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Troubles
courants des feuillus
Table des matières
- Introduction
- Diagnostic
- Le sol
- La rusticité
- Les stress environmentaux
- Activités humaines
- Services de professionnels
- Information supplémentaire
Introduction
Les feuillus (arbres à feuilles caduques) font partie inté-gran-te
de nombreux paysages. Plantations brise-vent ou limites de propriété,
ils apportent également à la maison ou au chalet intimité,
ombre et valeur esthétique. Il arrive à l'occasion cependant
que les arbres ne soient pas plantés au meilleur endroit ou que
les conditions ambiantes soient modifiées à leurs dépens.
Si ces condi-tions néfastes perdurent, la santé de l'arbre
risque d'être compromise.
Lorsqu'un arbre subit un stress, il devient plus vulné-rable
aux attaques des insectes et des maladies. La pré-sen-ce de ravageurs
est souvent indicatrice de problèmes de santé sous-jacents.
Ainsi, les maladies des racines sont souvent le symptôme d'une
mauvaise aération du sol (en raison d'un excès d'arrosage,
par exemple). Il est important de savoir reconnaître et identifier
la cause du stress de façon à apporter sans retard les
correctifs appropriés et de redonner ainsi à l'arbre sa
vigueur ini-tiale.
Diagnostic
La première chose à faire lorsqu'on tente d'identifier
ce qui affecte un arbre à feuilles larges est de déterminer
s'il s'agit d'un stress d'origine biotique (vivante) ou abiotique (non
vivante). Les stress du premier type sont causés par les insectes,
les acariens, les maladies (bacté-ries, champignons et virus)
ainsi que par les animaux supérieurs ou par d'autres organismes
vivants. Les stress abiotiques sont dus à des éléments
inanimés et sont souvent liés à des excès
ou des manques d'eau (inon-dation ou sécheresse), d'éléments
nutritifs, de produits chimiques (sels ou pesticides), de chaleur ou
de froid (gel ou glace).
Stress biotiques
Pour vérifier si des insectes ont causé des dégâts,
on doit d'abord examiner attentivement l'arbre endommagé et rechercher
des signes d'infestation. Les parties touchées de l'arbre peuvent
abriter des insectes ou présenter des indices de leur activité.
Beaucoup d'insectes xylophages, par exemple, font des trous dans l'écorce
et produisent de la sciure au cours de leurs travaux de minage. Certains
insectes comme la spongieuse laissent des cocons vides lorsqu'ils arrivent
à l'âge adulte. La présen-ce d'insectes peut aussi
se manifester par d'autres indi-ces comme la présence d'oothèques
(coques contenant des ufs), de toiles, d'excréments ou
de miellat. Le miellat est une sécrétion gluante que produit
les insectes suceurs tels que pucerons, cicadelles et cochenilles. Ces
dernières forment des monticules charnus au revers des feuilles
et sur les rameaux et laissent un miellat gluant. Les acariens (arachnides)
sont de minuscules araignées qui peuvent aussi causer des dommages,
laissant de petites coques à ufs et des toiles autour du
feuillage infesté. Examinez les feuilles de près et vérifiez
la présence de brunissement, de granules, d'enroulement et de
perforations. L'utilisation d'une loupe à grossis-sement de 10X
facilite le repérage et l'identi-fication des insectes.
Pour déceler la présence de maladies, examiner les rameaux.
Y a-t-il des chancres (zones renfoncées) ou des structures soulevées,
cloquées (organes de fructification des champignons)? Le mieux
est de couper le rameau attaqué et de voir si l'intérieur
du bois (tissu vasculaire) a bruni. La couleur du bois sain va du blanc
verdâtre au jaune crème. Les maladies foliaires se manifestent
sou-vent par une décoloration des feuilles allant du jaune au
brun et au noir. Il peut aussi y avoir présence évidente
de taches et de plaques décolorées, de nervures décolo-rées
et d'organes de fructification noirs ou bruns de la taille d'une tête
d'épingle le long des nervures ou à la surface des feuilles.
(Notez que certains insectes produi-sent des galles qui ressemblent
à des structures fongi-ques.) Des organes de fructification de
grande taille, que ce soit des champignons ou des structures fibreuses
étagées et proéminentes, s'observent souvent à
la base des arbres plus âgés de grande dimension. La présence
de ces structures démontre que l'intérieur du tronc ou
les racines sont en train de pourrir.
Les animaux endommagent les arbres soit en se nourris-sant de leurs
tissus, soit en recherchant des insectes sous l'écorce et dans
le bois. Au printemps, les écureuils peuvent élaguer les
nouvelles pousses des ormes, des érables et des chênes.
Signe révélateur de cette activité : la présence
de touffes de feuilles saines jonchant le sol au pied de l'arbre. Le
broutage des cerfs et le frottement de leurs bois contre l'arbre peuvent
aussi causer d'im-por-tants dommages en déchirant les plants
ou déchi-quetant l'écorce. L'hiver surtout, beaucoup d'ani-maux,
dont les souris, les porcs-épics et certains oiseaux enlè-vent
l'écorce pour se nourrir de l'aubier, la partie tendre sous l'écorce.
Il n'est pas rare de constater ce genre de dégâts chez
les arbres à écorce mince au niveau du sol ou plus haut
sur le tronc principal. Lorsqu'une partie de l'écorce est enlevée
en anneau autour de la branche, on parle « d'annélation
». Les annélations causées par les animaux se reconnaissent
par les déchirures inégales de l'écorce dans la
partie abîmée, par les marques de morsures ainsi que par
l'état clairsemé ou maladif de la frondaison au-dessus
de la zone lésée. Ce terme est utilisé également
lorsqu'une plante sarmenteuse, une racine ou encore une corde ou un
câble entoure une racine ou une branche, et finit par l'étrangler.
Stress abiotiques
Les stress abiotiques sont habituellement plus difficiles à
reconnaître et à corriger que les stress biotiques. Pour
déterminer ce qui nuit à la croissance de l'arbre, il
faut examiner non seulement la partie abîmée mais aussi
le reste de l'arbre. Inspectez les environs immédiats et examinez
d'autres espèces végétales pour voir si elles présentent
des symptômes similaires. Essayez d'établir si le stress
existe depuis déjà assez longtemps ou s'il vient seulement
de se manifester. Examinez l'état du sol, les conditions météorologiques
locales ainsi que toute activité récente qui s'est déroulée
aux abords des arbres comme des travaux de construction, l'épandage
de pesticides ou du nivelage. Dans le cas des arbres plus petits et
des arbustes, il peut être utile de creuser un trou autour du
système racinaire pour vérifier si l'humidité est
adéquate ou excessive, ainsi que pour observer la structure du
sol (c'est-à-dire si les agrégats se brisent facilement
ou non).
Il y a quatre principaux facteurs à examiner lorsqu'on tente
d'évaluer ce qui peut nuire à la croissance d'un arbre
: le sol, la rusticité de l'arbre, les stress environ-ne-mentaux
et les activités humaines.
Le sol
La qualité du sol dans lequel l'arbre pousse est un des facteurs
les plus importants pour la santé de ce dernier. En effet, sa
santé est étroitement liée à l'état
du sol, qu'il s'agisse de sa teneur en matière organique, de
son pH (acidité/alcalinité), de son bilan nutritionnel
ainsi que de sa porosité et de son aération.
Drainage
La survie et la croissance des racines d'arbres dépendent en
grande partie de l'état de drainage du terrain. Le drainage,
qui influe sur la disponibilité de l'oxygène au niveau
des racines, est nécessaire pour la croissance normale des racines
ainsi que pour l'absorption des éléments nutritifs. Bon
nombre de facteurs influent sur le drainage, notamment la texture du
sol (argile, limon ou sable), sa composition minérale, sa quantité
de matière organique et la proximité de la nappe phréa-tique.
Dans un sol mal drainé, les racines manquent d'oxygène
et absorbent mal les éléments nutritifs. Si l'état
de saturation hydrique persiste, les poils absor-bants finissent par
mourir et l'arbre est un bon candidat pour les attaques des organismes
causant la pourriture des racines. L'arbre commence à flétrir
(en raison du nombre réduit de racines capables d'absorber l'eau)
et à perdre des feuilles et de petites branches.
Les arbres situés dans des sols graveleux ou sableux qui ne retiennent
pas bien l'eau peuvent également présenter des symptômes
de dessèchement pendant les épisodes de temps sec ou excessivement
chaud. Le manque d'eau peut aussi être problématique dans
les sols gravement compactés, l'eau s'écoulant en surface
plutôt qu'en profondeur. Si le niveau de la nappe phréatique
s'abaisse à cause de travaux d'excavation, de forage de puits
ou d'une forte utilisation de l'eau, les symptômes de sécheresse
(feuilles flétries, brunissement des contours et des nervures)
peuvent apparaître.
pH (réaction)
Le pH est une mesure de l'acidité ou de l'alcalinité
du sol. Un pH de plus de 7 dénote un sol alcalin ou basique,
un pH de moins de 7 signifie que le sol est acide. La plupart des plantes
poussent bien dans des sols à pH allant de 6,0 à 7,5.
La majorité des sols du sud de l'Ontario sont neutres (7,0) ou
plus ou moins alcalins. Une alcalinité trop forte peut entraver
l'absorption de certains éléments nutritifs, notamment
le fer et le man-ga-nèse. Pour réduire l'alcalinité
du sol, on peut épan-re du soufre. Pour l'accroître, on
peut appliquer de la chaux dolomitique.
Carence en fer (Fe) et en manganèse (Mn)
Des carences en fer et en manganèse peuvent se produire chez
les arbres poussant en sols alcalins. Les essences le plus souvent atteintes
de ces carences sont l'érable rouge, le chêne rouge et
le chêne des marais, le tulipier, le rhododendron et l'azalée.
Les plantes affectées ont un feuillage chlorosé (jaune)
et des nervures vert foncé.
La rusticité
L'aptitude d'un arbre à supporter les températures basses
s'appelle rusticité. Cette aptitude varie selon l'essen-ce et,
pour cette raison, toutes les plantes sont affectées d'une cote
numérique de rusticité.
En Ontario, on compte sept zones de rusticité. Chaque zone comprend
deux sous-catégories (a et b). Voir la figure I pour la répartition
des zones de rusticité en Ontario. Ces zones sont constituées
d'après un certain nombre de facteurs dont la température
minimale en hiver, le nombre de jours sans gel, la pluviosité
en été et la vélocité du vent. Les régions
plus au nord ont une cote de rusticité plus basse, la cote s'élevant
géné-rale-ment à mesure qu'on descend vers le sud.

Figure 1. Zones de rusticité
Il importe de savoir dans quelle zone se situe votre propriété
ainsi que la cote de rusticité attribuée à l'arbre
qu'on veut planter. Si la cote de l'arbre est plus élevée
que celle de la région, il risque de ne pas survivre et, s'il
survit, il sera davantage à la merci des agressions du milieu.
Les symptômes peuvent aller du dépérissement des
branches à un grave éclatement de l'écorce, à
la dessiccation des feuilles (notamment sur les arbres persistants à
feuilles larges comme le houx et le mahonia) et au gel des racines.
Ces problèmes prédis-posent l'arbre aux maladies et aux
attaques des insectes.
Les cotes de rusticité sont offertes seulement à titre
indicatif. Bon nombre de plantes peuvent croître au-delà
de leur zone normale de rusticité, mais c'est généralement
parce que leur microclimat a été plus ou moins modifié
(exposition au sud, zone protégée com-me sur un patio).
La rusticité d'un arbre varie également selon la saison
et selon les pratiques culturales (utilisation de toiles comme brise-vent).
La rusticité hivernale s'accroît à mesure que l'automne
progresse et diminue au prin-temps pour atteindre son plus bas niveau
en été. Beaucoup de plantes peuvent être gravement
endom-magées par les fluctuations extrêmes de la température
(par exemple des gelées d'automne hâtives ou des gelées
de printemps tardives).
Bon nombre de catalogues de pépinières et de jardi-neries
fournissent la liste des cotes de rusticité avec la description
des différentes espèces. On peut égale-ment trouver
les zones de rusticité de nombreuses espèces d'arbres
courants dans des ouvrages d'horti-cul-tu-re fiables.
Les stress environmentaux
Les stress environnementaux sont causés par les conditions météorologiques
ou par d'autres facteurs naturels. En voici quelques-uns :
Dommages hivernaux
Les dégâts causés par l'hiver sont probablement
parmi les troubles les plus difficiles à diagnostiquer à
cause des différentes formes qu'ils peuvent prendre (voir ci-dessous).
Bien que les alternances de gel et de dégel puissent endommager
les tissus des plantes, les dom-mages les plus importants sont surtout
provoqués par la formation de cristaux de glace dans les cellules
des bourgeons, du cambium et de l'aubier. La formation de cristaux provoque
la rupture de la membrane cellulaire et la cellule se vide de son contenu.
Le bris d'un grand nombre de cellules entraîne la mort du tissu
végétal. Il arrive souvent que les dommages hivernaux
ne soient pas visibles avant le printemps suivant ou le début
de l'été et ils peuvent alors être confondus avec
d'autres problèmes.
Les dégâts occasionnés par l'hiver peuvent avoir
les causes suivantes :
- Fluctuations extrêmes de la température ou tempé-ra-tures
très basses;
- Humidité du sol excessive à l'automne et en hiver;
- Brûlures d'hiver ou dessiccation du feuillage.
Symptômes possibles :
- Les bourgeons ne s'ouvrent pas au printemps;
- Les bourgeons s'ouvrent, mais les feuilles sont plus petites que
la normale; elles flétrissent et brunissent au début
de l'été, ce qui entraîne le dessèchement
des rameaux;
- L'insolation - éclatement de l'écorce mettant le bois
à nu. S'observe surtout sur le côté sud et sud-ouest
de l'arbre. Cet accident est causé par les alternances rapides
de gel et de dégel des tissus sous-jacents durant les journées
douces d'hiver;
- Le brunissement des feuilles (brûlures d'hiver) surtout chez
les arbres à larges feuilles persistantes. Cela se produit
lorsque les racines emprisonnées dans le sol gelé sont
incapables de compenser les pertes d'eau subies par le tissu. Ces
dommages sont surtout attribuables à la dessiccation causée
par le vent. Ce type de dégât apparaît au début
du prin-temps lorsque le temps commence à se réchauffer.
Foudre
Les grands arbres poussant dans des endroits découverts comme
en rase campagne, en haut d'une colline et en bordure des champs, sont
plus susceptibles d'être frappés par la foudre que les
arbres groupés ou poussant dans des zones plus basses. Nul arbre
cependant n'est à l'abri. La gravité des dégâts
varie selon la proximité de la décharge et sa puissance.
Les symptômes vont de l'éclatement de longues bandes d'écorce
et de bois au noircissement soudain de grandes portions de l'arbre après
un orage électrique. La foudre dégage une quantité
énorme d'énergie électrique, qui doit être
portée à la terre par l'intermédiaire de l'arbre.
En passant, elle risque de détruire une partie du cambium, ce
qui provoquera l'apparition de racines adventives (racines aériennes).
Il peut arriver aussi qu'une grande masse de sol ou de racines soit
perturbée à l'endroit où la décharge a quitté
l'arbre.
Pour atténuer le plus possible les dégâts causés
par la foudre, les mesures suivantes sont conseillées. Enlever
les longues bandes d'écorce brûlée au moyen d'un
couteau bien affûté et propre pour que les tissus du cal
puissent réparer les dégâts. La croissance racinaire
peut être stimulée par l'apport d'un engrais riche en phos-pho-re
mais peu concentré en azote.
Vent
Les dégâts couramment attribuables aux vents violents
sont les branches cassées et déchirées (dégâts
également imputables à la foudre). Les arbres à
enracinement superficiel sont également sensibles aux grands
vents et peuvent être complètement déracinés.
Les essences à bois tendre et à croissance rapide comme
le peuplier et le saule sont particulièrement vulnérables
à cause de leur grande frondaison densément feuillée,
qui offre une prise facile aux vents. Le bris du tronc et des branches
risque davantage de se produire lorsqu'ils sont déjà attaqués
par la pourriture du bois. En outre, les vents violents peuvent dessécher,
endommager ou arracher les feuilles, qui prennent un aspect déchiqueté.
Parfois aussi les bords des feuilles sont roussis. Les symptômes
sont plus graves sur les arbres qui ont souffert de la sécheresse.
Grêle
La grêle poussée par un vent violent peut endommager
gravement les arbres, surtout les jeunes pousses succu-lentes. Les dégâts
causés par la grêle se reconnaissent par la présence
de feuilles gravement déchiquetées et de nombreuses masses
chancreuses sur les rameaux et sur les branches principales, qui finissent
par se cicatriser laissant de nombreux bourrelets. Si ces derniers sont
trop nombreux, ils peuvent provoquer l'annélation partielle de
la branche qui finit par dépérir. Ces blessures sont,
par ailleurs, une voie d'accès pour les insectes et pour les
organismes pathogènes.
Pluie verglaçante, glace et neige mouillée
Les accumulations de glace et de neige mouillée qui se forment
après une tempête d'hiver peuvent être assez importantes
pour occasionner la rupture de branches. Les petits arbres qui conservent
encore quelques feuilles sèches peuvent être facilement
cassés sous le poids de la neige ou de la glace. Le propriétaire
peut parer aux dégâts en tuteurant les jeunes arbres et
en enlevant la neige accumulée sur les grands arbres isolés,
à l'aide d'une brosse (dans la mesure du possible).
Concurrence des autres espèces végétales
Les petits poils absorbants puisent l'eau et les éléments
nutritifs dans les 30 premiers centimètres du sol, bien au-delà
du périmètre du feuillage. C'est précisément
dans cette couche que les arbres se heurtent à la concurrence
des racines des plantes à gazon ou d'autres plantes ornementales.
Si l'arbre ne reçoit pas suffisam-ment d'éléments
nutritifs, il ne tardera pas à manifester des carences dans les
feuilles. Les feuilles touchées sont vert pâle s'il y a
carence d'azote ou rouge violacé si les plantes manquent de phosphore
ou de potassium. L'analyse du sol est souvent le meilleur moyen de vérifier
si le sol autour de l'arbre manque d'éléments nutritifs.
L'analyse foliaire est le moyen le plus efficace pour déceler
une carence nutritive (il faut toutefois ajouter un échantillon
sain d'un arbre voisin comme témoin). Si le niveau de fertilité
et le pH sont conve-nables, la décoloration des feuilles pourrait
être due à un mauvais emploi des pesticides ou encore à
d'autres sources de stress.
Sécheresse
Les arbres peuvent souffrir de stress causés par des épisodes
de sécheresse de courte ou de longue durée. Les feuilles
des arbres victimes d'un manque d'eau passager seront portées
à flétrir durant les heures chaudes de la journée
pour ensuite brunir ou devenir cassantes le long des bords. Les dégâts
seront plus prononcés si le vent souffle assez fort. Une sécheresse
prolongée provoquera les mêmes symptômes en plus
d'occasionner l'apparition prématurée des couleurs automnales
et la perte des feuilles à la mi-été.
Les arbres poussant en sol argileux sont parfois exposés à
de plus longues périodes de sécheresse parce que les particules
d'argile chauffées par le soleil ont tendance à se gonfler
à la surface lorsqu'elles sont mouillées, bloquant ainsi
l'accès de l'eau aux racines. L'aération de la surface
du sol sous la limite du feuillage peut aider à prévenir
cet inconvénient.
Comme les autres plantes vivaces, les arbres sont susceptibles de manquer
d'eau en hiver. Le sol à la base de l'arbre doit recevoir un
arrosage abondant en automne, de façon à fournir aux racines
une bonne réserve d'eau, ce qui leur permettra de reprendre la
croissance le printemps suivant.
Activités humaines
Chaque année, de nombreux arbres sont détruits ou endommagés
de façon indirecte par les activités humai-nes. Voici
quelques-unes de ces activités ainsi que les stress qu'elles
occasionnent.
Transplantation
Plusieurs types de stress susceptibles de nuire à l'arbre peuvent
survenir avant, pendant et après la transplan-tation. En voici
quelques-uns :
- Exposition des racines nues aux températures élevées,
à l'insolation directe ou aux vents dessé-chants entre
le moment de l'arrachage et la trans-plan-tation;
- Mauvais étalement des racines au cours de la mise en terre
(peut causer ce qu'on appelle l'enlacement des racines);
- Plantation de la motte trop profondément ou excès
de paillis autour de la partie inférieure du tronc (le tronc
est planté trop profondément, ce qui le fait pourrir);
- Utilisation, pour le remblai, d'une terre de mauvaise qualité
ou tassement insuffisant du sol après la transplantation, provoquant
un mauvais contact entre les racines et le sol;
- Omission d'enlever les ficelles qui soutenaient le tronc inférieur,
ce qui peut causer l'étouffement des racines (par annélation)
et entraîner la mort de l'arbre au bout de quelques années;
- Arrosage insuffisant après la transplantation.
Arrosage inadéquat
Bon nombre d'arbres d'ornement ont besoin d'arrosage additionnel au
cours de l'année suivant leur transplantation. Le système
racinaire dans les contenants utilisés pour transporter les arbres
ou dans les mottes en tontine est généralement de taille
réduite. Les racines arrivent difficilement à absorber
l'eau avant d'être vraiment établies. Un excès d'arrosage
toutefois inonde la zone racinaire, ce qui réduit la quantité
d'oxygène qui peut être utile à la croissance des
racines et entraîner leur décomposition. Dans les nouveaux
quartiers résidentiels, les risques d'excès d'arrosage
sont encore plus importants car les sols ont souvent été
très compactés et sont de qualité inférieure
au-delà des quinze premiers centimètres (6 po).
Il est recommandé d'arroser les plantes ligneuses tous les 7-10
jours. Arrosez assez longtemps pour humecter quelques centimètres
de la couche supérieure du sol. Un arrosage en douceur sur une
assez longue période permet une bonne infiltration d'eau, ce
qui favorise le développement de racines saines à une
profondeur raisonnable. Par contre, des cycles d'irrigation courts et
fréquents ne favorisent pas une infiltration adéquate
de l'eau et provoque la formation de racines à la surface, ce
qui les rend plus vulnérables à la sécheresse au
cur de l'été. Faites fonctionner les systèmes
d'irrigation dans la soirée, par temps plus frais, ou (de préférence)
tôt le matin, afin de réduire l'évaporation. Essayez
d'éviter d'arroser le feuillage car l'humidité des feuilles
accroît les risques de maladies, ce qui est peu souhaitable pour
un arbre qui subit d'autres stress. De plus, les goutte-lettes d'eau
agissent comme une loupe et interceptent les rayons du soleil, ce qui
risque de causer des brûlures sur les feuilles. Il vaut mieux
diriger le jet d'eau vers le bas à l'endroit où poussent
les racines.
Mauvais entretien du terrain
L'apport de grandes quantités d'engrais chimiques, à
n'importe quelle période de l'année, donne lieu à
une production excessive de gourmands (qui inhibe parfois la floraison)
et réduit l'aptitude de la plante à résister au
stress. L'application d'engrais à la fin de l'été
(conju-guée avec des températures automnales plus élevées
que la normale) empêche la lignification des branches et de l'écorce
avant l'hiver. Un aoûtement insuffisant rend les arbres plus sensibles
aux attaques de l'hiver.
Tailler au début de l'automne peut stimuler l'éclate-ment
des bourgeons latéraux et favoriser une croissance végétative
pendant l'automne (surtout si la température est plus chaude
que la normale). Les nouvelles pousses risquent de ne pas avoir le temps
de s'aoûter suffisam-ment avant l'hiver. Une taille mal faite,
laissant des chicots trop gros ou de l'écorce déchirée,
produit une plaie vulnérable aux attaques des organismes pathogènes
et aux stress environnementaux.
Annélation
L'annélation ou la strangulation du tronc peut être produite
par un fil de fer de clôture ou un câble en nylon ou en
acier, utilisé pour faciliter l'ancrage de l'arbre. Si l'on oublie
d'enlever le fil de fer autour du tronc, au bout de quelques années
l'écorce recouvre le câble, réduisant la circulation
de l'eau et des éléments nutritifs dans le cambium (tissus
de regénération sous l'écorce). Des dommages semblables
peuvent être causés lorsque les haubans deviennent trop
serrés. On utilise des haubans, à court terme après
la transplantation, pour protéger l'arbre des coups de vent.
Vérifiez-les chaque année jusqu'à ce qu'on les
enlève.
L'annélation partielle du tronc, en particulier chez les arbres
jeunes et les arbres à écorce mince, peut être causée
aussi par l'utilisation de tondeuses et de taille-bordures trop près
de l'arbre.
Modification de l'emplacement
L'élévation du niveau du sol de plus de 8 cm autour d'un
arbre établi occasionne une diminution de l'alimentation des
racines en oxygène et en eau, entraînant tôt ou tard
le dépérissement de l'arbre. S'il faut ajouter de la terre
pour les besoins de l'aména-gement paysager, on peut toutefois
sauvegarder l'arbre en déposant une couche de gravier tout autour
et en installant un réseau de tuyaux de drainage rayonnant depuis
l'arbre. Si la terre doit être relevée de moins de 45 cm,
les tuyaux de drainage suffiront. Si l'épaisseur du remblai dépasse
45 cm, il faut épandre une couche de gravier de 20 à 30
cm en même temps que les tuyaux de drainage.
Dégâts dus à la construction
Tout travail d'excavation effectué dans la zone racinaire des
arbres peut endommager les racines et, par consé-quent, entraver
l'absorption de l'eau et des élé-ments nutritifs. Les
plantes finissent par manifester des symptô-mes de roussissement
sur les feuilles et de dépérissement dans la frondaison.
Lorsque beaucoup de racines ont été sectionnées
ou abîmées par le matériel d'excavation, les arbres
peuvent à l'occasion produire de grandes quantités de
semences. Bien que quelques essences produisent naturellement tous les
deux ans une abondante récolte de graines, une forte production
de fruits peut être le résultat d'un stress qui a entraîné
l'endommagement des racines ou du tronc. Parmi les arbres fructifiant
abondamment en conditions de stress, mentionnons en particulier l'érable,
le frêne, le bouleau et l'orme.
Les allées et venues de la machinerie lourde ou la mise en place
d'allées, de trottoirs ou de patios au-dessus de la zone racinaire
peuvent provoquer la compaction du sol. Le tassement de la couche supérieure
du sol, surtout en terrain argileux, peut causer l'épuisement
de l'oxygène et de l'eau dans la rhizosphère. En outre,
les arbres plantés dans des sols compactés sont plus sensibles
à la sécheresse.
Sel
Les arbres plantés le long d'une rue ou d'un trottoir peuvent
être endommagés par les embruns de sel de déglaçage
ainsi que par l'accumulation du sel dans la terre. Les dégâts
augmentent en intensité avec la proximité de la chaussée
et sont plus prononcés sur le versant du feuillage qui fait face
à la route. Dans le cas des arbres à feuillage persistant,
les feuilles qui donnent sur la route peuvent sembler « brûlées
» au début du printemps en raison des embruns de sel. L'utilisation
fréquente de sels déglaçants peut causer l'accumulation
de sels dans les sols avoisinants. Les arbres des alentours sont sujets
à de plus grands stress hydriques ou sécheresse physiologique.
D'une façon générale, les fortes concentrations
de sel peuvent provoquer la brûlure des racines et restreindre
les fonctions racinai-res, entraînant des symptômes de sécheresse
et de carence nutritionnelle dans la frondaison. Chez les feuillus affectés
par le sel, les bourgeons n'éclatent pas, et on constate le dépérisse-ment
des rameaux et une croissance en touffe sur le côté exposé.
Si l'on soupçonne un excès de sel, il faut prendre un
échantil-lon de terre et le faire analyser par un laboratoire
agréé (test de conductivité électrique).
Les engrais et la matière organique en décomposition sont
d'autres sources de sels solubles.
Pesticides
La gravité des dégâts causés par les pesticides
varie selon les produits en cause, ainsi que selon les concentrations,
la durée du contact et les conditions météorologiques
prévalant au cours de l'exposition. Les herbicides utilisés
sur le gazon ou dans le jardin peuvent nuire à un arbre avoisinant.
Parmi les symptômes constatés, mentionnons la décoloration
des feuilles, le dépérisse-ment des rameaux, la réduction
de la croissance et la déformation des feuilles et des rameaux.
Les herbicides utilisés sur les patios ou les allées peuvent
être absorbés par les racines d'arbres et en compro-mettre
la croissance. L'activité de ces herbicides peut durer plus d'une
saison de végétation.
L'application de pesticides aux arbres lorsqu'il fait plus de 25 oC
peut provoquer le roussissement des feuilles ou d'autres types de dégâts.
Évitez d'appliquer des pesti-cides lorsque la vitesse du vent
est supérieure à 11 km/h.
Utilisé dans les trois semaines suivant la floraison, l'insecticide
carbaryl peut entraîner une diminution du nombre de fruits.
L'application, sur la même partie de l'écorce année
après année, de diméthoate (un insecticide systémique)
produit un cerne de couleur sombre et peut causer des dégâts
par annélation. Ce type de dégât se retrouve souvent
sur les bouleaux traités contre la petite mineuse du bouleau.
Lisez attentivement les modes d'emploi et les directives sur les étiquettes
des contenants de pesticides.
Autres stress
La fuite de gaz souterrain peut endommager les racines. Normalement,
le gaz naturel n'exerce pas d'effets néfastes directs sur les
arbres mais il peut leur nuire en éloignant des racines l'oxygène
nécessaire à leur croissance. L'eau chlorée des
piscines ou des saunas peut également abîmer les racines
avoisinantes.
Services de professionnels
Les personnes qui ont besoin d'aide pour diagnostiquer un état
anormal peuvent consulter un arboriculteur professionnel ou encore le
personnel d'une pépinière ou d'une jardinerie.
On peut aussi poster des échantillons ou les apporter en personne
à l'adresse suivante :
Clinique de diagnostic phytosanitaire
Division des services de laboratoire
Université de Guelph
95, ch. Stone Ouest
Guelph (Ontario)
N1H 8J7
Téléphone : 519 767-6256
Télécopieur : 519 767-6240
Courriel : pdc@lsd.uoguelph.ca
Le service de diagnostic est fourni aux frais de l'utilisa-teur. Pour
de plus amples renseignements, commu-ni-quer directement avec la clinique.
Information supplémentaire
De nombreuses fiches techniques et publications sont offertes par le
MAAO. On peut se les procurer en appelant le comptoir de commandes des
publications au 1 888 466-2372 ou le Centre d'information agri-cole
au 1 877 424-1300. Vous pouvez également con-sul-ter le site
Web du MAAO pour les produits et ser-vices offerts en ligne, à
l'adresse www.omaf.gov.on.ca.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
L'auteur tient à remercier les personnes suivantes pour leurs
commentaires sur la révision 2002 de cette fiche : MM. Tom Hsiang,
Ron Dutton et Michael Celetti. Cette fiche a été rédigée
à l'origine par R. Hamersma, Institut de recherches horticoles
de l'Ontario, Vineland, et mise à jour par Jennifer Llewellyn,
spécialiste des cultures de pépi-nières, Guelph,
MAAO.
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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