Récolte du maïs à ensilage à la bonne teneur en eau


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 120/50
Date de publication : 09/13
Commande no. 13-052
Dernière révision : 09/13
Situation : Remplace la fiche technique no 07-048 du MAAO portant le même titre
Rédacteur : Joel Bagg - spécialiste des fourrages/MAAO et MAR; Greg Stewart - spécialiste du maïs/MAAO et MAR;Tom Wright, spécialiste de la nutrition des bovins laitiers; MAAO et MAR

(PDF - 203 kb)

Tableau des matières

Introduction

La teneur en eau des plants de maïs entiers et leur maturité à la récolte ont un effet important sur la qualité du maïs à ensilage et la performance des animaux d'élevage. Ces facteurs sont importants non seulement pour réduire au minimum les pertes causées par la fermentation de matière sèche et le gaspillage, mais aussi en vue d'éviter de se retrouver avec le casse-tête d'équilibrer les rations pour compenser la piètre qualité des fourrages.

Il ne faut pas tarder à récolter le maïs à ensilage quand il atteint la teneur en eau et la maturité souhaitées. L'important est de faire la récolte à la bonne teneur en eau.

Importance d'une bonne teneur en eau

L'ensilage doit absolument se faire à la bonne teneur en eau de la plante entière et au stade de maturité optimal. Le maïs parvient à maturité suivant une dynamique particulière. Au fur et à mesure que le maïs passe du stade de la dent à celui du point noir, le rendement ainsi que la teneur en amidon augmentent, tandis que la teneur en fibres et la digestibilité de l'amidon et des fibres diminuent.

Teneur en eau excessive

Si la récolte se fait à une teneur en eau supérieure à 70 %, non seulement y aura-t-il diminution du rende-ment, mais il se produira aussi des suintements et une fermentation des plus désagréables causée par Clostridia. Très inefficaces, les bactéries appartenant à ce genre convertissent les glucides et acides organiques présents dans le fourrage en acide butyrique, en dioxyde de carbone et en ammoniac. L'ensilage a alors perdu beaucoup de sa matière sèche, dégage une odeur fétide causée par l'acide butyrique, possède un pH élevé, présente une qualité nutritive médiocre et peu d'appétence, et sera boudé par les animaux.

Il est possible de faire analyser le profil de fermentation par un laboratoire pour évaluer le pH et les quantités relatives d'acides lactique, acétique, butyrique et propionique, qui ont tous un effet sur la qualité du fourrage.

Le suintement entraîne une perte d'éléments nutritifs qui risque d'être nocive pour l'environnement, sans compter que de l'ensilage très mouillé ou gelé peut être difficile à décharger durant l'hiver.

Prière de consulter le site Web du MAAO, à www.ontario.ca/maao pour obtenir des renseignements supplémentaires. Rechercher « Problèmes de fermentation de l'ensilage ».

Teneur en eau insuffisante

Une teneur en eau trop faible à la récolte peut résulter en un conditionnement difficile, une exclusion d'air insuf-fisante, une mauvaise fermentation et la surchauffe. Il s'ensuivra une plus grande perte de matière sèche, un gaspillage plus important et une moins grande durée de conservation.

On peut accroître la digestibilité de l'amidon en traitant les grains. En effet, la digestibilité peut être moindre lorsque le maïs à ensilage à faible teneur en eau n'est pas récolté à l'aide d'un conditionneur de grains. Les grains qui sont trop secs durcissent et sont éliminés par les vaches sans avoir été digérés. On note une diminution de plus de 10 % de la digestibilité des fibres quand la teneur en eau passe de 70 à 58 %.

Baisse soudaine de la production de lait

Les nutritionnistes observent une baisse soudaine de la production de lait quand, à l'automne, les vaches commencent à consommer de l'ensilage nouvellement fermenté. Leur production de lait n'est alors plus au diapason de la ration qu'elles reçoivent. Cette situation, attribuable à la moins grande digestibilité des grains secs et durcis se trouvant dans l'ensilage de maïs non traité et nouvellement fermenté, peut constituer un irritant pour les producteurs qui cherchent à l'automne à maintenir leur production laitière au niveau de leur contingent. Toutefois, le problème s'atténue habituellement après trois mois, une fois que les grains se sont réhydratés à même l'eau contenue dans l'ensilage, qu'ils se sont ramollis et qu'ils se désintègrent plus facilement.

Bonne teneur en eau en fonction du type de silo

La fermentation de l'ensilage est habituellement optimale quand la teneur en eau du maïs se situe entre 65 et 70 %, produisant ainsi les fourrages qui assurent une performance optimale du bétail. Cette fourchette est valable tant pour les silos hori-zontaux que pour les silos-boudins, le maïs devant tou-tefois être un peu plus sec dans les hauts silos-tours pour éviter le suintement. Obtenir la bonne teneur en eau n'est pas toujours simple, car celle-ci varie dans un même champ et d'un champ à l'autre. Voici les teneurs en eau recommandées pour le maïs à ensilage :

Silos-couloirs horizontaux 65-70 %
Silos-boudins 60-68 %
Silos verticaux 62-67 %

Date d'apparition des soies

La date d'apparition des soies peut servir de repère pour déterminer le moment de la récolte du maïs à ensilage, habituellement de 42 à 47 jours après l'apparition des soies. Évidemment, la date optimale de récolte dépend des unités thermiques de croissance (UTC) accumulées durant cette période et elle peut être devancée ou retardée, selon les températures. Il reste que l'apparition des soies permet de se faire une idée des champs qui sont plus avancés que les autres.

Ligne de maturité

On se sert aussi souvent de la ligne de maturité, ou ligne de lait, comme repère pour déterminer la date de récolte du maïs à ensilage. Pour évaluer cette ligne de maturité, on casse un épi en deux et on observe les grains. À partir de l'apparition de la dent (ligne de maturité à 0 % de la hauteur du grain), une ligne blanche devient visible sur les grains. Cette ligne indique la démarcation entre les contenus solide et liquide du grain tout au long de la progression vers la maturité et durant le séchage. Cette ligne progresse de l'extérieur du grain vers la rafle. Quand la ligne de maturité atteint la rafle (ligne de maturité à 100 % de la hauteur du grain), un point noir apparaît. Traditionnellement, la récolte se faisait quand la ligne de maturité se situait entre la moitié et les deux tiers de la hauteur du grain.

Cependant, pour une ligne de maturité donnée, des différences considérables sont observées dans la teneur en eau de la plante entière. Des données recueillies au cours de nombreuses années à l'Université du Wisconsin montrent que lorsque la ligne de maturité se trouve à la moitié de la hauteur du grain, la teneur en eau de la plante entière se situe dans une fourchette de 52 à 72 %, la moyenne étant de 63 %. Par conséquent, la teneur en eau est trop élevée dans certains cas et beaucoup trop faible dans d'autres. Cette variation tient aux condi-tions météorologiques et aux différences entre hybrides.

Conditions météorologiques

Une croissance anormale des plants de maïs attribuable à une sécheresse prolongée peut faire en sorte que les estimations du pourcentage de teneur en eau qui reposent sur la hauteur de la ligne de maturité seront variables et peu précises. Les plants de maïs durement touchés par le stress thermique et dépourvus d'épis n'ont pas de ligne de maturité qui peut être utilisée pour obtenir des estimations; toutefois, ces plants présentent souvent des teneurs en eau plus élevées que l'interprétation qu'on en fait. De plus, il peut être parfois difficile d'estimer avec précision la teneur en eau des plants entiers à partir de la ligne de maturité lorsque le maïs a subi des dommages dus au gel.

Hybrides

Les différences entre hybrides affectent aussi la précision des estimations de la teneur en eau à partir de la ligne de maturité. Les hybrides de maïs possèdent des degrés variables de « tenue en vert ». Une bonne tenue en vert signifie que le grain s'assèche plus rapidement que les cannes de maïs. Cette caractéristique est recherchée pour les hybrides de maïs-grain parce qu'à mesure que les grains sèchent, les tiges restent vertes et saines, en plus d'être moins vulnérables aux bris et à la verse en fin de saison.

Les hybrides mis au point strictement pour l'ensilage affichent une moins bonne tenue en vert, de façon à ce que la teneur en eau du grain s'abaisse moins rapidement que celle de la plante entière. En d'autres mots, les hybrides qui ont une bonne tenue en vert présenteront des lignes de maturité plus avancées que ne le laisseraient croire les teneurs en eau des plantes entières. Les hybrides destinés uniquement à l'ensilage possèdent une moins bonne tenue en vert et sont habituellement prêts à être récoltés quand la ligne de maturité est moins avancée.

Se renseigner auprès du représentant du fournisseur de semences au sujet des recommandations visant un hybride en particulier quant au choix du moment de la récolte en fonction de la ligne de maturité.

Évaluation de la teneur en eau

Le moyen le plus sûr de déterminer le moment de la récolte est de mesurer la teneur en eau de la culture. Cela demande un peu plus d'efforts, mais en vaut la peine quand on songe aux avantages qu'une bonne teneur en eau du maïs d'ensilage aura sur la performance des animaux.

Constituer un échantillon d'au moins 10 plants situés en différents points du champ, sauf dans les tournières. Prêter attention aux variations d'humidité à l'intérieur des champs. Hacher l'échantillon à l'aide d'une récolteuse ou d'une déchiqueteuse. Utiliser un testeur Koster (Koster TesterMC) ou un four à micro-ondes, ou faire appel à un laboratoire pour déterminer le pourcentage de matière sèche.

Il peut toutefois subsister de l'humidité dans les échantillons qui sont analysés à l'aide d'un testeur Koster ou d'un four à micro-ondes, mais cette humidité résiduelle sera extraite par les fours des laboratoires. La méthode la plus précise consiste à envoyer un échantillon par livraison express à un laboratoire d'analyse des fourrages pour séchage au four. Les résultats peuvent être transmis immédiatement par courriel.

Selon l'Institut Miner, les testeurs Koster et les fours à micro-ondes sous-évaluent d'environ 3 % la teneur en eau du maïs, de sorte qu'une teneur en eau de 68 % correspond en fait à une teneur d'environ 71 %. Pour une année type, cet écart de 3 % correspond à un décalage de la récolte de presque une semaine. Si l'on utilise un testeur Koster ou un four à micro-ondes, il est important de prendre le temps de bien faire sécher l'échantillon. Plus l'échantillon est haché fin, plus il séchera facilement et plus les résultats seront précis.

Signal fourni par la ligne de maturité

Étant donné le manque de corrélation entre la progression de la ligne de maturité et la teneur en eau de la plante entière, les recommandations actuelles veulent que l'on détermine la teneur en eau de la plante entière peu après l'apparition de la dent quand la ligne de maturité atteint environ 20 % de la hauteur du grain. Cette détermination peut se faire en mesurant la teneur en eau d'un échantillon préalablement haché et séché, selon les descriptions ci-dessus. On sait par expérience que dans le maïs à ensilage parvenu à ce degré de maturité, la teneur en eau diminue d'environ 0,5 % par jour. Par conséquent, si l'échantillon renferme 70 % d'humidité et que la teneur en eau cible est de 65 %, on doit procéder à la récolte une dizaine de jours après l'échantillonnage. Les années de sécheresse, le taux d'assèchement sera plus rapide. Les années pluvieuses, il sera plus lent. Vérifier de nouveau les teneurs en eau à l'approche de la récolte.

Il est important de reconnaître l'utilité de récolter le maïs à ensilage lorsque sa teneur en eau est adéquate. Il ne faut pas trop se fier à la période officielle de récolte et voir à arpenter ses champs, vérifier la teneur en eau des plants entiers et se tenir prêt à remplir les silos.

Ressources