Les acariens des cultures de serre : description, biologie et éradication


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 290/621
Date de publication : mai 2014
Commande no. 14-014
Dernière révision :
Situation :
Rédacteur : Graeme Murphy, spécialiste de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures floricoles en serre, MAAO, Vineland; Gillian Ferguson, spécialiste de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures légumières en serre, MAAO, Harrow; et Les Shipp, entomologiste des cultures de serre, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Harrow.

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Table des matières

Introduction

Les acariens sont plus étroitement apparentés aux araignées qu'aux insectes. Il s'agit d'organismes à huit pattes de petite taille (habituellement moins de 1 mm de long). Leur éventail de plantes hôtes est large et ils ont la capacité de causer de lourds dégâts dans de nombreuses cultures de serre. Plusieurs espèces d'acariens sont préoccupantes, le tétranyque à deux points (Tetranychus urticae, ci-après « TDP ») arrivant en tête de liste. Les autres espèces potentiellement nuisibles comprennent deux espèces de tétranyque, soit le tétranyque de Lewis (Eotetranychus lewisi) et Tetranychus cinnabarinus, ainsi que le tarsonème des serres (Polyphagotarsonemus latus), le tarsonème du cyclamen (Tarsonemus pallidus), l'acarien de la tomate (Aculops lycopersici) et le ciron des bulbes (Rhizoglyphus spp).

Description et cycle biologique

Les acariens évoluent à travers plusieurs stades, de l'œuf à l'adulte. Les œufs des ennemis des cultures susmentionnés sont pondus isolément sur le feuillage ou aux points de croissance des plantes (dans le cas du ciron des bulbes, sous la terre).

Après avoir éclos, les acariens passent par un stade larvaire à six pattes, puis deux stades nymphaux à huit pattes respectivement appelés « protonymphe » et « deutonymphe ». Le stade de la deutonymphe en est un de repos immobile, d'où émerge l'adulte.

Le TDP (figure 1) a un éventail d'hôtes comptant des centaines d'espèces végétales, y compris des légumes amplement cultivés et de nombreuses plantes ornementales. La femelle adulte à huit pattes mesure environ 0,5 mm de long, et son abdomen est arrondi. Le mâle se distingue d'elle par son corps plus petit et plus étroit et son abdomen en pointe. La couleur des adultes va du jaune pâle à l'orange et du brun au noir. Les jours d'une durée inférieure ou égale à 12 heures, les températures en baisse et le tarissement des sources de nourriture font entrer le TDP en diapause (stade d'hivernage similaire à l'hibernation).

Figure 1. La femelle de tétranyque à deux points adulte a huit œufs et un abdomen arrondi.

Figure 1. Tétranyque à deux points (TDP) adulte.

Au stade de diapause, le TDP est rouge-orangé (figure 2) et peut résister à de très basses températures. Une courte période de réchauffement ne suffit pas à le faire sortir de l'état de diapause.

Figure 2. Le tétranyque à deux points hivernant est rouge-orangé.

Figure 2. TDP hivernant.

Un examen rapproché des surfaces foliaires inférieures de plantes infestées permet de distinguer les acariens, minuscules points mouvants. Leur corps présente habituellement deux points sombres, caractéristique susceptible de varier légèrement. Après l'accouplement, chaque femelle pond approximativement six œufs blancs d'aspect perlé (figure 3) par jour. Sur une durée de vie moyenne, elle peut pondre 100 œufs, voire davantage, sur l'envers de feuilles. Le cycle de vie, de l'œuf à l'adulte, dure de 23 jours à 15 °C à seulement 4 jours à 32 °C. Le développement est accéléré dans des conditions chaudes et sèches.

Figure 3. Femelle de tétranyque à deux points adulte avec des œufs de couleur blanc perle.

Figure 3. TDP adulte avec des œufs.

Tetranychus cinnabarinus et le tétranyque de Lewis sont étroitement apparentés au TDP. Tetranychus cinnabarinus n'a pas été identifié avec certitude en Ontario, mais il est présent dans des serres d'autres pays. Il est difficile de le distinguer du TDP à ses stades immatures, mais l'adulte est rouge vif et se trouve plus communément dans les cultures de légumes que dans celles de plantes ornementales. Les poinsettias sont l'hôte privilégié du tétranyque de Lewis, qui ressemble au TDP sous de nombreux aspects, bien qu'il porte souvent quelques petits points sur son dos, au lieu des deux points caractéristiques du TDP.

Le tarsonème des serres (figure 4) et le tarsonème du cyclamen, de taille microscopique (0,1 à 0,3 mm), peuvent être difficiles à voir, même avec une loupe. Ainsi, les producteurs ne décèlent habituellement leur présence qu'en constatant les dégâts qu'ils ont causés (voir la section « Dommages »). Le cycle de vie (de l'œuf à l'adulte) de ces tarsonèmes dure de moins d'une semaine dans des conditions estivales à 10 à 18 jours en hiver, le tarsonème des serres se développant plus rapidement que le tarsonème du cyclamen.

Figure 4. Le tarsonème des serres adulte est microscopique.

Figure 4. Tarsonème des serres adulte.

Les deux espèces peuvent se ressembler énormément aux stades mobiles. La méthode d'identification la plus fiable s'applique au stade de l'œuf. Les œufs sont pondus à la surface de jeunes feuilles (souvent le long de la nervure principale) ou dans les boutons floraux ou les zones de croissance. L'œuf du tarsonème des serres est caractéristique, avec sa surface couverte de petites bosses (figure 5), par rapport à celui du tarsonème du cyclamen, dont la surface est lisse (figure 6).

Figure 5. Œuf de tarsonème des serres. De petites bosses couvrent la surface de l'œuf.

Figure 5. Œuf de tarsonème des serres.

Figure 6. Œuf de tarsonème du cyclamen. L'œuf a une surface lisse.

Figure 6. Œuf de tarsonème du cyclamen.

L'acarien de la tomate appartient à une famille d'acariens différente de celle des espèces susmentionnées, soit les acariens galligènes. Il est encore plus petit que le tarsonème des serres et le tarsonème du cyclamen. Son corps allongé mesure approximativement 0,2 mm de long et 0,05 mm de large (figure 7). Il diffère des autres acariens également parce qu'il ne présente que deux paires de pattes, quel que soit son stade de développement. Du fait de sa taille, il forme souvent de grandes colonies avant d'être remarqué. Il s'attaque essentiellement à la tomate, mais se trouve aussi occasionnellement sur d'autres représentants de la famille de celle-ci.

Figure 7. L'acarien de la tomate est un acarien microscopique de forme allongée qui peut former des populations nombreuses avant d'être remarqué.

Figure 7. Acarien de la tomate.

Le ciron des bulbes (figure 8), comme son nom l'indique, peut être un ennemi de cultures telles que le lis, la tulipe, le glaïeul, la jonquille et l'amaryllis. Avec son corps blanc de 0,5 à 1,0 mm de long et ses pattes rouge-brun, il se déplace lentement.

Figure 8. Le ciron des bulbes a un corps blanc et de courtes pattes rouge-brun.

Figure 8. Ciron des bulbes.

Dommages

Les acariens se nourrissent en perçant l'épiderme des plantes avec leurs pièces buccales de type suceur et en aspirant le contenu des cellules. Les acariens nuisibles s'attaquent à différentes cultures et peuvent se trouver sur diverses parties de la plante.

Le TDP, le tétranyque de Lewis et Tetranychus cinnabarinus colonisent principalement la surface foliaire inférieure. Les blessures que le TDM et le tétranyque de Lewis infligent à la plante en se nourrissant sont très similaires et apparaissent sous forme de poinçonnage jaune où les contenus cellulaires de la feuille ont été extraits (figures 9 et 10). Quand le nombre d'acariens augmente, la feuille entière semble poinçonnée ou décolorée sur sa surface supérieure et présente une apparence de bronze sous la pression de populations nombreuses. Les feuilles gravement infestées deviennent jaunes et cassantes. Certaines plantes (p. ex., l'hibiscus) expriment une réponse toxique à l'alimentation des tétranyques; leurs feuilles jaunissent et tombent, même à des densités de population relativement faibles.

Figure 9. Dommages causés par le tétranyque à deux points sur des feuilles de rosiers. Les surfaces foliaires supérieures semblent poinçonnées ou décolorées.

Figure 9. Dommages causés par le TDP à des feuilles de rosier.

Figure 10. Dommages causés par le tétranyque de Lewis sur un poinsettia. Les surfaces foliaires supérieures semblent poinçonnées ou décolorées.

Figure 10. Dommages causés par le tétranyque de Lewis à un poinsettia.

Sans mesures de lutte contre les infestations, les plants peuvent en mourir. Les acariens produisent des toiles qui leur servent à se disperser en se laissant porter par les courants d'air. Les populations nombreuses peuvent produire de grandes quantités de toile (figures 11 et 12), qui peuvent être inesthétiques, particulièrement dans les cultures ornementales. Ces toiles leur servent également de protection, augmentant la difficulté d'éradication au moyen de prédateurs ou de pesticides.

Figure 11. Tissage de toile extensif sur un rosier par le tétranyque à deux points, avec " égouttement " de la toile au bout du bouton floral.

Figure 11. Toile de TDP sur un bouton de rose.

Figure 12. Toile de tétranyque à deux points couvrant une nouvelle croissance de concombre.

Figure 12. Toile de TDP sur une extrémité de concombre.

L'alimentation de Tetranychus cinnabarinus peut causer des dégâts tels que le jaunissement foliaire sur une grande surface ou la chute de feuilles (figure 13).

Figure 13. Tetranychus cinnabarinus se nourrissant d'un plant de tomate, avec jaunissement d'une grande surface de feuilles.

Figure 13. Tetranychus cinnabarinus parasitant un plant de tomate.

Le tarsonème des serres et le tarsonème du cyclamen se nourrissent tous deux d'une large palette de plantes cultivées et causent des symptômes de dommages similaires. Ils prélèvent leur alimentation dans le feuillage serré qui vient de se former et dans les boutons floraux; les dégâts deviennent évidents quand les tissus du plant se développent et augmentent en taille. Les toxines injectées par les tarsonèmes déforment, épaississent et tordent les zones de croissance aux extrémités des plantes et dans les fleurs (figure 14). L'apparition de tels symptômes constitue habituellement la première alerte pour les producteurs. Ces tarsonèmes peuvent contaminer toute la serre en s'accrochant aux travailleurs et au matériel, voire à des insectes tels les aleurodes (figure 15).

Figure 14. À gauche, dommages causés par le tarsonème des serres sur un plant de poivron, avec des croissances déformées, épaissies et tordues au sommet du plant et dans les fleurs. À droite, dommages causés par le tarsonème des serres à un cyclamen, avec des croissances déformées, épaissies et tordues au sommet du plant et dans les fleurs.

Figure 14. À gauche, dommages causés par le tarsonème des serres à des poivrons. À droite, dommages causés à un cyclamen.

Figure 15. Le tarsonème des serres est assez petit pour se faire transporter par l'aleurode Bemisia, en s'agrippant à ses pattes et ses pièces buccales.

Figure 15. Tarsonèmes des serres se faisant transporter par un aleurode du genre Bemisia (Source : D.E. Walter).

Bien qu'il existe des différences subtiles de biologie et de symptômes de nuisance entre les deux espèces de tarsonèmes, elles sont souvent combattues de la même manière, pour ce qui est du dépistage et des stratégies de lutte.

L'acarien de la tomate est un autre acarien causant des symptômes de dommages qui sont le premier signe de sa présence. Cet ennemi des cultures s'établit sur les feuilles, les tiges et les fruits de la tomate et, en effectif nombreux, il donne une apparence de bronze au tissu végétal infesté (figure 16). Les symptômes comprennent le jaunissement, l'enroulement et le flétrissement des feuilles, l'avortement des fleurs et la coloration bronze, ainsi que le craquèlement et l'aspect de bronze des fruits. S'il n'est pas combattu efficacement, l'acarien de la tomate peut finir par tuer le plant.

Figure 16. Fruit de tomate infesté par l'acarien de la tomate revêtant une apparence craquelée de couleur bronze.

Figure 16. Fruit de tomate coloré en bronze et craquelé infesté par l'acarien de la tomate.

Le ciron des bulbes vit et se nourrit de parties de plantes qui se trouvent sous la surface du sol. Les cicatrices qu'il laisse sur les bulbes peuvent brunir et se nécroser, et les blessures, créer des points d'entrée pour les phytopathogènes. Le ciron est attiré par les tissus lésés ou malades et les utilise pour pénétrer dans le bulbe et s'en nourrir. Souvent, il coexiste avec une maladie. Les bulbes infectés peuvent présenter des symptômes aériens de jaunissement et de rabougrissement.

Stratégies de lutte

Tétranyques

Une bonne surveillance est essentielle pour parvenir à détecter et à traiter précocement l'infestation par les tétranyques. Il est recommandé de faire très attention au nouveau matériel végétal qui pénètre dans la serre, ainsi qu'aux cultures et variétés vulnérables. La surveillance devrait être resserrée dans les zones chaudes et sèches de la serre, par exemple, autour des conduites de chauffage, près des murs orientés vers le sud, aux prises d'air ouvertes et aux portes. Dans les cultures ornementales, des inspections régulières des plantes sont requises pour détecter les infestations précoces, avant que les populations de tétranyques ne prolifèrent. Avec des plantes tels les rosiers, il faut inspecter à la fois la partie supérieure et la partie inférieure du feuillage. Dans les cultures de poinsettias, les tétranyques de Lewis peuvent être introduits sur les boutures. Il convient de les inspecter soigneusement et de poursuivre la surveillance tout au long de la culture, en accordant de l'attention à toutes les variétés.

Un bon nettoyage doit être fait dans les cultures légumières en fin de saison de culture pour éviter autant que possible les infestations au démarrage de la culture subséquente. Il serait bon de réduire, voire d'éliminer, les populations juste avant la phase d'hivernage ou de diapause des tétranyques, car ceux-ci passent l'automne et l'hiver dans le sol, les tiges creuses, les raccords de tuyauterie, les fissures et les crevasses. Les acariens redeviennent actifs entre la fin de l'hiver et le début du printemps, et les infestations dans la nouvelle culture de printemps se retrouvent souvent aux « points chauds » de l'automne précédent. Pour détecter précocement ces infestations, idéalement, des dépisteurs devraient vérifier chaque rang sur une base hebdomadaire. Aux stades où le tétranyque est rouge, ce dernier est généralement assez tolérant aux pesticides et ne constitue pas une proie facile pour les prédateurs. Lorsque des tétranyques rouges sortis de leur diapause sont détectés, il est recommandé de pulvériser un savon insecticide sur les feuilles légèrement infestées et d'enlever et de détruire celles qui sont gravement infestées.

Lutte biologique

La lutte biologique contre les tétranyques est possible avec l'acarien prédateur Phytoseiulus persimilis. Les autres acariens prédateurs utilisés contre ces ennemis des cultures sont des souches qui résistent à des températures élevées ou à certains pesticides. Amblyseius californicus, par exemple, supporterait bien les conditions sèches, tandis qu'Amblyseius fallacis résiste à certains pesticides. Amblyseius andersoni, quant à lui, peut tolérer de grandes amplitudes thermiques. De nombreux producteurs ontariens ont utilisé ces prédateurs avec succès.

Phytoseiulus persimilis : P. persimilis est à peu près de la même taille que le TDP, mais il s'en distingue par son corps piriforme, l'absence des deux points, sa couleur qui va du saumon pâle à l'orangé vif (figure 17) et ses déplacements beaucoup plus rapides sur de longues pattes. Il se nourrit spécifiquement de tétranyques et n'entre pas en diapause. En l'absence de tétranyques, il meurt, si bien qu'il faut le réintroduire à chaque nouvelle infestation. Le prédateur adulte dévore environ sept tétranyques adultes ou 15 à 20 œufs par jour. À 20 °C, P. persimilis se reproduit pratiquement deux fois plus vite que le TDP. La lutte à l'aide de P. persimilis donne donc des résultats optimaux entre 20 et 26 °C. Au-delà de 30 °C et de 60 % d'humidité, le prédateur devient moins efficace et cherche à se réfugier au frais, dans la partie basse du feuillage. Les tétranyques, au contraire, prolifèrent dans ces conditions. Ce prédateur est offert sur le marché mélangé à de la vermiculite, de la sciure ou des copeaux de bois ou sur des feuilles de haricots. Quel que soit le support, il faut traiter les plants infestés dès les premiers signes de dommages et, dans la mesure du possible, placer quelques prédateurs sur chacune des feuilles infestées. Ce placement est particulièrement important dans les cultures à poils collants (p. ex., la tomate), qui entravent la mobilité du prédateur d'une feuille à l'autre. Avant un lâcher de prédateurs, s'assurer que ces derniers sont vivants et très actifs.

Figure 17. Phytoseiulus persimilis est piriforme et de couleur saumon pâle à orange vif.

Figure 17. Phytoseiulus persimilis.

Amblyseius californicus : A. californicus est un acarien prédateur de couleur ambrée et de taille similaire à celle de TDP et P. persimilis. Bien qu'il se nourrisse surtout de tétranyques, il peut survivre plus longtemps en leur absence que P. persimilis, mangeant des insectes tels les thrips, d'autres acariens et du pollen. Son avantage, par rapport à P. persimilis, est qu'il se développe plus rapidement lorsque les températures sont élevées, qu'il demeure actif et efficace au-delà de 30 °C et qu'il est moins affecté par la sécheresse. A. californicus peut être utilisé en même temps, mais P. persimilis convient mieux seul dans les conditions de faible densité de population ou de « points chauds », dans lesquelles A. californicus s'en nourrirait également.

Amblyseius fallacis : D'apparence similaire à A. californicus, A. fallacis est un acarien prédateur naturellement présent dans les vergers nord-américains. Il peut également survivre en l'absence de tétranyques, mangeant de petits insectes et du pollen. Il présente l'avantage de demeurer actif et de se reproduire à des températures plus basses que celles requises par P. persimilis ou A. californicus. Enfin, il peut être utilisé avec d'autres acariens prédateurs tels que P. persimilis et des espèces de Feltiella et Stethorus.

Feltiella acarisuga : F. acarisuga est une cécidomyie à galle, petite mouche prédatrice qui pond ses œufs sur les feuilles infestées par les tétranyques. Lorsque la larve éclot (figure 18), elle se nourrit d'acariens à tous les stades. La cécidomyie adulte n'est pas prédatrice. F. acarisuga entre en diapause dans des conditions de jours courts, aussi elle ne convient que pour une utilisation de mars à septembre.

Figure 18. Larve de Feltiella émergeant de l'œuf et se nourrissant d'acariens.

Figure 18. Larve de Feltiella acarisuga.

Stethorus punctillum : S. punctillum est une petite coccinelle noire (d'environ 1,5 mm; figures 19 et 20), qui se nourrit essentiellement de tétranyques. L'adulte est prédateur autant que la larve. Il vole bien, ce qui lui permet de repérer les infestations de tétranyques dans les cultures et de pondre ses œufs dans les colonies. Ce prédateur peut s'avérer inefficace sur certains plants hôtes dotés de poils collants (p. ex., les plants de tomate).

Figure 19. Stethorus adulte est une petite coccinelle noire.

Figure 19. Stethorus punctillum adulte.

Figure 20. La larve de Stethorus est petite, oblongue et noire.

Figure 20. Larve de Stethorus punctillum.

Lutte culturale

La pulvérisation d'eau en brouillard sur les plants et l'élévation des niveaux d'humidité contribuent à éradiquer les populations de tétranyques. Ainsi, à 20 °C et à 36 % d'humidité relative, les TDP femelles pondent environ sept œufs par jour, alors qu'à 95 % d'humidité relative, elles pondent environ 30 % moins d'œufs.

Lutte chimique

En raison de leur capacité de reproduction massive, les TDP développent rapidement une résistance aux pesticides. Pour réprimer efficacement les populations à l'aide de pesticides, les instructions suivantes peuvent être appliquées :

  • Diriger le jet sous les feuilles, là où se regroupent normalement les tétranyques.
  • Une bonne couverture des surfaces est essentielle pour lutter efficacement contre les tétranyques, surtout avec des acaricides tels Dyno-Mite, Floramite et Shuttle.
  • Dans les zones densément infectées, appliquer de fortes pressions de jet pour atteindre les acariens et les œufs sous la toile.
  • Utiliser autant que possible des options de lutte autres que chimiques, afin d'éviter l'acquisition de résistances aux pesticides par les tétranyques.

Tarsonème des serres et tarsonème du cyclamen

Le constat des dommages est habituellement la première indication de la présence de ces tarsonèmes. Il est nécessaire de savoir reconnaître ces dommages et de connaître les cultures le plus à risque. Les travailleurs de serre devraient être formés pour signaler tout plant suspect au producteur ou au responsable de la lutte intégrée. L'élimination précoce des plants ou de parties de plants infectés et une lutte efficace contre les mauvaises herbes à l'intérieur et à l'extérieur de la serre peuvent ralentir l'établissement de ces ennemis des cultures.

Divers acariens prédateurs se nourrissent de ces tarsonèmes, y compris Neoseiulus cucumeris, Amblyseius swirskii, A. californicus et A. andersoni. N. cucumeris, A. californicus et A. swirskii se sont avérés efficaces pour éradiquer le tarsonème des serres de cultures tels le poivron et le bégonia dans des études menées en serre. Comme dans le cas de nombreux ennemis des cultures, cependant, ils sont beaucoup plus susceptibles d'y parvenir s'ils sont présents dans la culture avant le développement de toute infestation. En cas de lutte biologique, il faut en appliquer un plus grand nombre dans les zones où des dommages sont observés.

Les pesticides peuvent venir à bout du tarsonème des serres et du tarsonème du cyclamen, mais peu d'entre eux sont homologués pour cet usage au Canada, et ils risquent de compromettre la lutte biologique contre d'autres ennemis des cultures. Il convient donc d'utiliser les pesticides avec prudence et de vérifier leurs listes d'effets secondaires sur des sites tels Kopert and Biobest.

Acarien de la tomate

Comme dans le cas du tarsonème des serres et du tarsonème du cyclamen, les dommages observés constituent habituellement la première indication que les producteurs perçoivent. Cet acarien se disperse dans la serre sur les mains, les vêtements et le matériel des travailleurs. Lorsqu'il est détecté, des mesures appropriées doivent être prises, notamment le retrait des plants ou des parties de plant touchés.

Des acariens prédateurs tels A. fallacis et A. swirskii ont le potentiel d'éradiquer l'acarien de la tomate. Une étude ontarienne signale que plusieurs lâchers d'abondantes populations d'A. swirskii sur des plants de tomate, particulièrement au pire moment des infestations par l'acarien de la tomate, peuvent enrayer la propagation de cet acarien sur chaque plant. Cependant, il peut être plus judicieux d'adopter une approche intégrée incluant la surveillance, des pesticides biocompatibles homologués et des lâchers d'acariens prédateurs sur les plants qui présentent des symptômes.

Il est important de s'assurer également de l'absence de plantes hôtes potentielles dans la serre entre les cultures. Un nettoyage en profondeur à l'intérieur et à l'extérieur de la serre contribuera à réduire l'incidence et la propagation de l'acarien de la tomate.

Ciron des bulbes

Le pourridié des racines et des bulbes est souvent observé en association avec le ciron des bulbes, soit en tant que précurseur de l'infestation par le ciron soit en tant qu'envahisseur opportuniste, profitant des perforations alimentaires du ciron pour pénétrer dans la plante. Un traitement fongicide peut alors être indiqué pour atténuer au maximum les dégâts de la maladie. La lutte biologique contre le ciron des bulbes a été testée avec succès en appliquant l'acarien prédateur Gaeolaelaps (ou Hypoaspis) aculeifer. D'autres prédateurs endogés généralistes, tels que le staphylin prédateur Dalotia (ou Atheta) coriaria, peuvent aussi constituer un moyen de lutte. Cependant, dans le cas des cultures ornementales à court terme, telles que la tulipe, le narcisse et l'amaryllis, si les bulbes sont gravement infestés, le cycle de culture risque d'être trop court pour que la lutte biologique soit efficace. Cela confirme la nécessité d'une surveillance attentive des bulbes dès leur arrivée.


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