La
vergerette du Canada
Table des matières
- Description
- Distribution
- Biologie et écologie
- Répercussions économiques
- Mesures de lutte
Description
La vergerette du Canada, aussi communément appelée
érigéron du Canada (Conyza canadensis ou Erigeron
canadensis), est une annuelle d'automne ou d'été,
à racine pivotante courte et à feuilles en rosette, vert
foncé, entières ou légèrement dentées
et couvertes de poils épars (figure 1). Elle produit une
ou plusieurs tiges florales dressées de 10-180 cm de haut
et garnies de nombreuses feuilles étroites (figure 2). Les
fleurs, qui ressemblent aux marguerites, sont réunies en petits
capitules (3-5 mm de diamètre) formant une panicule très
ramifiée à l'extrémité de la tige principale
(figure 3). La graine, de 1-2 mm de long, est presque transparente
et porte une aigrette qui assure sa dissémination par le vent
sur de longues distances comme celle du pissenlit.

Figure 1. Rosette basilaire de la vergerette du Canada. (Photo
tirée du Guide d'identification des mauvaises herbes du Québec,
1999, avec l'autorisation du MAPAQ.)
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Distribution
La vergerette du Canada pousse au sud du 55e parallèle,
dans toutes les provinces du Canada, sauf à Terre-Neuve. Elle
est répandue partout aux États-Unis et est commune en
Europe, en Australie et au Japon. Pendant longtemps, elle envahissait
surtout les vergers, vignobles, bords de routes, voies ferrées,
terres agricoles à l'abandon et forêts coupées à
blanc. De plus en plus, on la trouve dans les champs où la réduction
du travail du sol ne risque pas de perturber son cycle biologique. Elle
envahit tous les types de sol, dont les terres noires, mais surtout
les sols à texture grossière.

Figure 2. Montée à graines de la vergerette du
Canada. Plus la tige florale s'allonge, plus la rosette basilaire se
détériore. (Photo tirée du Guide
d'identification des mauvaises herbes du Québec, 1999, avec
l'autorisation du MAPAQ.)
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Biologie et écologie
La plupart des plantules de vergerette du Canada lèvent
entre la fin août et la fin octobre, formant des rosettes qui
survivent à l'hiver. Quelques plantules lèvent au printemps,
de mars jusqu'au début de mai. Les tiges florales commencent
à s'allonger en mai et les fleurs s'épanouissent à
la mi-juillet. La production de graines culmine au début d'août
et se poursuit en septembre, après quoi la plante meurt. Le nombre
de graines par plant est proportionnel à la hauteur de la tige.
Un plant de 0,4 m de haut produit environ 2 000 graines,
tandis qu'un plant de 1,5 m de haut en produit environ 230 000.
Figure 3. Inflorescence de la vergerette du Canada.
Les graines ne sont pas dormantes à maturité.
Elles produisent une flambée de mauvaises herbes à l'automne
et dans une moindre mesure au printemps. Le taux de germination est
maximal lorsque les graines restent à la surface du sol. Des
études ont démontré que l'enfouissement et la présence
d'une couche de résidus abaissent le taux de germination et la
levée. La banque de graines produites est de courte durée,
car si la survie des graines peut dépasser un an, elle dépasse
rarement trois ans.
Répercussions économiques
Il existe peu de données sur les effets de la
vergerette du Canada sur les rendements et la qualité des cultures.
Selon une étude menée au Michigan, les pertes de rendement
dans le soya en semis direct seraient de 83 % quand la mauvaise
herbe atteint une densité de 150 plants/m2. Des
rapports signalent aussi que de fortes densités de peuplement
de la mauvaise herbe ont réduit les rendements de la betterave
sucrière de 64 % en Allemagne et la croissance des bourgeons
de vigne de 28 % en Italie. Dans ces cultures, la vergerette du
Canada se comporte comme une annuelle d'automne. Dans les carottes et
les oignons cultivés dans des terres noires au Québec,
où la plante se comporte comme une annuelle d'été
après un travail du sol printanier, ses répercussions
sur l'efficacité de la récolte sont plus graves que ses
effets sur les rendements. En général, les plants qui
lèvent l'automne viennent plus hauts, produisent plus de graines
et soumettent les cultures à une concurrence plus vive que ceux
qui lèvent au printemps.
La vergerette du Canada est un hôte sauvage de
la punaise terne, un ennemi de nombreuses cultures. Elle est aussi un
hôte intermédiaire du capside de la luzerne ainsi que de
la jaunisse de l'aster, une maladie transmise à un vaste éventail
d'hôtes par la cicadelle de l'aster.
Mesures de lutte
Comme le travail aratoire détruit facilement
les rosettes de vergerette du Canada à l'automne ou au printemps,
cette mauvaise herbe n'est généralement pas préoccupante
dans les systèmes traditionnels de travail du sol. Un passage
des disques à faible profondeur suffit habituellement à
la maîtriser. En favorisant les pratiques culturales qui retardent
la levée automnale, notamment en laissant une couche de résidus
plus épaisse, on peut réduire la survie automnale de la
mauvaise herbe et diminuer sa densité de peuplement le printemps
suivant. Sans doute à cause d'un produit chimique exsudé
par les racines, le seigle employé comme culture de couverture
nuit au pouvoir germinatif et à la levée de la vergerette
du Canada. Le fait de faucher les pâturages ou les prairies de
fauche prévient ou retarde la production de graines. Au Québec,
en incluant de l'orge de printemps dans la rotation, on a réussi
à réduire les peuplements de vergerette du Canada dans
les oignons et les carottes cultivés dans des terres noires.
La lutte contre la vergerette du Canada à l'aide
d'herbicides de postlevée donne un maximum de résultats
quand le traitement est fait à l'automne ou au début du
printemps, au moment où les rosettes sont petites et en croissance
active et avant l'élongation des tiges. Les herbicides non sélectifs
à base de glyphosate ou de glufosinate ammonium sont en général
efficaces. En mai ou juin, lorsque les tiges ont commencé à
s'allonger, les plants sont moins sensibles aux herbicides et le degré
de maîtrise est plus variable. Apparemment, on obtient de bons
résultats en postlevée avec des produits renfermant du
chloransulam-méthyl ou du chlorimuron-éthyl dans le soya,
du dicamba dans le maïs, du bromoxynil/MCPA dans les céréales,
et du clopyralide dans maintes cultures horticoles ainsi que dans les
zones non cultivées.
On assure la maîtrise en prélevée
des plantules en germination à l'aide de produits renfermant
du flumetsulam, de la métribuzine, de la pendiméthaline,
de l'isoxabène, de la simazine et de l'isoxaflutole. Dans les
cultures de soya en semis direct ayant déjà été
envahies par la vergerette du Canada, une application en présemis
d'un produit à base de glyphosate additionné de flumetsulam
ou de métribuzine assure une maîtrise à la fois
des rosettes et des plantules à germination tardive. Consulter
le dernier numéro de la publication 75F du MAAO, Guide
de lutte contre les mauvaises herbes, pour de l'information sur
les produits homologués et les doses à employer.
La vergerette du Canada a développé une
résistance à divers herbicides dans bien des parties du
monde, y compris en Ontario. Dans plusieurs vergers du comté
d'Essex, des peuplements ont développé une résistance
au paraquat après des années d'utilisation continue de
ce produit. Dans bien des pays d'Europe, la vergerette du Canada a développé
une résistance à l'atrazine et à la simazine. Au
Delaware, des plants de vergerette du Canada résistants au glyphosate
ont été découverts dans plusieurs champs de soya
en semis direct où ce produit avait été utilisé
à répétition. En Ohio, on a signalé une
résistance de cette mauvaise herbe aux inhibiteurs de l'acétolactate
synthase (ALS) (des herbicides du groupe 2). On peut prévenir
l'apparition d'une résistance et la propagation des plants résistants
en pratiquant la rotation à la fois des groupes d'herbicides
et des cultures, et en appliquant les autres principes de lutte intégrée.
Nous remercions le Secrétariat d'État
pour sa contribution financière à la réalisation
de la présente fiche technique.
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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