La culture des plantes médicinales en Ontario

Table des matières

Introduction

Plus de 4 000 espèces de plantes médicinales poussent à l’état sauvage ou sont cultivées au Canada et un plus grand nombre encore pourraient être cultivées en serre. Leurs usages documentés remontent dans certains cas à plus de 2 000 ans, notamment en médecine chinoise traditionnelle. Les plantes médicinales ont parfois des exigences culturales particulières, ce qui en fait des cultures spécialisées qui comportent leur lot de défis. Dans bien des cas, les plantes ont fait l’objet de peu d’efforts de sélection pour surmonter des problèmes de germination des semences, d’uniformité d’une plante à l’autre et d’adaptation aux conditions de culture en plein champ ou en serre. D’autres, adaptées à un environnement forestier, ont besoin du couvert de la forêt ou d’ombre artificielle. Certaines espèces ont par ailleurs développé des associations étroites avec d’autres organismes dans un milieu naturel particulier, ce qui rend leur culture très difficile sans cette symbiose.

La présente fiche technique est un complément à la fiche technique du MAAARO, Production de cultures non traditionnelles en Ontario. Elle donne des précisions sur des particularités de la culture des plantes médicinales et résume certaines exigences culturales propres aux plantes médicinales les plus courantes qui peuvent être cultivées en Ontario.

Cette fiche technique n’a pas pour objet de dresser la liste de toutes les éventuelles dispositions des lois et des règlements qui régissent l’importation, la culture et la vente de plantes médicinales en Ontario. Il incombe au producteur de s’informer sur les exigences législatives qui s’appliquent à ses activités. On trouve néanmoins sous Ressources, à la fin de cette fiche, des exemples de textes législatifs qui peuvent être pertinents pour les producteurs de plantes médicinales. La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (Ontario) et le Règlement sur les produits de santé naturels (Canada) sont deux exemples de textes législatifs particulièrement pertinents pour les producteurs de plantes médicinales.

Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario est chargé de l’administration de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. Voici deux exemples de plantes médicinales visées par cette loi : le ginseng à cinq folioles, inscrit sur la liste des espèces en voie de disparition, et l’hydraste du Canada, inscrit sur la liste des espèces menacées. Du fait de l’inscription de ces espèces sur ces listes, il se peut qu’il soit interdit de cultiver ou de cueillir ces plantes dans la nature ou que des permis soient exigés pour le faire.

Le Règlement sur les produits de santé naturels de Santé Canada s’applique à la fabrication et à la vente des produits de santé naturels, mais non à la culture des plantes médicinales. Toutefois, l’on ne saurait, sans un permis, faire d’allégations spécifiques relatives à la santé, que ce soit verbalement ou par écrit, au sujet du produit final, que celui-ci soit frais, séché ou transformé. Ce règlement étant continuellement révisé, il est primordial que les producteurs comprennent les répercussions que les modifications au cadre réglementaire peuvent avoir sur leur droit de produire et de vendre des plantes médicinales.

Il est important de confier l’identification des plantes à des spécialistes compétents, car certaines plantes médicinales sont peu fréquentes et d’autres peuvent être très nocives pour la santé humaine si elles sont mal utilisées. Certaines plantes médicinales peuvent être confondues avec des espèces vénéneuses qui portent le même nom commun ou qui leur ressemblent. Identifier les plantes avec précision est indispensable pour que les producteurs aient la certitude de cultiver les bonnes espèces.

La Saskatchewan Herb and Spice Association et la Canadian Herb, Spice and Natural Health Product Coalition ont mis en ligne un manuel pratique d’identification des plantes, intitulé Good Practices for Plant Identification for the Herbal Industry, qui peut faciliter l’identification et qui procure de la documentation pour la traçabilité; et publié un manuel imprimé, intitulé Good Agriculture and Collection Practices (GACP): Safety, Quality Assurance and Traceability for the Canadian Herb, Spice, Natural Health Products Industry, Wild Collected Products and Hemp, qui traite de sujets incluant la salubrité des aliments, la traçabilité et la tenue de registres. Dans un avenir rapproché, les producteurs de plantes médicinales seront probablement tenus de se procurer ces deux manuels.

Commercialisation

Les plantes médicinales sont souvent destinées à des marchés très spécialisés. Elles peuvent être vendues directement à la ferme, sur des marchés fermiers, à des phytothérapeutes et à des fabricants de produits de santé naturels. Certaines plantes médicinales sont essentiellement destinées à l’exportation. Il est important de voir quels sont les débouchés et si ces débouchés existent avant de se lancer dans ces cultures. Parmi les différents critères qui influencent la vente des plantes médicinales (moment, marché et exigences de qualité fort variées), une qualité constante reste le critère le plus souvent déterminant. Souvent, les ingrédients médicinaux actifs de la plante subissent l’influence des conditions de croissance, conditions qui sont rarement constantes. Des changements dans la fertilisation, dans les apports d’eau et dans la pression exercée par les ennemis des cultures peuvent influencerà la fois la croissance des plantes et leur composition chimique et éventuellement modifier la teneur souhaitable des ingrédients médicinaux actifs. Les gros fabricants de produits de santé naturels exigent une qualité constante afin de s’assurer que chaque lot de leur produit renferme la même concentration d’ingrédients actifs.

Exigences culturales générales

Les exigences culturales des plantes médicinales diffèrent considérablement d’une espèce à l’autre. La section qui suit présente certaines de ces exigences. Comme il est impossible d’inclure toutes les plantes médicinales, voici les grandes lignes à observer avant d’opter pour l’une de ces cultures. Contrairement à la plupart des autres cultures, il existe peu de variétés améliorées de plantes médicinales sur le marché. Différentes espèces au sein d’un même genre peuvent porter le même nom commun. Par exemple, on trouve plusieurs espèces d’échinacées, chacune comportant des vertus médicinales qui lui sont propres et s’adressant à des marchés distincts. Il faut donc s’assurer d’opter pour l’espèce qui répond aux attentes du marché ciblé.

Main-d’oeuvre

Faute de produits et de technologies spécialisées qui permettraient de réduire les besoins en main-d’oeuvre associés aux méthodes traditionnelles, la culture des plantes médicinales s’assortit en général d’importants besoins en main-d’oeuvre, particulièrement pour les plantations, la récolte, la lutte antiparasitaire et la maîtrise des mauvaises herbes.

Conditions de croissance

La plus ou moins bonne performance d’une culture dans un endroit donné dépend souvent de ce qu’était l’habitat naturel de la culture. Par exemple, les plantes médicinales indigènes des zones tempérées du nord de l’Europe auront besoin d’été frais et pourront nécessiter une forme de protection durant l’hiver. Dans le cas de certaines cultures, il peut être nécessaire d’imiter le climat de l’habitat d’origine que ce soit en procurant une ombre artificielle à la culture ou en la produisant dans le milieu contrôlé d’une serre. Se demander si la culture a suffisamment de valeur pour justifier l’investissement supplémentaire dans de telles structures. L’habitat naturel de la plante peut fournir des indications quant aux exigences de celle-ci relativement au type de sol, à l’apport en eau, au drainage et à l’ensoleillement. Certaines plantes médicinales peuvent avoir besoin d’une protection contre le gel assurée par des minitunnels, un paillis ou des ventilateurs.

Établissement des cultures

Les semences de plantes médicinales sont souvent très difficiles à trouver. Communiquer avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments afin de voir si un permis est nécessaire pour l’importation de semences ou de plants à repiquer. De nombreuses lois régissent l’importation au Canada de végétaux et de produits végétaux.

De nombreuses espèces de plantes médicinales ont des exigences de germination très précises. Par exemple, après la récolte, les semences de ginseng ont besoin, avant de pouvoir germer, d’une période de stratification de 18 à 22 mois au cours de laquelle on doit les soumettre successivement au froid, à la chaleur et à nouveau au froid. Il y a des semences qui, pour germer, ont besoin de lumière, d’autres qui ont besoin de noirceur. Certaines semences peuvent être séchées et entreposées pendant de longues périodes, tandis que d’autres ont besoin de rester humides et ne se conservent que pendant quelques mois. Les semences d’angélique, par exemple, germent parfois très difficilement si elles ne sont pas récoltées sitôtà maturité et mises en terre immédiatement. Chez certaines espèces, il faut pratiquer la scarification, c.-à-d., égratigner le tégument des graines pour permettre à l’humidité d’y pénétrer.

Dans des cas rares, il arrive qu’on ne puisse se fier au pouvoir germinatif des semences et que la multiplication doive se faire par bouturage et par division. Ces techniques ont l’avantage de préserver intactes les caractéristiques du plant parent. Il s’agit de faire des essais à petite échelle avant de consacrer une grande superficie à une culture.

Bien des plantes médicinales sont vivaces et repousseront année après année, ce qui réduit les risques associés aux plantations. Il faut savoir que certaines plantes médicinales peuvent être vivaces dans leur habitat naturel, mais qu’elles doivent être cultivées comme des annuelles en Ontario, où elles ne survivent pas à l’hiver.

Fertilisation

La fertilisation des plantes médicinales peut être délicate. Les éléments nutritifs qui stimulent la croissance de la plante n’amènent pas nécessairement une augmentation de la concentration des ingrédients médicinaux actifs, dont la teneur peut se trouver diluéeà mesure que la plante grossit, ce qui se traduit par un produit de qualité moindre.

Dans certains cas, la fertilisation peut faire augmenter la concentration des ingrédients médicinaux actifs. Ainsi, fréquemment, un apport accru d’azote peut amener une augmentation de la concentration des composés phytochimiques liés à l’activité photosynthétique de la feuille, car l’azote donne souvent des feuilles vert foncé qui renferment davantage de chlorophylle. En règle générale, une plante renfermera une plus grande concentration d’ingrédients médicinaux actifs si la fertilisation permet d’obtenir un sol dont le niveau de fertilité s’apparente à celui de l’habitat naturel de la plante. Ce principe ne doit être considéré que comme une règle générale, car il existe de nombreuses exceptions à la règle.

Lutte antiparasitaire

La lutte antiparasitaire est un autre défi de taille pour quiconque veut réussir dans la culture des plantes médicinales. Il est important de savoir que les infestations s’intensifient avec le temps et au fur et à mesure que les superficies consacrées à une culture augmentent. Les ennemis des cultures peuvent aussi être plus problématiques en dehors du milieu naturel de la plante.

Il arrive également que la pratique de certaines cultures soit tout simplement impossible en Ontario, en raison d’ennemis qui s’y trouvent déjà. Par exemple, il est difficile d’établir des cultures commerciales de millepertuis commun en Ontario, en raison de la destruction du feuillage par la chrysomèle du millepertuis. Ce coléoptère a été introduit en Ontario comme agent de lutte biologique contre le millepertuis dans les années 1950, lorsqu’on avait d’abord considéré cette plante comme une mauvaise herbe à combattre dans les pâturages, vu les risques d’empoisonnement du bétail.

Comme il existe peu de produits biologiques ou chimiques homologués pour une utilisation dans les cultures de plantes médicinales et que, souvent, le marché refuse toute utilisation de pesticides, les producteurs n’ont d’autre choix que de recourir à des méthodes de lutte culturale. Après une culture, on évite l’année suivante de cultiver au même endroit la même plante médicinale ou des plantes étroitement apparentées, sous peine de favoriser l’augmentation des populations de leurs ennemis dans le sol.

Récolte

Les méthodes de récolte des plantes médicinales dépendent beaucoup des parties de la plante qui sont utilisées, des ingrédients médicinaux actifs dont on doit chercher à maximiser la concentration et des caractéristiques de croissance de l’espèce.

Contrairement aux légumes ou aux fines herbes, l’aspect seul est souvent peu révélateur de la qualité d’une plante médicinale, l’aspect pouvant très bien n’avoir aucune importance. La qualité tient avant tout à la concentration des ingrédients médicinaux actifs, que seuls des laboratoires spécialisés peuvent déterminer par des analyses parfois très coûteuses. Par contre, cette information peut n’être demandée que par de gros fabricants de produits de santé naturels.

Après la récolte

La manutention de la récolte varie considérablement d’une culture à l’autre et d’un marché à l’autre. C’est souvent l’utilisation finale qui dicte la façon dont doit se faire la manutention. Bien des plantes médicinales sont mises à sécher après la récolte et sont entreposées pendant de longues périodes. Toutefois, la qualité du produit peut se détériorer avec le temps, même lorsque le produit est séché.

Bien que les plantes médicinales ne soient souvent pas considérées comme des cultures vivrières, la salubrité des aliments n’en demeure pas moins très importante. Comme pour les cultures vivrières, les plantes médicinales, même séchées, présentent des risques de transmission de maladies d’origine alimentaire. Le producteur de plantes médicinales doit prendre les mêmes précautions que pour les fruits et légumes et se conformer à la réglementation en vigueur en matière de salubrité des aliments.

Il peut être très difficile de distinguer des plantes médicinales qui ont été séchées ou transformées. Il est indispensable soit de transformer les plantes médicinales dans des endroits distincts où les risques de contamination croisée sont faibles, soit de nettoyer à fond l’aire de transformation avant de passer d’une plante médicinale à une autre. Pour éviter toute erreur, procéder à l’étiquetage des produits tout de suite après la récolte. Les plantes médicinales ont des vertus puissantes et peuvent présenter des interactions dangereuses avec d’autres plantes ou avec des médicaments d’ordonnance, si bien que toute contamination croisée risque d’être lourde de conséquences.

Exigences Culturales Des Plantes Médicinales

Les pages qui suivent présentent les exigences culturales de certaines plantes médicinales qui se prêtent à la culture en Ontario.


Mise en garde : Bien des plantes médicinales peuvent être dangereuses si elles sont mal utilisées et ce, même si leur étiquette les présente comme des plantes à usage « culinaire ». Consulter un médecin ou toute autre autorité reconnue avant de consommer quelque plante médicinale que ce soit.


Achillea millefolium

Figure 1. Achillée millefeuille (Achillea millefolium)

Figure 1. Achillée millefeuille (Achillea millefolium)

Noms communs : achillée millefeuille, herbe à dindes, herbe à dindons
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : hémisphère Nord
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : tous les types, sols bien drainés
Parties utilisées : feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 20-30 cm
Hauteur : 30-90 cm
Remarques : Plante vivace à tige dressée et à port étalé possédant des feuilles vertes profondément divisées et, de la mi-été à l’automne, des inflorescences ombelliformes aplaties (corymbes) formées de petites fleurs blanches, roses ou jaunes. De nombreux cultivars différents sont offerts sur le marché. Les plantes de la plupart des cultivars sont envahissantes si elles sont laissées à elles-mêmes, du fait qu’elles se propagentà la fois par graines et par des rhizomes souterrains. L’achillée millefeuille pousse à l’état sauvage en Amérique du Nord où elle est extrêmement répandue. On en récolte les feuilles au début de la floraison.


Achyranthes bidentata

Figure 2. Niu xi (Achyranthes bidentata)

Figure 2. Niu xi (Achyranthes bidentata) Source : Stanislav Doronenko, wikipedia.org

Nom commun : niu xi
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne
Origine : Extrême-Orient
Exposition : mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : bien drainés
Parties utilisées : racines, tiges, feuilles, graines
Espacement sur le rang : 25 cm
Hauteur : 80 cm
Remarques : Plante vivace, mais cultivée comme une annuelle en Ontario, à port dressé, à fines ramifications poussant en tous sens, à feuilles tendres et elliptiques et à fleurs blanc verdâtre portées par des épis terminaux. Les graines sont un bon substitut aux céréales utilisées en boulangerie. On récolte les feuilles et les tiges l’été et on enfouit les racines à la fin de l’automne après le dépérissement du feuillage.


Actaea racemosa (syn. Cimicifuga racemosa)

Figure 3. Cimicaire à grappes (Actaea racemosa [syn. Cimicifuga racemosa])

Figure 3. Cimicaire à grappes (Actaea racemosa [syn. Cimicifuga racemosa])

Noms communs : cimicaire à grappes, actée à grappes, actée à grappes noires, parfois appelée « cimifuge » ou « chasse-punaises »
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : est de l’Amérique du Nord
Exposition : mi-ombre, ombre
Propagation : par graines
Sols : humides, bien drainés
Parties utilisées : rhizomes
Espacement sur le rang : 60 cm
Écartement des rangs : 90-120 cm
Hauteur : 150 cm
Remarques : Plante herbacée vivace à grosses feuilles composées possédant un rhizome noueux. À la fin du printemps et au début de l’été, produit des épis hauts et fins portant des fleurs blanchâtres ou jaunes. La cimicaire est répandue dans les clairières des terrains boisés. On en récolte le rhizome et les racines à l’automne.


Agrimonia eupatoria

Figure 4. Aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria)

Figure 4. Aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria)

Noms communs : aigremoine eupatoire, eupatoire des Anciens, herbe de Saint-Guillaume
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne ou externe, teinture
Origine : Eurasie et Afrique du Nord
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : humides
Parties utilisées : feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 30 cm
Hauteur : 150 cm
Remarques : Plante herbacée vivace légèrement aromatique. Tige cylindrique, pubescente (velue) et peu ramifiée. Feuilles alternes d’un vert cendré, à folioles dentées, entremêlées de folioles très petites. Fleurs jaunes, petites et abondantes, portées par de longs épis. On récolte les plants alors qu’ils sont en fleurs en évitant de récolter les épis de fleurs une fois qu’ils commencent à être hérissés d’épines crochues. Pour germer, les semences ont besoin d’être stratifiées pendant 6 semaines.


Althaea officinalis

Figure 5. Guimauve officinale (Althaea officinalis)

Figure 5. Guimauve officinale (Althaea officinalis)

Noms communs : guimauve officinale, guimauve
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale
à usage interne ou externe
Origine : Afrique
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par bouturage des tiges, par division
Sols : riches, humides, bien drainés
Parties utilisées : racines, feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 45 cm
Écartement des rangs : 60-75 cm
Hauteur : 60-150 cm
Remarques : Plante vivace à port dressé, à racine pivotante ligneuse et à tige laineuse. Feuilles alternes, gris-vert, couvertes sur les deux faces de poils étoilés. Feuilles du bas dentées, circulaires, à 3-5 lobes. Feuilles supérieures allant d’ovoïdes à lancéolées, pointées, lobées et dentées. Fleurs roses ou blanches à 5 pétales découpés, à l’aisselle des feuilles supérieures. On récolte normalement les racines à l’automne de la deuxième année.


Angelica archangelica

Figure 6. Angélique vraie (Angelica archangelica)

Figure 6. Angélique vraie (Angelica archangelica)

Noms communs : angélique vraie, angélique aromatique, angélique des confiseurs, angélique officinale, archangélique, herbe du Saint-Esprit
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne, usage industriel, teinture
Origine : Europe du Nord
Exposition : mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : riches, humides
Parties utilisées : tiges, feuilles
Espacement sur le rang : 30 cm
Écartement des rangs : 60-90 cm
Hauteur : 150-240 cm
Remarques : Plante aromatique bisannuelle ou vivace de courte durée. Tige dressée, creuse et cannelée. Feuilles grosses, pennées, vert clair. Fleurs petites, blanches ou verdâtres formant de grandes ombelles sphériques. Le marché pour cette plante est peu développé. Les plants cultivés à l’étranger servent surtout à la production d’huile essentielle. La récolte se fait au début de l’automne. Faire sécher les racines récoltées à 38-60 °C.


Angelica sinensis

Figure 7. Dang gui (Angelica sinensis) Source : Tyler Nance et Jeanine Davis, Dept. of Horticultural Science, North Carolina State University

Figure 7. Dang gui (Angelica sinensis) Source : Tyler Nance et Jeanine Davis, Dept. of Horticultural Science, North Carolina State University

Noms communs : angélique chinoise, angélique de Chine, dang gui
Usages traditionnels : usage culinaire, plante aromatique, plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : Chine
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines
Sols : riches, humides
Parties utilisées : racines, feuilles
Espacement sur le rang : 30 cm
Écartement des rangs : 60-90 cm
Hauteur : 200 cm
Remarques : Plante vivace à port dressé, à grosses feuilles divisées, vert clair. Tiges creuses. Inflorescences en ombelles formées de petites fleurs blanches au début de l’été. Peut être confondue avec l’oenanthe safranée (Oenanthe crocata), une espèce vénéneuse. On récolte les racines à l’automne de la deuxième année.


Anthemis tinctoria (syn. : Cota tinctoria)

Figure 8. Camomille jaune (Anthemis tinctoria)

Figure 8. Camomille jaune (Anthemis tinctoria) Source : Richard Old, XID Services, Inc., Bugwood.org

Noms communs : camomille jaune, anthémis des teinturiers, cota des teinturiers
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe, teinture
Origine : Eurasie
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par division
Sols : humides
Parties utilisées : feuilles, graines
Espacement sur le rang : 20-60 cm
Hauteur : 60 cm
Remarques : Plante vivace de courte durée à feuilles plumeuses, vert clair, finement divisées, à odeur âcre. Fleurs jaunes, de forme semblable à celle des marguerites, au bout, chacune, d’un long pédoncule grêle. Ne résiste pas à des conditions de sécheresse ou de chaleur extrême. On récolte les feuilles au printemps et au début de l’été, et les fleurs à la pleine floraison.


Arctium lappa

Figure 9. Grande bardane (Arctium lappa)

Figure 9. Grande bardane (Arctium lappa)

Noms communs : grande bardane, artichaut, bardane majeure, graquias, rapace, rhubarbe sauvage, toques
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne
Origine : Eurasie
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines
Sols : riches
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : 15 cm
Écartement des rangs : 60-90 cm
Hauteur : 150 cm
Remarques : Plante bisannuelle à grosses feuilles vert foncé sur le dessus et gris duveteux sur le dessous. Fleurs violettes, semblables à celles du chardon, pourvues de bractées à pointe recourbée formant crochet. On récolte habituellement les racines au début de l’automne de la première année ou au printemps de la deuxième année. Les vieilles racines deviennent dures et amères. Les racines sont longues (jusqu’à 1 m) et peuvent nécessiter du matériel de récolte spécialisé. Certains producteurs cultivent cette plante dans une planche dont le sol est ameubli par ajout de copeaux ou de sciure. Les racines peuvent être confondues avec les racines toxiques de la belladone (Atropa belladonna).


Arnica montana

Figure 10. Arnica (Arnica montana)

Figure 10. Arnica (Arnica montana)

Noms communs : arnica, tabac des Vosges
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : Eurasie et Amérique du Nord
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par division
Sols : sableux, acides, riches
Parties utilisées : racines, feuilles
Espacement sur le rang : 30 cm
Hauteur : 30-60 cm
Remarques : Plante vivace fleurissant tout l’été, à fleurs jaunes en un seul capitule. Feuilles vert pâle, pubescentes (velues) et ovales. Croît à l’état sauvage en régions montagneuses. On récolte les fleurs et les feuilles à la mi-été, avant la pleine floraison. On déterre les racines à la fin de l’automne de la deuxième ou de la troisième année.


Astragalus membranaceous

Figure 11. Astragale (Astragalus membranaceous)

Figure 11. Astragale (Astragalus membranaceous)

Noms communs : astragale, huang qi
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : Chine et Mongolie
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines
Sols : sableux, bien drainés
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : 45-60 cm
Hauteur : 40 cm
Remarques : Plante vivace à tiges pubescentes et à feuilles pennées réunissant jusqu’à 12-18 paires de folioles. On récolte les racines à l’automne, après trois années de croissance ou plus.


Borago officinalis

Figure 12. Bourrache (Borago officinalis)

Figure 12. Bourrache (Borago officinalis)

Noms communs : bourrache officinale, bourrache
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale
à usage interne ou externe
Origine : bassin méditerranéen
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines
Sols : sableux, pauvres
Parties utilisées : feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 60 cm
Hauteur : 60 cm
Remarques : Plante annuelle à tiges dressées, creuses, hérissées de poils drus. Feuilles allongées. Fleurs mauves en forme d’étoiles dont la floraison a lieu du début de l’été jusqu’en automne. Pousse maintenant à l’état sauvage en Amérique du Nord. Il vaut mieux partir la culture par semis. Fleurs et feuilles peuvent être récoltées pendant tout l’été.


Caulophylum thalictroides

Figure 13. Caulophylle faux-pigamon

Figure 13. Caulophylle faux-pigamon (Caulophylum thalictroides)

Noms communs : caulophylle faux-pigamon, caulophylle, cohoche bleu, graines à chapelet, léontice
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : Amérique du Nord
Exposition : ombre
Propagation : par racines
Sols : sols riches, sols humides, loams
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : 30-40 cm
Hauteur : 90 cm
Remarques : Plante vivace indigène des forêts de feuillues. Feuilles à deux ou trois lobes portées par une haute tige. Fleurs allant de vert jaunâtre à brun au printemps. Baies bleues apparaissant après la floraison. On récolte les rhizomes à l’automne, durant l’hiver ou au début du printemps.


Chamaelirium luteum

Figure 14. Chamélire jaunissant (Chamaelirium luteum)

Figure 14. Chamélire jaunissant (Chamaelirium luteum) Source: Charles T. Bryson, USDA Agricultural Research Service, Bugwood.org

Noms communs : chamélire jaunissant, chamaelire doré
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : Amérique du Nord
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : humides, acides, bien drainés
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : 15-25 cm
Hauteur : 60 cm
Remarques : Plante vivace indigène des zones humides des forêts mixtes ou clairsemées. Inflorescence en forme d’épi sortant d’une rosette de feuilles lisses, persistantes et lancéolées. Les fleurs mâles (blanches) et femelles (vertes) sont produites sur des plants distincts. Les plants femelles ont un feuillage plus abondant que les plants mâles. On récolte les racines à l’automne, après 6-10 ans.


Chelidonium majus

Figure 15. Grande chélidoine (Chelidonium majus)

Figure 15. Grande chélidoine (Chelidonium majus)

Noms communs : grande chélidoine, chélidoine, chélidoine herbe-aux-verrues, chélidoine majeure,
éclaire, grande éclaire, herbe aux verrues
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe

Origine : Eurasie
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : riches, humides
Parties utilisées : feuilles
Espacement sur le rang : 20-45 cm
Hauteur : 45 cm
Remarques : Plante bisannuelle variable ou vivace possédant une racine pivotante épaisse et fortement
ramifiée. Feuilles pennées vert-jaune constituées de paires de folioles allongées et d’une grosse foliole
terminale. Tiges cassantes. À la fois les tiges et les feuilles endommagées exsudent un latex orangé qui
tâche les vêtements. Fleurs jaunes à quatre pétales. Plante naturalisée dans certaines parties de l’Amérique
du Nord. Cette plante est sujette à des restrictions dans certains pays, car une consommation excessive peut causer de la somnolence, une irritation de la peau, une toux irritante et des difficultés respiratoires. Plante nécessitant des arrosages fréquents. On en récolte les parties aériennes au printemps ou au début de l’été.


Dioscorea villosa

Figure 16. Igname velue (Dioscorea villosa)

Figure 16. Igname velue (Dioscorea villosa)

Noms communs : igname velue, dioscorée velue, igname sauvage
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : Amérique du Nord
Exposition : mi-ombre
Propagation : par bouturage des racines, par tubercules (excroissances semblables à des tubercules produites à l’aisselle des feuilles)
Sols : sols humides, la plupart des sols
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : sans objet
Hauteur : 270-450 cm
Remarques : Plante vivace rampante qui pousse au bord des routes et à la lisière des forêts. Feuilles brillantes en forme de coeur, minuscules fleurs vertes ou jaunes et fruit en forme de capsule triangulaire. On récolte les fins rhizomes à l’automne, mais le plant à la pleine floraison durant l’été.


Echinacea spp.

Figure 17. Échinacée pourpre (Echinacea purpurea)

Figure 17. Échinacée pourpre (Echinacea purpurea)
Nom commun : échinacée pourpre
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : Amérique du Nord
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : bien drainés
Parties utilisées : racines, feuilles
Espacement sur le rang : 45-90 cm
Hauteur : 60-90 cm
Remarques : Plante vivace à port dressé comme toutes les espèces d’échinacées. Feuilles alternes, lancéolées. Belles fleurs allant du blanc au pourpre qui s’épanouissent de la mi-été jusqu’à l’automne. Plusieurs espèces sont utilisées comme plantes médicinales, les plus courantes étant E. purpurea et E. angustifolia. Cette dernière posséderait de plus grandes vertus médicinales, mais elle est aussi beaucoup plus difficileà cultiver. Même si racines, feuilles et fleurs sont employées, c’est surtout la racine qui est recherchée. On récolte les racines à l’automne, mais les feuilles et les fleurs pendant la floraison.


Genista tinctoria

Figure 18. Genêt des teinturiers (Genista tinctoria)

Figure 18. Genêt des teinturiers (Genista tinctoria)
Nom commun : genêt des teinturiers
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne, teinture
Origine : Eurasie
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par bouturage des tiges
Sols : sableux, bien drainés
Parties utilisées : feuilles, tiges
Espacement sur le rang : 90-120 cm
Hauteur : 60-100 cm
Remarques : Arbuste aux feuilles caduques, étroites et vert clair, d’environ 2,5 cm de longueur. Fleurs jaunes réunies en épis et ressemblant à des fleurs de pois. On coupe les rameaux feuillus avant la montée à graines. La plante séchée se conserve un an.


Hydrastis canadensis

Figure 19. Hydraste du Canada (Hydrastis canadensis)
Noms communs : hydraste du Canada, sceau d’or
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe, insectifuge
Origine : Amérique du Nord
Exposition : ombre
Propagation : par graines, par bouturage des racines
Sols : riches, humides, bien drainés
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : 6 cm
Écartement des rangs : 6-12 cm
Hauteur : 15-45 cm
Remarques : Plante vivace indigène des forêts de feuillues. Espèce considérée comme étant en voie de disparition à l’état sauvage, dont la culture et la récolte sont soumises à la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (Ontario). Produit une tige unique portant deux feuilles à 5-7 lobes et une fleur blanc verdâtre. Fleur produisant tôt ou tard un fruit qui fait penser à une framboise, mais qui n’est pas comestible. On récolte les racines à l’automne après plusieurs années de croissance, et les feuilles à l’automne une fois les graines mûres. Il est illégal en Ontario de récolter racines, feuilles ou graines de cette plante à l’état sauvage.


Hypericum perforatum

Figure 20. Millepertuis commun (Hypericum perforatum)
Noms communs : millepertuis commun, millepertuis perforé
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : Europe
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines
Sols : riches, humides
Parties utilisées : feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 15-30 cm
Écartement des rangs : 40 cm
Hauteur : 80 cm
Remarques : Plante vivace à petites feuilles dépourvues de pétiole et couvertes de ponctuations transparentes. Produit durant l’été des fleurs jaunes parfumées. Se propage par un grand nombre de rhizomes souterrains. Indigène en Amérique du Nord, cette plante pose problème dans les pâturages, car elle est toxique pour le bétail. Sa culture à grande échelle est compromise par la chrysomèle du millepertuis. Feuilles et fleurs peuvent être récoltées au besoin.


Hyssopus officinalis

Figure 21. Hysope officinale (Hyssopus officinalis)

Figure 21. Hysope officinale (Hyssopus officinalis)
Noms communs : hysope officinale, hysope
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : bassin méditerranéen
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par bouturage des tiges
Sols : sols secs, tous les sols
Parties utilisées : feuilles
Espacement sur le rang : 30-45 cm
Hauteur : 90 cm
Remarques : Plante vivace aux feuilles semipersistantes, petites, étroites, lancéolées et aromatiques. Fleurs blanches, roses ou bleues de l’été jusqu’au début de l’automne. Croît en certains endroits à l’état sauvage en Amérique du Nord. On récolte les jeunes feuilles et les fleurs durant l’été.


Inula helenium

Figure 22. Inule aunée (Inula helenium)

Figure 22. Inule aunée (Inula helenium)
Noms communs : inule aunée, grande aunée, inule aulnée, inule grande aunée
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne ou externe, fleur coupée, teinture, plante aromatique
Origine : Asie
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par division
Sols : sols humides, sols bien drainés, loams argileux
Parties utilisées : racines, fleurs
Espacement sur le rang : 30-45 cm
Écartement des rangs : 60-75 cm
Hauteur : 90-180 cm
Remarques : Plante vivace à tige forte, cylindrique,à texture grossière et laineuse. Feuilles pointées et légèrement dentées atteignant 30-60 cm de long, couvertes de poils hérissés sur le dessus et duveteuses sur le dessous. Fleurs jaunes ressemblant à des marguerites. S’est répandue dans toute l’Europe occidentale et en Amérique du Nord. La racine est déterrée à l’automne et employée fraîche pour la confection d’extraits ou de sirop; elle peut aussi être employée séchée pour les décoctions, les extraits liquides, les teintures ou les poudres. Les capitules floraux sont cueillis à la pleine floraison et séchés entiers pour la confection d’infusions ou de poudres. Les fleurs contiennent des fibres irritantes, de sorte que leur préparation doit se faire à l’aide d’un sac de mousseline.


Levisticum officinale

Figure 23. Livèche officinale (Levisticum officinale)

Figure 23. Livèche officinale (Levisticum officinale)
Noms communs : livèche officinale, herbe à Maggi
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinaleà usage interne ou externe, plante aromatique
Origine : Moyen-Orient
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : riches, bien drainés
Parties utilisées : racines, tiges, feuilles
Espacement sur le rang : 40-50 cm
Écartement des rangs : 60-100 cm
Hauteur : 200 cm
Remarques : Plante herbacée vivace résistante à l’hiver. Tiges rameuses au sommet, striées comme celles du céleri et creuses. Fleurs jaunes d’env. 30 mm réunies en ombelles composées. Feuilles vert foncé, opposées et composées. Folioles en coin, parfois dentées ou incisées. Surtout cultivée en Europe centrale. On peut extraire une huile essentielle des graines (0,8-1,1 %), des racines (0,6-1,0 %) et des feuilles (0,05-0,15 %). Même si cette plante est résistante à l’hiver, un paillis en améliore la survie hivernale. On récolte habituellement les feuilles deux fois par saison de croissance, dès la deuxième année. On coupe les tiges au printemps. Les racines, qu’on déterre à l’automne de la troisième année, s’utilisent fraîches ou séchées.


Matricaria recutita

Figure 24. Matricaire camomille (Matricaria recutita)

Figure 24. Matricaire camomille (Matricaria recutita)
Noms communs : matricaire camomille, camomille commune, camomille d’Allemagne, petite camomille
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinaleà usage interne, produits d’hygiène personnelle
Origine : bassin méditerranéen
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines
Sols : bien drainés
Parties utilisées : fleurs
Espacement sur le rang : 15-30 cm
Hauteur : 60 cm
Remarques : Plante herbacée annuelle à tige dressée, vert clair, lisse et rameuse. Feuilles duveteuses, finement divisées. Semblable aux marguerites, le capitule floral solitaire est formé de petits pétales blancs insérés sur le pourtour d’un disque central jaune. On extrait une huile essentielle des capitules floraux (0,3-1,3 %, poids frais). L’importante sélection a permis de mettre au point des cultivars à haut rendement procurant les qualités recherchées de l’huile essentielle. Même si elle est tolérante à la sécheresse, cette plante a besoin de beaucoup d’eau pour germer et amorcer sa croissance. On récolte les capitules floraux l’été au moment de la pleine floraison. Les huiles volatiles s’évaporent rapidement au séchage. Cette plante produit de 340 à 560 kg de fleurs séchées par hectare.


Melissa officinalis

Figure 25. Mélisse officinale (Melissa officinalis)

Figure 25. Mélisse officinale (Melissa officinalis)
Noms communs : mélisse officinale, mélisse, mélissecitronnelle
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinaleà usage interne ou externe, aromathérapie, produits d’hygiène personnelle
Origine : Europe méridionale
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par bouturage des tiges, par division
Sols : humides, bien drainés
Parties utilisées : feuilles
Espacement sur le rang : 30-45 cm
Écartement des rangs : 60-75 cm
Hauteur : 150 cm
Remarques : Plante herbacée vivace à feuilles opposées, larges, ovales, dentées, à odeur citronnée. Fleurs petites, tubulaires, blanches ou jaunâtres réunies en bouquets. Plante connue comme plante médicinale depuis l’Antiquité par les Grecs, Romains et Arabes, elle est cultivée dans le bassin méditerranéen depuis environ 2000 ans. On peut en extraire une huile essentielle (0,1-0,8 %, poids frais). Les principales zones de culture commerciale se trouvent dans le bassin méditerranéen. On doit couper les plants à l’apparition des premières fleurs en enlevant la partie aérienne et en laissant 5 cm de chaume pour le regain. Cette plante étant sensible au gel, un paillis est recommandé avant une gelée sévère.


Mentha pulegium

Figure 26. Menthe pouliot (Mentha pulegium)

Figure 26. Menthe pouliot (Mentha pulegium)
Noms communs : menthe pouliot, pouliot
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne ou externe, insectifuge
Origine : Europe et Afrique du Nord
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par division
Sols : tous les types
Parties utilisées : feuilles, tiges
Espacement sur le rang : 15-30 cm
Hauteur : 10-45 cm
Remarques : Plante vivace rampante au feuillage semi-persistant, vert foncé, luisant, dégageant une forte odeur de menthe. Petites fleurs mauves à la fin du printemps. Tiges couchées émettant de nouvelles racines. Plante pouvant facilement devenir envahissante. Survie hivernale inégale dans des sols détrempés durant des hivers froids. On récolte les feuilles au besoin à des fins médicinales.


Nepeta cataria

Figure 27. Herbe à chat (Nepet cataria)

Figure 27. Herbe à chat (Nepet cataria)
Noms communs : herbe à chat, cataire, chataire, herbe à chats, herbe aux chats, népéta cataire, népète chataire
Usages traditionnels : usage culinaire, plante médicinale à usage interne ou externe, produits pour les chats, répulsif pour rongeurs
Origine : Europe
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par bouturage, par division
Sols : tous les types
Parties utilisées : feuilles, tiges
Espacement sur le rang : 22-30 cm
Écartement des rangs : 75-90 cm
Hauteur : 45-90 cm
Remarques : Plante vivace dressée à tiges de section carrée, ramifiées et laineuses. Feuilles en forme de coeur aux pourtours dentés, vert grisâtre et duveteuses sur le dessous. Fleurs tubulaires, blanches tachetées de rosepourpre, disposées en verticilles denses sur des épis. Le schizonepeta, Schizonepeta tenuifolia, est étroitement apparenté à Nepeta cataria. L’herbe à chat croît à l’état sauvage en Ontario. Connue des cuisiniers et des médecins romains, cette plante a accompagné les colons européens partout où ils sont allés. Son nom vient de sa caractéristique bien connue d’attirer les chats. Le marché pour cette plante est peu développé. On la récolte à la fin de l’été à la pleine floraison, à raison d’une récolte la première année et de deux l’année suivante. On laisse au moins 7 cm de chaume après la récolte. Le rendement peut atteindre 3400-4500 kg/ha. On sèche la récolte au champ en la suspendant ou en la chauffant à 40 °C. Les huiles volatiles se détériorent si les conditions de séchage laissent à désirer.


Oenothera biennis

Figure 28. Onagre bisannuelle (Oenothera biennis)

Figure 28. Onagre bisannuelle (Oenothera biennis)
Noms communs : onagre bisannuelle, herbe aux ânes, onagre de Victorin
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne ou externe
Origine : Amérique du Nord
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines
Sols : sableux, bien drainés
Parties utilisées : feuilles, tiges, graines
Espacement sur le rang : 7,5 cm
Hauteur : 20 cm
Remarques : Plante bisannuelle possédant de multiples feuilles lancéolées et ondulées. Tiges vertes teintées de rouge. Fleurs jaunes, fragrantes, à quatre gros pétales, s’ouvrant au crépuscule. Floraison continue de juin à l’automne. La première année, les plants forment une rosette qui s’étale. On cultive cette plante commercialement pour l’huile que ses graines contiennent. On récolte les graines à maturité et on les presse pour en extraire l’huile. Les graines doivent avoir une teneur en eau de 30-40 %.


Rubia tinctorum

Figure 29. Garance (Rubia tinctorum)

Figure 29. Garance (Rubia tinctorum)
Noms communs : garance, garance des teinturiers
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne, teinture
Origine : bassin méditerranéen
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : loams, sols bien drainés
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : sans objet
Hauteur : 120-150 cm
Remarques : Plante vivace à tiges fines, de section plutôt carrée, crochues et recouvertes de courtes épines qui permettent à la plante de grimper. Feuilles insérées par groupes de 4 à 6 en cercle autour de la tige, munies sur les bords et sur la nervure principale de petits aiguillons. Fleurs petites, de blanc verdâtre à jaune pâle, en forme de cloche. À l’automne, on soulève les rhizomes et les racines des plants de 3 ans. On doit peler et faire sécher les racines. Pour la médecine chinoise, on récolte les racines au printemps. Les racines destinées au séchage peuvent être déterrées au printemps ou à l’automne.


Scutellaria lateriflora

Figure 30. Scutellaire latériflore (Scutellaria lateriflora)

Figure 30. Scutellaire latériflore (Scutellaria lateriflora)
Noms communs : scutellaire latériflore, scutellaire à fleurs latérales, scutellaire à petites fleurs
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : Amérique du Nord
Exposition : soleil, mi-ombre
Propagation : par graines, par division
Sols : humides, bien drainés
Parties utilisées : feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 15-30 cm
Hauteur : 20-45 cm
Remarques : Plante vivace dressée à feuilles lancéolées, vert brillant, à dents arrondies. Fleurs passant inaperçues ou fleurs d’un mauve voyant durant l’été. On ne doit pas laisser sécher cette plante. On peut en récolter les fleurs et les feuilles au besoin.


Tanacetum parthenium

Figure 31. Chrysanthème matricaire (Tanacetum parthenium)

Figure 31. Chrysanthème matricaire (Tanacetum parthenium)
Noms communs : chrysanthème matricaire, grande camomille, pyrèthre doré, pyrèthre mousse
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : Europe du Sud-Est
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par bouturage des tiges, par division
Sols : sols riches, loams, sols bien drainés
Parties utilisées : racines, feuilles, fleurs
Espacement sur le rang : 30-38 cm
Écartement des rangs : 60 cm
Hauteur : 60 cm
Remarques : Plante herbacée vivace à feuilles vertjaune, lobées, pennées produisant de nombreux capitules floraux qui font penser à des marguerites. Plante utilisée depuis des centaines d’années comme plante médicinale. L’ingrédient actif est le parthénolide, qui se trouve dans les glandes présentes sur les feuilles. Si les fleurs ne sont pas cueillies, le plant se ressème de lui-même et peut devenir envahissant. On récolte les plantes entières au moment de la pleine floraison. Les feuilles sont récoltées, au besoin, et utilisées fraîches ou séchées.


Valeriana officinalis

Figure 32. Valériane officinale (Valeriana officinalis)

Figure 32. Valériane officinale (Valeriana officinalis)
Noms communs : valériane officinale, valériane cultivée
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : Eurasie
Exposition : plein soleil
Propagation : par bouturage des racines
Sols : riches, bien drainés
Parties utilisées : racines
Espacement sur le rang : 30-45 cm
Hauteur : 90 cm
Remarques : Plante vivace dressée à feuilles vert pâle, longues et fines et à capitules floraux roses ou blancs durant l’été. Croît en certains endroits à l’état sauvage en Amérique du Nord. On déterre les racines à l’automne de la deuxième ou de la troisième année. On doit enlever les petites racines


Verbena officinalis

Figure 33. Verveine officinale (Verbena officinalis)
Noms communs : verveine officinale, herbe de Vénus, herbe sacrée, herbe aux sorciers, herbe à tous maux, herbe de sang
Usages traditionnels : plante médicinale à usage interne
Origine : bassin méditerranéen
Exposition : plein soleil
Propagation : par graines, par division
Sols : bien drainés
Parties utilisées : feuilles
Espacement sur le rang : 30 cm
Hauteur : 60-90 cm
Remarques : Plante vivace dressée à feuilles vertes, pubescentes, divisées et à fleurs mauve pâle durant l’été. Croît à l’état sauvage dans bien des régions tempérées. On peut récolter les feuilles au besoin. On doit couper les plantes entières durant la pleine floraison.


Sources à Consulter

  • Bisset, N.G. Herbal drugs and phytopharmaceuticals. CRC Press, 1994.
  • Bown, D. Encyclopedia of herbs and their uses. RD Press, 1995.
  • Bremness, L. Herbs. Dorling Kindersley Ltd. London, 1994.
  • Chevallier, A. The encyclopedia of medicinal plants. Reader’s Digest Association, 1996.
  • Anonyme. Chinese herbal medicine. Shambhala Publications Inc., 1998.
  • Foster, S., J.A. Duke. Eastern/central medicinal plants. Houghton Mifflin. New York, 1990.
  • Jacobs, B. Growing & using herbs successfully. Pownal, 1981.
  • Halva, S., L.E. Craker. Manual for northern herb growers. HSMP Press, 1996.
  • Keville, K. Herbs, an illustrated encyclopedia. New York, 1994.
  • Kowalchik, C., W.H. Hylton, rédacteurs. Rodale’s illustrated encyclopedia of herbs. Rodale Press, 1998.
  • Krochmal, A., C. Krochmal. A field guide to medicinal plants. Times Books, New York, 1984.
  • McVicar, J. Jekka’s complete herb book. Raincoast Books, Vancouver, Colombie-Britannique, 1998.
  • Ody, P. Natural health complete guide to medicinal herbs. Dorling Kindersley, New York, 2000.
  • Reid, D.P. Chinese herbal medicine. Shambhala Publications Inc., Boston, Mass., 1986.
  • Richters herb catalogue, 1998.
  • Saskatchewan Herb and Spice Association. Saskatchewan herb and spice production manual, 2000.
  • Small, E. Culinary herbs. Conseil national de recherches du Canada, Ottawa, 1997.
  • Sturdivant, L., T. Blakely. Medicinal herbs in the garden, field & marketplace. San Juan Naturals, 1999.

Ressources

De l’information et des conseils techniques sont offerts par le personnel du MAAARO au Centre de ressources de Simcoe, 1283, ch. Blueline, Simcoe (Ontario), N3Y 4N5, 519 426-7120.

Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario est une mine de ressources sur les cultures, la création d’entreprises, la salubrité des aliments et la transformation alimentaire. Ces ressources se trouvent sur le site Web du MAAARO à www.ontario.ca/maaaro.

Lois et règlements

La liste qui suit ne constitue pas nécessairement une liste complète ni à jour des lois et des règlements qui régissent la culture d’herbes médicinales en Ontario. Il incombe aux producteurs d’être au fait de toutes les lois applicables.

Lois fédérales

On peut consulter les lois fédérales sur le site du ministère canadien de la Justice à : www.lois.justice.gc.ca.

  • Santé Canada (Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire) :
    www.hc-sc.gc.ca/cps-spc/pest/index-fra.php
    • Règlement sur les produits de santé naturels
    • Loi sur les produits antiparasitaires
  • Agence canadienne d’inspection des aliments : www.inspection.gc.ca
    • Loi sur les produits agricoles au Canada
    • Loi sur les engrais
    • Loi sur les aliments et drogues
    • Loi sur la protection des végétaux
    • Loi sur les semences
  • Environnement Canada : www.ec.gc.ca
    • Loi canadienne sur la protection de l’environnement
    • Loi sur la protection d’espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial.
Lois fédérales

On peut consulter les lois provinciales sur le site Lois-en-ligne de ServiceOntario à :
www.lois-en-ligne.gouv.on.ca

  • Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario
    • Loi sur la destruction des mauvaises herbes
  • Ministère des Richesses naturelles
    • Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition

Ressources supplémentaires

  • Canadian Herb, Spice and Natural Health Product Coalition (identification des végétaux et manuel intitulé Good Agriculture and Collection Practices) www.saskherbspice.org
  • Association canadienne des aliments de santé www.chfa.ca
  • Ontario Herbalists Association www.herbalists.on.ca
  • Société canadienne de recherche PSN www.nhprs.ca

La présente fiche technique n’est fournie qu’à titre d’information. Sa version anglaise a été rédigée par Sean Westerveld, spécialiste de la culture du ginseng et des herbes médicinales, MAAARO, Simcoe. L’information sur la culture des herbes médicinales a été fournie à l’origine par Jan Schooley, auparavant spécialiste de la culture du ginseng et des herbes médicinales, MAAARO. Cette information s’appuie sur les données recueillies dans le jardin de démonstration de M. Alan McKeown, Ph.D., Université de Guelph. Le jardin de démonstration a été rendu possible grâce à l’Association des fruiticulteurs et des maraîchers de l’Ontario et au Programme de diversification du tabac.


Auteur : Sean Westerveld, spécialiste de la culture du ginseng et des herbes médicinales, MAAARO
Date de création : Mai 2012
Dernière révision : 28 janvier 2012

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca