La vergerette du Canada


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 640
Date de publication : 10/02
Commande no. 02-068
Dernière révision : 10/02
Situation :
Rédacteur : Susan Weaver - Agriculture et Agroalimentaire Canada


Table des matières

  1. Description
  2. Distribution
  3. Biologie et écologie
  4. Répercussions économiques
  5. Mesures de lutte

Description

La vergerette du Canada, aussi communément appelée érigéron du Canada (Conyza canadensis ou Erigeron canadensis), est une annuelle d'automne ou d'été, à racine pivotante courte et à feuilles en rosette, vert foncé, entières ou légèrement dentées et couvertes de poils épars (figure 1). Elle produit une ou plusieurs tiges florales dressées de 10-180 cm de haut et garnies de nombreuses feuilles étroites (figure 2). Les fleurs, qui ressemblent aux marguerites, sont réunies en petits capitules (3-5 mm de diamètre) formant une panicule très ramifiée à l'extrémité de la tige principale (figure 3). La graine, de 1-2 mm de long, est presque transparente et porte une aigrette qui assure sa dissémination par le vent sur de longues distances comme celle du pissenlit.

Rosette basilaire de la vergerette du Canada.

Figure 1. Rosette basilaire de la vergerette du Canada. (Photo tirée du Guide d'identification des mauvaises herbes du Québec, 1999, avec l'autorisation du MAPAQ.)

| Haut de la page |

 

Distribution

La vergerette du Canada pousse au sud du 55e parallèle, dans toutes les provinces du Canada, sauf à Terre-Neuve. Elle est répandue partout aux États-Unis et est commune en Europe, en Australie et au Japon. Pendant longtemps, elle envahissait surtout les vergers, vignobles, bords de routes, voies ferrées, terres agricoles à l'abandon et forêts coupées à blanc. De plus en plus, on la trouve dans les champs où la réduction du travail du sol ne risque pas de perturber son cycle biologique. Elle envahit tous les types de sol, dont les terres noires, mais surtout les sols à texture grossière.

Montée à graines de la vergerette du Canada. Plus la tige florale s’allonge, plus la rosette basilaire se détériore.

Figure 2. Montée à graines de la vergerette du Canada. Plus la tige florale s'allonge, plus la rosette basilaire se détériore. (Photo tirée du Guide d'identification des mauvaises herbes du Québec, 1999, avec l'autorisation du MAPAQ.)

| Haut de la page |

 

Biologie et écologie

La plupart des plantules de vergerette du Canada lèvent entre la fin août et la fin octobre, formant des rosettes qui survivent à l'hiver. Quelques plantules lèvent au printemps, de mars jusqu'au début de mai. Les tiges florales commencent à s'allonger en mai et les fleurs s'épanouissent à la mi-juillet. La production de graines culmine au début d'août et se poursuit en septembre, après quoi la plante meurt. Le nombre de graines par plant est proportionnel à la hauteur de la tige. Un plant de 0,4 m de haut produit environ 2 000 graines, tandis qu'un plant de 1,5 m de haut en produit environ 230 000.

Inflorescence de la vergerette du Canada.

Figure 3. Inflorescence de la vergerette du Canada.

Les graines ne sont pas dormantes à maturité. Elles produisent une flambée de mauvaises herbes à l'automne et dans une moindre mesure au printemps. Le taux de germination est maximal lorsque les graines restent à la surface du sol. Des études ont démontré que l'enfouissement et la présence d'une couche de résidus abaissent le taux de germination et la levée. La banque de graines produites est de courte durée, car si la survie des graines peut dépasser un an, elle dépasse rarement trois ans.

Répercussions économiques

Il existe peu de données sur les effets de la vergerette du Canada sur les rendements et la qualité des cultures. Selon une étude menée au Michigan, les pertes de rendement dans le soya en semis direct seraient de 83 % quand la mauvaise herbe atteint une densité de 150 plants/m2. Des rapports signalent aussi que de fortes densités de peuplement de la mauvaise herbe ont réduit les rendements de la betterave sucrière de 64 % en Allemagne et la croissance des bourgeons de vigne de 28 % en Italie. Dans ces cultures, la vergerette du Canada se comporte comme une annuelle d'automne. Dans les carottes et les oignons cultivés dans des terres noires au Québec, où la plante se comporte comme une annuelle d'été après un travail du sol printanier, ses répercussions sur l'efficacité de la récolte sont plus graves que ses effets sur les rendements. En général, les plants qui lèvent l'automne viennent plus hauts, produisent plus de graines et soumettent les cultures à une concurrence plus vive que ceux qui lèvent au printemps.

La vergerette du Canada est un hôte sauvage de la punaise terne, un ennemi de nombreuses cultures. Elle est aussi un hôte intermédiaire du capside de la luzerne ainsi que de la jaunisse de l'aster, une maladie transmise à un vaste éventail d'hôtes par la cicadelle de l'aster.

Mesures de lutte

Comme le travail aratoire détruit facilement les rosettes de vergerette du Canada à l'automne ou au printemps, cette mauvaise herbe n'est généralement pas préoccupante dans les systèmes traditionnels de travail du sol. Un passage des disques à faible profondeur suffit habituellement à la maîtriser. En favorisant les pratiques culturales qui retardent la levée automnale, notamment en laissant une couche de résidus plus épaisse, on peut réduire la survie automnale de la mauvaise herbe et diminuer sa densité de peuplement le printemps suivant. Sans doute à cause d'un produit chimique exsudé par les racines, le seigle employé comme culture de couverture nuit au pouvoir germinatif et à la levée de la vergerette du Canada. Le fait de faucher les pâturages ou les prairies de fauche prévient ou retarde la production de graines. Au Québec, en incluant de l'orge de printemps dans la rotation, on a réussi à réduire les peuplements de vergerette du Canada dans les oignons et les carottes cultivés dans des terres noires.

La lutte contre la vergerette du Canada à l'aide d'herbicides de postlevée donne un maximum de résultats quand le traitement est fait à l'automne ou au début du printemps, au moment où les rosettes sont petites et en croissance active et avant l'élongation des tiges. Les herbicides non sélectifs à base de glyphosate ou de glufosinate ammonium sont en général efficaces. En mai ou juin, lorsque les tiges ont commencé à s'allonger, les plants sont moins sensibles aux herbicides et le degré de maîtrise est plus variable. Apparemment, on obtient de bons résultats en postlevée avec des produits renfermant du chloransulam-méthyl ou du chlorimuron-éthyl dans le soya, du dicamba dans le maïs, du bromoxynil/MCPA dans les céréales, et du clopyralide dans maintes cultures horticoles ainsi que dans les zones non cultivées.

On assure la maîtrise en prélevée des plantules en germination à l'aide de produits renfermant du flumetsulam, de la métribuzine, de la pendiméthaline, de l'isoxabène, de la simazine et de l'isoxaflutole. Dans les cultures de soya en semis direct ayant déjà été envahies par la vergerette du Canada, une application en présemis d'un produit à base de glyphosate additionné de flumetsulam ou de métribuzine assure une maîtrise à la fois des rosettes et des plantules à germination tardive. Consulter le dernier numéro de la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes, pour de l'information sur les produits homologués et les doses à employer.

La vergerette du Canada a développé une résistance à divers herbicides dans bien des parties du monde, y compris en Ontario. Dans plusieurs vergers du comté d'Essex, des peuplements ont développé une résistance au paraquat après des années d'utilisation continue de ce produit. Dans bien des pays d'Europe, la vergerette du Canada a développé une résistance à l'atrazine et à la simazine. Au Delaware, des plants de vergerette du Canada résistants au glyphosate ont été découverts dans plusieurs champs de soya en semis direct où ce produit avait été utilisé à répétition. En Ohio, on a signalé une résistance de cette mauvaise herbe aux inhibiteurs de l'acétolactate synthase (ALS) (des herbicides du groupe 2). On peut prévenir l'apparition d'une résistance et la propagation des plants résistants en pratiquant la rotation à la fois des groupes d'herbicides et des cultures, et en appliquant les autres principes de lutte intégrée.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca