Culture Commerciale des Pommes HoneycrispMC en Ontario


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 211/32
Date de publication : Juillet 2005
Commande no. 05-048
Dernière révision : Juillet 2005
Situation :
Rédacteur : J. Cline - Université du Guelph; J. Gardner - spécialiste de la pomiculture/MAAARO

Table des matières

Introduction et origines

La pomme ‘HoneycrispMC’, aussi appelée Minnesota 1711R, a été mise au point à la University of Minnesota et introduite en 1991. Même si l’on a d’abord cru que cette pomme était issue des cultivars ‘Macoun’ et ‘Honeygold’1, des tests génétiques ont révélé que l’un des parents était en fait le cultivar ‘Keepsake’ (Bedford, communication personnelle). Peu de nouveaux cultivars de pommier ont suscité autant d’enthousiasme ni présenté autant de défis que le 'HoneycrispMC’. L’en­gouement des consommateurs et des marchés ainsi que l’intérêt des producteurs ont fait en sorte que la pomme ‘HoneycrispMC’a été acceptée plus rapidement que la plupart des autres cultivars2, 3 (figure 1).

Photo montrant un petit panier incliné d'où s'échappent des pommes 'Honeycrisp' bicolores (rouge et vert).

Figure 1. Les pommes ‘HoneycrispMC’ sont naturelle­ment de gros calibre et possèdent une texture cro­quante caractéristique et unique. Si le pommier est suffisamment éclairci, il suffit de très peu de pommes pour remplir les contenants de petit format.

Caractéristiques du pommier

Le pommier ‘HoneycrispMC’ est un arbre à port dressé qui s’étale, est peu vigoureux, développe ses boutons à fruits sur des dards et est très précoce. Sa vigueur dépend du type de sol et du porte-greffe. Elle peut donc varier en fonction de l’environnement et de la conduite de la culture. Dans l’ensemble, toutefois, on peut parler d’une croissance peu vigoureuse. ‘HoneycrispMC’ fleurit entre le milieu et la fin de la saison de floraison des pommiers. Il semble être pollinisé par tout pollen diploïde en même temps que les cultivars ‘Cortland’, ‘Empire’, ‘Redfree’ et ‘Fuji’4. Le pommier ‘HoneycrispMC’ produit à son tour du pollen viable. Ce cultivar est résistant au froid; il suppor­terait apparemment des températures aussi basses que ‑34 °C. Aux fins de la propagation, les pépiniéristes doivent se procurer du matériel exempt de virus, étant donné que l’arbre original >Honeycrisp’ était atteint du virus du bois strié du pommier.

Caractéristiques du fruit

Photo montrant cinq pommes à maturité encore sur l'arbre : la couleur rouge est plus marquée sur celles produites sous des climats froids.

Figure 2. La ‘Honeycrisp’ est une pomme bicolore qui a besoin de froid pour prendre sa pleine coloration rouge.

La pomme ‘HoneycrispMC’ est de gros calibre, surtout quand l’arbre est jeune. Son diamètre va de 7 à 9 cm (2 ¾–3 ½ po). Elle est de forme aplatie aux pôles et possède un pédoncule de longueur moyenne. Sa peau est mince et peu sensible à la roussissure. La pomme est bicolore, mais plus rouge dans les régions froides (le rouge occupant de 50 à 90 % de la surface de la pomme) (figure 2). La chair est de couleur crème. Comme celle de la ‘Cortland’, elle met du temps à s’oxyder ou à brunir quand on la tranche. Sa texture croquante caractéristique et unique et la minceur de sa peau ajoutent à son attrait pour le palais. La pomme conserve sa texture en cours d’entreposage. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une pomme ayant une saveur remarquable, elle offre néanmoins un bon équilibre entre sucres et acides. Son acidité a ten­dance à s’accentuer sous les climats plus froids. Il peut être difficile de cueillir la ‘HoneycrispMC’ à son degré de maturité optimal, puisque les indicateurs de maturité ha­bituels comme l’éthylène, l’amidon, les solides solubles et la fermeté ne sont pas toujours révélateurs du meilleur moment où effectuer la cueillette. Des études montrent que le test à l’amidon est l’indicateur le plus sûr5. Les fruits doivent avoir atteint une teneur en solides solubles de 15 % avant qu’ils ne puissent être cueillis6. L’expé­rience suggère qu’en l’absence de test à l’éthylène, il convient de s’en remettre à la coloration de la peau pour juger de la maturité des fruits. Voici les lignes directrices pour juger de la maturité des fruits : résultat de 5,0 à 5,5 sur une échelle de 6 points pour le test à l’amidon; résistance de la chair à la pression entre 6,8 et 7,7 kg (15–17 lb); et teneur en solides solubles de 15 %.

Ordinairement, la ‘HoneycrispMC’ parvient à maturité vers la mi-septembre à Simcoe (Ontario), mais il faut procéder à une cueillette progressive, car les fruits ne par­viennent pas à maturité uniformément. Une cueillette trop tardive compromet la qualité du fruit, au titre no­tamment de la fermeté, du goût et de la facilité d’entre­posage. Il faut par conséquent éviter de retarder la cueil­lette dans l’espoir que la coloration du fruit s’améliore.

Le cultivar ‘HoneycrispMC’ est très sensible à la chute pré­maturée, surtout dans les régions ou les saisons béné­ficient de temps doux. ReTainMC contribue à atténuer ce problème (figure 3).

Plusieurs pommiers 'Honeycrisp' tuteurés d'environ 2 m de haut : des pommes sont disséminées tout autour de leurs bases. Une bonne partie des pommes sont tombées au sol avant que le producteur n'ait pu les cueillir.

Figure 3. La chute prématurée des fruits du cultivar ‘HoneycrispMC peut être problématique certaines années.

Si la ‘HoneycrispMC’ est cueillie trop tard, il arrive qu’elle fabrique des produits de fermentation tels que l’acétal­déhyde et l’acétate d’éthyle. Ces produits donnent au fruit un goût désagréable qui peut même s’aggraver en cours d’entreposage. L’apparition de ce goût piquant est difficile à prévoir, d’autant plus qu’aucun signe extérieur visible sur le fruit n’en signale la présence. La meilleure façon d’éviter cette fermentation est de cueillir le fruit au degré de matu­rité optimal.

Les piqûres de pédoncules et les meurtrissures sont à craindre en raison de la minceur de la peau. Elles peuvent occasionner des pertes considérables78. Les piqûres de pédoncules peuvent aussi donner prise à la moisissure bleue (Penicillium expansum)9. Il est possible de les éviter en manipulant les pommes avec grand soin ou en coupant les pédoncules dès la cueillette et en luttant contre la moisis­sure bleue par de bonnes pratiques d’hygiène visant à prévenir la contamination des pommes qui pourraient être blessées.

Photo montrant un pommier 'Honeycrisp' d'environ 2 m de haut, greffé sur un porte-greffe nanifiant : un éclaircissage déficient a laissé trop de fruits sur l'arbre après la nouaison. Il en résulte une profusion de petits fruits verdâtres dont aucun ne peut être commercialisé.

Figure 4. Une forte charge en fruits des pommiers ‘HoneycrispMC’ se traduit par des fruits peu colorés et de piètre qualité. Un éclaircissage judicieux est indispensable.

Éclaircissage chimique

Comme les pommiers peuvent entrer en production très rapidement après leur établissement, l’éclaircissage est très important si l’on veut produire des pommes commer­cialisables. L’éclaircissage de la ‘HoneycrispMC= est facile à réaliser au moment où les pommettes atteignent un diamètre de 10 à 12 mm. On utilise une solution titrant 2,5–5 ppm d’acide naphtalène acétique (ANA) dans le cas des jeunes sujets, et une solution titrant 2,5 ppm d’ANA combinée à 0,5 L de Sevin SLR/100 L dans le cas des arbres à maturité ayant une forte charge en fruits10, 11. Si la charge en fruits dépasse les 8 fruits par cm de diamètre de tronc (3,5 cm de circonférence), les fruits seront moins bien colorés et se conserveront moins bien en entrepôt (figure 4).

Pour produire un fruit de la plus haute qualité qui soit et pour éviter le phénomène de l’alternance, il est recommandé de viser une charge en fruits d’environ 6 fruits/cm2 de superficie de la coupe transversale du tronc (mesurée à environ 15–20 cm au-dessus du point de greffe). Pour un maximum de résultats, la charge en fruits finale doit être atteinte tôt dans la saison. Par exemple, chez un pommier ‘HoneycrispMC’ typique de 4 ans dont le tronc a une circonférence (C) de 12,5 cm, la superficie de la coupe transversale du tronc serait d’environ 12,4 cm2 [superficie = (C x C) / (4 x 3,14)]. Par conséquent, il ne devrait idéalement pas y avoir plus de 62 pommes par arbre (voir figure 5). Toutefois, trop éclair­cir les pommiers peut nuire au rendement net et donner des fruits démesurément gros, qui sont vulné­rables à la tache amère, à la sénescence, à la détériora­tion, à la pourriture et à l’échaudure molle. Au moment de l’éclaircissage final à la main, bon nombre de pro­ducteurs estiment que l’enlèvement des pommettes les plus grosses donne une répartition équilibrée du calibre des fruits à la cueillette. Pour plus d’information sur l’éclaircissage chimique, consulter l’édition en cours de la publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières12. ‘HoneycrispMC’ est un cultivar sujet à l’alter­nance même quand les pommiers sont jeunes. L’éclair­cissage peut contribuer à établir une floraison annuelle et à contrer par conséquent cette tendance.

Graphique dont la ligne droite montre le rapport visé entre la charge en fruits et la superficie de la coupe transversale du tronc. Il ne doit pas y avoir plus de 6 fruits/cm2 de superficie de la section transversale du tronc, celle-ci étant mesurée à 15-20 cm au-dessus du point de greffe.

Figure 5. Rapport entre la superficie de la coupe transversale du tronc et le nombre de fruits nécessaires par arbre pour obtenir une charge en fruits « idéale ».

Porte-greffe

‘HoneycrispMC’ étant un cultivar peu vigoureux, il est recommandé d’utiliser un porte-greffe semi-nain de vigueur M.26 ou plus. Même s’il n’est pas recommandé de greffer un pommier ‘HoneycrispMC’ à un porte-greffe M.9 EMLA, des rapports venant du Michigan indiquent que les clones plus vigoureux de M.9 (comme M.9 RN29, Pajam 1 ou Pajam 2) peuvent mieux convenir que le M.9 NAKB 337. Pour les producteurs qui possèdent déjà des vergers établis sur des porte-greffes M.9 EMLA, le fait de former une butte de sol autour de la base des troncs peut améliorer la vigueur. Comme le cultivar ‘HoneycrispMC’ possède un bois cassant, les cassures sont fréquentes au point de greffe, particulièrement avec les porte-greffes M.26 (figure 6). Le porte-greffe MM.106 a été utilisé comme solution de rechange au M.26 pour éviter les cas­sures au niveau du point de greffe13.

Sensibilité aux maladies

Non seulement la pomme ‘HoneycrispMC’ est-elle sensible à plusieurs maladies, mais elle présente aussi plusieurs troubles qui se manifestent en cours d’entreposage, ce qui en fait un cultivar dont la culture peut être délicate pour les producteurs. Cependant, les difficultés rencontrées ne sont pas insurmontables pour peu qu’on y remédie à temps et de la bonne façon. Un avantage de la ‘HoneycrispMC’ est sa grande résistance aux différentes espèces du champignon Venturia (tavelure) bien qu’elle n’y soit pas totalement im­mune. Les dommages les plus à craindre, à part le plomb et la brûlure bactérienne, sont les dommages subis après la cueillette. Le problème de la brûlure bactérienne a ten­dance à se poser uniquement lorsque la croissance des pommiers est trop vigoureuse. Le cultivar ‘HoneycrispMC’ est aussi vulnérable à la rouille grillagée, à des pourritures comme la pourriture noire (Botryosphaeria sp.) (figure 7) et aux moisissures causées par Penicillium sp. Il est par ailleurs extrêmement sensible au blanc (Podosphaera leucotricha)14. Les pommettes momifiées qui ne sont pas tombées après la nouaison sont une source probable de cet inoculum. Les symptômes du blanc, qui se manifestent par la réticulation de la surface du fruit, sont également fréquents dans cer­tains vergers. La réticulation de la peau du fruit peut ame­ner une réduction considérable du rendement commerciali­sable si aucune mesure efficace n’est prise (figure 8).

Jeune pommier 'Honeycrisp' présentant une cassure au point de greffe. Un tuteurage ou soutien adéquat du pommier aurait pu éviter le problème. La cassure aura sans doute été causée par le vent ou un autre élément ayant exercé une pression sur le tronc.

Figure 6. Il n’est pas rare en Ontario d’observer une cassure au point de greffe lorsque ce cultivar est greffé sur un porte-greffe M.26. Un bon tuteur peut éviter ce problème.

Aperçu d'environ une douzaine de pommes 'Honeycrisp' présentant différentes formes de pourritures. Les traitements fongicides effectués avant la cueillette peuvent protéger les pommes de ces affections.

Figure 7. Le cultivar ‘HoneycrispMC’ est très vulnérable aux troubles en cours d’entreposage, notamment aux pourritures d’entrepôt. Il est fortement recommandé de faire un traitement fongicide avant la cueillette afin de prolonger la durée d’entreposage.

Réticulation ou roussissement à la surface d'une pomme 'Honeycrisp' au moment de la cueillette. Ce sont là des symptômes d'une infection par le blanc.

Figure 8. Réticulation caractéristique causée par le blanc à la surface d’une pomme ‘HoneycrispMC’.

Troubles foliaires (Chlorose ‘HoneycrispMC’)

Une autre particularité de ce cultivar est l’apparition fréquente d’un complexe foliaire qui prend la forme d’une chlorose internervaire et de plaques foliaires peuvant être facilement confondues avec des symptômes de carences nutritives (figure 9). On ne sait pas ce qui cause ces symptômes, ni s’ils ont une conséquence phy­siologique sur l’arbre ou le fruit. Apparemment, l’envi­ronnement ne serait pas en cause, car ces symptômes sont présents partout où poussent des pommiers ‘HoneycrispMC’. Les symptômes du complexe foliaire ap­paraissent tôt sur les feuilles de la partie en croissance des rameaux. Ils s’aggravent en cours de saison et persistent jusqu’à ce que les feuilles tombent. Souvent, celles-ci sont alors plus brunes que celles des autres cultivars.

Plusieurs feuilles panachées associées à une trop faible charge en fruits chez les pommiers 'Honeycrisp' : les feuilles sont parsemées de taches vert pâle

Figure 9. La chlorose internervaire et les plaques sur les feuilles sont fréquentes chez les pommiers 'HoneycrispMC' peu productifs.

L’incidence de ces symptômes est plus grande chez les pommiers ayant une faible charge en fruits et chez ceux qui sont peu vigoureux. Même si les symptômes rappellent les dommages causés par la cicadelle de la pomme de terre, une carence nutritive ou la présence d’un virus, il est peu probable qu’ils soient attribuables à ces causes. Certains suggèrent que les symptômes peuvent être le résultat d’une accumulation excessive d’amidon dans les chloroplastes des feuilles, ce qui nuirait à la migration de l’amidon des feuilles vers les autres parties du plant comme les fruits ou les racines. Indépendamment de la cause, les arboriculteurs fruitiers qui cultivent le pommier ‘HoneycrispMC’ ne tardent pas à voir apparaître ces symptômes, qui peuvent au départ les inquiéter passablement. Que les producteurs soient rassurés; le phénomène est courant et ne semble pas nuire au rendement des pommiers.

Information sur l’entreposage

La pomme ‘HoneycrispMC’ se conserve bien pendant 6–7 mois dans un entrepôt frigorifique. Les entrepôts à at­mosphère contrôlée ne sont pas recommandés pour le moment du fait de la forte incidence des troubles qui se manifestent en cours d’entreposage. Selon les études réalisées, l’idéal serait d’entreposer les fruits à une tempé­rature de 2,5–3,0 °C, de manière à réduire l’incidence des troubles postérieurs à la cueillette comme l’échaudure molle et la détérioration à basse température. Les pommes ‘HoneycrispMC’ gardent leur fermeté et leur texture en entrepôt, mais elles peuvent perdre avec le temps leurs autres caractéristiques de qualité liées à leur teneur en solides solubles, à leur teneur en eau, à leur acidité et à leur saveur.

Une stratégie qui a été étudiée pour réduire l’incidence de l’échaudure molle consiste à conserver le fruit pendant une semaine à 10 °C, puis à réduire la température à 2–3 °C pour l’entreposage à long terme. Malheureusement, les fruits sont alors plus vulnérables à la pourriture, à une perte

de saveur et à l’apparition de la tache amère. Par conséquent, la mise en application de cette stratégie réclamerait, en partie, des teneurs en calcium suffisantes dans le fruit avant l’entreposage à long terme. Les avantages de cette stratégie n’ont toutefois pas été ob­servés dans les études qui ont été menées à ce jour en Ontario. Aussi, faut-il envisager de l’adopter dans le cadre d’essais seulement.

Tache amère et tache liégeuse

Les pommes ‘HoneycrispMC’ sont sensibles aux troubles liés au calcium comme la tache amère et la tache liégeuse (figure 10). Les arbres qui sont trop éclaircis produisent des pommes de très gros calibre, qui sont alors davantage sensibles à la tache amère. Les pommes cueillies tôt et entreposées sous des températures douces sont elles aussi plus sensibles à la tache amère15. Les pommiers qui affichent une croissance excessive produisent des fruits à faible teneur en calcium du fait qu’il y a alors con­currence pour le calcium entre le fruit et l’arbre. Les conditions environnementales comme les fluctuations dans le niveau d’humidité du sol jouent aussi un rôle important. On peut combattre ces troubles en pulvé­risant du calcium16 et en évitant toute surfertilisation azotée. Comme les pommes ‘HoneycrispMC’ sont prédis­posées à la tache amère, surtout pendant l’entreposage à long terme à l’air ou sous atmosphère contrôlée, les pulvérisations de calcium sont fortement recommandées. Pour plus d’information sur la tache amère, voir la fiche technique du MAAARO, La lutte contre la tache amère des pommes.

Pomme 'Honeycrisp' présentant des taches liégeuses sous un point déprimé de la peau. Le diamètre de ces taches varie de 0,5 à 1 cm.

Figure 10. Les pulvérisations de calcium sont recom­mandées pour prévenir la tache amère.

Échaudure molle

L’échaudure molle, qui se manifeste par l’apparition de lésions brunes sur la peau17, apparaît en cours d’entrepo­sage si le fruit a été cueilli à un degré de maturité trop avancé et qu’il a été entreposé à trop basse température (figure 11). Éviter l’apparition d’échaudure molle en effectuant la cueillette à la date de cueillette recommandée et en entreposant les pommes à une tem­pérature supérieure à 1 °C. Selon des recherches menées dans l’État de New York18, 19, il suffirait, pour réduire l’incidence de l’échaudure, de faire subir aux pommes un traitement de pré-conditionnement avant leur entrepo­sage, en les gardant à 10 °C pendant une semaine avant de les placer dans un entrepôt frigorifique. Comme les pommes 'HoneycrispMC' n’ont pas tendance à ramollir, les risques de les voir perdre leur fermeté sont minces. Toutefois, cette méthode est recommandée pour les périodes d’entreposage inférieures à 2 mois. Comme la méthode de pré-condi­tionnement peut accroître l’inci­dence de la tache amère, il est judicieux de pulvériser du calcium sur les pommes avant la cueillette.

Détérioration à basse température

La détérioration à basse température (vitrescence) est un trouble interne qui amène la formation à l’intérieur du cortex du fruit de tissus mous, bruns et spongieux. Ce problème est associé à une forte charge en fruits, à une cueillette tardive, à des températures trop basses en entre­pôt et à des conditions climatiques particulières durant la saison de croissance. La cueillette des fruits au moment opportun et leur entreposage à des tempé­ratures plus douces (³ 3 °C) peuvent aider à remédier à ce trouble. Des chercheurs ont aussi approfondi la détérioration causée par le froid20,  21.

Pomme 'Honeycrisp' à maturité qui, à la sortie d'un entrepôt frigorifique, présente une plaque d'épiderme mou, au pourtour bien défini, qui couvre plus de 15 % de la surface du fruit. Les pommes 'Honeycrisp' devraient être conservées à des températures supérieures ou égales à 3 °C.

Figure 11. L’échaudure molle se forme en entrepôt sur des fruits ayant atteint un degré de surmaturité ou entreposés à basses températures.

Disponibilité

Le cultivar ‘HoneycrispMC’ est protégé en vertu de la loi américaine sur les brevets, US Plant Patent Act, par le brevet d’obtention végétale no 7197. Il ne peut être propagé que par des détenteurs de permis. Les entreprises ou les particuliers qui souhaitent propager et vendre des pom­miers ‘HoneycrispMC’ doivent faire une demande de permis auprès de la University of Minnesota, Office of Patents and Licensing, Suite 201, 1100 Washington Ave. S., Minneapolis, MN 55415-1226. Une liste des pépinières détentrices de permis est diffusée par le Department of Horticultural Science, Fruit Breeding Program, University of Minnesota, St. Paul, MN 55108.

Information supplémentaire

La présente fiche technique a été rédigée par John A. Cline, professeur adjoint, Collège d’agriculture de l’Ontario, Université de Guelph, Département de phytotechnie, campus de Simcoe, et John Gardner, spécialiste de la pomiculture, Phytotechnie, MAAARO, London. Elle a été révisée par Jennifer DeEll, chef de programme de la qualité — Marché du frais, Phytotechnie, MAAARO, Simcoe.

Ouvrages consultés

1 Luby, J. et D. S. Bedford. « Honeycrisp™ Apple », University of Minnesota Extension Report MR-05877, 1992.

2 Brown, S. ’Honeycrisp™’ Apple: Team Work and Lessons Learned, 2003, NY Fruit Quarterly 11(3): 1

3 Rosenberger, D. J.R. Schupp, C.B. Watkins, K. Iungerman, S. Hoying, D. Straub et L. Cheng. «  Honeycrsip: Promising profit maker or just a problem child? » dans New York Fruit Quarterly 9(3), 2001, 19-13.

4 Bedford, David. « Honeycrisp™ » dans The Compact Fruit Tree 34(4), 2001, 98-99.

5 Greene, Duane W., Weis, Sarah A. « Evaluation and Growing ‘Honeycrisp™’ in New England » dans The Compact Fruit Tree 34(4), 2001, 100-103.

6 Howell, B. « Honeycrisp™: Hot and Dry » dans The Compact Fruit Tree 34(4), 2001, 113.

7 Nichols, D., R. Prange, C. Embree, J. Delong, P. Harrison et H. Wright. Honeycrisp™ apple grown in Nova Scotia, 2004, Centre de recherches de l’Atlantique sur les aliments et l’horticulture, Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2004, publication technique 04-01, 4 p.

8 Wargo, J.M. et C. B. Watkins. « Maturity and Storage Quality of >Honeycrisp™’ Apples » dans HortTechnology 14(4), 2004, 496-499.

9 Rosenberger, D. J.R. Schupp, S. Hoying, L. Cheng et C.B. Watkins. « Managing Bitter Pit in Honeycrisp™ » dans NY Fruit Quarterly 11(3), 2003, 13-17.

10 Embree, C.G. et D. Nichols. Blossom and Fruitlet Thinning Trials – 2002- 2003 Report, 2004, Centre de recherches de l’Atlantique sur les aliments et l’horticulture, Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2004, publication technique 04-01, 26 p.

11 Schupp J., Straub R., Rosenberger, D., Watkins, Chris. « Managing ‘Honeycrisp™’ for Production and Quality » dans The Compact Fruit Tree 34(4), 2001, 107-109.

12 Auteur anonyme. Recommandations pour les cultures fruitières, publication 360F, 2004, ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario, Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, Agdex 210.

13 Wood, Steve. « Honeycrisp™ » dans The Compact Fruit Tree 34(4), 2001, 111-112

14 Rosenberger, D. « Managing Diseases and Anthropod Pests on Honeycrisp™ » dans NY Fruit Quarterly 11(3), 2003, 10-12.

15 Robinson, T. L. et C.B. Watkins. « Cropload of ‘Honeycrisp™’ Affects not only fruit size but many quality attributes » dans NY Fruit Quarterly 11(3), 2003, 6-9

16 Rosenberger, D. J.R. Schupp, S. Hoying, L. Cheng et C.B. Watkins. « Controlling bitter pit in ‘Honeycrisp™’ apples » dans HortTechnology 14, 2004, 342-349.

18 Watkins, C., J. F. Nock et K.A. Lungerman. « Harvest date effects on maturity, quality and storage disorders of ‘Honeycrisp™’ apples from the Champlain Valley » dans NY Fruit Quarterly 11(3), 2003a, 18-21.

19 Watkins, C., J. Nock, S. Weis, S. Jayanty et R. Beaudry. « Storage temperature, diphenylamine, and pre-storage delay effects on soft scald, soggy breakdown and bitter pit of ‘Honeycrisp™’ apples » dans Postharvest Biology and Technology 32, 2004, 213-221.

20 Skog, L. Chilling Injury of Horticultural Crops, 1998, ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario, Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, Agdex 736/202

21 Meheriuk, M., Prange, R.K., Lidster, P.D., Porritt, S.W. Affections après récolte de la pomme et de la poire, 1994, Ottawa, Agriculture et Agroalimentaire Canada, publication no 1737F. http://res2.agr.gc.ca/kentville/pubs/pub1737/index_f.htm


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