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Tétranyques
dans les grandes cultures
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| Agdex : | 141/620 |
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| Date de publication : | 08/90 |
| Commande no. | 90-072 |
| Dernière révision : | 08/90 |
| Situation : | |
| Rédacteur : | H. Olechowski - Direction des productions végétales/MAAARO; A. Schaafsma - Collège de technologie agricole de Ridgetown |
Le tétranyque à deux points est un ravageur occasionnel du soya et du maïs cultivés dans le sud-ouest de l'Ontario. On signale chaque année des infestations sporadiques; tou-tefois, depuis le milieu des années 1980, les comtés d'Essex et de Kent ont souffert d'infestations graves et répétées.
Les dégâts causés sont particulièrement
importants au cours des années où sévit la sécheresse,
comme ce fut le cas en 1988. Les tétranyques avaient alors infesté
des milliers d'acres de terre dans le sud-ouest de l'Ontario et causé
des pertes de récolte considérables. Dans les champs de
soya, les premiers symptômes se manifestent habituellement vers
la mi-juillet, après la récolte du blé d'automne.
Ces symp-tômes s'apparentent aux dommages causés par l'eau
ou les herbicides en bordure des champs. En l'absence de mesures appropriées,
les dommages causés peuvent être graves.

Figure 1. Vue grossie d'un tétranyque à deux points au stade adulte. À noter : l'oeuf rond et trans-parent à côté de l'adulte.
Comme il est un acarien, le tétranyque à deux points s'ap-parente davantage aux araignées qu'aux insectes. Sa crois-sance comprend cinq stades distincts : a) oeuf rond et trans-parent; b) larve à trois paires de pattes; c) et d) deux nym-phes à quatre paires de pattes; e) adulte à quatre paires de pattes. Au stade adulte, le tétranyque est si petit qu'il est à peine visible à l'oeil nu (figure 1). La toile tissée par le tétranyque à deux points diffère de celle de l'araignée : elle donne à la face inférieure de la feuille infestée une apparence rugueuse.
Le tétranyque hiverne sous forme de femelle adulte dans des endroits protégés, tels que les débris végétaux présents le long des haies et des clôtures et des champs riches en résidus de culture. Son corps, qui est habituellement de couleur claire et porte deux points, prend alors une coloration rouge orange en réaction aux basses températures de l'automne et de l'hiver (figure 2).
Figure 2. Stade rouge orange durant l'hivernage
Au printemps, l'arrivée du temps doux pousse les tétra-nyques à chercher des plantes pour s'en nourrir et y déposer leurs oeufs. En l'espace de 30 jours, chaque femelle fécon-dée pond une centaine d'oeufs. Comme il n'est pas néces-saire que les tétranyques s'accouplent, une femelle seule suf-fit à l'établissement d'une nouvelle colonie. Dans les meil-leures conditions, les tétranyques, accouplés ou non, complè-tent leur cycle de vie en moins d'une semaine. Par consé-quent, il suffit de peu de temps pour que leur population s'ac-croisse de façon phénoménale. On peut compter de dix à quinze générations par saison.
Les tétranyques à deux points se nourrissent d'une immense variété de plantes, y compris de nombreuses mauvaises herbes graminées et à feuilles larges, des cultures fruitières et légumières et des grandes cultures tels le soya et le maïs. Ils se nourrissent habituellement à même la face inférieure des feuilles, en les perçant pour en sucer la sève.
L'aptitude des tétranyques à deux points à se disperser est restreinte du fait qu'ils sont dépourvus d'ailes. Ils se dépla-cent sur de courtes distances à l'aide de leurs pattes, mais dépendent surtout du vent pour franchir de grandes distances.
Lorsque la nourriture abonde, les tétranyques ont tendan-ce à demeurer dans les parties inférieures de la plante, proté-gés par le feuillage. Au début de la saison, les tétranyques semblent compter davantage sur leurs pattes pour amorcer leur infestation du champ. Plus tard, en particulier au mo-ment où les panicules sortent du maïs, leur dispersion serait surtout assurée par le vent.
Lorsque la nourriture fait défaut, les femelles non accou-plées se massent à la cime des plantes. Les tétranyques sont capables de tisser une toile pouvant leur servir de ballon que même des vents légers réussissent à soulever et à emporter assez loin. C'est ce qui explique l'apparition soudaine de té-tranyques à des endroits jusqu'alors épargnés.
Le temps chaud et humide, plutôt dépourvu de précipi-tations, favorise l'infestation par les tétranyques. De tels fac-teurs sont souvent conjugués à des vents violents pouvant disperser les tétranyques sur de grandes distances. Bien qu'une forte pluie réussisse à faire tomber les insectes des feuilles et à les noyer, la chute de leur population est davan-tage attribuable à une maladie fongique favorisée par la pré-sence d'humidité après la pluie.
Les dégâts causés au soya par les tétranyques se mani-festent habituellement vers la mi-juillet, en bordure des champs se trouvant soit à proximité de terres couvertes de chaume de blé d'automne ou cultivées en foin, soit aux abords de fossés ou de clôtures. Les infestations peuvent se prolonger jusqu'à la fin de la saison de végétation. Les zones affectées forment un demi-cercle à partir du point initial d'in-festation (figure 3). On peut également retrouver des zones infestées au milieu du champ si les tétranyques sont trans-portés par des vents violents.
Les feuilles endommagées commencent d'abord par jau-nir, brunissent
ensuite, et finissent tôt ou tard par tomber. Avant que les infestations
de tétranyques ne prennent de l'ampleur, les feuilles deviennent
mouchetées par-dessus (fi-gure 4) et rugueuses par-dessous (figure
5). Les dégâts sont jugés graves si, avant même
que la gousse ne soit remplie, on compte au moins quatre tétranyques
par feuille ou une feuille durement endommagée par plant. De
telles conditions peu-vent se retrouver de 40 à 60 m hors d'une
zone gravement infestée.

Figure 3. Demi-cercle rayonnant à partir du point d'in-festation,
caractéristique de la présence de té-tranyques
dans un champ de soya

Figure 4. Apparence mouchetée de la face supérieure
des feuilles révélant la présence des tétranyques

Figure 5. Apparence rugueuse de la face inférieure des
feuilles due à la présence de tétranyques
Pour vérifier la présence de tétranyques, il suffit de tenir la plante au-dessus d'une feuille de papier blanc et de la frapper énergiquement de la main libre. Rechercher ensuite de petites taches foncées se déplaçant lentement. Il faut parfois une loupe pour voir clairement les tétranyques.
Les tétranyques à deux points sont rarement une menace au rendement du maïs. Les infestations modérées se mani-festent par des feuilles mouchetées de taches jaunâtres ou brunâtres. Dans le cas d'infestations graves, ce sont des feuilles entières qui jaunissent et brunissent. On décèle la présence de tétranyques en examinant la face inférieure des feuilles : l'acarien ou sa toile y sont visibles à l'oeil nu. Une loupe peut faciliter l'identification.
Une fois que le grain de maïs a atteint le stade pâteux dur ou le début du stade denté, il est peu probable que la lutte chimique soit même rentable si l'infestation est grave. Par contre, aux stades laiteux ou pâteux mou, des mesures de lutte s'imposent si les tétranyques causent une décoloration marquée des feuilles sous l'épi et près de celui-ci. Toutefois, cette situation ne se présente que très rarement dans le sud-ouest de l'Ontario.
Pour connaître les nouveaux moyens de lutte contre le tétranyque, consulter un bureau régional du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario ou la publication 296F du MAAARO, intitulée Re-commandations pour les grandes cultures.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
Pour plus de renseignements :
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