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Lutte contre les aleurodes dans les cultures de serre
Table of ContentsIntroductionL'aleurode est un ennemi important des cultures de serre, dont les tomates, les concombres et de nombreuses plantes ornementales comme le poinsettia, le gerbera et plusieurs cultures printanières. Pour une description de l'aleurode, voir la fiche technique n° 03-066 du MAAO, Biologie de l'aleurode : Ennemi des cultures de serre. Bon nombre de mauvaises herbes sont également attaquées par l'aleurode et deviennent souvent une source d'infestation. L'aleurode cause des dommages aux cultures car elle atténue leur vigueur, favorise la croissance de fumagine sur les feuilles et les fruits, contribue à transmettre des maladies virales et réduit la qualité des cultures en raison de sa présence visible. Méthodes De LutteRecommandations générales
| Haut de la page | Lutte BiologiqueOn trouve actuellement sur le marché quatre agents de lutte biologique contre les aleurodes : deux guêpes parasites, Encarsia formosa et Eretmocerus eremicus, une petite coccinelle noire, Delphastus pusillus, et un insecte prédateur, Dicyphus hesperus. Encarsia formosa est plus efficace contre l'aleurode des serres, mais elle permet de lutter dans une certaine mesure contre l'aleurode du poinsettia. Eretmocerus eremicus est efficace contre les deux espèces et donne de meilleurs résultats par temps plus chaud. L'efficacité de la lutte biologique contre les aleurodes est étroitement liée à la qualité de l'assainissement de la serre et du désherbage. Il est recommandé de commencer à introduire les agents de lutte biologique lorsque les populations d'aleurodes sont faibles.Encarsia formosaL'adulte d'Encarsia formosa mesure environ 0,6 mm de long; sa cage thoracique est noire et son abdomen jaune (figure 1a). Cette guêpe s'attaque aux aleurodes principalement en pondant ses œufs dans les formes immatures ou larves de ces dernières (surtout aux troisième et quatrième stades larvaires). L'adulte de l'espèce Encarsia peut vivre de quelques jours à un mois selon la température; les femelles pondent de 50 à 350 œufs au cours de leur vie. Une aleurode immature vire au noir de 10 à 14 jours après avoir été parasitée (figure 1b). Il s'écoule en moyenne deux autres semaines avant que la guêpe adulte n'apparaisse. Lorsque celle-ci atteint la maturité, elle pratique une ouverture dans la partie supérieure de la larve noire de l'aleurode avant de sortir. Le parasitisme d'Encarsia n'est pas aussi efficace contre l'aleurode du poinsettia que contre l'aleurode des serres. Dans le cas de l'aleurode du poinsettia, il est plus difficile de dire si la larve est parasitée, car elle devient, non pas noire, mais plutôt havane ou brune (figure 1c). La lutte biologique contre l'aleurode du poinsettia avec Encarsia demande des taux d'introduction plus élevés du parasite. Figure 1A. Encarsia formosa sous sa forme adulte. Figure 1B. Nymphe d'aleurode des serres parasitée par Encarsia formosa. Figure 1C. Nymphe d'aleurode du poinsettia parasitée par Encarsia formosa. | Haut de la page | Voici des moyens d'améliorer l'efficacité d'Encarsia :
Eretmocerus eremicusL'adulte d'Eretmocerus eremicus a une forme et une taille similaires à celles d'Encarsia mais il est entièrement jaune (figure 2). Bien que la guêpe de cette espèce puisse parasiter les quatre stades larvaires de l'aleurode, elle a une prédilection pour les deuxième et troisième stades. Les adultes vivent 1-2 semaines et pondent une centaine d'œufs au cours de leur vie. La plupart de ces œufs sont pondus au cours des 6 premiers jours après la sortie de la coque de nymphose. Puisque cette guêpe se développe à des températures plus élevées qu'Encarsia, il est préférable de la relâcher plus tard dans l'année, aux environs du mois de mars. Les aleurodes parasitées sont d'une teinte légèrement différente, mais cette différence est à peine perceptible (figures 2b et 2c). Les moyens d'améliorer l'efficacité de ce parasite sont semblables à ceux qui ont été énumérés pour Encarsia. Eretmocerus est très attirée par les plaquettes et les rubans jaunes encollés. Il peut devenir nécessaire de réduire l'utilisation de ces outils lorsqu'on tente d'établir une population d'Eretmocerus. | Haut de la page | Figure 2A. Adulte d'Eretmocerus eremicus. Figure 2B. Nymphe de l'aleurode des serres parasitée par Eretmocerus eremicus. Figure 2C. Nymphe de l'aleurode du poinsettia parasitée par Eretmocerus eremicus. Delphastus pusillusLes formes adulte (figure 3a) et larvaire (figure 3b) de Delphastus pusillus se nourrissent d'aleurodes, particulière- ment d'œufs et de nymphes, en évitant apparemment les larves parasitées. Ce comportement rend son utilisation compatible avec l'utilisation des guêpes parasitoïdes. On recommande d'utiliser ces coccinelles pour compléter l'activité d'Encarsia. L'adulte de Delphastus vit 6-9 semaines et doit apparemment consommer au moins 10 œufs d'aleurodes par jour pour réussir à se reproduire. Figure 3A. Adulte de Delphastus pusillus se nourrissant d'une larve d'aleurode. Figure 3B. Larve de Delphastus pusillus. | Haut de la page |
Dicyphus hesperusDicyphus hesperus (figures 4a et 4b) est un insecte prédateur doté de pièces buccales de type piqueur-suceur. Cet insecte se nourrit d'un peu de tout, mais il semble préférer les aleurodes, particulièrement les œufs et les formes larvaires. Il se nourrit aussi, dans une moindre mesure, de pucerons, de tétranyques, de thrips, de larves de mineuses des feuilles et d'œufs de noctuelles. En l'absence de proies, une population élevée de Dicyphus peut causer des dommages aux tomates. Dans la lutte contre les aleurodes, il est préférable d'utiliser Dicyphus conjointement avec les guêpes parasitoïdes Encarsia formosa et Eretmocerus eremicus. L'utilisation d'une plante banque comme la molène (Verbascum thapsus) (figure 4c) peut faciliter l'établissement de ce prédateur lorsque les populations d'aleurodes sont faibles. Figure 4A. Dicyphus Hesperus adulte. Figure 4B. Adulte vert pâle de Dicyphus hesperus peu après son apparition. Figure 4C. Plant de molène utilisé comme plante banque dans une culture de tomate. | Haut de la page | Lutte physique
Figure 5. Utilisation de rubans jaunes encollés pour le piégeage en masse.
Figure 6A. Aspiration manuelle des aleurodes adultes dans une culture de tomate. Figure 6B. Aspiration manuelle des aleurodes adultes dans des plants de gerbera.
Lutte chimiqueLes aleurodes peuvent développer une résistance à de nombreux pesticides. Une utilisation judicieuse de ces produits permettra d'y avoir recours plus longtemps et de retarder l'apparition de résistance. Les pesticides doivent être utilisés de manière rationnelle et réfléchie, parallèlement à un programme de dépistage prévoyant des seuils d'intervention, une utilisation en alternance des différents groupes de pesticides et une utilisation combinée de toutes les méthodes de lutte offertes. Pour des recommandations précises concernant la lutte chimique, se référer à la publication 370F du MAAO, Recommandations pour la culture des fleurs et des plantes d'ornement en serre, ou la publication 371F du MAAO, La culture des légumes en serre. Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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