Les
pucerons en serriculture
Table des matières
Introduction
Les pucerons sont de petits insectes (2-3 mm) au corps mou dotés
de longues pattes et de longues antennes. À l'extrémité
de leur abdomen, se dressent deux structures tubulaires qui portent
le nom de cornicules. Les serres peuvent être infestées
par de nombreuses espèces de pucerons aux couleurs variées
: noirs, gris, rouges, jaunes et verts. Les espèces qui envahissent
le plus souvent les cultures de serre sont le puceron vert du pêcher
(Myzus persicae) (figure 1), le puceron du
melon ou puceron du cotonnier (Aphis gossypii) (figure
2), le puceron de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae)
(figure 3) et le puceron de la digitale (Aulacorthum
solani) (figure 4).
Les pucerons adultes sont à prédominance aptères.
Toutefois, des adultes ailés (figure 5) peuvent
apparaître quand les populations sont très denses. Cette
adaptation est un mécanisme de dispersion qui permet aux pucerons
de s'introduire dans les serres et de s'y propager rapidement.
Description et cycle biologique
Le puceron qui vit en plein air a un cycle biologique passablement
complexe, qui comprend tantôt un stade de reproduction sexuée
et un stade de ponte, tantôt un stade où seules des femelles
sont présentes et où celles-ci se reproduisent par parthénogénèse
produisant des individus qui naissent vivants (figure
6). En revanche, dans les serres, le cycle biologique du puceron
est habituellement très simple. Les populations sont composées
uniquement de femelles. Celles-ci produisent des jeunes qui naissent
vivants et qui sont à leur tour aptes à se reproduire
en moins de 7-10 jours. Sur une période de 20 jours, un même
puceron peut donner naissance à 60-100 jeunes (selon les plantes-hôtes
et les éléments nutritifs présents). Les populations
de pucerons peuvent donc pulluler en très peu de temps.
Pour combattre efficacement les pucerons, il faut d'abord savoir les
identifier. Ce principe est d'autant plus vrai si l'on a recours à
des méthodes de lutte biologique, mais il l'est aussi parfois
lorsqu'on a recours à des méthodes de lutte chimique.
Autrefois, les deux espèces de pucerons les plus courantes dans
les serres de l'Ontario étaient le puceron vert du pêcher
et le puceron du melon. Depuis la fin des années 1990, toutefois,
le puceron de la pomme de terre et le puceron de la digitale sont devenus
beaucoup plus fréquents.
Plusieurs milliers d'espèces de pucerons ont été
répertoriés dans le monde entier. Comme l'identification
positive d'une espèce nécessite beaucoup de temps et de
connaissances, les chercheurs et les spécialistes de la vulgarisation
sont les mieux placés pour accomplir cette tâche. Cependant,
compte tenu du nombre restreint d'espèces qui, selon toutes probabilités,
risquent de se retrouver dans les serres, il est possible aux producteurs
de se fier à certains traits pour identifier les espèces
auxquelles ils ont affaire. Une loupe (10 x) leur est toutefois nécessaire.
En cas de doute, ils peuvent toujours consulter un spécialiste
local.
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Couleur et aspect général
On ne peut se fier uniquement à la couleur pour identifier les
pucerons. Même si la couleur peut être utile quand on la
conjugue à d'autres caractéristiques (voir ci-dessous),
elle ne doit pas servir de seul outil de diagnostic. À preuve,
le puceron vert du pêcher, qui a en général une
teinte jaune verdâtre pâle, peut aussi être vert foncé
ou même rose (figure 1). Le puceron du melon,
une espèce de plus petite taille, est souvent vert très
foncé (en Ontario, les producteurs en parlent souvent comme du
puceron " noir "), mais chez ce puceron également,
la couleur n'est pas constante et il n'est pas rare que les pucerons
" noirs " soient verts, jaunes ou marbrés (figure
2). Le puceron de la pomme de terre est un puceron de grande taille,
très actif, qui est habituellement vert, mais dont la couleur
peut varier, et qui a souvent le milieu du dos parcouru longitudinalement
d'une bande sombre (figure 3). Le puceron de la
digitale est vert et souvent assez luisant avec deux taches sombres
sur l'abdomen, à la base des cornicules (figure
4). Il peut arriver à l'occasion que des pucerons plus rares
soient observés. La figure 7 montre l'un
de ces pucerons, le puceron du chrysanthème, qui est pour sa
part luisant et brun foncé.
Cornicules
Les cornicules sont deux structures tubulaires qui se dressent à
la partie postérieure de l'abdomen. Chez le puceron vert du pêcher,
elles sont de la même couleur que le corps, sont légèrement
évasées et sont plus foncées à leur extrémité.
Chez le puceron du melon, les cornicules sont courtes et sombres sur
toute leur longueur, indépendamment de la couleur du corps. Chez
le puceron de la pomme de terre, les cornicules sont longues et minces
et peuvent être incurvées vers l'extérieur à
leur extrémité. Elles sont de la même couleur que
le corps. Le puceron de la digitale possède des cornicules de
longueur moyenne, qui sont sombres à leur extrémité.
Antennes
À la base des antennes se trouvent deux bosses appelées
tubercules. La forme de ces tubercules est un élément
qui peut aussi servir à l'identification. Toutefois, il faut
habituellement recourir à un microscope pour les voir clairement.
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Figure 1. Puceron vert du pêcher.

Figure 2. Puceron du melon (ou du cotonnier)
(noter les cornicules noires).

Figure 3. Puceron de la pomme de terre.
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Figure 4. Puceron de la digitale.

Figure 5. Puceron ailé.

Figure 6. Puceron de la digitale et jeune né
vivant.

Figure 7. Puceron du chrysanthème.
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Dommages
Les pucerons se servent de leurs pièces buccales pour percer
les tissus végétaux et en sucer la sève, ce qui
amène une déformation des feuilles et des fleurs (figure
8a et figure 8b).
- Les pucerons excrètent une substance collante et sucrée
appelée miellat, propice à la prolifération de
fumagine à la surface des feuilles. Sans être pathogène,
la fumagine peut nuire à la photosynthèse si elle occupe
une grande surface (figure 9).
- Les pucerons peuvent transmettre des maladies causées par
des phytovirus (comme le virus de la mosaïque du concombre).
- Dans les cultures ornementales, les pucerons sont considérés
comme nuisibles par la seule présence des individus, de leurs
dépouilles, de miellat et de fumagine, autant de raisons qui
commandent habituellement d'intervenir bien avant l'apparition de
dommages (figure 9, figure 10).

Figure 8a. Déformation de jeunes feuilles
de poivron, causée par des pucerons de la digitale.

Figure 8b. Jaunissement de vieilles feuilles
de poivron, causé par des pucerons de la digitale.

Figure 9. Feuilles recouvertes de fumagine formée
sur le miellat excrété par les pucerons.

Figure 10. Dépouilles de pucerons sur
une feuille de tomate.
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Stratégies de lutte
Le rythme de reproduction rapide des pucerons et les dommages qu'ils
peuvent engendrer appellent un dépistage précoce et, au
besoin, une mise en uvre rapide des stratégies de lutte.
Pour maîtriser les populations de pucerons sans favoriser l'apparition
d'une résistance, il faut souvent recourir à l'intégration
de plusieurs méthodes ou stratégies de lutte. Le texte
qui suit présente un aperçu des stratégies clés
à employer.
Surveillance des pucerons dans la serre
La surveillance des pucerons repose sur deux stratégies différentes
:
- Observation visuelle - Se doter d'un calendrier prévoyant
des séances de dépistage périodiques afin de
repérer les adultes aptères. Rechercher des pucerons
et de petits flocons blancs, qui sont les dépouilles laissées
par les pucerons après la mue. Les infestations initiales surviennent
habituellement en des points isolés à l'intérieur
de la serre, mais peuvent se propager rapidement à d'autres
zones si on n'y prend garde. Dans le cas de fortes infestations, les
feuilles sont luisantes et collantes au toucher, parce qu'elles sont
alors maculées de miellat. Comme le miellat attire les fourmis,
la simple présence de fourmis peut suggérer une infestation
par des pucerons. Les différentes espèces et variétés
de végétaux ne présentent pas toutes le même
attrait pour les pucerons. Pour un dépistage précoce,
utiliser comme plantes-sentinelles, les plantes qui attirent les pucerons.
Leur utilisation accélérera les opérations de
dépistage et les rendra plus efficaces.
- Surveillance des pucerons à l'aide de plaquettes jaunes encollées
- Cette méthode est très efficace pour le dépistage
des pucerons ailés. La présence de pucerons ailés
sur les plaquettes peut s'expliquer de deux façons :
a. Des pucerons ont migré dans la serre en provenance de l'extérieur,
ce qui se produit souvent par temps doux au printemps et à
l'automne lors des migrations de pucerons, quand ceux-ci commencent
à voler.
b. La serre est infestée au point où des adultes ailés
font leur apparition pour assurer la dispersion des populations sur
de nouvelles plantes-hôtes (un programme de dépistage
efficace devrait en principe relever la présence de ces infestations
bien avant qu'elles ne prennent de telles proportions).
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Lutte biologique
On trouve facilement sur le marché divers agents de lutte biologique,
les plus courants étant les guêpes parasites Aphidius
spp. et Aphelinus abdominalis, le moucheron prédateur
Aphidoletes aphidimyza et les coccinelles (Hippodamia convergens
et Harmonia axyridis). Les chrysopes et les mantes religieuses
sont des prédateurs moins spécialisés, mais qui
sont quand même utiles dans la lutte contre les pucerons. Le moucheron
Aphidoletes et les coccinelles servent en général
à renforcer l'action d'Aphidius et à réduire
les populations de pucerons dans les zones à forte incidence.

Figure 11. Aphidius colemani sur une
plaquette encollée.
Aphidius spp.
Cette guêpe parasite n'entre pas en diapause, ce qui fait
qu'elle est habituellement plus efficace au cours de l'hiver, au début
du printemps et à l'automne. Pendant l'été, d'autres
espèces de guêpes parasites peuvent vivre aux dépens
d'Aphidius, ce qui réduit l'influence que cette dernière
exerce sur les populations de pucerons. Les conditions optimales pour
Aphidius sont des températures de 18-25 oC et une humidité
relative de 80 %. Le passage d'Aphidius de l'uf à
l'adulte prend environ 10 jours à 25 oC, et 14 jours à
21 oC. Trois espèces d'Aphidius sont offertes sur le marché.
L'une d'elles, Aphidius matricariae, peut parasiter une quarantaine
d'espèces de pucerons, y compris le puceron vert du pêcher.
Aphidius matricariae est maintenant largement remplacée
par Aphidius colemani (figure 11), qui est efficace à
la fois contre le puceron vert du pêcher et le puceron du melon.
Aphidius ervi est une espèce de plus grande taille qui
est utilisée pour lutter contre le puceron de la pomme de terre
et le puceron de la digitale. Les guêpes du genre Aphidius
pondent leurs ufs à l'intérieur du puceron. Au fur
et à mesure du développement de la guêpe, on note
un changement dans la couleur et l'aspect du puceron. Ce dernier gonfle
et prend une teinte bronze et la texture du papier (figure
12). Le puceron parasité est en quelque sorte momifié.
De cette momie, émerge une nouvelle guêpe adulte (figure
13).

Figure 12. Puceron momifié.

Figure 13. Aphidius émergeant
d'un puceron momifié.

Figure 14. Plante-banque dans un pot suspendu
à un poteau de la serre.
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Les espèces d'Aphidius sont surtout indiquées
quand les populations de pucerons sont très faibles. Pour faciliter
la libération continue d'un petit nombre de cet auxiliaire de
lutte, de nombreux producteurs utilisent des " plantes-banques
" qui sont en général de jeunes plants d'une espèce
céréalière (comme le seigle) (figure
14). Ces jeunes plants sont les hôtes d'espèces de
pucerons qui ne s'attaquent qu'aux céréales, de sorte
que les pucerons des céréales servent alors d'hôtes
ou de source de nourriture aux guêpes parasites. Des recherches
montrent que pour un maximum de résultats, il faut répartir
uniformément les plantes-banques dans la serre en prenant soin,
idéalement, de ne pas les espacer de plus de 40 m.
Aphelinus abdominalis
Les principaux pucerons qui sont la proie d'Aphelinus abdominalis
(figure 15) dans une serre sont le puceron de la
pomme de terre et le puceron de la digitale. Cette guêpe a tendance
à parasiter les 2e et 3e stades nymphaux des pucerons et à
se nourrir des individus du 1er stade nymphal et même de ceux
du 2e stade nymphal s'ils sont petits. Pour se nourrir, la guêpe
pique d'abord le puceron à l'aide de son dard ou de son ovopositeur,
puis s'alimente du liquide organique qui suinte des petits orifices.

Figure 15. Aphelinus abdominalis adulte.
Contrairement à A. colemani, cette espèce se caractérise
par une faible activité de ponte au cours des premiers jours
de la vie de la guêpe. Puis, à partir du 4e jour suivant
l'émergence des pupes, une femelle adulte peut pondre 10-15 ufs
par jour pendant le reste de sa vie, soit 15-27 jours. Pendant ce temps,
une femelle adulte peut parasiter plus de 200 pucerons et en tuer une
quarantaine en s'alimentant. Comme les adultes marchent ou sautent plus
qu'ils ne volent au-dessus de la culture, ils ont tendance à
rester davantage localisés. Des études montrent que ces
guêpes se dispersent peu dans la serre et que la plupart restent
à proximité du lieu du lâcher. Par conséquent,
pour une efficacité optimale, il est important que les lâchers
de ces guêpes aient lieu le plus près possible des foyers
d'infestation. Les pucerons parasités par A. abdominalis
sont noirs, tandis que ceux qui sont parasités par les espèces
du genre Aphidius sont bronze.
Aphidoletes aphidimyza
Au stade adulte, Aphidoletes aphidimyza ressemble à un
petit moustique. Ce sont ses larves qui sont prédatrices. Les
femelles pondent leurs ufs à proximité des colonies
de pucerons, si bien que dès leur éclosion, les larves,
de couleur orangée, sont tout près de leur source de nourriture
(figure 16). Les ufs éclosent habituellement
au bout de 2-3 jours. Au terme du stade larvaire, qui dure 5-7 jours,
les larves tombent au sol pour la pupaison. Ce stade dure habituellement
environ 8-10 jours. A. aphidimyza adulte se nourrit de miellat
et n'est pas prédateur. Les larves peuvent tuer 10-100 pucerons
au total. Contrairement aux parasitoïdes, Aphidoletes possède
cette caractéristique, qui constitue d'ailleurs un trait distinctif,
de peu déranger les colonies. Comme il se fait discret, il présente
l'avantage de déclencher peu de réactions de défense
de la part des pucerons lorsqu'il les attaque. Ces derniers ont ainsi
moins tendance à se disperser, à chercher à échapper
à leurs prédateurs et à établir de nouvelles
colonies. Par comparaison, quand les pucerons sont attaqués par
des parasitoïdes, ils se défendent en donnant des coups
de patte et en sécrétant des phéromones d'alerte,
des produits chimiques qui servent à la communication au sein
de l'espèce et qui incitent de nombreux membres de la colonie
à fuir.
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Figure 16. Larves d'Aphidoletes
sur une feuille infestée de pucerons.
Soumis aux mêmes longueurs du jour que dans la nature, A. aphidimyza
entre en diapause reproductrice entre septembre et mars. Il faut aux
larves au moins 15,5 heures de lumière si l'on veut éviter
que les pupes n'entrent en diapause. Toutefois, par mesure de prudence,
certaines études suggèrent de faire des lâchers
périodiques d'Aphidoletes pour lutter contre les pucerons
durant l'hiver. Les adultes d'Aphidoletes pondent leurs ufs,
après quoi les larves se nourrissent à même les
pucerons. Cet auxiliaire de lutte ne produit toutefois pas de deuxième
génération de moucherons. S'il est possible de fournir
un éclairage d'appoint, même de faibles intensités
lumineuses, comme celles que procurent des ampoules incandescentes,
suffisent à empêcher les individus d'entrer en diapause.
Les adultes sont des insectes nocturnes qui ont besoin de noirceur
pour s'accoupler et pondre leurs ufs. Par conséquent, une
source de lumière vive jetant un éclairage constant risque
de les empêcher de se reproduire. Un éclairage qui élimine
le crépuscule risque aussi d'interrompre les activités
reproductrices. Il est important de noter par ailleurs que quand les
larves tombent au sol, elles se servent de grains de sable et même
de débris contenus dans le sol pour former des cocons. Si les
larves tombent sur du plastique ou sur du béton sec et exempt
de tout débris, il faut s'attendre à un taux de mortalité
élevé chez ce prédateur. Dans de telles conditions,
il est important d'effectuer des lâchers répétés
ou constants à l'aide de plantes-banques si l'on veut obtenir
une maîtrise efficace des pucerons.
Coccinelles
Deux espèces de coccinelles sont couramment produites pour la
lutte contre les pucerons. Il y a la coccinelle Harmonia axyridis
(figure 17), aussi appelée " coccinelle
asiatique " ou " coccinelle asiatique multicolore ",
une espèce introduite hautement efficace. Cette espèce
a cependant mauvaise réputation du fait qu'elle s'établit
et engendre de fortes populations en plein air, du fait qu'elle constitue
un ennemi de cultures comme le raisin et du fait également qu'elle
évince les populations de coccinelles indigènes. La mauvaise
presse qu'a cette coccinelle a même amené certains fournisseurs
d'agents de lutte biologique à cesser de la produire. Il y a
aussi la coccinelle Hippodamia convergens (figure
18), une espèce indigène de l'Amérique du Nord
qu'on capture à l'état sauvage en Californie.
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Figure 17. Coccinelle asiatique (Harmonia
axyridis).

Figure 18. Coccinelle convergente (Hippodamia
convergens).
À la fois les stades adulte et larvaire de la coccinelle se
nourrissent de pucerons. Si la longueur du jour leur est favorable,
les coccinelles se nourriront de pucerons pour maintenir leur activité
de ponte. Leurs ufs sont fuselés, orangés et disposés
en cercles sur la face inférieure des feuilles. Les ufs
éclosent en 2-5 jours. Le stade larvaire dure environ trois semaines,
après quoi les larves se transforment en pupes. Les adultes sortent
des pupes au bout de 3-5 jours. Pour accroître le pourcentage
de coccinelles qui restent dans la serre, faire les lâchers tard
en soirée et pulvériser sur les coccinelles un liquide
sucré, telle une boisson gazeuse diluée, qui leur procurera
une source immédiate d'énergie et d'eau.
Chrysopes (Chrysoperla spp.)
Les chrysopes se nourrissent de proies variées, y compris pucerons,
thrips, tétranyques, jeunes chenilles, ufs de noctuelles,
cochenilles, larves et pupes d'aleurodes, leur préférence
allant aux pucerons, puis aux thrips et ensuite aux tétranyques.
Les vieilles larves (3e stade larvaire) sont particulièrement
voraces (figure 19). Elles peuvent dévorer
des ufs non encore éclos, d'autres larves et même
des adultes si la nourriture vient à manquer. Une larve peut
consommer 300-400 pucerons, ce qui fait des larves de chrysopes un choix
tout indiqué quand les pucerons pullulent. Quand la nourriture
abonde, les chrysopes tuent plus de proies qu'elles n'en consomment.
Les adultes, pour leur part, ne se nourrissent que de miellat, de nectar
et de pollen.
Figure 19. Larve de chrysope dévorant
un puceron.
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Lutte chimique
Les populations de pucerons peuvent gonfler tellement vite qu'un programme
de surveillance périodique est indispensable à un dépistage
et une intervention précoces. Quand les infestations sont décelées
précocement (avant l'apparition d'adultes ailés), les
mesures de lutte peuvent souvent se limiter à des traitements
localisés ou à l'arrachage des plants infestés.
Il existe un certain nombre de produits antiparasitaires homologués
pour la lutte contre les pucerons dans les cultures légumières
et ornementales de serre, certains étant même compatibles
avec des mesures de lutte biologique. Voir les publications du MAAARO
370F, Recommandations pour la culture des fleurs et des plantes d'ornement
en serre, et 371F, La culture des légumes en serre.
Stratégies de lutte générales
Débarrasser la serre et ses abords des mauvaises herbes. De
nombreuses espèces de mauvaises herbes qu'on trouve couramment
dans les serres peuvent abriter des pucerons et représenter des
foyers d'infestations constants qui risquent de n'être jamais
visés par les pulvérisations de pesticides.
Des traitements localisés ou l'enlèvement des foyers d'infestations
isolés qui sont décelés précocement peuvent
prévenir la propagation des pucerons au reste de la serre.
- Utiliser dans la mesure du possible des variétés ou
des cultures résistantes ou utiliser des variétés
sensibles qui serviront alors de sentinelles lors des opérations
de dépistage ou serviront à confirmer l'efficacité
des traitements.
- Envisager d'installer des moustiquaires pour empêcher les
pucerons de s'introduire dans la serre. Pour plus d'information, voir
la fiche technique no 00-022 du MAAARO, Pose de moustiquaires pour
exclure les insectes des serres.
Liens connexes
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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