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Troubles courants des feuillus

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 275/636
Date de publication : 12/02
Commande no. 02-072
Dernière révision : 12/02
Situation : (En remplacement de la fiche no 93-070, intitulée Troubles courants des arbres à feuilles caduques)
Rédacteur : J. Llewellyn - Spécialiste des cultures de pépinière/MAAO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Diagnostic
  3. Le sol
  4. La rusticité
  5. Les stress environmentaux
  6. Activités humaines
  7. Services de professionnels
  8. Information supplémentaire

Introduction

Les feuillus (arbres à feuilles caduques) font partie inté-gran-te de nombreux paysages. Plantations brise-vent ou limites de propriété, ils apportent également à la maison ou au chalet intimité, ombre et valeur esthétique. Il arrive à l'occasion cependant que les arbres ne soient pas plantés au meilleur endroit ou que les conditions ambiantes soient modifiées à leurs dépens. Si ces condi-tions néfastes perdurent, la santé de l'arbre risque d'être compromise.


Lorsqu'un arbre subit un stress, il devient plus vulné-rable aux attaques des insectes et des maladies. La pré-sen-ce de ravageurs est souvent indicatrice de problèmes de santé sous-jacents. Ainsi, les maladies des racines sont souvent le symptôme d'une mauvaise aération du sol (en raison d'un excès d'arrosage, par exemple). Il est important de savoir reconnaître et identifier la cause du stress de façon à apporter sans retard les correctifs appropriés et de redonner ainsi à l'arbre sa vigueur ini-tiale.

Diagnostic

La première chose à faire lorsqu'on tente d'identifier ce qui affecte un arbre à feuilles larges est de déterminer s'il s'agit d'un stress d'origine biotique (vivante) ou abiotique (non vivante). Les stress du premier type sont causés par les insectes, les acariens, les maladies (bacté-ries, champignons et virus) ainsi que par les animaux supérieurs ou par d'autres organismes vivants. Les stress abiotiques sont dus à des éléments inanimés et sont souvent liés à des excès ou des manques d'eau (inon-dation ou sécheresse), d'éléments nutritifs, de produits chimiques (sels ou pesticides), de chaleur ou de froid (gel ou glace).

Stress biotiques

Pour vérifier si des insectes ont causé des dégâts, on doit d'abord examiner attentivement l'arbre endommagé et rechercher des signes d'infestation. Les parties touchées de l'arbre peuvent abriter des insectes ou présenter des indices de leur activité. Beaucoup d'insectes xylophages, par exemple, font des trous dans l'écorce et produisent de la sciure au cours de leurs travaux de minage. Certains insectes comme la spongieuse laissent des cocons vides lorsqu'ils arrivent à l'âge adulte. La présen-ce d'insectes peut aussi se manifester par d'autres indi-ces comme la présence d'oothèques (coques contenant des œufs), de toiles, d'excréments ou de miellat. Le miellat est une sécrétion gluante que produit les insectes suceurs tels que pucerons, cicadelles et cochenilles. Ces dernières forment des monticules charnus au revers des feuilles et sur les rameaux et laissent un miellat gluant. Les acariens (arachnides) sont de minuscules araignées qui peuvent aussi causer des dommages, laissant de petites coques à œufs et des toiles autour du feuillage infesté. Examinez les feuilles de près et vérifiez la présence de brunissement, de granules, d'enroulement et de perforations. L'utilisation d'une loupe à grossis-sement de 10X facilite le repérage et l'identi-fication des insectes.

Pour déceler la présence de maladies, examiner les rameaux. Y a-t-il des chancres (zones renfoncées) ou des structures soulevées, cloquées (organes de fructification des champignons)? Le mieux est de couper le rameau attaqué et de voir si l'intérieur du bois (tissu vasculaire) a bruni. La couleur du bois sain va du blanc verdâtre au jaune crème. Les maladies foliaires se manifestent sou-vent par une décoloration des feuilles allant du jaune au brun et au noir. Il peut aussi y avoir présence évidente de taches et de plaques décolorées, de nervures décolo-rées et d'organes de fructification noirs ou bruns de la taille d'une tête d'épingle le long des nervures ou à la surface des feuilles. (Notez que certains insectes produi-sent des galles qui ressemblent à des structures fongi-ques.) Des organes de fructification de grande taille, que ce soit des champignons ou des structures fibreuses étagées et proéminentes, s'observent souvent à la base des arbres plus âgés de grande dimension. La présence de ces structures démontre que l'intérieur du tronc ou les racines sont en train de pourrir.

Les animaux endommagent les arbres soit en se nourris-sant de leurs tissus, soit en recherchant des insectes sous l'écorce et dans le bois. Au printemps, les écureuils peuvent élaguer les nouvelles pousses des ormes, des érables et des chênes. Signe révélateur de cette activité : la présence de touffes de feuilles saines jonchant le sol au pied de l'arbre. Le broutage des cerfs et le frottement de leurs bois contre l'arbre peuvent aussi causer d'im-por-tants dommages en déchirant les plants ou déchi-quetant l'écorce. L'hiver surtout, beaucoup d'ani-maux, dont les souris, les porcs-épics et certains oiseaux enlè-vent l'écorce pour se nourrir de l'aubier, la partie tendre sous l'écorce. Il n'est pas rare de constater ce genre de dégâts chez les arbres à écorce mince au niveau du sol ou plus haut sur le tronc principal. Lorsqu'une partie de l'écorce est enlevée en anneau autour de la branche, on parle « d'annélation ». Les annélations causées par les animaux se reconnaissent par les déchirures inégales de l'écorce dans la partie abîmée, par les marques de morsures ainsi que par l'état clairsemé ou maladif de la frondaison au-dessus de la zone lésée. Ce terme est utilisé également lorsqu'une plante sarmenteuse, une racine ou encore une corde ou un câble entoure une racine ou une branche, et finit par l'étrangler.

Stress abiotiques

Les stress abiotiques sont habituellement plus difficiles à reconnaître et à corriger que les stress biotiques. Pour déterminer ce qui nuit à la croissance de l'arbre, il faut examiner non seulement la partie abîmée mais aussi le reste de l'arbre. Inspectez les environs immédiats et examinez d'autres espèces végétales pour voir si elles présentent des symptômes similaires. Essayez d'établir si le stress existe depuis déjà assez longtemps ou s'il vient seulement de se manifester. Examinez l'état du sol, les conditions météorologiques locales ainsi que toute activité récente qui s'est déroulée aux abords des arbres comme des travaux de construction, l'épandage de pesticides ou du nivelage. Dans le cas des arbres plus petits et des arbustes, il peut être utile de creuser un trou autour du système racinaire pour vérifier si l'humidité est adéquate ou excessive, ainsi que pour observer la structure du sol (c'est-à-dire si les agrégats se brisent facilement ou non).

Il y a quatre principaux facteurs à examiner lorsqu'on tente d'évaluer ce qui peut nuire à la croissance d'un arbre : le sol, la rusticité de l'arbre, les stress environ-ne-mentaux et les activités humaines.

Le sol

La qualité du sol dans lequel l'arbre pousse est un des facteurs les plus importants pour la santé de ce dernier. En effet, sa santé est étroitement liée à l'état du sol, qu'il s'agisse de sa teneur en matière organique, de son pH (acidité/alcalinité), de son bilan nutritionnel ainsi que de sa porosité et de son aération.

Drainage

La survie et la croissance des racines d'arbres dépendent en grande partie de l'état de drainage du terrain. Le drainage, qui influe sur la disponibilité de l'oxygène au niveau des racines, est nécessaire pour la croissance normale des racines ainsi que pour l'absorption des éléments nutritifs. Bon nombre de facteurs influent sur le drainage, notamment la texture du sol (argile, limon ou sable), sa composition minérale, sa quantité de matière organique et la proximité de la nappe phréa-tique.

Dans un sol mal drainé, les racines manquent d'oxygène et absorbent mal les éléments nutritifs. Si l'état de saturation hydrique persiste, les poils absor-bants finissent par mourir et l'arbre est un bon candidat pour les attaques des organismes causant la pourriture des racines. L'arbre commence à flétrir (en raison du nombre réduit de racines capables d'absorber l'eau) et à perdre des feuilles et de petites branches.

Les arbres situés dans des sols graveleux ou sableux qui ne retiennent pas bien l'eau peuvent également présenter des symptômes de dessèchement pendant les épisodes de temps sec ou excessivement chaud. Le manque d'eau peut aussi être problématique dans les sols gravement compactés, l'eau s'écoulant en surface plutôt qu'en profondeur. Si le niveau de la nappe phréatique s'abaisse à cause de travaux d'excavation, de forage de puits ou d'une forte utilisation de l'eau, les symptômes de sécheresse (feuilles flétries, brunissement des contours et des nervures) peuvent apparaître.

pH (réaction)

Le pH est une mesure de l'acidité ou de l'alcalinité du sol. Un pH de plus de 7 dénote un sol alcalin ou basique, un pH de moins de 7 signifie que le sol est acide. La plupart des plantes poussent bien dans des sols à pH allant de 6,0 à 7,5. La majorité des sols du sud de l'Ontario sont neutres (7,0) ou plus ou moins alcalins. Une alcalinité trop forte peut entraver l'absorption de certains éléments nutritifs, notamment le fer et le man-ga-nèse. Pour réduire l'alcalinité du sol, on peut épan-re du soufre. Pour l'accroître, on peut appliquer de la chaux dolomitique.

Carence en fer (Fe) et en manganèse (Mn)

Des carences en fer et en manganèse peuvent se produire chez les arbres poussant en sols alcalins. Les essences le plus souvent atteintes de ces carences sont l'érable rouge, le chêne rouge et le chêne des marais, le tulipier, le rhododendron et l'azalée. Les plantes affectées ont un feuillage chlorosé (jaune) et des nervures vert foncé.

La rusticité

L'aptitude d'un arbre à supporter les températures basses s'appelle rusticité. Cette aptitude varie selon l'essen-ce et, pour cette raison, toutes les plantes sont affectées d'une cote numérique de rusticité.
En Ontario, on compte sept zones de rusticité. Chaque zone comprend deux sous-catégories (a et b). Voir la figure I pour la répartition des zones de rusticité en Ontario. Ces zones sont constituées d'après un certain nombre de facteurs dont la température minimale en hiver, le nombre de jours sans gel, la pluviosité en été et la vélocité du vent. Les régions plus au nord ont une cote de rusticité plus basse, la cote s'élevant géné-rale-ment à mesure qu'on descend vers le sud.

Carte des zones de rusticité

Figure 1. Zones de rusticité

Il importe de savoir dans quelle zone se situe votre propriété ainsi que la cote de rusticité attribuée à l'arbre qu'on veut planter. Si la cote de l'arbre est plus élevée que celle de la région, il risque de ne pas survivre et, s'il survit, il sera davantage à la merci des agressions du milieu. Les symptômes peuvent aller du dépérissement des branches à un grave éclatement de l'écorce, à la dessiccation des feuilles (notamment sur les arbres persistants à feuilles larges comme le houx et le mahonia) et au gel des racines. Ces problèmes prédis-posent l'arbre aux maladies et aux attaques des insectes.

Les cotes de rusticité sont offertes seulement à titre indicatif. Bon nombre de plantes peuvent croître au-delà de leur zone normale de rusticité, mais c'est généralement parce que leur microclimat a été plus ou moins modifié (exposition au sud, zone protégée com-me sur un patio).

La rusticité d'un arbre varie également selon la saison et selon les pratiques culturales (utilisation de toiles comme brise-vent). La rusticité hivernale s'accroît à mesure que l'automne progresse et diminue au prin-temps pour atteindre son plus bas niveau en été. Beaucoup de plantes peuvent être gravement endom-magées par les fluctuations extrêmes de la température (par exemple des gelées d'automne hâtives ou des gelées de printemps tardives).

Bon nombre de catalogues de pépinières et de jardi-neries fournissent la liste des cotes de rusticité avec la description des différentes espèces. On peut égale-ment trouver les zones de rusticité de nombreuses espèces d'arbres courants dans des ouvrages d'horti-cul-tu-re fiables.

Les stress environmentaux

Les stress environnementaux sont causés par les conditions météorologiques ou par d'autres facteurs naturels. En voici quelques-uns :

Dommages hivernaux

Les dégâts causés par l'hiver sont probablement parmi les troubles les plus difficiles à diagnostiquer à cause des différentes formes qu'ils peuvent prendre (voir ci-dessous). Bien que les alternances de gel et de dégel puissent endommager les tissus des plantes, les dom-mages les plus importants sont surtout provoqués par la formation de cristaux de glace dans les cellules des bourgeons, du cambium et de l'aubier. La formation de cristaux provoque la rupture de la membrane cellulaire et la cellule se vide de son contenu. Le bris d'un grand nombre de cellules entraîne la mort du tissu végétal. Il arrive souvent que les dommages hivernaux ne soient pas visibles avant le printemps suivant ou le début de l'été et ils peuvent alors être confondus avec d'autres problèmes.

Les dégâts occasionnés par l'hiver peuvent avoir les causes suivantes :

  • Fluctuations extrêmes de la température ou tempé-ra-tures très basses;
  • Humidité du sol excessive à l'automne et en hiver;
  • Brûlures d'hiver ou dessiccation du feuillage.
    Symptômes possibles :
  • Les bourgeons ne s'ouvrent pas au printemps;
  • Les bourgeons s'ouvrent, mais les feuilles sont plus petites que la normale; elles flétrissent et brunissent au début de l'été, ce qui entraîne le dessèchement des rameaux;
  • L'insolation - éclatement de l'écorce mettant le bois à nu. S'observe surtout sur le côté sud et sud-ouest de l'arbre. Cet accident est causé par les alternances rapides de gel et de dégel des tissus sous-jacents durant les journées douces d'hiver;
  • Le brunissement des feuilles (brûlures d'hiver) surtout chez les arbres à larges feuilles persistantes. Cela se produit lorsque les racines emprisonnées dans le sol gelé sont incapables de compenser les pertes d'eau subies par le tissu. Ces dommages sont surtout attribuables à la dessiccation causée par le vent. Ce type de dégât apparaît au début du prin-temps lorsque le temps commence à se réchauffer.
Foudre

Les grands arbres poussant dans des endroits découverts comme en rase campagne, en haut d'une colline et en bordure des champs, sont plus susceptibles d'être frappés par la foudre que les arbres groupés ou poussant dans des zones plus basses. Nul arbre cependant n'est à l'abri. La gravité des dégâts varie selon la proximité de la décharge et sa puissance. Les symptômes vont de l'éclatement de longues bandes d'écorce et de bois au noircissement soudain de grandes portions de l'arbre après un orage électrique. La foudre dégage une quantité énorme d'énergie électrique, qui doit être portée à la terre par l'intermédiaire de l'arbre. En passant, elle risque de détruire une partie du cambium, ce qui provoquera l'apparition de racines adventives (racines aériennes). Il peut arriver aussi qu'une grande masse de sol ou de racines soit perturbée à l'endroit où la décharge a quitté l'arbre.

Pour atténuer le plus possible les dégâts causés par la foudre, les mesures suivantes sont conseillées. Enlever les longues bandes d'écorce brûlée au moyen d'un couteau bien affûté et propre pour que les tissus du cal puissent réparer les dégâts. La croissance racinaire peut être stimulée par l'apport d'un engrais riche en phos-pho-re mais peu concentré en azote.

Vent

Les dégâts couramment attribuables aux vents violents sont les branches cassées et déchirées (dégâts également imputables à la foudre). Les arbres à enracinement superficiel sont également sensibles aux grands vents et peuvent être complètement déracinés. Les essences à bois tendre et à croissance rapide comme le peuplier et le saule sont particulièrement vulnérables à cause de leur grande frondaison densément feuillée, qui offre une prise facile aux vents. Le bris du tronc et des branches risque davantage de se produire lorsqu'ils sont déjà attaqués par la pourriture du bois. En outre, les vents violents peuvent dessécher, endommager ou arracher les feuilles, qui prennent un aspect déchiqueté. Parfois aussi les bords des feuilles sont roussis. Les symptômes sont plus graves sur les arbres qui ont souffert de la sécheresse.

Grêle

La grêle poussée par un vent violent peut endommager gravement les arbres, surtout les jeunes pousses succu-lentes. Les dégâts causés par la grêle se reconnaissent par la présence de feuilles gravement déchiquetées et de nombreuses masses chancreuses sur les rameaux et sur les branches principales, qui finissent par se cicatriser laissant de nombreux bourrelets. Si ces derniers sont trop nombreux, ils peuvent provoquer l'annélation partielle de la branche qui finit par dépérir. Ces blessures sont, par ailleurs, une voie d'accès pour les insectes et pour les organismes pathogènes.

Pluie verglaçante, glace et neige mouillée

Les accumulations de glace et de neige mouillée qui se forment après une tempête d'hiver peuvent être assez importantes pour occasionner la rupture de branches. Les petits arbres qui conservent encore quelques feuilles sèches peuvent être facilement cassés sous le poids de la neige ou de la glace. Le propriétaire peut parer aux dégâts en tuteurant les jeunes arbres et en enlevant la neige accumulée sur les grands arbres isolés, à l'aide d'une brosse (dans la mesure du possible).

Concurrence des autres espèces végétales

Les petits poils absorbants puisent l'eau et les éléments nutritifs dans les 30 premiers centimètres du sol, bien au-delà du périmètre du feuillage. C'est précisément dans cette couche que les arbres se heurtent à la concurrence des racines des plantes à gazon ou d'autres plantes ornementales. Si l'arbre ne reçoit pas suffisam-ment d'éléments nutritifs, il ne tardera pas à manifester des carences dans les feuilles. Les feuilles touchées sont vert pâle s'il y a carence d'azote ou rouge violacé si les plantes manquent de phosphore ou de potassium. L'analyse du sol est souvent le meilleur moyen de vérifier si le sol autour de l'arbre manque d'éléments nutritifs. L'analyse foliaire est le moyen le plus efficace pour déceler une carence nutritive (il faut toutefois ajouter un échantillon sain d'un arbre voisin comme témoin). Si le niveau de fertilité et le pH sont conve-nables, la décoloration des feuilles pourrait être due à un mauvais emploi des pesticides ou encore à d'autres sources de stress.

Sécheresse

Les arbres peuvent souffrir de stress causés par des épisodes de sécheresse de courte ou de longue durée. Les feuilles des arbres victimes d'un manque d'eau passager seront portées à flétrir durant les heures chaudes de la journée pour ensuite brunir ou devenir cassantes le long des bords. Les dégâts seront plus prononcés si le vent souffle assez fort. Une sécheresse prolongée provoquera les mêmes symptômes en plus d'occasionner l'apparition prématurée des couleurs automnales et la perte des feuilles à la mi-été.

Les arbres poussant en sol argileux sont parfois exposés à de plus longues périodes de sécheresse parce que les particules d'argile chauffées par le soleil ont tendance à se gonfler à la surface lorsqu'elles sont mouillées, bloquant ainsi l'accès de l'eau aux racines. L'aération de la surface du sol sous la limite du feuillage peut aider à prévenir cet inconvénient.

Comme les autres plantes vivaces, les arbres sont susceptibles de manquer d'eau en hiver. Le sol à la base de l'arbre doit recevoir un arrosage abondant en automne, de façon à fournir aux racines une bonne réserve d'eau, ce qui leur permettra de reprendre la croissance le printemps suivant.

Activités humaines

Chaque année, de nombreux arbres sont détruits ou endommagés de façon indirecte par les activités humai-nes. Voici quelques-unes de ces activités ainsi que les stress qu'elles occasionnent.

Transplantation

Plusieurs types de stress susceptibles de nuire à l'arbre peuvent survenir avant, pendant et après la transplan-tation. En voici quelques-uns :

  • Exposition des racines nues aux températures élevées, à l'insolation directe ou aux vents dessé-chants entre le moment de l'arrachage et la trans-plan-tation;
  • Mauvais étalement des racines au cours de la mise en terre (peut causer ce qu'on appelle l'enlacement des racines);
  • Plantation de la motte trop profondément ou excès de paillis autour de la partie inférieure du tronc (le tronc est planté trop profondément, ce qui le fait pourrir);
  • Utilisation, pour le remblai, d'une terre de mauvaise qualité ou tassement insuffisant du sol après la transplantation, provoquant un mauvais contact entre les racines et le sol;
  • Omission d'enlever les ficelles qui soutenaient le tronc inférieur, ce qui peut causer l'étouffement des racines (par annélation) et entraîner la mort de l'arbre au bout de quelques années;
  • Arrosage insuffisant après la transplantation.

Arrosage inadéquat

Bon nombre d'arbres d'ornement ont besoin d'arrosage additionnel au cours de l'année suivant leur transplantation. Le système racinaire dans les contenants utilisés pour transporter les arbres ou dans les mottes en tontine est généralement de taille réduite. Les racines arrivent difficilement à absorber l'eau avant d'être vraiment établies. Un excès d'arrosage toutefois inonde la zone racinaire, ce qui réduit la quantité d'oxygène qui peut être utile à la croissance des racines et entraîner leur décomposition. Dans les nouveaux quartiers résidentiels, les risques d'excès d'arrosage sont encore plus importants car les sols ont souvent été très compactés et sont de qualité inférieure au-delà des quinze premiers centimètres (6 po).

Il est recommandé d'arroser les plantes ligneuses tous les 7-10 jours. Arrosez assez longtemps pour humecter quelques centimètres de la couche supérieure du sol. Un arrosage en douceur sur une assez longue période permet une bonne infiltration d'eau, ce qui favorise le développement de racines saines à une profondeur raisonnable. Par contre, des cycles d'irrigation courts et fréquents ne favorisent pas une infiltration adéquate de l'eau et provoque la formation de racines à la surface, ce qui les rend plus vulnérables à la sécheresse au cœur de l'été. Faites fonctionner les systèmes d'irrigation dans la soirée, par temps plus frais, ou (de préférence) tôt le matin, afin de réduire l'évaporation. Essayez d'éviter d'arroser le feuillage car l'humidité des feuilles accroît les risques de maladies, ce qui est peu souhaitable pour un arbre qui subit d'autres stress. De plus, les goutte-lettes d'eau agissent comme une loupe et interceptent les rayons du soleil, ce qui risque de causer des brûlures sur les feuilles. Il vaut mieux diriger le jet d'eau vers le bas à l'endroit où poussent les racines.

Mauvais entretien du terrain

L'apport de grandes quantités d'engrais chimiques, à n'importe quelle période de l'année, donne lieu à une production excessive de gourmands (qui inhibe parfois la floraison) et réduit l'aptitude de la plante à résister au stress. L'application d'engrais à la fin de l'été (conju-guée avec des températures automnales plus élevées que la normale) empêche la lignification des branches et de l'écorce avant l'hiver. Un aoûtement insuffisant rend les arbres plus sensibles aux attaques de l'hiver.

Tailler au début de l'automne peut stimuler l'éclate-ment des bourgeons latéraux et favoriser une croissance végétative pendant l'automne (surtout si la température est plus chaude que la normale). Les nouvelles pousses risquent de ne pas avoir le temps de s'aoûter suffisam-ment avant l'hiver. Une taille mal faite, laissant des chicots trop gros ou de l'écorce déchirée, produit une plaie vulnérable aux attaques des organismes pathogènes et aux stress environnementaux.

Annélation

L'annélation ou la strangulation du tronc peut être produite par un fil de fer de clôture ou un câble en nylon ou en acier, utilisé pour faciliter l'ancrage de l'arbre. Si l'on oublie d'enlever le fil de fer autour du tronc, au bout de quelques années l'écorce recouvre le câble, réduisant la circulation de l'eau et des éléments nutritifs dans le cambium (tissus de regénération sous l'écorce). Des dommages semblables peuvent être causés lorsque les haubans deviennent trop serrés. On utilise des haubans, à court terme après la transplantation, pour protéger l'arbre des coups de vent. Vérifiez-les chaque année jusqu'à ce qu'on les enlève.

L'annélation partielle du tronc, en particulier chez les arbres jeunes et les arbres à écorce mince, peut être causée aussi par l'utilisation de tondeuses et de taille-bordures trop près de l'arbre.
Modification de l'emplacement

L'élévation du niveau du sol de plus de 8 cm autour d'un arbre établi occasionne une diminution de l'alimentation des racines en oxygène et en eau, entraînant tôt ou tard le dépérissement de l'arbre. S'il faut ajouter de la terre pour les besoins de l'aména-gement paysager, on peut toutefois sauvegarder l'arbre en déposant une couche de gravier tout autour et en installant un réseau de tuyaux de drainage rayonnant depuis l'arbre. Si la terre doit être relevée de moins de 45 cm, les tuyaux de drainage suffiront. Si l'épaisseur du remblai dépasse 45 cm, il faut épandre une couche de gravier de 20 à 30 cm en même temps que les tuyaux de drainage.

Dégâts dus à la construction

Tout travail d'excavation effectué dans la zone racinaire des arbres peut endommager les racines et, par consé-quent, entraver l'absorption de l'eau et des élé-ments nutritifs. Les plantes finissent par manifester des symptô-mes de roussissement sur les feuilles et de dépérissement dans la frondaison. Lorsque beaucoup de racines ont été sectionnées ou abîmées par le matériel d'excavation, les arbres peuvent à l'occasion produire de grandes quantités de semences. Bien que quelques essences produisent naturellement tous les deux ans une abondante récolte de graines, une forte production de fruits peut être le résultat d'un stress qui a entraîné l'endommagement des racines ou du tronc. Parmi les arbres fructifiant abondamment en conditions de stress, mentionnons en particulier l'érable, le frêne, le bouleau et l'orme.

Les allées et venues de la machinerie lourde ou la mise en place d'allées, de trottoirs ou de patios au-dessus de la zone racinaire peuvent provoquer la compaction du sol. Le tassement de la couche supérieure du sol, surtout en terrain argileux, peut causer l'épuisement de l'oxygène et de l'eau dans la rhizosphère. En outre, les arbres plantés dans des sols compactés sont plus sensibles à la sécheresse.

Sel

Les arbres plantés le long d'une rue ou d'un trottoir peuvent être endommagés par les embruns de sel de déglaçage ainsi que par l'accumulation du sel dans la terre. Les dégâts augmentent en intensité avec la proximité de la chaussée et sont plus prononcés sur le versant du feuillage qui fait face à la route. Dans le cas des arbres à feuillage persistant, les feuilles qui donnent sur la route peuvent sembler « brûlées » au début du printemps en raison des embruns de sel. L'utilisation fréquente de sels déglaçants peut causer l'accumulation de sels dans les sols avoisinants. Les arbres des alentours sont sujets à de plus grands stress hydriques ou sécheresse physiologique. D'une façon générale, les fortes concentrations de sel peuvent provoquer la brûlure des racines et restreindre les fonctions racinai-res, entraînant des symptômes de sécheresse et de carence nutritionnelle dans la frondaison. Chez les feuillus affectés par le sel, les bourgeons n'éclatent pas, et on constate le dépérisse-ment des rameaux et une croissance en touffe sur le côté exposé. Si l'on soupçonne un excès de sel, il faut prendre un échantil-lon de terre et le faire analyser par un laboratoire agréé (test de conductivité électrique).
Les engrais et la matière organique en décomposition sont d'autres sources de sels solubles.

Pesticides

La gravité des dégâts causés par les pesticides varie selon les produits en cause, ainsi que selon les concentrations, la durée du contact et les conditions météorologiques prévalant au cours de l'exposition. Les herbicides utilisés sur le gazon ou dans le jardin peuvent nuire à un arbre avoisinant. Parmi les symptômes constatés, mentionnons la décoloration des feuilles, le dépérisse-ment des rameaux, la réduction de la croissance et la déformation des feuilles et des rameaux.
Les herbicides utilisés sur les patios ou les allées peuvent être absorbés par les racines d'arbres et en compro-mettre la croissance. L'activité de ces herbicides peut durer plus d'une saison de végétation.
L'application de pesticides aux arbres lorsqu'il fait plus de 25 oC peut provoquer le roussissement des feuilles ou d'autres types de dégâts. Évitez d'appliquer des pesti-cides lorsque la vitesse du vent est supérieure à 11 km/h.

Utilisé dans les trois semaines suivant la floraison, l'insecticide carbaryl peut entraîner une diminution du nombre de fruits.

L'application, sur la même partie de l'écorce année après année, de diméthoate (un insecticide systémique) produit un cerne de couleur sombre et peut causer des dégâts par annélation. Ce type de dégât se retrouve souvent sur les bouleaux traités contre la petite mineuse du bouleau.

Lisez attentivement les modes d'emploi et les directives sur les étiquettes des contenants de pesticides.

Autres stress

La fuite de gaz souterrain peut endommager les racines. Normalement, le gaz naturel n'exerce pas d'effets néfastes directs sur les arbres mais il peut leur nuire en éloignant des racines l'oxygène nécessaire à leur croissance. L'eau chlorée des piscines ou des saunas peut également abîmer les racines avoisinantes.

Services de professionnels

Les personnes qui ont besoin d'aide pour diagnostiquer un état anormal peuvent consulter un arboriculteur professionnel ou encore le personnel d'une pépinière ou d'une jardinerie.
On peut aussi poster des échantillons ou les apporter en personne à l'adresse suivante :
Clinique de diagnostic phytosanitaire
Division des services de laboratoire
Université de Guelph
95, ch. Stone Ouest
Guelph (Ontario)
N1H 8J7
Téléphone : 519 767-6256
Télécopieur : 519 767-6240
Courriel : pdc@lsd.uoguelph.ca
Le service de diagnostic est fourni aux frais de l'utilisa-teur. Pour de plus amples renseignements, commu-ni-quer directement avec la clinique.

Information supplémentaire

De nombreuses fiches techniques et publications sont offertes par le MAAO. On peut se les procurer en appelant le comptoir de commandes des publications au 1 888 466-2372 ou le Centre d'information agri-cole au 1 877 424-1300. Vous pouvez également con-sul-ter le site Web du MAAO pour les produits et ser-vices offerts en ligne, à l'adresse www.omaf.gov.on.ca.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

L'auteur tient à remercier les personnes suivantes pour leurs commentaires sur la révision 2002 de cette fiche : MM. Tom Hsiang, Ron Dutton et Michael Celetti. Cette fiche a été rédigée à l'origine par R. Hamersma, Institut de recherches horticoles de l'Ontario, Vineland, et mise à jour par Jennifer Llewellyn, spécialiste des cultures de pépi-nières, Guelph, MAAO.

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca