Culture du noisetier en Ontario : les ravageurs


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 240
Date de publication : 2012 janvier
Commande no. 12-010
Dernière révision : 2012 janvier
Situation :
Rédacteur : M. Filotas, A. Dale, D. Galic, T. Leuty et E. Currie

Table des matières

Les insectes, les acariens, les maladies et les ravageurs vertébrés entraînent des pertes économiques dans les cultures de noisetiers du monde entier. Cependant, les espèces et l'importance des dommages varient considérablement d'un endroit à l'autre. En Amérique du Nord, un grand nombre de ravageurs et de maladies parmi les plus dommageables sont indigènes. Ils s'attaquent aux noisetiers européens introduits sur le continent et aux noisetiers hybrides nord-américains des vergers commerciaux. La brûlure orientale du noisetier est la maladie la plus grave de toutes et elle constitue la principale menace pour l'industrie.

Les acariens, les pucerons, les cicadelles, les scarabées japonais, les maladies bactériennes et les divers ravageurs vertébrés ont également causé des problèmes au cours des dernières années. À mesure que la culture du noisetier se développera, il est probable que d'autres ravageurs fassent leur apparition.

Au Canada, actuellement, le nombre de produits antiparasitaires homologués pour l'utilisation sur les cultures de noisetiers est relativement peu élevé. La lutte contre les ravageurs du noisetier est assurée en grande partie par des méthodes de culture ou l'utilisation d'espèces résistantes, qui font encore l'objet d'améliorations. Étant donné que les produits antiparasitaires homologués changent souvent, aucun produit précis n'est indiqué dans la présente Fiche technique. Pour obtenir une liste à jour des produits homologués pour l'utilisation sur les cultures de noisetiers en Ontario, consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, et les suppléments affichés sur le site Web du Ministère.

Les maladies

La brûlure orientale du noisetier

La brûlure orientale du noisetier est la maladie la plus dévastatrice des cultures commerciales de noisetiers en Amérique du Nord. Elle est causée par le champignon Anisogramma anomola qui est originaire du Nord-Est de l'Amérique du Nord. Les peuplements sauvages de noisetiers d'Amérique sont les hôtes de ce champignon mais n'en sont pas affectés. La maladie est par contre mortelle pour de nombreux noisetiers d'origine européenne qui ont une importance commerciale.

Biologie - Au début du printemps, les champignons libèrent des spores qui, sous l'effet de la pluie poussée par le vent, se propagent jusqu'aux bourgeons et aux jeunes pousses en croissance. Les spores germent et le champignon pénètre les jeunes tissus où il atteint les cellules et commence à se répandre. Aucun symptôme ne se manifeste avant 12 à 18 mois après cette première infection.

En général, durant le deuxième été suivant l'infection, le champignon commence à produire les structures qui vont former les spores, visibles sous forme de chancres noirs (dans certains cas, les symptômes n'apparaîtront pas avant le troisième été). Ces structures libéreront des spores le printemps suivant. Les chancres grossissent chaque année et apparaissent le long des branches et des rameaux. S'ils encerclent une branche, le bois au-delà des chancres meurt. Les feuilles sur les branches mortes se dessèchent et brunissent, mais elles demeurent attachées. Les branches de plus en plus nombreuses à mourir provoquent un déclin important de la vigueur et de la productivité des arbres, et les cultivars sensibles meurent après cinq à 10 ans.

Identification et surveillance - Les premiers symptômes apparaissent sous la forme de petites bosses alignées sur les branches infectées, à mesure que les structures fongiques se répandent sous l'écorce, puis on constate l'éruption de stromas blancs, ou chancres, à la fin du printemps (figure 1).

À un stade plus avancé, la maladie se manifeste par des chancres noirs et en relief, de forme ovale (figure 2), mesurant de quelques centimètres à près d'un mètre de longueur et qui apparaissent en rangées relativement droites le long des branches infectées (figure 3).
Les premiers symptômes de la brûlure orientale du noisetier apparaissent sous forme de petites bosses alignées sur les branches (photo reproduite avec l'autorisation de Joseph O'Brien, dép. de l'Agriculture des É.-U., Service des forêts, bugwood.org).

Figure 1. Les premiers symptômes de la brûlure orientale du noisetier apparaissent sous forme de petites bosses alignées sur les branches (photo reproduite avec l'autorisation de Joseph O'Brien, dép. de l'Agriculture des É.-U., Service des forêts, bugwood.org).
Stromas fongiques de la brûlure orientale du noisetier

Figure 2. Stromas fongiques de la brûlure orientale du noisetier
Des rangées de stromas noirs et matures apparaissent le long des branches (photo reproduite avec l'autorisation de Joseph O'Brien, dép. de l'Agriculture des É.-U., Service des forêts, bugwood.org).

Figure 3. Des rangées de stromas noirs et matures apparaissent le long des branches (photo reproduite avec l'autorisation de Joseph O'Brien, dép. de l'Agriculture des É.-U., Service des forêts, bugwood.org).

Les branches mortes dont les feuilles demeurent attachées révèlent également la présence de la maladie. Inspectez les vergers durant l'hiver afin de détecter les chancres et, en été, entre juillet et août, recherchez les feuilles mortes restées accrochées aux branches. Examinez les branches mortes pour repérer la présence de chancres.

Lutte - L'emploi d'une méthode polyvalente est nécessaire pour gérer efficacement cette maladie. Ainsi, inspectez régulièrement les vergers afin de détecter la maladie à un stade précoce, supprimez tout élément infecté, faites des pulvérisations préventives et utilisez des espèces résistantes. Élaguez immédiatement toute branche infectée. Puisque le champignon pousse devant la zone dans laquelle il produit des spores, supprimez les branches infectées en coupant de 60 à 90 cm en-dessous du point d'infection. Étant donné que les structures fongiques continuent de produire des spores après l'élagage, il faut brûler ou enterrer le bois malade qui a été coupé.

Certains fongicides sont homologués pour la protection des nouvelles pousses. Consultez la version la plus récente de la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits, les taux d'application et les moments appropriés pour les pulvérisations. Les fongicides contribuent à protéger les tissus des nouvelles plantes contre les infections, mais ils sont dispendieux. L'utilisation d'essences résistantes constitue une méthode plus économique de lutte contre les organismes nuisibles. Des études sont actuellement en cours pour développer de nouveaux cultivars qui soient moins sensibles à l'infection par la brûlure orientale du noisetier.

La brûlure bactérienne

Cette maladie est causée par la bactérie Xanthomonas arboricola pv. corylina (aussi appelée Xanthomonas campestris pv. corylina). Les pertes attribuables à la maladie sont plus particulièrement visibles chez les jeunes arbres âgés de moins de six ans ou les arbres ayant été soumis à un grand stress.

Biologie - La bactérie survit à l'hiver dans les chancres ou à l'intérieur des bourgeons infectés et suinte des chancres pendant la saison de croissance.

Les bactéries sont propagées par la pluie, par le matériel de pépinière ou par des outils d'élagage contaminés. Elles pénètrent dans les arbres par des ouvertures naturelles ou des lésions présentes sur les bourgeons, les feuilles, les branches ou le tronc. Les bactéries attaquent d'abord l'extérieur des bourgeons, puis elles migrent des écailles vers l'intérieur. Les bourgeons meurent ou sont partiellement endommagés. L'infection gagne les tiges qui sortent des bourgeons lorsque, en s'allongeant, elles entrent en contact avec les écailles infectées.

Un temps chaud et humide (température supérieure à 20 °C) favorise l'infection. L'incidence de la bactériose est parfois plus grande les années où les pluies d'automne sont abondantes ou après un hiver où les tissus ont subi des dommages par le gel. Les sujets infectés présentent des lésions aqueuses sur les feuilles et les tiges. Les chancres se développent et peuvent finir par encercler complètement les branches infectées et les faire mourir.

Identification et surveillance - Faites une inspection régulière des jeunes vergers. Les symptômes se manifestent de manière plus évidente au printemps, lorsqu'apparaissent sur les feuilles des petites taches anguleuses d'un brun rougeâtre entourées d'un halo vert tirant sur le jaune (figure 4). Les lésions foliaires finissent par se fondre à l'extrémité des feuilles. L'involucre des noisettes en pleine croissance est moins souvent touché mais, quand il l'est, l'infection se manifeste par l'apparition de taches brun foncé ou noires (figure 5). Il arrive aussi que des lésions aqueuses apparaissent sur les tiges de l'année.

Sur les branches, les chancres sont plus difficiles à détecter. Ils sont légèrement enfoncés et de couleur mauve rougeâtre, et le tissu sous-jacent est brun. Durant les périodes où le taux d'humidité est élevé, un liquide collant suinte des tissus infectés. Les feuilles des rameaux morts brunissent et restent accrochées aux branches (figure 6).

On confond parfois cette infection avec la brûlure orientale du noisetier, qui présente aussi ces symptômes. Il faut rechercher des lésions sur les feuilles et constater l'absence de rangées longitudinales de chancres noirs sur l'écorce pour différencier la maladie bactérienne de la brûlure orientale du noisetier.

Lutte - Certains fongicides sont homologués pour combattre la brûlure bactérienne des noisetiers. Ils peuvent être appliqués dans les jeunes vergers à l'automne, avant les pluies. Consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits et les taux d'application.

Il existe d'autres stratégies de lutte contre cette maladie, notamment, la plantation de matériel de pépinière que l'on sait exempt de tout agent pathogène et l'élagage des branches infectées sous la zone des chancres, durant l'hiver, afin d'éliminer le plus possible les sources d'inoculum. Tout le matériel infecté doit être brûlé ou enterré, et les outils d'élagage doivent être désinfectés après chaque arbre.
Lésions attribuables à la brûlure bacté-rienne sur une feuille de noisetier (photo reproduite avec l'autorisation de Marco Scortichini, atlasplantpathogenicbacte-ria.it)

Figure 4. Lésions attribuables à la brûlure bacté-rienne sur une feuille de noisetier (photo reproduite avec l'autorisation de Marco Scortichini, atlasplantpathogenicbacte-ria.it)
Brûlure bactérienne du noisetier (photo reproduite avec l'autorisation de Marco Scortichini, atlas-plantpathogenicbacteria.it)

Figure 5. Brûlure bactérienne du noisetier (photo reproduite avec l'autorisation de Marco Scortichini, atlas-plantpathogenicbacteria.it)
Feuille de noisetier desséchée en raison de la brûlure bactérienne (photo reproduite avec l'autorisation de L. Gardan, INRA, Angers, bugwood.org)

Figure 6. Feuille de noisetier desséchée en raison de la brûlure bactérienne (photo reproduite avec l'autorisation de L. Gardan, INRA, Angers, bugwood.org)

Les organismes nuisibles

Les acariens

De taille minuscule, les acariens sont apparentés aux araignées et aux tiques. Ils se nourrissent des feuilles, des boutons floraux et d'autres parties d'une grande variété de végétaux, dont les noisetiers. Bien que les noisetiers soient la cible de nombreuses espèces d'acariens, le phytopte est l'espèce la plus commune et celle qui cause le plus de dommages à ces arbres. Il y a en fait deux espèces de phytopte : Phytoptus avellanae (le phytopte du noisetier), qui est le plus nuisible, et Cecidophyopsis vermiformis. On peut les retrouver en même temps dans le même bourgeon.

Biologie - Les phytoptes hivernent à l'intérieur des boutons floraux en dormance et causent des dommages en particulier aux boutons femelles. Au printemps, ils quittent les boutons et vont envahir les bourgeons sains. La période de cette migration dépend de la température. On pense qu'ils émergent des boutons qui les hébergeaient lorsque la température atteint les 15 °C pendant la journée. Les acariens s'alimentent et se reproduisent à l'intérieur des bourgeons tout au long de la saison de croissance. L'augmentation de la population et le fait que les acariens s'alimentent à l'intérieur des bourgeons entraînent un gonflement anormal des boutons femelles.

Bien que certains bourgeons prennent un aspect gonflé durant l'été, la plupart des symptômes sont plutôt observés à la fin de l'hiver suivant. Les bourgeons hypertrophiés vont parfois se déformer, s'assécher et s'ouvrir (on dit qu'ils éclatent). Les bourgeons endommagés peuvent mourir au printemps, mais ils demeurent attachés à la tige. Les bourgeons infestés d'acariens ne produiront pas de noisettes. Même si l'espèce P. avellanae peut prendre une deuxième forme qui se nourrit aussi de bourgeons végétatifs, de feuilles et de chatons mâles, la plupart des phytoptes passent la plus grande partie de leur vie biologique protégés à l'intérieur des bourgeons, ce qui complique les mesures de lutte. Les dégâts subis par les noisetiers varient d'une année à l'autre, allant de dommages légers à la perte totale de la récolte.

Identification et surveillance - Le moyen le plus facile de détecter la présence des acariens est de surveiller, à l'automne et au printemps, la présence de bourgeons qui ont l'air de pois secs et gonflés (figure 7).
Les bourgeons de noisetier infestés de phytoptes sont généralement plus gros (branche de gauche) que les bourgeons sains dont la taille est normale (à droite).

Figure 7. Les bourgeons de noisetier infestés de phytoptes sont généralement plus gros (branche de gauche) que les bourgeons sains dont la taille est normale (à droite).
Phytoptes à l'intérieur d'un bourgeon de noisetier. Ils sont blancs, de forme fuselée et extrêmement petits.

Figure 8. Phytoptes à l'intérieur d'un bourgeon de noisetier. Ils sont blancs, de forme fuselée et extrêmement petits.

La présence des acariens est difficile à détecter en raison de leur taille minuscule. Au printemps, l'application de Tanglefoot ou d'un autre produit collant de chaque côté des rameaux dont les bourgeons sont endommagés et gonflés peut aider à les repérer. La substance collante les piégera au moment où ils émergeront des bourgeons, et il sera alors possible de les rechercher à l'aide d'une loupe grossissant 20 fois. À l'hiver et au début du printemps, ouvrez les boutons gonflés et vérifiez la présence de phytoptes adultes à l'aide d'une loupe. Au stade adulte, ces acariens sont extrêmement petits, blancs et de forme fuselée (figure 8). Dotés de quatre pattes, ils se déplacent lentement.

Lutte - Il n'existe actuellement aucun produit homologué pour combattre le phytopte du noisetier en Ontario. Si un jour des produits à pulvériser sont disponibles, la lutte contre le phytopte ne sera efficace que si le traitement est appliqué au printemps, lorsque les acariens sortent de leurs boutons endommagés pour envahir de nouveaux bourgeons, car dès qu'ils se réfugient à l'intérieur de leur nouvel hôte, ils sont protégés des produits antiparasitaires.
Pucerons sur la face inférieure d'une feuille de noisetier

Figure 9. Pucerons sur la face inférieure d'une feuille de noisetier.

Certains cultivars sont moins sensibles aux dommages causés par le phytopte du noisetier, notamment le " Barcelona " dont les bourgeons sont très serrés et qui est moins touché. Il est donc possible de réduire la menace que l'acarien représente en choisissant des cultivars résistants. Par ailleurs, certains acariens prédateurs souvent présents dans les vergers se nourrissent de phytoptes du noisetier. Les pratiques qui permettent de protéger les populations d'insectes bénéfiques, comme la réduction des traitements aux acaricides et aux insecticides, peuvent promouvoir l'action antiparasitaire de ces organismes utiles.

La méthode de l'enlèvement manuel et du brûlage des bourgeons infectés durant l'hiver n'est probablement efficace que dans les très petites noiseraies.

Les pucerons

On retrouve généralement les pucerons en grand nombre sur la face inférieure des feuilles de noisetier. Le puceron jaune du noisetier, Myzocallis coryli, est celui qui est le plus souvent observé en Ontario, mais d'autres espèces sont également présentes.

Biologie - Le puceron jaune du noisetier hiverne sous forme d'œuf dans les fissures de l'écorce et autour des écailles des bourgeons. Au printemps, les œufs éclosent et les jeunes pucerons s'alimentent sur la face inférieure des feuilles en croissance. Les pucerons deviennent rapidement adultes et, à ce stade, les femelles sont immédiatement en mesure de produire de grands nombres de rejetons, sans accouplement ni ponte d'œufs.

Les adultes et les jeunes vivent ensemble, en colonies, sur la face inférieure des feuilles, et plusieurs générations se succèdent dans une seule saison de croissance (figure 9). Les populations de pucerons peuvent augmenter rapidement si les conditions environnementales sont favorables, mais elles déclinent généralement à la fin de l'été, lorsqu'il fait plus chaud et que leurs ennemis naturels sont plus actifs. À l'automne, les pucerons s'accouplent et pondent des œufs d'hiver. Quand ils se nourrissent, les pucerons prélèvent les sucs et les éléments nutritifs des feuilles, ce qui cause la déformation et le flétrissement des plants. Ils sécrètent aussi une substance collante, appelée miellat, qui favorise le développement d'un champignon noir appelé fumagine. Les infestations de pucerons peuvent réduire les rendements.

Identification et surveillance - Les pucerons sont de petits insectes au corps mou en forme de poire. Leurs parties buccales ressemblent à une paille. Il existe des pucerons avec des ailes et des pucerons sans ailes. Ils sont tous dotés de deux structures en forme de tube, appelées cornicules, situées à l'extrémité de l'abdomen. Commencez à surveiller la présence des pucerons au milieu du printemps, lorsque la température se réchauffe, et vérifiez particulièrement la face inférieure des jeunes feuilles. Aucun seuil d'intervention n'a été établi pour les pucerons sur les noisetiers de l'Ontario. Lorsque les populations sont faibles à moyennes, il est souvent possible de recourir à des prédateurs et à des parasitoïdes comme agents de lutte contre les pucerons avant que ceux-ci puissent endommager la culture; les applications d'insecticides peuvent souvent être évitées.

Lutte - N'utilisez pas plus d'azote que nécessaire, car ce produit stimule la croissance des jeunes plants qui sont la cible des pucerons. De nombreux ennemis naturels sont des prédateurs pour les pucerons et peuvent contribuer à en réduire considérablement les populations. On voit souvent des coccinelles et d'autres prédateurs qui se nourrissent de pucerons dans les noiseraies. Les pucerons sont également sensibles à diverses maladies et aux petites guêpes parasites qui pondent leurs œufs à l'intérieur de leur corps. Quand elle se développe, la larve de la guêpe tue son hôte et en fait un puceron " momifié ". Pour détecter la présence de pucerons momifiés dans un verger, recherchez les insectes dont le corps est enflé, de couleur brune et d'aspect semblable à du papier.

Les prédateurs des pucerons et les agents pathogènes qui servent à lutter contre ce fléau sont vulnérables à de nombreux fongicides et insecticides. Utilisez le moins de pesticides que possible pour que les populations de ces organismes bénéfiques puissent prospérer dans les noiseraies. Certains produits chimiques sont homologués pour lutter contre les populations de pucerons. Consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits, les taux d'application et les moments appropriés pour les pulvérisations.

Les cicadelles

Les cicadelles sont de petits insectes au corps cunéiforme. Elles se déplacent rapidement, sautent ou s'envolent dès qu'elles sont dérangées. L'espèce qu'on retrouve le plus souvent sur les noisetiers en Ontario est la cicadelle de la pomme de terre, Empoasca fabae. Elle cause des problèmes particulièrement graves dans les nouveaux vergers.

Biologie - La cicadelle de la pomme de terre ne survit pas à l'hiver en Ontario. Elle arrive entre la mi-mai et la mi-juin en provenance du Sud des É.?U., portée par le vent. Elle est communément présente dans les champs de luzerne et se répand souvent dans d'autres cultures, après la coupe du fourrage. On remarque d'abord les adultes dans la plupart des cultures fruitières au début ou au milieu de juin, généralement après la première récolte de fourrage. Après l'accouplement, les œufs sont déposés sur des feuilles et des tiges, et éclosent une dizaine de jours plus tard. Les nymphes mettent environ 25 jours à passer au stade adulte.

Plusieurs générations se succèdent chaque année et restent en activité jusqu'à la première gelée meurtrière. Comme les pucerons, les cicadelles nymphes et adultes sont des insectes suceurs qui se nourrissent de la sève des feuilles. Lorsque l'insecte s'alimente, il injecte une toxine qui obstrue la circulation de la sève dans la plante. Le pourtour des feuilles jaunit et brunit, un phénomène appelé " brûlure de la cicadelle ", et les feuilles s'enroulent souvent vers le bas. La cicadelle est aussi à l'origine de l'aspect moucheté ou de la décoloration des feuilles. Les températures chaudes et sèches favorisent la croissance très rapide des populations de cicadelles.

Identification et surveillance - La cicadelle adulte est un insecte vert lime pâle, au corps cunéiforme, d'environ 3 mm de longueur. Sa tête est massive et son corps est doté d'ailes qui se replient sur le dos en imitant la forme d'une tente. Elle a souvent six petits points de couleur pâle juste derrière la tête. La nymphe est semblable à l'adulte, sauf qu'elle est plus petite, de couleur jaune-vert et n'a pas d'ailes. En vieillissant, elle développe des ébauches d'ailes. Tant les adultes que les nymphes réagissent rapidement dès qu'elles sont dérangées; les adultes sautent ou s'envolent, tandis que les nymphes se déplacent de côté.

Inspectez les vergers chaque semaine, à partir du début de juin. Recherchez la présence de symptômes comme des feuilles enroulées ou des pourtours de feuilles jaunis ou brunis. Les nymphes et les adultes se tiennent la plupart du temps sous le revers des feuilles (figure 10), mais elles vont rapidement quitter leur position si elles sont dérangées. Il faut donc retourner les feuilles délicatement lorsqu'on les examine pour pouvoir noter la présence des insectes. Aucun seuil d'intervention n'est établi pour la cicadelle de la pomme de terre en Ontario, mais même en petit nombre, cet insecte peut causer des dommages.

Lutte - Aucun insecticide n'est actuellement homologué pour la lutte contre les cicadelles sur les noisetiers en Ontario, mais certains produits homologués contre d'autres ravageurs des noisetiers peuvent nuire aux populations de cet insecte. Dans les noiseraies, les cicadelles ne représentent généralement une menace que pour les arbres récemment plantés. Dans certaines cultures, un pathogène fongique d'origine naturelle réduit parfois les populations de cicadelles, à la condition que le temps soit frais et humide. On pense que les prédateurs et les parasitoïdes n'offrent qu'un moyen de lutte limité contre cet insecte. Dans la mesure du possible, évitez d'avoir des prés de fauche à proximité des noiseraies, car les cicadelles se déplacent généralement dans d'autres cultures après la récolte du fourrage.
Cicadelle adulte (en haut, à gauche) et nymphes sur la face inférieure d'une feuille de haricot

Figure 10. Cicadelle adulte (en haut, à gauche) et nymphes sur la face inférieure d'une feuille de haricot

Les cochenilles

Les cochenilles sont de minuscules insectes suceurs qui restent immobiles pendant la plus grande partie de leur vie. Ces insectes sont souvent dépourvus d'ailes ou leurs pattes ne sont pas visibles; ils sont généralement recouverts d'un bouclier dur ou cireux qui les rend difficiles à distinguer des feuilles, brindilles, branches ou troncs sur lesquels ils vivent. De nombreuses espèces causent des dégâts aux cultures fruitières, mais la cochenille la plus répandue dans les noisetiers de l'Ontario est la lécanie (Parthenolecanium spp.). On observe occasionnellement la cochenille de San José, Quadraspidotus perniciosus, sur les noisettes ainsi que sur d'autres noix.

Biologie - Les lécanies femelles passent l'hiver sur les rameaux, au stade nymphal, et deviennent adultes au début du printemps. Elles déposent leurs œufs sous leur carapace protectrice; les éclosions ont généralement lieu à la fin de juin ou en juillet. Les nouvelles nymphes sont mobiles, c'est-à-dire qu'elles ont des pattes et se déplacent, et elles migrent sur le face inférieure des feuilles, où elles s'alimentent sur les nervures. À la fin de l'été, elles reviennent sur les rameaux ou sur un autre élément permanent de la plante, puis elles s'y installent pour l'hiver. La cochenille femelle se fixe sur une plante, où elle sécrète un bouclier protecteur cireux. À la mue, les pattes et les autres parties de la cochenille rapetissent au point où l'insecte devient complètement immobile. Comme les pucerons et les cicadelles, les cochenilles sont des insectes suceurs qui prélèvent les sucs et les éléments nutritifs des tissus ligneux et causent ainsi le dépérissement des feuilles, des rameaux et des branches.
Lécanies sur un rameau de noisetier. Leur corps recouvert d'un bouclier dur, de forme convexe et de couleur brun-rouge les rend difficiles à distinguer des élé-ments végétaux (photo reproduite avec l'autorisation de D.K.B. Cheung).

Figure 11. Lécanies sur un rameau de noisetier. Leur corps recouvert d'un bouclier dur, de forme convexe et de couleur brun-rouge les rend difficiles à distinguer des élé-ments végétaux (photo reproduite avec l'autorisation de D.K.B. Cheung).

Identification et surveillance - Les lécanies femelles sont de forme aplatie avant de devenir arrondies. Les lécanies présentes sur les noisetiers ont généralement une carapace dure, de couleur brun-rouge à brun et de forme convexe qui ressemble un peu à un bouton de porte (figure 11). Les mâles sont très difficiles à voir. Puisque cet insecte est généralement immobile et se confond avec la plante hôte, ce sont souvent les indices de son passage qui sont détectés, comme le dépérissement des rameaux et des feuilles et la présence de miellat, un liquide collant sécrété par la cochenille lorsqu'elle se nourrit. Ce liquide a la propriété d'attirer les fourmis et de favoriser le développement d'un champignon noir.

Les femelles de la cochenille de San José, qui sont parfois présentes sur les noisetiers, sont rondes et s'abritent sous un bouclier composé d'anneaux de cire gris et bruns portant au centre un ombilic en relief. Les mâles apparaissent plus tôt dans la saison de croissance. Ils sont petits, ailés et de couleur brun doré.

Lorsque le verger a déjà été endommagé par la cochenille, assurez une surveillance tout au long de la saison de croissance. Recherchez les traces de miellat, les signes de dépérissement des feuilles ou la présence de cochenilles le long des rameaux ou sur la face inférieure des feuilles. Il peut être possible de détecter le mouvement des nymphes mobiles à la fin du printemps ou au début de l'été en plaçant une substance collante comme le Tanglefoot ou du ruban isolant en bandes sur les arbres. Il n'existe pas de seuil d'intervention en cas de présence de cochenilles sur les noisetiers en Ontario, mais les populations de cet insecte augmentent rarement au point de causer des dégâts importants.

Lutte - Un programme de lutte contre les cochenilles sur les noisetiers est rarement nécessaire, car les prédateurs et les parasites naturels de cet insecte se chargent d'en contrôler les populations. Réduisez l'utilisation des insecticides à large spectre dans les vergers afin de préserver les populations d'ennemis naturels et bénéfiques. Certains produits sont homologués pour la lutte contre la cochenille dans les noisetiers de l'Ontario. Consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits et les taux d'application. Le moment de la pulvérisation des insecticides est très important si l'on veut en assurer l'efficacité, car les produits chimiques ne pénètrent pas bien le bouclier cireux de l'insecte devenu immobile. Les pulvérisations doivent cibler le ravageur lorsqu'il est au stade de nymphe mobile.
Scarabées japonais présents sur un jeune noisetier

Figure 12. Scarabées japonais présents sur un jeune noisetier

Le scarabée japonais

Originaire d'Asie, le scarabée japonais (Popillia japonica) a été signalé pour la première fois au Canada en 1939. Sa présence est actuellement limitée à l'est de l'Amérique du Nord. Le scarabée japonais n'a pas été reconnu comme un ravageur du noisetier, mais cet insecte s'attaque à une très grande variété de plantes hôtes. Les adultes ont d'ailleurs causé ces dernières années des dégâts importants au feuillage des noisetiers dans les vergers de l'Ontario.

Les producteurs qui vendent et expédient des noisetiers doivent savoir que le scarabée japonais est un organisme de quarantaine réglementé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Cela signifie que la circulation de l'insecte et celle des plants ou du sol infectés est réglementée afin de prévenir une plus ample propagation vers les régions indemnes. Pour de plus amples renseignements, consultez la section sur les scarabées japonais de la publication 383F du MAAARO, Plantes de pépinière et d'ornement, culture et lutte intégrée, ou lisez la directive D?96?15 de l'ACIA, Exigences phytosanitaires visant à prévenir la dissémination du scarabée japonais, Popillia japonica, au Canada et aux États-Unis (www.inspection.gc.ca).

Biologie - Les scarabées japonais passent l'hiver au stade de larve, ou de ver, enfouis dans le sol. À mesure que les températures se réchauffent au printemps, ils commencent à se nourrir et à grossir. Les vers sont plus particulièrement présents dans les aires gazonnées, mais ils consomment les racines de nombreuses plantes. Ils se pupifient à la fin du printemps et les adultes commencent à émerger du sol à la fin de juin. Au début, leur alimentation se limite aux plantes à pousse basse, mais les adultes remontent graduellement vers les feuilles et les fruits de plus de 300 espèces de plantes dont ils se nourrissent. Les adultes sont très actifs pendant six à huit semaines et leur population culmine à la fin de juillet, après quoi ils déposent leurs œufs dans les aires gazonnées. La biologie de cet insecte présent dans les noisetiers n'est pas bien connue, mais il semble que les adultes se déplacent en volant d'un secteur à l'autre. Le prélèvement alimentaire semble plus marqué là où les noisetiers sont situés près d'un vignoble ou d'une surface gazonnée, et cause plus de dégâts sur les jeunes arbres.

Identification et surveillance - Les adultes de cette espèce sont faciles à identifier. Ils mesurent environ 10 à 12 mm de longueur et se reconnaissent à leur tête vert métallique, à leurs couvertures alaires d'un brun cuivré et aux touffes de poils blanchâtres qui garnissent l'extrémité de leur abdomen. Ils sont actifs dans les plantations de noisetiers de la fin de juin jusqu'en septembre, et ils se nourrissent de tissus foliaires entre les nervures, en ne laissant que du feuillage squelettique ayant l'aspect de la dentelle (figure 12). Souvent, ils commencent à s'alimenter au sommet de la canopée et progressent vers le bas. Ayant la forme typique d'un " C " et de couleur blanche, les vers sont présents dans le sol, où ils se nourrissent de racines au début du printemps et, de nouveau, à la fin de l'été. Ils n'hivernent pas dans les noiseraies, mais ils peuvent rester présents dans les zones gazonnées ou herbeuses des environs.

Lutte - Il n'existe actuellement aucun insecticide homologué pour lutter contre les scarabées japonais adultes dans les noisetiers. Dans la mesure du possible, évitez de planter vos nouveaux vergers près d'un vignoble, d'une zone gazonnée ou herbeuse, ou à proximité d'autres plantes hôtes du ravageur. Le sarclage du sol ou l'utilisation de nématodes bénéfiques permettent de réduire les populations de vers dans les vergers. Toutefois, ces mesures n'empêcheront pas les nouveaux adultes provenant d'autres secteurs d'envahir le verger. Des pièges mécaniques qui utilisent une hormone sexuelle pour attirer les scarabées adultes sont offerts dans le commerce et peuvent servir à détecter la présence d'adultes lorsqu'ils font leur apparition au printemps. Toutefois, puisque ces pièges attirent davantage de scarabées qu'ils en capturent, il ne s'agit pas d'un moyen efficace de lutter contre ce ravageur.
Larve de la tordeuse à bandes obliques

Figure 13. Larve de la tordeuse à bandes obliques

Les tordeuses et autres chenilles défoliatrices du printemps

Les chenilles défoliatrices du printemps comprennent plusieurs espèces de papillons nocturnes (Lepidoptera) qui se nourrissent sur les arbres fruitiers tôt dans la saison, depuis le stade du débourrement jusqu'en juin. Ce sont les pyrales, les livrées, les spongieuses et les tordeuses. Ces insectes s'alimentent généralement sur le feuillage des arbres et causent des dégâts à divers degrés.

Biologie - Le cycle de vie des différentes espèces varie, mais la plupart hivernent sous forme de larve ou d'œuf, éclosent et/ou s'activent au début du printemps, quand le tissu végétal commence à se former. Les larves se nourrissent sur les feuilles et les bourgeons. À mesure qu'elles grossissent, les tordeuses enroulent les feuilles en tissant de fines toiles de soie sous lesquelles elles se cachent durant le jour. D'autres espèces, comme la livrée, se construisent un habitacle ou un tapis de soie sous lequel elles s'abritent.

La plupart des chenilles défoliatrices du printemps se pupifient à la fin du printemps et émergent plus tard en adultes qui ne s'alimentent pas, mais s'accouplent et pondent des œufs. Certaines espèces hivernent sous forme d'œuf, mais d'autres, notamment la tordeuse à bandes obliques (Chorisaneura roseceana), produisent une deuxième génération qui s'alimente sur les feuilles et les noisettes, du milieu à la fin de l'été. Dans l'Oregon, la tordeuse à bandes obliques est un ravageur vorace des noisetiers. Bien que l'insecte n'ait pas causé de grandes défoliations ici, des tordeuses à bandes obliques adultes ont été attrapées dans les noiseraies en Ontario au cours des dernières années.

Identification et surveillance - L'apparence des chenilles de chacune des espèces peut varier grandement.

  • La larve de la tordeuse à bandes obliques mesure jusqu'à 20 à 30 mm et arbore une couleur d'un vert pâle à vert foncé ou vert jaunâtre, avec une tête noire (figure 13), tandis que les papillons nocturnes sont de couleur brun pâle à brun foncé, avec des rayures plus foncées sur les ailes.
  • La larve de la pyrale est grosse (jusqu'à 40 mm de longueur), de couleur vert lime à vert foncé, et arbore de petites taches blanches et des bandes longitudinales sur le corps (figure 14).
  • La livrée mesure de 40 à 50 mm de longueur, est velue, de couleur brunâtre ou bleuâtre, avec des bandes ou des taches blanches sur toute la longueur du dos. Elle se regroupe en colonie dans un abri ou un cocon de soie tissé entre deux branches (figure 15).
  • La larve de la spongieuse est jaune, grise ou noire et porte de longs poils fins. Sur son dos, elle arbore cinq paires de points bleus suivies de six paires de points rouges (figure 16).

Surveillez les jeunes arbres pour repérer la présence de chenilles ou de feuilles enroulées à partir du début du printemps, dès que les premières feuilles apparaissent. Utilisez les pièges vendus dans le commerce pour repérer la présence de la tordeuse à bandes obliques adulte. Aucun seuil d'intervention n'a été établi pour les tordeuses ou les autres chenilles présentes sur les noisetiers de l'Ontario, mais les seuils fixés pour les tordeuses du pommier de l'Ontario peuvent servir de guide. Pour connaître les seuils d'intervention et les méthodes de surveillance, consultez la publication 310F, Lutte intégrée contre les ennemis du pommier.

Lutte - Dans plusieurs cas, aucune mesure de lutte n'est nécessaire contre les chenilles défoliatrices du printemps sur les noisetiers puisque l'activité trophique de ces insectes étant limitée au début du printemps, les arbres ont le temps de se rétablir. Certains produits sont homologués pour la lutte contre la tordeuse dans les noiseraies de l'Ontario. Consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits et les taux d'application. De plus, de nombreux insectes prédateurs et parasites ainsi que plusieurs maladies qui attaquent les chenilles contribuent à réduire les populations. Pour éviter de nuire aux populations de ces organismes bénéfiques, appliquez les produits antiparasitaires chimiques seulement lorsque c'est nécessaire et choisissez les produits à spectre le plus étroit possible.
Larve de pyrale

Figure 14. Larve de pyrale
Les colonies de livrées d'Amérique tis-sent des habitacles en soie sur les branches et les utilisent comme abri.

Figure 15. Les colonies de livrées d'Amérique tis-sent des habitacles en soie sur les branches et les utilisent comme abri.
Larve de spongieuse

Figure 16. Larve de spongieuse

La mélissope des glands

La mélissope des glands, Cydia latiferreana, constitue le stade immature d'un papillon nocturne et un ravageur très important dans la plupart des régions du monde où l'on produit des noisettes. Bien que sa présence n'ait pas encore été signalée dans les noiseraies commerciales de l'Ontario, l'insecte a été observé dans des glands sauvages en Ontario et au Québec. La larve s'alimente sur l'amandon, ce qui réduit considérablement la qualité des noix et le rendement commercialisable. Il est possible de surveiller la présence de ces insectes adultes grâce aux pièges à phéromones offerts sur le marché. Ces dispositifs peuvent être utiles dans les vergers situés à proximité de noisetiers ou de chênes sauvages. Aucun insecticide n'est homologué pour lutter contre cet insecte au Canada.

Les vertébrés

De nombreuses espèces animales trouvent leur nourriture dans les noisetiers. Les geais bleus et les écureuils sont particulièrement friands de noisettes et ils peuvent éliminer une bonne partie de la récolte avant la maturité des fruits.

Les oiseaux

Les geais bleus et les corneilles se nourrissent de noix en phase de maturation. Les bandes d'oiseaux qui s'attroupent dans une noiseraie peuvent considérablement nuire au rendement du verger. Les dindons sauvages se nourrissent également de noix à l'automne et de bourgeons durant les mois d'hiver. Pour tenir les oiseaux à l'écart des vergers, il est possible d'utiliser les méthodes suivantes : la protection physique, les effaroucheurs visuels et les effaroucheurs acoustiques.

Par protection physique, on entend l'utilisation d'un filet ou d'une autre barrière pour empêcher les oiseaux de s'approcher physiquement des fruits. Bien qu'efficace, cette solution peut être coûteuse et difficile à mettre en pratique.

Les effaroucheurs visuels comprennent les ballons épouvantails, les banderoles et rubans scintillants, les lumières clignotantes, les miroirs et les épouvantails imitant les yeux, la bouche ou le mouvement des oiseaux de proie.

Les effaroucheurs acoustiques produisent divers sons destinés à effrayer les oiseaux. Les canons effaroucheurs au propane, qui émettent de puissantes détonations d'arme à feu, sont probablement les appareils les plus utilisés, mais donnent souvent lieu à des plaintes de la part des voisins. En outre, dans les noiseraies, les canons au propane ne sont d'aucune efficacité contre les geais bleus. D'autres types d'appareils électroniques, qui imitent les appels de détresse de divers oiseaux ou les attaques de prédateurs, peuvent être utilisés avec une certaine efficacité.

Bon nombre de producteurs se demandent s'ils peuvent chasser les oiseaux et les autres ravageurs vertébrés pour les tenir à distance. Bien que la chasse soit parfois possible, ce n'est généralement pas une méthode aussi efficace que les techniques décrites ci-dessus. Les producteurs doivent également connaître les lois qui régissent la chasse et l'utilisation des armes à feu sur leur propriété. Étant donné que les lois visent la protection de nombreuses espèces d'oiseaux, il faut toujours vérifier auprès du ministère des Richesses naturelles avant de permettre à quelqu'un de chasser sur sa propriété. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la chasse aux oiseaux nuisibles dans les vergers de l'Ontario, communiquez avec le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.

En règle générale, il faut utiliser plus d'une méthode pour résoudre le problème des populations d'oiseaux dans les vergers, et les mettre en place très tôt dans la saison. Au cours de la saison, variez l'intervalle entre les détonations, l'endroit où l'appareil est installé et le type de dispositif utilisé pour éviter que les oiseaux s'habituent à la méthode d'effarouchement. Pour obtenir d'autres renseignements, consultez la Fiche technique du MAAARO, Lutte contre les oiseaux dans les vignes et les plantations de fruits tendres, no de commande 98?036.

Les mammifères

Le cerf
Le cerf se nourrit du feuillage, des bourgeons ou des noix de nombreux arbres qui font l'objet d'une culture commerciale, dont le noisetier, et ils peuvent nuire à la croissance des arbres et à leur rendement. Les mâles vont également frotter leurs bois contre le tronc des arbres et endommagent ainsi l'écorce. Plusieurs types de barrières peuvent être utilisés autour des vergers, y compris les clôtures permanentes en treillis métallique, les clôtures en grillage et les clôtures électrifiées. Ce sont peut-être les solutions les plus économiques pour les vergers situés dans une région où les cerfs abondent et où la probabilité qu'ils endommagent les arbres est élevée.

Les répulsifs sonores et visuels (canons à propane, lampes stroboscopiques, sirènes, etc.) peuvent effrayer les cerfs qui y sont confrontés la première fois, mais en général, les animaux finissent par s'habituer à ces dispositifs. Pour chasser les cerfs, certains producteurs font appel à des chiens maintenus dans le verger derrière une clôture électrique invisible. Les répulsifs olfactifs et gustatifs sont aussi utilisés pour lutter contre les cerfs. Les répulsifs de contact sont appliqués directement sur les plantes et exercent leur effet par leur goût désagréable. Les répulsifs à distance les plus utilisés sont placés près des plantes et éloignent les cerfs par leur odeur. Certains producteurs de noix suspendent des barres de savon aux arbres entourant leur verger pour tenir les cerfs à distance.

Enfin, pendant la saison de la chasse, les titulaires de permis peuvent tuer les cerfs qui envahissent les vergers. Il est également possible de faire une demande d'autorisation d'abattre des cerfs à des fins agricoles. Comme pour les oiseaux, la chasse est réglementée par le ministère des Richesses naturelles et les producteurs doivent obtenir tous les permis nécessaires et s'assurer de se conformer à tous les règlements pertinents.

Les ratons laveurs
Les ratons laveurs peuvent aussi causer des dégâts importants dans les noiseraies et consommer les fruits avant leur maturité sur plusieurs acres de culture avant la récolte. Il arrive aussi qu'ils cassent les branches quand ils grimpent aux arbres pour se nourrir. Aucune formule d'appât empoisonné n'a été homologuée pour lutter contre les ratons laveurs. Certains producteurs de légumes et d'autres cultures estiment que les clôtures électrifiées sont efficaces pour repousser les ratons laveurs. Ces clôtures doivent avoir au moins deux fils élevés à 15 et à 30 cm au-dessus du sol, mais les clôtures à trois fils situés à 10, à 20 et à 33 cm au-dessus du sol assurent peut-être une meilleure protection. Les ratons laveurs peuvent aussi être chassés si l'on dispose du permis approprié. Communiquez avec le ministère des Richesses naturelles pour obtenir davantage de renseignements sur les règlements de chasse au raton laveur en Ontario.

Les rongeurs
Les écureuils, les souris, les campagnols et les autres rongeurs se nourrissent de noix, de racines et d'écorce d'arbre, près du sol. Les écureuils, tout comme les geais bleus, sont friands de noisettes. Ils consomment les noix qui mûrissent et emmagasinent celles qui sont parvenues à maturité. Les souris et les campagnols ne représentent un problème que si les populations sont nombreuses, mais la plupart du temps, leurs prédateurs naturels se chargent de les éliminer. Coupez l'herbe régulièrement dans les vergers et aux environs à une hauteur de 8 à 15 cm. Cette mesure est habituellement prise dans les plantations de noisetiers afin de faciliter la récolte et de supprimer le couvert végétal dont ces rongeurs ont besoin pour s'accoupler et fuir les prédateurs. Toutefois, évitez les techniques de fauchage (p. ex., les faucheuses à barre de coupe) qui laissent s'accumuler une couche de résidus de tiges mortes.

Retirez tout le paillis, les mottes de gazon, les noisettes et les autres débris dans un rayon d'au moins 60 cm à la base des arbres ou dans les rangées.

Il est possible de placer des barrières anti-souris autour des jeunes arbres pour empêcher les campagnols d'en endommager l'écorce. Ces barrières doivent être enfoncées à environ 5 cm dans le sol et vérifiées régulièrement pour s'assurer qu'elles jouent bien leur rôle et ne gênent pas le développement des racines ou du tronc.

Lorsque les pratiques culturales ne suffisent pas, des appâts toxiques peuvent être utilisés pour éliminer les souris dans les vergers. Consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître la liste des appâts homologués pour les vergers. Lisez toujours l'étiquette du produit pour vous assurer que la loi en permet l'utilisation dans votre culture. Les appâts ne sont pas homologués pour lutter contre les écureuils et les ratons laveurs. Pour lutter contre les écureuils, il est possible d'utiliser des pièges ou de les chasser, mais les producteurs et les propriétaires fonciers doivent s'assurer de suivre toutes les lois pertinentes. Communiquez avec le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario pour obtenir davantage de renseignements.

Les ressources

Il se peut que dans les sites Web indiqués ci-dessous, on mentionne des produits antiparasitaires qui ne sont pas homologués en Ontario. Pour obtenir une liste des produits antiparasitaires homologués pour lutter contre les ravageurs dans les noisetiers en Ontario, consultez la publication 360F du MAAARO, Recommandations pour les cultures fruitières, ou un spécialiste du MAAARO.

www.ontario.ca/cultures
à la section Cultures, consultez la rubrique Agroforesterie.

www.songonline.ca

www.songonline.ca/ecsong

www.oregonhazelnuts.org/index.php

www.nutfruit.org

www.oregonhazelnuts.org

www.nuthealth.org

www.hazelnut.com

www.canadianchestnutcouncil.org

www.wfghazelnuts.com

www.nutgrowing.org

Page d'aide sur la brûlure orientale du noisetier de l'Université de l'Oregon :
www.oregonstate.edu/dept/botany/epp/EFB/index.htm

Fiches techniques du MAAARO :

12-008 Le noisetier en Ontario : - biologie et variétés possibles

12-012 Le noisetier en Ontario : culture, récolte et salubrité alimentaire

Cette fiche technique a été rédigée par Melanie Filotas, spécialiste de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures spéciales, MAAARO, Simcoe; Adam Dale, Département de phytotechnie, Université de Guelph; Dragan Galic, Département de phytotechnie, Université de Guelph; Todd Leuty, spécialiste de l'agroforesterie, MAAARO, Guelph; et Elliott Currie, School of Business, Université de Guelph.