Confusion des mâles de tordeuse orientale du pêcher dans les fruits à noyaux et à pépins


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 624
Date de publication : Mai 2004
Commande no. 04-030
Dernière révision : Mai 2004
Situation : Mai 2004
Rédacteur : Neil Carter - spécialiste de la lutte intégrée, fruits tendres et raisin.MAAARO; Hannah Fraser - chef du programme d'entomologie, Horticulture/MAAARO; et Kathryn Carter - spécialiste des fruits à pépins/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Phéromones et confusion des mâles
  3. Confusion des mâles de tordeuse orientale du pêcher dans les pêchers
  4. Surveillance de la TOP dans les vergers de pêchers où se pratique la CM
  5. Confusion des mâles de tordeuse orientale du pêcher dans les pommiers
  6. Surveillance de la TOP dans les vergers de pommiers où se pratique la CM
  7. Points à considérer dans la lutte contre la TOP, un ravageur à hôtes multiples
  8. Résumé

Introduction

La tordeuse orientale du pêcher, Grapholita molesta (Busck), est un ravageur redoutable des fruits à noyau (pêche, prune, abricot et parfois cerise) et des fruits à pépins (pomme et poire) et ce, dans la plupart des régions de l’Ontario. La tordeuse orientale du pêcher (TOP) est un petit papillon (env. 6–7 mm), brun-gris avec des écailles légèrement argentées sur les ailes. Un motif sinueux d’écailles claires et sombres est visible sur les ailes des TOP adultes nouvellement apparues. Les papillons passent généralement inaperçus lorsque leurs ailes sont repliées (au repos).

Les larves se nourrissent des pousses ou des fruits selon la culture et le moment de l’année. Les larves nouvellement écloses ont 1,5 mm de long. Elles ont la tête noire et le corps blanc. Les larves à maturité mesurent 9–13 mm de long, ont la tête brune et le corps rose. On compte trois générations de TOP par année et parfois une quatrième génération partielle. Les larves semblables d’autres espèces qui peuvent infester les fruits à noyau et à pépins sont le carpocapse de la pomme, le charançon de la prune et la pyrale du maïs. Il est donc important de faire identifier les larves par un conseiller en cultures ou un entomologiste compétent.

La lutte contre la TOP est différente dans les fruits à noyau et dans les fruits à pépins à cause des dates de récolte qui sont différentes, des variations dans le développement de l’insecte d’une culture à l’autre, des complexes d’organismes nuisibles qui sont particuliers aux cultures et des méthodes de surveillance établies. Toutefois, l’information et les méthodes de base relatives aux programmes d’intervention reposant sur la confusion des mâles restent les mêmes qu’il s’agisse de fruits à noyau ou de fruits à pépins. Il est judicieux pour tout producteur de se faire aider d’un consultant spécialisé en lutte intégrée pour concevoir et mettre en œuvre un programme reposant sur la confusion des mâles ou tout programme de lutte intégrée adapté à ses besoins particuliers.

Phéromones et confusion des mâles

Chez de nombreuses espèces d’insectes, dont la TOP, la communication se fait à l’aide de différentes substances chimiques. On appelle « phéromones » les signaux chimiques qui appellent une réaction de la part des membres de la même espèce. Les « phéromones sexuelles », relativement fréquentes chez les lépidoptères (papillons), attirent les individus du sexe opposé de manière à favoriser l’accouplement. Les phéromones sexuelles sont constituées d’un mélange complexe de produits chimiques propre à chaque espèce. Chez la plupart des espèces, c’est le papillon femelle qui libère les phéromones sexuelles et le mâle qui suit la trace laissée par la phéromone pour trouver la femelle.

La technique de confusion des mâles (CM) repose sur l’utilisation de phéromones synthétiques pour confondre les mâles et les empêcher d’atteindre les femelles. Si les femelles ne sont pas fécondées, elles ne peuvent pondre des œufs féconds et si l’accouplement est retardé, elles pondront moins d’œufs féconds au cours de leur vie. Il s’ensuit une réduction de la population et, du coup, une diminution des dommages aux cultures.

Au moment de planifier un programme de CM :

  • Lire la fiche technique no 03-080 du MAAARO, La confusion des mâles comme moyen de lutte contre les insectes ravageurs, pour un exposé complet sur le sujet. Cette fiche technique est un complément important à la présente fiche. Elle précise des détails essentiels sur les avantages et les limites de cette technique.
  • Soumettre le plan élaboré à un consultant en lutte intégrée compétent qui connaît la CM.
  • Mettre en place un programme de lutte intégrée et faire une surveillance des ennemis des cultures pendant toute la saison de croissance.
  • Veiller à ce que la superficie traitée soit d’au moins 4 ha (10 ac) et qu’elle soit plutôt carrée (et non longue et étroite).
  • Consulter les producteurs voisins et les encourager à se concerter pour synchroniser leurs programmes de CM; il vaut toujours mieux que les mesures de CM soient déployées sur une grande superficie, car la menace de migration des femelles fécondées provenant des champs adjacents se trouve alors réduite.

Confusion des mâles de tordeuse orientale du pêcher dans les pêchers

Tordeuse orientale du pêcher – Pêchers

Dans les pêchers (et les nectariniers), les larves de première génération de la TOP se nourrissent des pousses succulentes, celles de deuxième génération infestent les pousses et les fruits, et ce sont surtout celles des autres générations qui s’attaquent au fruit. Par conséquent, la TOP est à la fois un ennemi direct et un ennemi indirect des pêchers. Les pousses endommagées fléchissent à l’extrémité, rappelant des crosses de berger (figure 1). On y voit d’ordinaire nettement des excréments et des trous d’entrée ou de sortie. Dans les pêchers, on peut en général, sans formation ni équipement particulier, observer les dommages depuis le sol. Les larves de la TOP se déplacent facilement d’une pousse à l’autre. Chaque larve endommage 2–5 pousses durant son développement. Un seul autre ennemi (la petite mineuse du pêcher, Anarsia lineatella, Zeller) cause des dommages similaires, mais sa présence est à l’heure actuelle rare en Ontario. Le chancre des pêches et la pourriture brune peuvent aussi à l’occasion faire mourir l’extrémité des pousses, mais il suffit d’y regarder de plus près pour constater l’absence d’excréments d’insectes. La surveillance des dommages aux pousses en début de saison est un bon moyen de déterminer si les mesures de lutte contre la TOP ont été efficaces et de suivre d’une année à l’autre la gravité des infestations dans les vergers.

Produits de confusion des mâles

Les essais de CM effectués à grande échelle (surfaces de 18–48 ha ou de 45–120 ac) dans des vergers de pêchers de l’Ontario ont montré que cette technique est tout aussi efficace que l’utilisation d’insecticides pour réduire au minimum les dommages par la TOP. L’application des phéromones destomées à la CM de TOP se fait au moyen de diffuseurs placés à la main ou par pulvérisation de formulations phéromonales.

Figure 1 . Flétrissement ou dommage aux pousses sur les pêchers.

Figure 1. Flétrissement ou dommage aux pousses sur les pêchers. Noter le trou d’entrée et les excréments laissés par les larves de TOP sur le revers des pousses.

Ces deux types de produits sont expliqués à fond dans la fiche technique no 03-080 du MAAARO, La confusion des mâles comme moyen de lutte contre les insectes ravageurs. Il est conseillé de prendre connaissance de cette fiche avant de choisir un produit de CM. Pour que la technique de CM soit efficace, il est essentiel de maintenir dans le verger un niveau suffisant de phéromones. Toujours respecter le mode d’emploi du produit et éviter de réduire le taux recommandé de diffuseurs de phéromones ou la dose recommandée de phéromones pulvérisables.

Diffuseurs placés à la main

Les diffuseurs sont vendus sous forme de liens torsadés et de pinces. Quel qu’en soit le type, certains diffuseurs durent une partie de la saison de croissance (ce qui nécessite plus de 1 application par saison ou le recours à une autre stratégie comme il est indiqué plus bas), d’autres durent toute la saison.

Application

Pour fixer les liens torsadés aux branches, enrouler le lien une fois autour de la branche puis en fixer les extrémités en les enroulant sur elles-mêmes sans trop serrer (figure 2) ou enrouler le lien en spirale autour de la branche (figure 3). L’une ou l’autre méthode est acceptable pourvu que les liens restent sur l’arbre et qu’ils n’étranglent pas les branches. Quant aux pinces, il suffit de les fixer à des branches d’un diamètre convenable. Pour la CM de TOP, installer les diffuseurs à environ 2 m du sol ou légèrement plus haut. Ne pas placer les diffuseurs dans des endroits exposés comme des branches mortes. D’après l’expérience acquise de l’utilisation des produits de CM dans les pêchers de la péninsule du Niagara, il est clair qu’il n’est pas absolument essentiel de placer les diffuseurs dans la partie supérieure des arbres pour que la technique soit efficace. Toutefois, l’étiquette de certains produits précise que les diffuseurs doivent être installés dans le tiers supérieur de la frondaison. Cette recommandation devrait être observée, si possible, dans les vergers où la CM se pratique pour la première fois et sur le pourtour des vergers.

Figure 2. Photo d’un diffuseur de phéromones de type lien torsadé fixé manuellement par enroulement sur lui-même.

Figure 2. Diffuseur de phéromones de type lien torsadé fixé manuellement par enroulement sur lui-même.

Le temps que prend l’installation manuelle des diffuseurs varie considérablement selon le taux d’application des diffuseurs (consulter l’étiquette pour connaître ces taux). Toutefois, le principal facteur qui détermine le temps d’installation semble être le degré de supervision de l’installateur. Dans le cas des liens torsadés, il semble que les travailleurs soient à même de couvrir 0,4–0,8 ha/heure (1–2 ac/heure) selon le taux d’application. Les diffuseurs à pince peuvent être appliqués plus rapidement, mais il reste qu’il faut bien choisir les branches. Placer les diffuseurs sur des branches solides (d’au moins 1 cm de diamètre), car ces branches sont moins sujettes à être élaguées plus tard. Il est important de prévenir les travailleurs qu’ils doivent veiller à ne pas enlever les diffuseurs du verger au cours des opérations normales d’élagage du printemps. Si ce sont les mêmes travailleurs qui font l’installation et l’élagage, très peu de diffuseurs seront enlevés.

Moment des applications – Pêchers

Les programmes de confusion des mâles reposent habituellement sur l’application de phéromones avant le premier vol printanier des insectes cibles. Quelle que soit l’espèce, l’apparition des insectes au printemps est très étroitement liée aux conditions météorologiques. Les rapports régionaux sur les cultures et leurs ennemis sont extrêmement utiles pour déterminer avec précision le moment des interventions phytosanitaires, notamment le moment d’utiliser des produits de CM.

Figure 3. Diffuseur de phéromones de type lien torsa­dé fixé manuellement par enroulement sur la branche.

Figure 3. Diffuseur de phéromones de type lien torsadé fixé manuellement par enroulement sur la branche.

Voici des stratégies qui se sont révélées gagnantes en Ontario :

  • application des produits avant le vol de la génération hivernante, doublée d’un traitement insecticide dirigé contre les larves nouvellement apparues, ou
  • traitement insecticide pour combattre la première génération, suivi de l’application de produits phéromonaux de CM pour combattre les générations subséquentes.

Les recommandations actuelles du MAAO, indépendamment du recours ou non aux produits de CM, consistent à utiliser des insecticides pour lutter contre les larves de première génération, afin de réduire au minimum la pression exercée par le ravageur. Cette méthode est prudente. Là où la pression exercée par les populations est faible, où des programmes de CM sont en place à longueur d’année et à la grandeur de la région, et où peu d’hôtes intermédiaires sont présents, il peut être possible tôt ou tard de cesser les traitements insecticides contre la première génération de TOP.

Dans le cas des diffuseurs de longue durée, le moment où les installer n’est pas difficile à déterminer. Ces diffuseurs ne sont installés qu’une seule fois par année et ont une durée d’efficacité d’environ 120 jours. Ces produits doivent être mis en place avant que les vols de TOP ne débutent, idéalement de quelques jours à une semaine avant le premier vol prévu au printemps. Dans la péninsule du Niagara (une année moyenne), on installe les diffuseurs de longue durée dans les vergers de pêchers entre le milieu et la fin d’avril.

Pour les produits phéromonaux de CM installés à la main qui ne durent pas toute la saison de croissance, deux stratégies sont possibles pour un programme de CM complet ou partiel :

  • Stratégie 1 : Faire la première application du produit au moment indiqué plus haut. Installer de nouveaux diffuseurs après environ 80 jours. Cette façon de procéder devrait assurer une efficacité suffisante même dans les pêchers à fructification tardive récoltés en septembre (sous réserve des limitations importantes énoncées ci-dessous).
  • Stratégie 2 : Faire un traitement insecticide pour combattre les TOP de première génération au moment indiqué par les services régionaux de surveillance. Installer ensuite les diffuseurs dans le verger 10–14 jours plus tard pour veiller à assurer la CM pendant le reste de la saison. Le choix du moment des traitements insecticides dirigés contre la première génération et leur efficacité sont cruciaux ici. Pour que le programme de CM donne des résultats, il faut que les populations de TOP soient faibles – on ne peut compter sur la CM pour corriger l’erreur d’avoir mal choisi le moment de la pulvérisation contre les individus de première génération. Cette stratégie a été utilisée avec succès pendant 3 ans sur environ 14 ha (35 ac) de vergers commerciaux de la péninsule du Niagara.

Formulations de phéromones pulvérisables

Les produits phéromonaux pulvérisables sont vendus en Ontario pour la CM de plusieurs ravageurs, dont la TOP. Les mélanges phéromonaux sont emprisonnés dans des capsules de polymère microscopiques et libérés lentement. Les phéromones pulvérisables peuvent être appliquées dans les vergers au moyen d’équipement de pulvérisation standard. Toujours prendre connaissance d’éventuels avis d’incompatibilité sur l’étiquette des produits. Peu de données ont été recueillies sur la compatibilité des phéromones pulvérisables avec d’autres produits pulvérisables. Toutefois, l’expérience sur le terrain laisse croire que les phéromones sont compatibles avec la plupart des insecticides, des acaricides et des fongicides d’utilisation courante. Il est préférable d’appliquer les formulations de phéromones pulvérisables en réglant la pression des buses à 150 lb/po2 ou moins, même si des essais réalisés à des pressions allant jusqu’à 250 lb/po2 ont été faits sans répercussions négatives sur la formulation.

Les formulations de phéromones pulvérisables peuvent être appliquées pour tous les vols d’adultes et devraient être appliquées dans les vergers dès que la première TOP est capturée dans les pièges à phéromones au printemps, ou avant le premier vol signalé par les rapports régionaux sur les cultures et leurs ennemis. Les formulations de phéromones pulvérisables ont une durée de vie plus courte que les diffuseurs installés à la main, même si la formulation pulvérisable homologuée contre la TOP (3M) reste en général efficace pendant la période complète de vol des adultes (5–6 semaines). Le choix du moment où répéter l’application des produits phéromonaux pulvérisables est important, étant donné que le produit devrait être sur la culture avant le premier vol de la génération ciblée. Lorsque les générations apparaissent sur une période prolongée, il peut arriver que de multiples applications soient nécessaires.

Surveillance de la TOP dans les vergers de pêchers où se pratique la CM

Pièges à phéromones

La surveillance de la TOP se fait à l’aide de pièges collants appâtés avec des phéromones. Dans un verger où se pratique la CM, les papillons mâles ne trouveront probablement pas les pièges à phéromones pas plus qu’ils ne seront à même de repérer les papillons femelles. Toutefois, une série de « pièges sentinelles » est recommandée pour les vergers où se pratique la CM afin de veiller à ce que le programme soit efficace. Voici les points à observer pour utiliser des pièges sentinelles dans les vergers où se pratique la CM :

  • Installer au moins 1 série de 5 pièges/4 ha (5 pièges/10 ac).
  • Installer un piège sur le pourtour du verger et le reste des pièges à intervalles de 40 m le long d’une rangée d’arbres du verger.
  • Placer les pièges à 1,5 m de haut sur une branche solide de manière à ce que les pièges ne soient pas retournés par le vent.
  • Marquer avec du ruban tous les arbres sur lesquels des pièges ont été installés en veillant à ce que ni le ruban ni des feuilles n’entrent en contact avec le piège.
  • Remplacer les pièges quand ils deviennent gorgés d’eau, qu’ils ne sont plus collants ou qu’ils sont remplis de poussières ou de débris.
  • Remplacer les capsules de phéromones toutes les 6 semaines ou selon les directives du fabricant.
  • Inspecter les pièges deux fois par semaine les mêmes jours chaque fois (p. ex. les lundis et jeudis). Noter le nombre de TOP et les enlever (enlever aussi les autres insectes). Conserver les registres.

L’absence de TOP dans les pièges est un indice que le programme de CM donne des résultats. Quelques TOP seront habituellement capturées dans les pièges situés sur le pourtour du verger. Si tel est le cas, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, puisque la concentration de phéromones sur les pourtours des parcelles est parfois plus faible qu’il ne le faudrait pour que la CM soit entièrement efficace. Si plus de 5 papillons sont capturés dans les pièges sur le pourtour des parcelles entre deux jours de surveillance, regarder de plus près le pourtour de la parcelle; rechercher des signes de flétrissement et des dommages aux fruits et essayer de déterminer la source de l’infestation.

Envisager d’appliquer un insecticide au moment opportun si les captures en périphérie du verger sont persistantes ou si l’observation sur le terrain ne révèle aucun signe de dommages (voir Surveillance des dommages aux pousses, ci-dessous). Faire reposer le choix du moment de ce traitement insecticide d’appoint, le cas échéant, sur la surveillance régionale des populations. Consulter un spécialiste provincial ou un consultant en cultures compétent sur la pertinence de faire un traitement insecticide sur le pourtour du verger.

Dans le cadre d’un projet de démonstration de la CM de TOP réalisé dans 25 vergers de pêchers (groupés en 5 parcelles) de la péninsule du Niagara en 2000–2002, il n’y a eu que très peu de vergers où les captures dans les pièges du pourtour des champs ont dépassé 5 papillons/jour de surveillance. Souvent, mais pas toujours, une corrélation a été établie entre des captures répétées de plus de 5 papillons dans les pièges sentinelles et une incidence légèrement plus grande du flétrissement et des dommages aux fruits dans une zone très circonscrite du pourtour du verger. Comme les dommages se limitaient à une zone peu étendue et qu’ils étaient de faible importance, il est apparu assez nettement dans ces cas que le problème était attribuable aux sources de TOP avoisinantes et non à un échec de la CM dans les vergers.

Un producteur qui a fait la surveillance des populations de TOP à l’aide de pièges encollés appâtés avec des phéromones dans le cadre de son programme habituel de lutte intégrée ne peut plus poursuivre la surveillance de cette manière une fois qu’il a commencé à pratiquer la CM. De plus, les TOP cessent d’être capturées dans les pièges où des diffuseurs de phéromones destinées à la CM ont été installés l’année précédente, même si le niveau de phéromones est alors insuffisant pour nuire à l’accouplement.

Surveillance des dommages aux pousses – Pêchers

Des pièges sentinelles indiquent que la CM fonctionne. L’identification des dommages causés aux pousses par les TOP est une mesure directe de l’efficacité de la technique. L’évaluation des dommages aux pousses est également recommandée dans le cadre des programmes de lutte reposant sur l’utilisation d’insecticides. Respecter les étapes qui suivent pour évaluer les dommages aux pousses :

  • Première évaluation des pousses : 10–14 jours après la date recommandée de la première pulvérisation contre les TOP dans la région.
  • Examiner 100 pousses sur chacun de 10–12 arbres/ha (4–5 arbres/acre) (environ 2 % des arbres si l’espacement est de 5,5 m [18 pi] entre les rangs et de 3,6 m [12 pi] sur le rang).
  • Choisir des arbres au hasard et examiner toutes les pousses succulentes d’une même branche jusqu’à ce que 100 pousses aient été examinées. Pour ne pas fausser les résultats, résister à la tentation de ne rechercher que les pousses endommagées. Il s’agit de déterminer le pourcentage réel de pousses endommagées.
  • Évaluer séparément les pourtours des vergers où se pratique la CM. Sur les pourtours, examiner 1 arbre toutes les 5 rangées d’arbres aux extrémités des rangées et 1 arbre tous les 10 arbres le long des rangées périmétriques.
  • Compter le nombre de pousses flétries en consignant séparément les données recueillies sur le pourtour du verger de celles qui l’ont été à l’intérieur du verger.
  • Le nombre de pousses flétries dénombrées au cours de cette première évaluation doit être bien en deçà de 1 %. Sinon, en parler à un consultant en cultures ou à un spécialiste provincial ayant l’expérience de la technique de la CM.
  • Deuxième évaluation des pousses : 10–14 jours après la date recommandée de la 2e pulvérisation contre les TOP dans la région.
  • Évaluer les dommages comme il est indiqué ci-dessus.
  • Le seuil d’intervention pour la 2e évaluation des pousses est de 1–2 %. Même si ce seuil est atteint, aucun pesticide n’est nécessaire ni même utile dans l’immédiat. Toutefois, des pulvérisations faites avant la cueillette ou une pulvérisation de couverture faite au moment opportun pour combattre la 3e génération peut être justifiée.

L’évaluation des dommages aux pousses de pêchers est un bon moyen de mesurer l’efficacité de la CM. Les opérations de surveillance décrites ci-dessus prennent normalement 2–3 heures pour un verger de 4 ha (10 ac), dans la mesure où le flétrissement est minime. Faire des vérifications supplémentaires en marchant autour et à l’intérieur de la parcelle où se pratique la CM, à la recherche de zones où le flétrissement se manifeste. Les producteurs doivent toutefois se garder de remplacer les évaluations rigoureuses décrites ci-dessus par des observations faites ici et là tant qu’ils ne maîtrisent pas totalement la technique de la CM ni les méthodes de surveillance, et alors seulement si l’incidence des TOP dans le verger a toujours été faible. (Nota : Se rappeler que les seuils de dommages utilisés dans les parcelles où se pratique la CM, de même que les techniques de surveillance décrites ci-dessus, sont également valables dans le cadre des programmes traditionnels.)

Évaluation des dommages aux fruits – Pêchers

Il est impossible d’intervenir au moyen de pesticides pour réduire au minimum les dommages aux fruits une fois que ces dommages se sont manifestés. Une fois dans le fruit, les larves sont protégées contre les pulvérisations. Toutefois, il est utile de noter les dommages aux fruits causés par tous les organismes nuisibles et de conserver ces données pour consultation ultérieure.

Si possible, noter séparément les dommages causés aux fruits des différents cultivars de pêchers. Inspecter 100–200 fruits mûrs sur l’arbre, non sur la chaîne de conditionnement. Si un fruit présente des trous d’entrée ou de sortie laissés par des insectes, trancher le fruit et identifier les larves. Il est également possible de conserver les larves dans de l’alcool à 70 % et d’en confier l’identification à un consultant en lutte intégrée compétent ou à la Clinique de diagnostic phytosanitaire.

Limites de la technique de CM dans les pêchers

La fiche technique no 03-080 du MAAO, La confusion des mâles comme moyen de lutte contre les insectes ravageurs, renferme un exposé détaillé des limites inhérentes à la technique de la CM. Ces limites se trouvent atténuées ou éliminées si la CM se pratique sur une grande superficie; plus la superficie est grande, plus le programme de CM donnera de résultats. Voici un bref aperçu de ces limites :

  • superficie traitée – au moins 4 ha (10 ac);
  • moment de l’application – en général avant le premier vol des TOP au printemps (et des générations subséquentes si l’on utilise des phéromones pulvérisables);
  • forme du verger – doit être le plus carrée possible; pas de longs vergers étroits;
  • population initiale des TOP – doit être faible pour que la CM soit efficace;
  • taux d’application – toujours respecter le taux et l’espacement (s’il y a lieu) recommandés sur l’étiquette;
  • sources internes de TOP – les cellules de stockage empilées et les tas de rebut peuvent être problématiques dans les vergers où se pratique la CM;
  • sources d’infestation avoisinantes – les produits de CM ont peu d’effets, voire aucun, sur les papillons femelles. La CM n’empêche pas les femelles fécondées d’envahir les vergers en provenance de zones infestées;
  • ennemis secondaires – la CM n’est efficace que contre l’insecte visé;
  • taille des plants – les plants qui n’ont que 1 an ne se prêtent pas à la technique de la CM ni d’ailleurs les vergers très clairsemés;
  • température – les phéromones se dissipent plus rapidement par temps très chaud;
  • vent et pente – les zones constamment balayées par le vent ou les pentes abruptes ne conviennent pas.

Une autre limite de la CM, particulièrement si elle vise la lutte contre la TOP dans les pêchers, se manifeste lorsque des pêchers ou nectariniers tardifs se trouvent dans des régions où la plupart des fruits ont été cueillis. Les papillons femelles n’ont alors plus que quelques fruits où déposer leurs œufs. Les produits phéromonaux n’influencent généralement pas les femelles et aucun produit de CM ne peut empêcher les femelles fécondées d’envahir les vergers en provenance de zones infestées. Si la CM se pratique à grande échelle (là où les voisins se concertent), ce problème est rare, mais il peut néanmoins être préoccupant là où la CM se pratique sur une faible superficie servant à la culture de cultivars tardifs lorsque la cueillette est terminée dans les parcelles avoisinantes de cultivars traditionnels. Les producteurs devraient protéger les cultivars tardifs par une pulvérisation de pré-cueillette ordinaire.

Confusion des mâles de tordeuse orientale du pêcher dans les pommiers

Tordeuse orientale du pêcher – Pommiers

Les larves de TOP de première génération s’attaquent à la fois aux pousses de pommiers et aux petits fruits en croissance, ce qui cause à la fois des dommages directs et des dommages indirects. L’alimentation des larves dans les pousses de pommiers ne provoque pas un flétrissement aussi manifeste que dans les pêchers. Ce symptôme peut facilement passer inaperçu à moins d’un examen attentif des pousses terminales. La présence de la tordeuse orientale du pêcher sur les pousses de pommier se traduit par des pousses terminales qui paraissent desséchées, qui s’incurvent légèrement et qui finissent par brunir au fur et à mesure que les tissus meurent. L’examen des pousses atteintes révèle souvent un petit trou d’entrée maculé d’excréments d’insectes (figure 4). Les larves peuvent pénétrer dans la pousse par le côté de la pousse, par le pétiole de la feuille ou le long de la nervure principale. Les dommages aux pousses se limitent essentiellement aux dommages causés par les larves de première et de deuxième générations, alors que les pousses sont encore relativement succulentes. Certains cultivars (dont le Mutsu) semblent être plus souvent la proie des TOP que d’autres et peuvent servir d’indicateurs précoces de la présence des TOP dans le verger. Des recherches indiquent que les larves des TOP infestent normalement une seule pousse de pommier pendant leur cycle biologique.

Le fruit est attaqué par toutes les générations de TOP. Les larves pénètrent par le calice ou par l’extrémité pédonculaire; chez le pommier, les larves sortent souvent par le même trou par lequel elles sont entrées. Les excréments produits par les larves en croissance sont souvent évidents à la surface des fruits. Les fruits infestés se colorent prématurément. Toutefois, les dommages en fin de saison peuvent être difficiles à déceler. Les pommes infestées peuvent franchir les chaînes de transformation sans être décelées.

Les larves de la tordeuse orientale du pêcher ressemblent beaucoup à celles du carpocapse de la pomme. Les larves des deux espèces sont blanches ou crème à l’éclosion des œufs, puis prennent une teinte rosée avec le temps. La larve du carpocapse de la pomme est plus grosse. L’examen du dernier segment abdominal permet de distinguer les jeunes larves des deux espèces. La tordeuse orientale du pêcher possède une petite structure sombre qui fait penser à un peigne, appelée « peigne anal », observable à l’aide d’une loupe de bonne qualité ou, si la larve est très petite, à l’aide d’un microscope. Il est crucial d’identifier correctement l’insecte, puisque la biologie et les stratégies d’intervention ne sont pas les mêmes dans les deux cas. Cueillir des fruits infestés et les entreposer en vue de les faire examiner par un entomologiste ou un consultant compétent. Si la larve a déserté le fruit, celui-ci peut servir à décrire le type de dommages internes. Les larves de la TOP creusent en général des galeries à l’intérieur de la chair des fruits (figure 7), en évitant les pépins, alors que les larves du carpocapse de la pomme se dirigent directement vers les loges carpellaires où elles commencent à dévorer les pépins (figure 8).

Figure 4. Pousse terminale de pommier endomma­gée.

Figure 4. Pousse terminale de pommier endommagée. Noter la présence d’excréments et de suintement près du trou d’entrée.

Figure 5. Dommage causé par la TOP en début de saison. Noter le trou d’entrée près du calice.

Figure 5. Dommage causé par la TOP en début de saison. Noter le trou d’entrée près du calice.

Figure 6. Dommage causé par la TOP sur une pomme. Noter le trou d’entrée près du calice.

Figure 6. Dommage causé par la TOP sur une pomme. Noter le trou d’entrée près du calice.

Figure 7. Fruit infesté par la TOP. Noter les galeries creusées dans la chair de la pomme.

Figure 7. Fruit infesté par la TOP. Noter les galeries creusées dans la chair de la pomme.

La TOP s’attaque aussi aux poiriers en pénétrant dans les poires entre le milieu de la saison et la cueillette. Les pousses de poirierssont rarement atteintes. En raison des dates de cueillette relativement tardives chez certains cultivars de poiriers (septembre ou début octobre), adopter un programme de CM semblable à celui qui est décrit dans les sections portant sur les pommiers.

Produits de confusion des mâles

Pour de l’information sur les types de produits de CM et des directives sur la façon d’appliquer ces produits, voir l’information générale, les techniques d’application et le moment des applications préconisés plus haut sous les rubriques applicables aux pêchers intitulées Diffuseurs placés à la main et Formulations de phéromones pulvérisables.

Figure 8. Fruit infesté par le carpocapse de la pomme. Noter les dommages causés aux pépins.

Figure 8. Fruit infesté par le carpocapse de la pomme. Noter les dommages causés aux pépins.

Moment des applications – Pommiers

Il existe plusieurs stratégies efficaces qui intègrent la CM dans un programme de lutte intégrée applicable aux pommiers. Les pommes ont en général une saison de croissance plus longue que les fruits tendres, ce qui peut influencer le choix du ou des produits utilisés et le moment des applications de produits de CM. Il n’y a pas un seul produit qui soit efficace durant toute la saison dans les pommiers, compte tenu de l’activité de l’insecte et de la période pendant laquelle il reste dans le verger. Prendre note des recommandations prévues sur l’étiquette au sujet d’une deuxième application.

Les producteurs peuvent choisir de lutter contre les larves de première génération au moyen d’un insecticide et d’appliquer le produit de CM pour contrer les générations subséquentes. Il faut, suivant cette stratégie, appliquer un insecticide pour combattre les TOP de première génération au moment indiqué par les services régionaux de surveillance. Les producteurs peuvent aussi décider de combattre la TOP par la technique de la CM pendant toute la saison. Dans ce cas, l’installation des diffuseurs ou les pulvérisations de phéromones doivent se faire avant le premier vol des générations hivernantes et être répétées au cours de la saison de croissance.

Les insecticides pulvérisés au stade calice pour lutter contre d’autres ennemis du pommier peuvent aussi tenir en échec les larves de TOP de première génération. Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour la liste des produits homologués qui sont recommandés pour lutter contre la TOP. Là où la pression par la TOP est forte et/ou là où une résistance de la TOP aux organophosphorés a été confirmée, les programmes de CM doivent inclure un traitement insecticide d’appoint dirigé contre les larves de première génération au moment où elles font leur apparition (c.-à-d. faire un traitement insecticide en plus du produit de CM uniquement pour lutter contre la première génération). Là où la pression exercée par les populations est faible, où des programmes de confusion des mâles sont en place à longueur d’année et à la grandeur de la région, et où peu d’hôtes intermédiaires sont présents, il peut être possible tôt ou tard de cesser les traitements insecticides contre la première génération de TOP. Les stratégies efficaces vérifiées en Ontario à ce jour comprennent l’utilisation d’insecticides, avec ou sans produit de CM, afin de maîtriser la première génération de larves de TOP.

Une quatrième génération partielle peut apparaître certaines années, avec des adultes en activité jusqu’en octobre. Même si un insecticide a été utilisé pour combattre les larves de première génération et qu’un produit de CM de longue durée a été employé par la suite pour contrer les générations estivales, une nouvelle application d’un produit de CM ou d’un insecticide d’appoint près du moment de la cueillette peut être nécessaire certaines années pour assurer la protection des cultivars tardifs.

Surveillance de la TOP dans les vergers de pommiers où se pratique la CM

Pièges à phéromones

L’utilisation de pièges à phéromones pour surveiller la TOP se fait de la même façon dans les pommiers (ou dans les poiriers) que dans les pêchers. Voir plus haut la rubrique Pièges à phéromones dans la partie consacrée aux pêchers.

Surveillance des dommages aux pousses – Pommiers

Les pièges sentinelles (tels qu’ils sont décrits sous Pièges à phéromones dans la section sur les pêchers) fournissent une bonne indication indirecte de l’efficacité des produits de CM. Celle-ci se mesure par contre surtout au départ d’après l’importance des dommages aux pousses terminales dans le verger. Faire des évaluations des pousses terminales pour les première et deuxième générations de TOP, environ 2–3 semaines après le pic des vols observés. Examiner au moins 50 pousses terminales sur 20 arbres dans des parcelles où se pratique la CM d’une superficie de 4 ha (10 ac), en recherchant des signes de dommages. Aucun seuil de nuisibilité économique n’a été fixé pour établir une corrélation entre les dommages aux pousses terminales chez les pommiers et les dommages aux fruits à la cueillette. Toutefois, si plus de 1–2 % des pousses terminales sont endommagées, c’est là un signe que la stratégie de lutte risque de ne pas permettre une maîtrise suffisante de ce ravageur. Compte tenu du nombre différent de pousses infestées par une même larve chez le pêcher et chez le pommier, des dommages sur 1–2 % des pousses terminales traduisent une plus forte infestation de TOP dans les pommiers que dans les pêchers.

Évaluation des dommages aux fruits – Pommiers

Une fois que les larves ont pénétré dans les fruits, elles sont protégées des pulvérisations, de telle sorte que toute pulvérisation d’insecticides devient inutile. Toutefois, le fait de consigner les dommages causés par la TOP peut aider à cerner les points faibles du programme de CM. Aucun seuil de nuisibilité économique de la TOP n’a été établi pour les vergers de l’Ontario. Cependant, sur la chaîne de conditionnement, les infestations par la TOP font l’objet d’une tolérance zéro. Contrairement aux vergers de pêchers, la TOP s’attaque aux pommiers en début de saison; il faut donc évaluer les dommages causés par chacune des générations afin d’obtenir un indice précoce de l’efficacité du programme. Évaluer les dommages aux 2–3 semaines environ après le pic de vol de chaque génération. Examiner au moins 50 fruits sur 20 arbres dans des parcelles où se pratique la CM d’une superficie de 4 ha (10 ac), en recherchant attentivement des signes de dommages. Chercher la présence de larves sur les fruits infestés. Cette tâche devrait être confiée à un consultant en cultures. Des dommages sur plus de 1–2 % des fruits indiquent que la stratégie de lutte risque de ne pas permettre une maîtrise suffisante de ce ravageur et qu’un traitement insecticide d’appoint peut être nécessaire pour combattre la ou les générations subséquentes. Consulter un spécialiste provincial ou un consultant compétent au sujet d’éventuelles applications de pesticides d’urgence.

Surveillance des autres ravageurs – Pommiers

Les phéromones destinées à la CM sont spécifiques aux espèces et n’influencent aucunement les espèces non visées. Les produits phéromonaux destinés à lutter contre la TOP n’affectent pas les autres insectes comme le carpocapse de la pomme ni la tordeuse à bande oblique. Ces produits n’influencent donc pas non plus l’activité des insectes et acariens utiles présents dans le verger. La surveillance des autres ennemis du verger doit se poursuivre normalement.

Limites de la technique de CM dirigée contre la TOP dans les pommiers

La technique de la CM dans les pommiers comporte les mêmes limites que celles qui sont mentionnées précédemment pour les pêchers, à quelques différences près :

  • La période de croissance prolongée, notamment dans la production de cultivars de fin de saison, exige que l’efficacité du produit soit maintenue pendant une bonne partie d’octobre. Les diffuseurs se vident de phéromones à la longue, de telle sorte que leur efficacité à confondre les mâles cesse après un certain temps. Si les diffuseurs sont vides avant la fin de la saison de croissance, les producteurs peuvent s’exposer à des dommages considérables en fin de saison.
  • La surveillance de fin de saison est cruciale au maintien de la lutte contre la TOP dans les pommiers; c’est souvent une quatrième génération partielle de TOP qui apparaît à la mi-septembre jusqu’en octobre qui cause les pertes les plus considérables dans les pommiers. Les dommages, qui se limitent souvent à de petits trous d’entrée au calice ou à l’extrémité pédonculaire, passent souvent inaperçus à la cueillette et sur la chaîne de conditionnement. Planifier suffisamment à l’avance le programme de surveillance de fin de saison et demander au personnel disponible de prendre le relais jusqu’à ce que la cueillette soit terminée.

Points à considérer dans la lutte contre la TOP, un ravageur à hôtes multiples

La tordeuse orientale du pêcher infeste différents hôtes parmi les fruits à noyau et les fruits à pépins. La CM peut simplifier la lutte contre cet ennemi pour les producteurs de pommes et de pêches et/ou d’autres fruits de verger. Les programmes traditionnels de lutte intégrée reposent sur des traitements insecticides faits à des moments qui coïncident avec les pics d’éclosion des larves, avant que ces dernières n’entrent dans le fruit; la CM vise les adultes et nuit à leur possibilité de s’accoupler. Comme il est indiqué plus haut, les pommes ont une saison de croissance beaucoup plus longue que les pêches, certains cultivars étant même cueillis en octobre. Plus les fruits restent longtemps dans le verger, plus ils risquent, s’ils ne sont pas protégés, de devenir la cible des troisième et quatrième générations de TOP. Même si la technique de la CM peut prévenir la reproduction des insectes dans les parcelles traitées, elle n’empêche pas la ponte d’œufs par les femelles fécondées provenant d’ailleurs. En général, les dommages se manifestent sur le pourtour du verger.

Les producteurs qui décident de pratiquer la CM dans leurs parcelles de pommiers et de traiter leurs parcelles de pêchers à l’aide d’insecticides doivent tenir compte du risque que représentent les migrations de fin de saison d’une culture à l’autre. Des pulvérisations d’insecticides d’appoint en fin de saison dans les parcelles de pommiers peuvent constituer une solution. Le moment du traitement dépend alors des captures dans les parcelles de pêchers adjacentes ou de toute donnée régionale sur les captures.

Du fait que la TOP s’attaque à plusieurs hôtes, il est important d’obtenir la coopération des producteurs avoisinants de manière à ce que les programmes de CM soient adoptés à grande échelle dans les zones productrices de fruits.

Résumé

La tordeuse orientale du pêcher, un ennemi majeur des fruits à noyau et des fruits à pépins en Ontario, peut être combattue efficacement à l’aide de phéromones de synthèse dans le cadre de programmes de confusion des mâles (CM). Ces programmes ne sauraient se passer de planification, de surveillance et d’une compréhension de cette nouvelle façon d’envisager la lutte contre les ennemis des cultures. Les programmes de CM doivent être mis en place sur une grande superficie et non seulement à l’intérieur d’une parcelle réservée à un seul cultivar ou à quelques arbres. Les producteurs désireux d’utiliser les produits de CM doivent se familiariser avec les fiches techniques et fiches info du MAAO sur le sujet ainsi qu’au site Web du MAAO.

Il y a des différences importantes entre les produits de CM. Certains diffuseurs mis en place manuellement restent efficaces pendant toute la saison tandis que d’autres doivent être remplacés au cours de la saison. Il faut cibler avec soin le moment des traitements au moyen de formulations pulvérisables. Dans tous les cas, un programme de surveillance continu est un facteur indispensable à la réussite d’un programme de CM.

Comme toutes les autres stratégies de lutte antiparasitaire, les produits de CM ont aussi leurs limites. Selon les projets de démonstration et expérimentaux concluants sur l’utilisation des produits de CM dans les vergers de pêchers et de pommiers de l’Ontario, les programmes de CM peuvent permettre de lutter efficacement contre la TOP dans les vergers commerciaux. L’adoption de programmes de CM à la grandeur d’une communauté contribue à éliminer les problèmes engendrés par l’émigration des femelles fécondées d’une zone où ne se pratique pas la CM vers une zone où cette pratique est mise à contribution. Cette concertation permet de régler les problèmes liés au fait que la TOP infeste plusieurs hôtes parmi les fruits à noyau et les fruits à pépins.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

Elle a été revue par Grant Oliver, 3M Canada; Bernie Solymar, EarthTramper Consulting, Inc.; et Greg Stamm, CBC (America) Corp.


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