Le noisetier en Ontario : culture, récolte et salubrité alimentaire


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 240
Date de publication : février 2012
Commande no. 12-012
Dernière révision : février 2012
Situation :
Rédacteur : T. Leuty, D. Galic, P. Bailey, A. Dale, E. Currie, M. Filotas

Table des matières

Introduction

La présente fiche technique traite de la culture du noisetier en Ontario en tant qu'activité commerciale. Elle aborde des sujets tels que le choix d'une région climatique appropriée et du type de sol idéal, la préparation du champ à planter, la plantation des noisetiers et la gestion de la noiseraie établie. Elle explique également diverses méthodes de récolte, ainsi que les exigences en matière de manipulation, de transformation et d'entreposage. On y trouve enfin une rubrique sur la salubrité alimentaire et sur l'importance d'élaborer dans l'exploitation un protocole fondé sur les bonnes pratiques agricoles (BPA) et les bonnes pratiques de fabrication (BPF) pour garantir que les aliments sont propres à la consommation et de grande qualité, de la noiseraie jusqu'au consommateur.

 

Établissement de la Noiseraie

Choix de l’emplacement

Exigences climatiques

Pour maximiser le potentiel cultural annuel de la noiseraie et réduire au minimum le risque d’endommagement causé par le gel hivernal ou la gelée du printemps, plantez la noiseraie à proximité de vastes plans d’eau, par exemple les Grands Lacs, ou dans une région de la province qui est reconnue pour ses vergers de fruits. De nombreuses variétés de noisetier qui sont nouvelles en Ontario nécessiteront des études plus approfondies pour déterminer tout à fait la tolérance de chaque culture et de chaque variété pollinisatrice aux conditions climatiques locales en hiver et au printemps.

Les variétés de noisetier les plus résistantes au froid mourront à des températures de -40 ºC. Cette culture est donc à éviter dans toute région de la province où la température baisse à -40 ºC au moins une fois tous les 15 ans (figure 1). Les variétés de noisetier commun, comme celles qui sont originaires de l’Europe ou celles du programme de sélection de l’Université de l’Oregon, sont les plus sensibles au froid hivernal et à la gelure, et ont des exigences climatiques semblables à celles du pêcher et d’autres arbres à fruits fragiles. Les variétés européennes conviennent mieux aux régions les plus tempérées de la province, comme la péninsule du Niagara ou la rive nord du lac Érié.

Les noisetiers hybrides, issus de croisements entre des variétés européennes et indigènes, par exemple les variétés conçues antérieurement dans l’État de New York ou à l’Université Rutgers, sont moins sensibles aux conditions hivernales mais se portent quand même mieux sous un climat modéré en hiver. Les régions plus froides où prospèrent habituellement les entreprises commerciales de la pomme ou de la poire, ainsi que les régions plus chaudes qui produisent des fruits fragiles conviennent aux noisetiers hybrides.

Les noiseraies qui sont trop éloignées des régions propices aux vergers sont plus vulnérables à la destruction par l’hiver et à la gelée du printemps, et donnent des rendements annuels réduits. Les noiseraies qui sont exposées au stress ou qui sont endommagées montrent également plus de sensibilité aux infections causées par les maladies et aux attaques des insectes nuisibles.

Figure 1. Régions de culture du noisetier : sol adapté à la production des noisettes et nombre d’années ayant connu des températures de -30 °C et moins (1990 à 2010) dans le Sud de l’Ontario.

Figure 1. Régions de culture du noisetier : sol adapté à la production des noisettes et nombre d’années ayant connu des températures de -30 °C et moins (1990 à 2010) dans le Sud de l’Ontario.

Type de sol

Le noisetier pousse le mieux dans les sols bien drainés, profonds, fertiles, de type loam humide à loam sableux, avec une bonne aération et un pH de 6 ou 7. Évitez les sols ayant un pH inférieur à 5. Prenez des échantillons du sol sur le lieu de plantation pour connaître le pH, la fertilité et la variabilité du sol dans l’ensemble du champ.

Le noisetier pousse aussi assez bien dans les sols plus lourds, par exemple un loam argileux, pourvu que le drainage soit adéquat et que les racines puissent se développer et rester vigoureuses à une profondeur suffisante. Les sols argileux humides, par contre, ne peuvent pas supporter les lourds engins qui servent à l’entretien et à la récolte dans les vergers, même avec la présence bien établie d’une couverture végétale permanente. Durant la récolte, la surface du sol doit être absolument plane et drainée pour que la lourde récolteuse-balayeuse puisse ramasser efficacement les noisettes mûres.

Drainage du sol

Le noisetier a un enracinement assez superficiel et la majeure partie du système radiculaire se développe dans les 100 à 150 premiers centimètres du sol, où le drainage est suffisant. Si le système radiculaire du noisetier n’est pas correctement aéré dans les sols inondés, la partie sous la surface de la nappe mourra, ce qui peut nuire considérablement à la santé de l’arbre et à son potentiel cultural. Si les racines sont trop gravement endommagées, l’arbre mourra ou prendra de nombreuses années à se remettre, puisqu’il devra remplacer ses racines endommagées pour rétablir son potentiel cultural normal.

Lorsque la noiseraie est située sur un terrain surélevé, dans un sol profond constitué de sable ou de gravier, il n’est peut-être pas nécessaire d’installer de réseau de drainage par tuyaux enterrés avant la plantation des arbres. Cependant, là où le drainage naturel de l’eau du sol est déficient, les tuyaux de drainage donneront aux arbres une meilleure chance de pousser et de survivre.

Pour assurer un drainage adéquat dans la noiseraie, espacez les tuyaux perforés de 9 à 12 m (30 à 40 pi) entre les drains parallèles dans un sol sableux ou un loam sableux, et de 7,5 à 9 m (25 à 30 pi) dans un sol plus lourd. Placez les tuyaux à une profondeur de 1 à 1,5 m, ce qui permet de maintenir la surface de la nappe à ce niveau ou plus bas. Le drainage par tuyaux espacés de cette façon éliminera rapidement l’excédent d’eau du sol et préviendra l’endommagement du système radiculaire des noisetiers.

Irrigation

Pendant les trois ou quatre années qui suivent la plantation, les jeunes noisetiers sont très sensibles à la sécheresse et gagneront donc à être irrigués au goutte-à-goutte pour leur assurer un apport d’eau suffisant durant leurs premières saisons de croissance.

Les noisetiers établis tolèrent un sol relativement sec, car les racines peuvent aller chercher l’humidité nécessaire dans les couches inférieures du sol. Toutefois, bien que les noisetiers fructifères tolèrent un sol sec, les producteurs ontariens ont constaté un pourcentage accru de coques vides après des périodes de sécheresse prolongées vers la fin du printemps et en été, et par conséquent, une réduction considérable du rendement.

L’irrigation au goutte-à-goutte à l’eau pure peut contribuer à compenser les effets de la sécheresse. Consultez différentes entreprises d’irrigation pour obtenir des conseils sur la manière d’installer un système d’irrigation dans la noiseraie.

Utilisez l’irrigation au goutte-à-goutte et de bonnes pratiques de gestion des mauvaises herbes pendant la croissance des jeunes arbres pour aider le système radiculaire et les branches à se développer rapidement et à donner un rendement important de noisettes le plus tôt possible.

Inclinaison du terrain

Évitez de planter la noiseraie sur une dépression de terrain qui peut favoriser la création d’un microclimat propice à la gelure. Les terrains plus élevés et légèrement inclinés, bordés d’une zone dégagée en dehors des limites de la noiseraie, ont un meilleur drainage d’air qui empêche les poches de gelée de se former au printemps. Dans les endroits où il n’y a aucun drainage d’air, la gelée du printemps peut devenir un problème chronique. Les poches de gelée peuvent endommager les fleurs fragiles et la nouvelle pousse végétative. Des producteurs de la région du Niagara utilisent avec succès des machines soufflantes pour prévenir la destruction des noisetiers lorsque la gelée du printemps crée des conditions modérées à graves.

Protection contre le vent

Étant donné que le noisetier est pollinisé par le vent, il faut que l’air puisse se déplacer pour assurer le transport du pollen. Cependant, le feuillage et les fruits qui sont en pleine croissance sont sensibles à l’endommagement causé par les vents forts. Comme toutes les cultures horticoles, les peuplements de noisetiers ont avantage à être abrités des vents destructeurs. Il est également salutaire de les protéger contre les vents qui peuvent nuire aux chatons exposés pendant les mois d’hiver froids et secs.

Plantez des brise-vent sur le périmètre de la nouvelle noiseraie en même temps que vous plantez les noisetiers ou avant. Pour protéger les arbres du vent tout en permettant un drainage d’air adéquat, les producteurs procèdent souvent en éclaircissant les branches inférieures des brise-vent de conifères, sans toutefois les enlever complètement, jusqu’à une hauteur de 1,2 à 1,8 m du sol. Cette technique laisse mieux pénétrer l’air dans la frondaison du brise-vent afin de disperser les poches de gelée qui pourraient autrement causer des problèmes le long d’un brise-vent très dense.

Un rang simple ou double de conifères tels que l’épinette blanche ou l’épinette de Norvège offrira une protection suffisante contre le vent. Incorporez de trois à cinq essences différentes de conifères dans le brise-vent pour assurer la diversité et la vitalité des arbres. Le thuya occidental est bien adapté à cet usage, mais s’il est la seule essence présente, il a tendance à devenir trop dense, ce qui limite le mouvement de l’air dans la frondaison. L’épinette du Colorado et le pin noir d’Autriche tolèrent l’effet desséchant des éclaboussures de sel de voirie le long des routes et peuvent fournir une protection contre le vent.

Proximité des terrains boisés

Bien que les zones boisées naturelles favorisent un milieu sain et puissent contribuer à abriter les cultures voisines contre le vent, les noiseraies sont souvent la cible des maladies et des insectes nuisibles qui sont communément présents dans les forêts du Sud de l’Ontario. Par exemple, les insectes foreurs peuvent anneler les jeunes noisetiers, et les charançons peuvent s’attaquer aux noisettes qui sont presque prêtes à récolter, ainsi qu’aux chênes et aux caryers.

Les noisetiers indigènes sauvages qu’on trouve ordinairement à la lisière des forêts peuvent abriter la plupart des insectes nuisibles et porter la plupart des maladies qui attaquent les noiseraies. La brûlure orientale du noisetier est une maladie grave qui touche de nombreuses variétés de noisetier et qui peut se propager à partir de noisetiers sauvages. Cette maladie peut également toucher le noisetier commun « Contorta » ornemental.

Lorsque la nouvelle noiseraie pousse près d’un terrain boisé, surveillez l’état de santé du verger et de la culture chaque semaine pendant toute la saison de croissance. Apprenez à reconnaître les symptômes des maladies et les insectes nuisibles qui affectent les noisetiers et mettez sur pied un programme de lutte antiparasitaire efficace.

Certaines espèces d’oiseaux telles que la corneille noire, le geai bleu et le dindon sauvage peuvent consommer des quantités considérables de noisettes presque mûres. Les écureuils, les cerfs de Virginie et les ratons-laveurs en sont également friands. Les zones boisées donnent asile à de nombreuses espèces fauniques. Vous devrez gérer plus intensément les dommages causés par ces espèces dès que la noiseraie adjacente commencera à produire une récolte annuelle.

Par ailleurs, on n’a pas encore déterminé si les noisetiers sauvages aident ou non à polliniser les noiseraies.

Cartographie locale

Il est essentiel de disposer d’une carte de la région de production et des caractéristiques du terrain environnant pour bien planifier la noiseraie. Il y a de nombreux facteurs à prendre en considération avant la plantation. Outre la configuration du champ de production, songez aux cultures qui poussent dans les champs adjacents, à l’emplacement des résidences de vos voisins ou des édifices publics et aux effets du bruit, de la poussière ou de la dérive des produits chimiques, ainsi qu’à l’emplacement des tuyaux de drainage souterrains, aux sorties d’eau et au sens du débit d’eau. Représentez en détail sur la carte la topographie, les caractéristiques du sol et les secteurs préoccupants.

Assurez-vous de protéger les cours d’eau naturels et les zones riveraines; prévoyez au besoin des zones tampons lorsque vous appliquez des produits antiparasitaires et d’autres intrants.

Préparation du sol l’année précédant la plantation

Préparez le sol dès l’année qui précède la plantation des arbres. Brisez les croûtes de terre qui peuvent se trouver à une profondeur allant jusqu’à 45 cm. Utilisez à cette fin une sous-soleuse appropriée et passez dans deux sens pour ameublir le sous-sol afin de favoriser le drainage de l’excès d’eau. Avec une charrue à disques, travaillez la terre à une profondeur de 15 à 20 cm pour permettre à l’eau de pluie d’y pénétrer et pour aérer la rhizosphère.

Si le sol est trop acide pour les noisetiers (pH inférieur à 6,0), appliquez de l’hydroxyde de calcium (chaux) que vous incorporerez en travaillant le sol. Des analyses du sol permettront de déterminer s’il y a lieu d’appliquer de la chaux et en quelle quantité à l’hectare pour obtenir un pH mieux adapté aux noisetiers.

Les sols manquent souvent de matière organique, ce qui les empêche d’avoir une structure saine. Pour améliorer l’état du sol, semez une culture-abri l’année précédant la plantation des arbres. Cet engrais vert peut être semé et cultivé pendant une année entière, puis incorporé au sol par labour au printemps suivant.

Autre option possible : établir une couverture végétale permanente l’année qui précède la plantation des noisetiers. Une fois la couverture végétale établie, marquez l’emplacement des rangs d’arbres et au printemps suivant, labourez une bande de 1,2 à 1,5 m de largeur pour chaque rang.

Effectuez un désherbage à l’automne, avant la plantation, afin de marquer les rangs d’arbres et d’éliminer la couverture végétale pour pouvoir travailler le sol plus efficacement. Vous réduirez ainsi le travail de préparation qui sera nécessaire au printemps suivant et obtiendrez un sol exempt de mauvaises herbes pendant plusieurs semaines après la plantation des noisetiers. Consultez un spécialiste du MAAARO pour connaître les herbicides qui conviennent. En ce qui concerne la préparation du terrain avant la plantation de toute culture, lisez la publication 75F du MAAARO intitulée Guide de lutte contre les mauvaises herbes.

Aménagement et plan d’implantation du verger

Plantez les rangs d’arbres parallèlement aux clôtures ou dans le sens le plus pratique pour le passage des engins du verger.

Le noisetier est un arbre qui a besoin d’une pollinisation croisée avec d’autres variétés compatibles de noisetier. Les producteurs de noisetiers communs peuvent suivre les lignes directrices existantes sur la compatibilité des pollinisateurs afin de maximiser le rendement de culture. Dans des noiseraies de l’Oregon, la proportion de pollinisateurs dispersés parmi les principaux groupes de variétés de noisetier est d’environ 15 %.

Plantez les noisetiers en groupes nombreux comprenant la variété végétale principale et un nombre suffisant de variétés pollinisatrices (figure 2). Les pollinisateurs doivent produire du pollen compatible en quantité suffisante et au moment opportun, c’est-à-dire lorsque les fleurs femelles sont écloses et réceptives au pollen.

Figure 2. Nouvelle noiseraie où le désherbage est assuré avec des herbicides et où une couverture végétale est établie.

Figure 2. Nouvelle noiseraie où le désherbage est assuré avec des herbicides et où une couverture végétale est établie.

Dans les groupes d’arbres nombreux constitués d’une variété végétale principale et de pollinisateurs, la majeure partie des noisettes mûrissent et tombent au sol en même temps. La maturité uniforme et la chute simultanée des noisettes permettent à la récolteuse de ramasser les fruits en un ou deux passages, ce qui réduit le coût de la récolte. Les noisettes tombées commenceront à moisir, à rancir ou à pourrir si elles restent au sol pendant plus de quelques jours.

À l’heure actuelle, il est sans doute préférable de planter différents noisetiers de semis comme pollinisateurs avec la variété végétale principale pour assurer un transfert suffisant de pollen compatible. Dans un groupe variétal, plantez par exemple des arbres de semis pollinisateurs tous les trois rangs.

L’espacement des rangs et la distance entre les arbres dépendent des variétés choisies. Les variétés européennes sont de plus grande taille que les noisetiers hybrides et peuvent donc être plantées à 6 ou 7 m d’espacement entre les rangs et à 4 m de distance entre les arbres. Plus petits, les arbres hybrides peuvent être plantés plus près les uns des autres, à raison de 5 m d’espacement entre les rangs et de 3 m de distance entre les arbres.

Matériel de pépinière

Commandez vos noisetiers longtemps à l’avance auprès d’une pépinière de bonne réputation pour pouvoir planter les arbres au moment propice et coordonner cette tâche avec d’autres travaux sur le terrain. Appelez la pépinière au moins deux ans avant la plantation pour déterminer si elle dispose des noisetiers et des pollinisateurs appropriés, et pour savoir si les arbres seront disponibles en nombre suffisant. Si vous commandez un grand nombre d’arbres, il est conseillé de le faire deux ans à l’avance, puisqu’il faut une année entière à la pépinière pour enraciner les variétés clonées ou pour cultiver les arbres de semis jusqu’à ce qu’ils soient prêts à livrer aux producteurs. De plus, les pépinières reçoivent souvent des commandes de nombreux producteurs et doivent planifier leurs propres objectifs de production.

Les arbres de pépinière devraient arriver dans l’exploitation en bon état et présenter une masse importante de racines saines et humides qu’on aura pris soin de ne pas laisser se dessécher. Les tiges devraient être grosses et comporter de nombreux bourgeons dormants et sains sur toute leur longueur. Il ne devrait y avoir aucun signe de maladie sur les racines ou la tige, comme des structures sporulées qui sont des symptômes de la brûlure orientale du noisetier.

Le matériel de pépinière devrait arriver chez le producteur juste avant la plantation. Si les arbres arrivent trop tôt ou si la plantation est retardée, maintenez les arbres à l’état dormant en les entreposant au froid jusqu’à ce qu’ils puissent être plantés.

Plantation de la noiseraie

Plantez les noisetiers tôt au printemps, à partir du début d’avril, pendant que les jeunes arbres sont encore dormants. Cela permettra aux racines de s’installer dans le sol et d’être prêtes à pousser quand les bourgeons ouvriront et que les pousses végétatives commenceront à s’allonger. La croissance des nouvelles pousses est proportionnelle à la croissance racinaire et indique si les racines se développent bien sous terre.

Toute plantation effectuée après le débourrement causera du stress aux arbres, car les racines seront incapables d’absorber assez d’eau pour nourrir les feuilles en plein essor. C’est la raison pour laquelle il arrive souvent que les arbres meurent ou sont sérieusement rabougris pendant leur première année.

Dans les grandes noiseraies, on utilise une planteuse portée sur un tracteur, tandis que dans les plus petites noiseraies, on peut planter les arbres manuellement à l’aide d’une bêche. On peut utiliser une tarière portée sur tracteur pour creuser les trous, mais cet outil a tendance à compacter le sol sur les côtés et au fond des trous, ce qui peut nuire au drainage de l’eau ou entraver la croissance racinaire à travers la couche de sol compacté. Pour prévenir ce problème, les producteurs soudent parfois une ou deux petites lames de métal sur le bord externe de la tarière. Ces lames fendent les amas de terre tassée à mesure que le trou est creusé.

Soins culturaux

Si le sol est sec ou seulement partiellement humide au moment de la plantation, arrosez immédiatement chaque arbre avec 12 à 19 L d’eau chacun. Les arbres n’ont habituellement pas besoin d’engrais la première année. Cependant, là où le sol est moins fertile, appliquez un engrais de démarrage dilué juste après la plantation. Utilisez aussi une binette manuelle pour enlever les mauvaises herbes autour des jeunes arbres sur une superficie de 1 m de diamètre, car les herbicides peuvent être nocifs pour les arbres.

Pour faciliter le désherbage, répandez du paillis organique autour de chaque arbre quelques jours après la plantation afin d’empêcher le sol de sécher et pour promouvoir la pousse des racines. Le paillis organique gardera le sol humide et favorisera l’activité des vers de terre qui contribueront à incorporer la matière organique et amélioreront l’aération du sol et la percolation de l’eau jusqu’aux racines.

Évitez cependant de répandre du paillis près du tronc, afin d’empêcher les souris de ronger l’écorce et d’anneler le tronc en hiver. Appliquez-le en une couche de 7,5 à 10 cm d’épaisseur sur un cercle de 1 ou 2 m de diamètre autour de l'arbre.

Gestion de la noiseraie

Émondage

Le noisetier n’a généralement pas besoin d’être émondé avant sa deuxième année. Adaptez votre stratégie d’émondage au type de noisetier cultivé. Émondez vers la fin de l’hiver et au début du printemps, avant que les bourgeons dormants commencent à se développer. Effectué à l’automne, l’émondage risque en effet d’endommager l’arbre car les grandes entailles fraîches peuvent endommager les branches maîtresses avant que les plaies cicatrisent au printemps suivant.

Le noisetier commun prend naturellement la forme d’un arbuste à tiges multiples. En Italie et en Turquie, les noisetiers sont conduits en arbustes ayant trois à cinq tiges principales, tandis que dans l’Oregon, les mêmes variétés sont conduites en arbre à un seul tronc et finissent par prendre une forme semblable à celle des pommiers d’autrefois. Ce tronc unique facilite les activités d’entretien et de récolte mécanisées. En Ontario, les producteurs peuvent conduire le noisetier en arbre à tronc unique ou en arbustes à tiges multiples. À la troisième année, les tiges principales devraient être formées et dépourvues de branches jusqu’à une hauteur de 1 à 1,5 m au-dessus du sol, les branches maîtresses se développant à peu près à cette hauteur.

Lorsque les branches maîtresses auront poussé, émondez-les chaque année pour enlever les rameaux malades, morts ou vieux afin de stimuler la croissance de nouvelles branches fructifères au sommet de l’arbre.

Retirez toutes les émondes du verger avant que la croissance commence au printemps pour prévenir la propagation des maladies. Brûlez ou déchiquetez les émondes, et compostez-les à bonne distance de la noiseraie.

Coupez chaque année les rejets qui sortent de terre autour du tronc ou qui partent de la base du tronc. Cette opération peut se faire à la main ou à l’aide d’un herbicide de contact homologué qui tuera les rejets mais ne nuira pas à l’arbre. Consultez la publication 75 du MAAARO intitulée Guide de lutte contre les mauvaises herbes, un spécialiste du MAAARO ou le site Web du MAAARO pour déterminer quels herbicides utiliser et comment les appliquer.

Les noisettes se forment sur la nouvelle pousse de l’année, de sorte qu’une grande partie de la production se trouvera sur le pourtour de la frondaison. N’émondez pas les jeunes arbres à l’excès, afin de ne pas éliminer trop de rameaux fructifères. Lorsque les arbres seront parvenus à maturité, l’émondage pourra consister à enlever un quart de la noiseraie chaque année pendant une période de quatre ans (ou un tiers tous les trois ans) afin de maintenir une croissance adéquate de nouveaux rameaux fructifères.

Les noisetiers hybrides requièrent une stratégie d’émondage et de conduite différente de celle des variétés européennes. Les hybrides sont de plus petite taille, multicaules et arbustifs. Émondez-les chaque année pour retirer les plus vieilles branches et permettre aux nouvelles de pousser à partir du sol afin d’obtenir une récolte annuelle.

Gestion des éléments nutritifs

Les recommandations liées à la gestion des éléments nutritifs ou à l’engrais pour les noisetiers de l’Ontario n’ont pas encore été établies. Le producteur doit surveiller visuellement l’état de sa noiseraie à chaque saison. L’analyse des échantillons de sol et des tissus foliaires peut l’aider à décider quels engrais appliquer. Les stratégies de gestion des nutriments mises au point pour des noiseraies commerciales en Colombie-Britannique et dans l’Oregon peuvent fournir une orientation utile dans l’élaboration d’un programme adapté à l’Ontario.

Gestion de terrain de la noiseraie

Il est essentiel d’avoir dans la noiseraie un terrain plat qui facilitera le passage des récolteuses. Le terrain doit être entretenu de manière à être exempt de mauvaises herbes sous la frondaison des noisetiers pendant la période d’établissement et pendant les campagnes culturales, soit grâce à un labour peu profond, soit avec des herbicides. Dans les vergers fructifères, une couverture végétale gazonnée fournira de la matière organique pour améliorer l’état du sol. Les mélanges de graminées telles que le pâturin des prés, l’ivraie vivace et la fétuque, additionnées d’un faible pourcentage de trèfle blanc, formeront une couverture saine qui éliminera toute compétition des mauvaises herbes. Tondez la couverture végétale régulièrement pour exposer les souris et les campagnols aux prédateurs et pour maintenir une surface plane qui facilitera la récolte. Au besoin, passez le terrain au rouleau ou à la racleuse. La tondeuse à fléau aide aussi à maintenir la surface plane.

Gestion de la noiseraie après la récolte

Lorsque la récolte est terminée, passez la débroussailleuse ou la tondeuse à fléau pour enlever ou pulvériser les noisettes, les brindilles et les branches restantes, qui peuvent attirer les souris et les campagnols dans le verger. Maintenez la couverture végétale assez courte jusqu’à la fin de l’automne pour dissuader ces animaux d’y passer l’hiver.

Récolte

Juste avant la chute des noisettes et la récolte, tondez la couverture végétale très court avec la tondeuse à fléau ou la faucheuse, afin que les noisettes tombées soient faciles à ramasser. Passez le rouleau pour aplanir et lisser le terrain, ce qui permettra aux balais de la récolteuse de ramasser efficacement les noisettes sur le sol.
Récoltez les noisettes lorsqu’elles sont à pleine maturité et qu’elles sont tombées au sol (figure 3). La plupart des producteurs attendent que les noisettes tombent au lieu de secouer les arbres. Les noisettes sont d’abord balayées en rangs, puis ramassées et séparées des débris. On les achemine ensuite vers l’installation de transformation où elles sont nettoyées, déshydratées et entreposées. En Ontario, la récolte commence habituellement au début de septembre et dure jusqu’à six semaines.

Le matériel de récolte utilisé dépend de l’âge et des dimensions de la noiseraie. Dans les vergers jeunes et de faibles dimensions, on ramasse les noisettes à la main ou à l’aide de petits outils manuels, d’un aspirateur et de filets. Dans ceux de plus grande taille, on utilise des engins de récolte spécialisés, munis de balais, pour récolter mécaniquement les noisettes.

Figure 3. Noisettes en train de mûrir dans l’involucre.

Figure 3. Noisettes en train de mûrir dans l’involucre.

Faites l’entretien-réparation et l’inspection de tout le matériel et des engins utilisés pour la récolte, l’entreposage et le transport des noisettes avant le début de la récolte afin de prévenir toute contamination et d’éliminer les dangers au travail.

À la première étape de la récolte, une andaineuse automotrice à jet d’air ou à doigts mécaniques balaie les noisettes en formant un andain central étroit. Un organe de ramassage (du même type que celui qui sert à ramasser pacanes, amandes et noix de Grenoble) récupère alors les noisettes sur le sol. Vu que les noisettes sont plus petites que les autres noix, les cribles, le débit d’air, la garde au sol des transporteurs et les vis sans fin doivent être adaptés à leur taille. La récolteuse sépare les noisettes des feuilles, des brindilles, de la terre, etc., et les transvide dans des caisses ou des camions de transport en vrac afin de les livrer à l’installation de transformation. Certains producteurs utilisent des récolteuses tractées sur lesquelles un tambour rotatif muni de doigts de caoutchouc fait tomber les noisettes dans un bac pendant que la machine balaie le sol. Les noisettes sont recueillies dans un panier monté sur la récolteuse.

Selon les conditions météorologiques, les noisettes récoltées mécaniquement peuvent contenir entre 5 et 25 % de matières étrangères. Des nettoyeurs stationnaires trient ces matières à l’installation de transformation.

Salubrité Alimentaire

La prévention, la réduction et l’élimination des dangers biologiques, chimiques et physiques pour la salubrité alimentaire doivent être une priorité pendant la production et la transformation des noisettes. Les risques sanitaires associés aux noisettes comprennent les salmonelles, qui proviennent habituellement de déchets animaux, et les aflatoxines, produites par des champignons microscopiques. Toutes les activités de production et de transformation des noisettes devraient être accompagnées de mesures proactives pour atténuer ces risques et d’autres risques possibles.

Les noisettes et autres noix contiennent des protéines allergènes. Tout le matériel et toutes les installations servant à récolter, à contenir, à transformer et à entreposer les noisettes doivent être réservés exclusivement à ces usages et être maintenus à l’écart de tous les autres produits de l’exploitation, tels que les fruits et les légumes.

Bonnes pratiques agricoles

La salubrité alimentaire commence dans la noiseraie avec l’application de bonnes pratiques agricoles (BPA). Les BPA peuvent inclure le choix de l’emplacement de la noiseraie (p. ex., sur un terrain non contaminé et loin des sites industriels polluants) ou la vocation des terres adjacentes (p. ex., loin des élevages intensifs de bétail dont le fumier pourrait se retrouver dans la noiseraie). Si de l’eau d’irrigation est utilisée, elle ne doit pas être polluée par des déchets animaux. Il faut autant que possible empêcher l’accès des animaux sauvages à la noiseraie. Surveillez attentivement les activités humaines comme le nettoyage du matériel, l’application de pesticides, d’herbicides et de fongicides, ainsi que la manipulation et le transport des noisettes.

Bonne pratiques de fabrication

Afin de disposer d’un environnement salubre pour la transformation des aliments, il est également essentiel d’appliquer des mesures de contrôle opérationnel visant à réduire ou à prévenir la contamination causée par les humains et leurs activités. Ces mesures touchent notamment les pratiques de gestion du personnel, la réception, la manutention et l’entreposage, le conditionnement, l’expédition, le nettoyage et l’assainissement, l’entretien préventif, l’étalonnage, la lutte antiparasitaire, la gestion des déchets et d’autres activités humaines menées à l’intérieur de l’installation de transformation. La prévention, la réduction et l’élimination des risques de dangers biologiques, chimiques et physiques pour la salubrité alimentaire doivent être prioritaires pendant la transformation des noisettes (figure 4). Collectivement, on appelle ces mesures les bonnes pratiques de fabrication (BPF), les programmes préalables (PP) ou les pratiques de gestion optimales (PGO).

La gestion des dangers associés à la salubrité des aliments commence dès la conception et la construction de l’installation de transformation des noisettes.

Assurez-vous que l’installation est conçue et construite pour dissuader les ravageurs et empêcher les contaminants externes de pénétrer dans le bâtiment ou d’y rester. Les surfaces intérieures du bâtiment doivent être lavables. Concevez votre matériel pour qu’il soit facile à nettoyer et à assainir, qu’il comporte des matériaux compatibles avec le produit et avec les méthodes de nettoyage, et qu’il soit installé de manière à pouvoir être nettoyé et entretenu. Organisez la circulation des noisettes et des sous-produits dans l’installation de façon à ce que tous les éléments (les personnes, les ingrédients, les matériaux de conditionnement, le produit, l’air et les déchets) se déplacent selon un plan permettant d’éviter toute contamination croisée des produits alimentaires. Séparez physiquement ou opérationnellement les activités incompatibles qui risquent d’entraîner une contamination croisée.

Aux États-Unis, la Grocery Manufacturers Association a élaboré deux documents sur la salubrité alimentaire pour les producteurs de noix : Industry Handbook for Safe Processing of Nuts et Control of Salmonella in Low Moisture Foods (consultez la rubrique « Sources d’information »).

On peut également obtenir des renseignements supplémentaires détaillés sur la salubrité des aliments auprès du personnel du MAAARO en écrivant à l’adresse électronique foodinspection@ontario.ca.

Opérations post-récolte

Les opérations post-récolte se divisent en trois groupes : le nettoyage et la déshydratation des noisettes avant l’entreposage, l’entreposage à long terme, ainsi que le décorticage et le conditionnement des noisettes avant leur expédition vers le marché ou vers la seconde transformation. Ces opérations peuvent se dérouler dans l’exploitation ou dans une installation centrale de transformation.

Divers règlements municipaux, provinciaux et fédéraux doivent être observés, car les opérations post-récolte exigent des locaux et un certain approvisionnement en eau, et le produit final doit être conforme à la réglementation existante sur la salubrité et la qualité des aliments (Règlement de l’Ontario 119/11 pris en application de la Loi de 2001 sur la qualité et la salubrité des aliments). Consultez les spécialistes en salubrité des aliments du MAAARO.

Figure 4. Noisettes prêtes pour le marché frais ou pour la transformation en produits à valeur ajoutée.

Figure 4. Noisettes prêtes pour le marché frais ou pour la transformation en produits à valeur ajoutée.

Règlements sur la construction et sur l’eau

Tous les bâtiments doivent être conformes à la réglementation municipale sur la construction et tout le matériel doit respecter les normes sur la sécurité. Consultez le service d’urbanisme de votre municipalité et le ministère du Travail de l’Ontario avant de concevoir votre installation de transformation.

Les installations qui utilisent de grandes quantités d’eau doivent obtenir l’autorisation de prélever et d’utiliser cette eau. Dans les régions de l’Ontario qui sont désignées comme des zones où l’eau peut poser des dangers pour la santé, il est interdit d’établir toute nouvelle installation soutirant plus de 50 000 L d’eau par jour sans obtenir un permis de prélèvement d’eau. Adressez-vous au bureau du ministère de l’Environnement de l’Ontario de votre localité pour savoir quels sont les règlements sur l’eau qui s’appliquent dans votre localité.

L’installation de transformation des noisettes devrait aussi être conçue de façon à réduire les dangers pour la salubrité des aliments. Pour en savoir plus à ce sujet, lisez la rubrique concernant les bonnes pratiques de fabrication de la présente fiche technique ou consultez les spécialistes en salubrité des aliments du MAAARO.

Nettoyage et séchage

Les noisettes récoltées sont transportées jusqu’à l’installation de transformation primaire où elles sont débarrassées de leur involucre, nettoyées, lavées, assainies et séchées. À chaque étape, les noisettes deviennent de plus en plus propres, de sorte que les procédés qui suivent le lavage devraient être physiquement séparés pour éviter la contamination croisée.

Les noisettes qui ne tombent pas toutes seules de l’involucre doivent en être retirées, soit à la main durant l’inspection sur la bande transporteuse, soit avec une brosse ou un laveur à brosses placé devant le nettoyeur sur la chaîne de transformation.

Le nettoyeur enlève les détritus et dépose les noisettes sur une bande transporteuse où elles sont inspectées et débarrassées des derniers débris. Les trémies dotées d’un fond grillagé aident à éliminer les impuretés. Elles permettent à l’air de circuler entre les noisettes et favorisent ainsi le séchage si les noisettes ont été récoltées humides.

Les noisettes sont ensuite lavées et assainies. Ce procédé peut être effectué en lots ou avec un système à circulation continue intégré à la chaîne de transformation, après l’inspection. Le système en lots est idéal pour les petits producteurs. Assainissez les noisettes en les plongeant dans une solution à l’eau de Javel ou au peroxyde pour réduire la contamination superficielle. Certains producteurs blanchissent les noisettes au dioxyde de soufre pour leur donner meilleur aspect.

Enfin, les noisettes sont séchées pour réduire leur teneur en humidité à un taux de 5 à 8 % afin de les empêcher de rancir ou de moisir. Les noisettes devraient être séchées dans les 24 heures suivant la récolte, à une température optimale de 32,2 °C à 38 °C. Suivant cette fourchette de températures, il faut deux ou trois jours pour atteindre le taux d’humidité requis de 5 à 8 % afin de pouvoir entreposer les noisettes et les tenir au sec.

Les noisettes sont habituellement séchées dans des séchoirs de vrac permanents ou dans des séchoirs mobiles à cellules. La quantité de chaleur nécessaire pour sécher les noisettes à la température requise est relativement faible et ne nécessite pas l’achat de matériel coûteux. Dans une petite exploitation, un séchoir de fabrication artisanale peut faire l’affaire. Bien des producteurs ont fabriqué à peu de frais des séchoirs assez efficaces en réaménageant un séchoir à tabac moderne, un séchoir à céréales ou un vieux bâtiment déjà en place. Si la récolte est petite, faites sécher les noisettes en les étalant en couche mince dans une pièce déshumidifiée.

Pendant le processus de séchage, la couleur interne du fruit passe graduellement du blanc au crème en partant de l’extérieur. Lorsqu’il est froid, l’amandon qui contient entre 5 et 8 % d’humidité éclate sous la dent. Un humidimètre permet de mesurer avec précision la teneur en eau.

Dès que les noisettes sont séchées et ont atteint un taux d’humidité en coque de 5 à 8 %, ou un taux de 3,5 à 4,5 % à l’état décortiqué, c’est le moment de les classer, de les fumiger et de les envelopper hermétiquement dans des boîtes doublées de plastique, des sacs ou des bacs pour les entreposer sur une longue période. Les doublures de plastique stabiliseront le taux d’humidité, préviendront l’absorption de goûts et d’odeurs provenant d’autres produits et protégeront l’amandon contre le rancissement par oxydation et l’échauffement spontané.

Entreposage

Le local d’entreposage à long terme constitue l’élément le plus volumineux de l’installation de transformation primaire. C’est là que les noisettes seront gardées jusqu’au décorticage ou jusqu’à leur expédition vers d’autres fabricants. Une tonne de noisettes en coque occupe 3 ou 4 m3 d’espace.

Étant donné que cet espace représente l’interface entre les opérations de nettoyage sur le terrain et les opérations du décorticage et du conditionnement, élaborez et mettez en oeuvre des moyens visant à réduire au minimum la contamination croisée. Entreposez les noisettes dans un endroit frais et sec à moins de 10 ºC et avec une humidité relative de 60 à 65 %.

Tenez-les à l’abri de toute lumière telle que le rayonnement ultraviolet, qui peut provoquer le rancissement rapide et l’échauffement des amandons. Ces phénomènes entraînent des odeurs et des goûts déplaisants qui réduisent considérablement la durée de conservation et la valeur du produit. Ils diminuent aussi le rendement oléagineux et changent la composition de l’huile. La production d’acides gras libres augmente, ce qui rend plus difficile le processus de décoloration et de mondage des amandons.

Les noisettes peuvent être entreposées pendant plus longtemps à basse température. En fait, leur durée de conservation dépend en grande partie de la température. Les noisettes entreposées à la température ambiante peuvent rancir en quelques semaines. Entre 0 ºC et 1,7 °C, avec 60 à 65 % d’humidité relative, elles se conserveront jusqu’à deux ans. L’entrepôt doit être propre et sec, bien ventilé et capable de maintenir une humidité relative inférieure à 65 %. Il doit aussi être à l’abri de la pluie et inaccessible aux insectes, aux rongeurs et aux oiseaux.

Surveillez soigneusement l’activité de l’eau pendant l’entreposage. Cette valeur mesure l’énergie de l’eau dans un système et varie en fonction du taux d’humidité et de la température. Le champignon Aspergillus flavus qui produit l’aflatoxine ne peut ni se développer ni émettre d’aflatoxine lorsque l’activité de l’eau est inférieure à 0,7, que l’humidité relative est inférieure à 70 % et que la température est inférieure à 10 ºC1.

Puisque les noisettes ont une très faible teneur en eau, elles peuvent être congelées dans la coque ou à l’état décortiqué. Entreposées à une température comprise entre -3,9 °C et -2,8°C, avec 60 à 65 % d’humidité relative, elles peuvent être conservées en vrac pendant un maximum de quatre ans.

Des chercheurs étudient présentement l’utilité de l’entreposage sous atmosphère contrôlée pour assurer une meilleure conservation à long terme des noisettes. Selon cette méthode, une faible concentration d’oxygène (2 %) prévient l’oxydation des graisses et des huiles pour empêcher le rancissement, réduire au minimum la respiration des noisettes et éviter l’infestation par les ravageurs. Un taux élevé de dioxyde de carbone (20 %) réduit la respiration des noisettes afin de maintenir leur qualité et d’éloigner les ravageurs. Le reste de l’atmosphère est composé d’azote gazeux. Un faible taux d’humidité et des températures de réfrigération maintiendront l’état de déshydratation des noisettes et empêcheront la moisissure de s’installer.

Cassage, calibrage et conditionnement

Lorsque les noisettes sortent de l’entrepôt, elles peuvent être conditionnées et expédiées immédiatement, ou encore être décortiquées, puis conditionnées et expédiées. Décortiquez les noisettes ou transformez les amandons tout de suite avant la vente, car ils se détériorent vite une fois retirés de la coque.

Pour réduire la quantité d’amandons brisés, calibrez les noisettes avant de les passer au décortiqueur qui extraira l’amandon de la coque. Le décortiqueur est habituellement composé de trois broyeurs dotés de rouleaux réglables de 25 cm, qui peuvent être adaptés de manière à casser légèrement les noisettes pour endommager moins d’amandons. Le tarare sépare l’amandon des fragments de la coque après le cassage.

Une fois les amandons triés, classez-les selon leur grosseur et leur qualité, et inspectez-les visuellement pour retirer ceux qui ont des défauts et qui sont brisés.

Après l’inspection finale, conditionnez et expédiez les amandons. Le conditionnement varie selon les spécifications de l’acheteur : petits emballages destinés à la vente au détail immédiate, grandes caisses pour la vente au détail en vrac ou grands sacs de 1 tonne pour la fabrication secondaire.


Tableau 1. Calibres standards américains selon les diamètres de noisette minimum et maximum

Calibre Grosseur maximum (mm) Grosseur minimum (mm)
Variétés rondes
Géante
Aucun maximum
22,2
Grosse
22,2
19,4
Moyenne
19,4
19,0
Petite
19,0
Aucun minimum
Variétés longues
Géante
Aucun maximum
18,6
Grosse
18,6
17,5
Moyenne
17,5
13,5
Petite
13,5
Aucun minimum

En Amérique du Nord, la catégorie « U.S. No. 1 » correspond aux noisettes en coque :

  • qui ont au moins la grosseur moyenne (19,0 à 19,4 mm);
  • qui comptent moins de 20 % d’un type différent (rondes par rapport à longues et ovales) (tableau 1);
  • qui comptent moins de 10 % de noisettes ayant des défauts, dont moins de 5 % qui sont mal remplies ou vides et moins de 5 % qui sont rances, pourries, moisies ou attaquées par des insectes, et pas plus de 3 % présentant des dommages causés par les insectes;
  • qui comptent moins de 15 % de noisettes de grosseur non conforme, et moins de 10 % qui sont trop petites.

En ce qui concerne les noisettes décortiquées, la catégorie « U.S. No. 1 » comprend :

  • au plus 0,0002 % de matières étrangères;
  • au plus 5 % d’amandons de qualité inférieure, y compris moins de 2 % qui sont moisis, rances, pourris ou attaqués par des insectes.

Nota : Il est possible qu’une catégorie canadienne soit établie dans l’avenir si l’industrie ontarienne de la noisette prend une expansion suffisante. Dans l’Oregon, l’industrie de la noisette possède ses propres normes de classement des noisettes en coque et des amandons; on peut les lire à http://oregonhazelnuts.org/grades_and_standards.php.

Expédition

Les noisettes peuvent être expédiées dans des conteneurs ventilés pourvu que la teneur en eau, le conditionnement et les conditions de transport (température, humidité relative et protection contre les insectes et toute autre contamination) soient conformes aux règlements fédéraux et provinciaux. Protégez le chargement contre le rayonnement solaire pour empêcher les noisettes de rancir ou de s’échauffer. Par temps humide, protégez-le contre l’humidité car cela peut entraîner la moisissure, la détérioration et l’échauffement dus à la respiration des noisettes.

Pour transporter le produit en toute sécurité, placez les sacs de manière à les empêcher de glisser et de bouger. Faites attention au diagramme de disposition des sacs pour permettre une bonne ventilation de la marchandise et réduire la pression d’empilement.

Les noisettes mises en marché dans le commerce d’importation ou sur le marché interprovincial sont régies par le Règlement sur les fruits et les légumes frais, pris en application de la Loi sur les produits agricoles au Canada. Les noisettes en coque qui sont conditionnées, étiquetées, transportées, annoncées ou vendues par des établissements non agréés par le fédéral en Ontario sont régies par le Règlement de l’Ontario 119/11 en vertu de la Loi de 2001 sur la qualité et la salubrité des aliments. Consultez le personnel de la Direction de l’inspection des aliments du MAAARO.

NOTE EN FIN DE TEXTE

1 Beuchat, L.R. « Relationship of water activity to moisture content in tree nuts », Journal of Food Science, 1978, vol. 43, p. 754–755.

SOURCES D’INFORMATION

Il se peut que dans les sites Web indiqués ci-dessous, on mentionne des produits antiparasitaires qui ne sont pas homologués en Ontario. Pour obtenir une liste des produits antiparasitaires homologués pour lutter contre les ravageurs des noisetiers en Ontario, consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, ou un spécialiste du MAAARO.

Fiches techniques du MAAARO :

12-008 Le noisetier en Ontario : biologie et variétés possibles

12-010 Culture du noisetier en Ontario : les ravageurs

www.omafra.gov.on.ca/french/crops/hort/agrofore.html

Cette fiche technique a été rédigée par Todd Leuty, spécialiste de l’agroforesterie, MAAARO, Guelph; Dragan Galic, Département de phytotechnie, Université de Guelph; Paul Bailey, coordonnateur de l’identification et de la gestion des risques, Unité des aliments d’origine végétale, MAAARO, Guelph; Adam Dale, Département de phytotechnie, Université de Guelph; Elliott Currie, School of Business, Université de Guelph; et Melanie Filotas, spécialiste de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures spéciales, MAAARO, Simcoe.