buttes de terre. On restreint la lutte mécanique aux façons
culturales secondaires de présemis et au travail du sol à
l'aide d'une houe rotative en pré-émergence et en post-émergence.
On doit donc concentrer sur la lutte chimique. Il faut se référer
à la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises
herbes, pour connaître les herbicides, seuls ou en association,
recommandés pour la lutte contre la vaste gamme de mauvaises
herbes.
On doit lutter contre les mauvaises herbes vivaces, telles le chiendent,
le chardon des champs et le liseron des champs au cours de la culture
précédente ou dans le chaume. Parfois, le travail du sol
entre les rangs peut sauvegarder une culture envahie par les mauvaises
herbes vivaces, mais la lutte chimique de ces mêmes mauvaises
herbes requiert un moment d'application précis et souvent des
traitements répétés et dispendieux. Si l'on prévoit
l'utilisation d'un herbicide de post-émergence, il faut laisser
des voies de passage lors de l'ensemencement. Les plants de haricot
écrasés se rétablissent habituellement, mais ils
mûrissent plus lentement, causant une maturation inégale
et une moins bonne qualité de haricots.
Dans le passé, plusieurs cultivateurs adoptèrent le battage
direct dans le but de sauvegarder la culture de haricots quand les conditions
au champ étaient trop mouillées pour permettre l'arrachage
et l'andainage. Il arrive souvent que le haricot subisse des dommages
importants à cause de la température; les agriculteurs
connaissent alors de faibles rendements et de grandes pertes de récolte.
Cependant, il est possible de récolter un produit de très
bonne qualité et à bons rendements si l'on compte sur
le battage direct à l'aide d'équipement de récolte
moderne, effectué au bon moment dans notre système de
gestion des cultures semées en rangs étroits.
La moissonneuse-batteuse doit être équipée d'une
barre de coupe libre et flexible, ajustée de telle façon
qu'elle coupe les haricots au ras du sol. Ceci réduit la coupe
des gousses basses et autres pertes de récolte. On doit entretenir
les couteaux et les gardes, et les remplacer au besoin. Le couteau doit
trancher nettement et rapidement pour éviter de secouer le plant
sec, d'ouvrir les gousses et d'écosser les haricots. Les pertes
par écossage à la barre de coupe augmentent au fur et
à mesure que les gousses perdent leur humidité.
On a développé de nouveaux équipements modifiés
pour minimiser les pertes de récolte. Des rabatteurs à
air sont disponibles pour pousser la culture plus rapidement des couteaux
au batteur. Ceci réduit l'accumulation de plants de haricots
coupés sur les couteaux (aussi appelés sections) et les
pertes par écossage qui surviennent. La pression d'air pousse
les mauvaises herbes et les plants de haricots loin des couteaux, permettant
une meilleure visibilité de la barre de coupe sans pousser les
pierres sur le tablier. Des recherches effectuées au Collège
de technologie agricole de Centralia ont noté une réduction
de 50 % des pertes au tablier élévateur comparé
aux pertes subies avec l'utilisation d'un rabatteur conventionnel. Des
tuyaux d'amenée d'air incorporés à un rabatteur
rotatif ou d'autres placés devant un rabatteur conventionnel
constituent un autre développement.
Bien des agriculteurs ont réussi à modifier leur rabatteur
conventionnel en ajoutant aux palettes des bandes de courroies épaisses
ou de plastique rigide pour balayer les plants de haricots des couteaux
et les pousser sur le tablier élévateur. D'autres agriculteurs
ont soudé des releveurs de forme triangulaire sur les doigts
de la barre de coupe pour soulever les touffes de haricots et les gousses
avant que les tiges soient coupées, réduisant ainsi les
pertes sur les tiges.
Il est souvent possible d'améliorer le rendement et la qualité
en modifiant le parcours de récolte d'une culture envahie de
mauvaises herbes ou d'une dont le mûrissement est inégal.
Le battage direct n'oblige pas l'agriculteur à suivre les rangs;
celui-ci peut donc battre les surfaces mûries à point séparément
de celles qui sont vertes ou envahies de mauvaises herbes. On peut retarder
la récolte de ces endroits irréguliers jusqu'à
ce que les haricots mûrissent ou qu'ils soient traités
avec un dessiccatif. Il ne faut jamais laisser les haricots blancs encore
verts et tachés provenant d'une région moins productive
du champ contaminer un échantillon de haricots blancs secs et
propres. Modifier le parcours de récolte d'une culture versée
peut en accroître le rendement de récolte. Récolter
dans la direction opposée à la verse ou faucher le champ
à un angle permet de battre les branches des touffes inclinées
et les gousses basses, et peut réduire de trois fois les pertes
sur le chaume.
L'arrachage et l'andainage conventionnels peuvent occasionner des pertes
de récolte de 3 à 12 %, mais il est difficile de déterminer
ces pertes facilement ou de les mettre en évidence puisque les
haricots libres sont mêlés et/ou couverts de terre et de
paille de haricots. Les pertes de récolte subies par le battage
direct sont très évidentes et peuvent décourager
les producteurs. Les pertes peuvent se situer de 5 à 18 %, dépendant
des modifications apportées à l'équipement, de
l'expérience et de l'habileté de l'opérateur et
du moment propice de la récolte. Il faut déterminer les
pertes de récolte régulièrement pour pouvoir évaluer
les nouvelles technologies, les modifications ou les ajustements à
la moissonneuse-batteuse. On peut calculer les pertes en consultant
la fiche technique intitulée Mesure des pertes de soya à
la récolte, AGDEX 141/745. Une perte de 100 kg/ha égale
48 haricots/m2 (100 livres/acre = 5 graines/pied carré).
Le moment idéal pour la récolte des haricots est lorsqu'ils atteignent un taux d'humidité de 18 %, que le plant a perdu ses feuilles, que les tiges sont sèches et qu'on ne trouve plus de mauvaises herbes vertes. Des feuilles vertes de haricots et des mauvaises herbes tacheront le tégument des graines et, à de hauts taux d'humidité, toutes saletés ramassées par la moissonneuse-batteuse s'incrusteront dans le tégument des graines et causeront une décoloration permanente. Dans le cas des plants immatures de haricots et de mauvaises herbes dans les rangs plus larges, les plants seront arrachés et andainés puis laissés en andains pour le séchage avant la moisson. Pour les haricots battus directement, les agriculteurs pourront considérer l'application d'un dessiccatif, tel le Reglone, s'il y a des mauvaises herbes vertes ou des haricots de maturité inégale ou de deuxième levée. Il faut se référer à la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes. Il est souvent peu rentable d'attendre que la deuxième floraison produise des gousses puisque les intempéries endommageront celles de la première floraison durant l'attente.

Figure 3. Récolte.
La qualité du haricot peut vraiment être supérieure
grâce au battage direct si on le compare aux techniques de récolte
traditionnelles. Il y aura moins de marques de boue ou de taches de
saletés puisque de plus petites quantités de terre pénètrent
dans la moissonneuse en même temps que les graines. De même,
les haricots tolèrent les intempéries beaucoup plus longtemps
quand ils sont debout en rangs que couchés dans l'andain. Il
arrive souvent que les haricots dans les gousses du bas soient les premiers
à germer et à se décolorer lors des pluies, et
ils ne sont pas récoltés lors du fauchage.
Le battage quotidien direct peut représenter le tiers ou la moitié
des superficies récoltées en andains. Mais, une passe
de battage direct remplace les machines et la main-d'oeuvre additionnelles
que requiert la méthode conventionnelle d'arrachage-andainage-battage
des haricots.
Les opérations de battage, de manutention, d'expédition, d'entreposage et de commercialisation sont les mêmes que pour la production de haricots en rangs plus larges. Il faut consulter les fiches techniques Culture des haricots blancs en Ontario, AGDEX 142 ou Culture des haricots colorés en Ontario, AGDEX 140/10.
Publications
75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes
296F Recommandations pour les grandes cultures
1787/F Les haricots de grande culture au Canada (Agriculture Canada)
Fiches techniques
Culture des haricots blancs en Ontario, AGDEX 142
Culture des haricots colorés en Ontario, AGDEX 142/10
Mesure des pertes de soya à la récolte, AGDEX 141/745
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
Pour plus de renseignements :
Ce site est mis à jour
par le gouvernement de l'Ontario, Canada
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