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Brûlure Bactérienne de la Pomme et de la Poire en Ontario
Table des matières
IntroductionLa brûlure bactérienne, causée par Erwinia amylovora, est une maladie bactérienne grave des pommiers (Malus spp.) et des poiriers (Pyrus spp.), ainsi que des espèces ornementales de poirier, de pommetier, daubépine, de sorbier dAmérique, de cotonéaster, de cognassier et de buisson ardent. La brûlure bactérienne a été signalée pour la première fois en Amérique du Nord dans lÉtat de New York vers la fin du XVIIIe siècle. Elle est apparue en Ontario, dans la péninsule du Niagara, en 1840. Aujourdhui, la brûlure bactérienne est présente dans toute la province, dans les régions de culture de la pomme et de la poire, mais surtout dans le sud-ouest de lOntario, au sud dune ligne allant de Sarnia à Oakville. Des flambées de brûlure bactérienne se manifestent périodiquement et sont liées à des conditions météorologiques propices aux infections (temps doux et pluvieux durant la floraison ou orage électrique violent accompagné de grêle durant lété). Chez les cultivars sensibles de pommier et de poirier, la brûlure bactérienne peut se propager rapidement sur un même arbre, faisant mourir de grosses branches ou même larbre au complet (figure 1).
La brûlure bactérienne est une maladie dimportance économique, surtout dans les vergers à haute densité de pommiers tuteurés appartenant à des cultivars ou à des porte-greffes plus récents et plus sensibles, et à la plupart des cultivars commerciaux de poiriers. | Haut de la page | Cycle De La MaladieErwinia amylovora, agent responsable de la brûlure bactérienne, hiberne sur les pourtours des chancres. Au printemps, au moment où les arbres sortent de leur dormance, certains de ces chancres deviennent actifs et produisent des bactéries qui peuvent se propager aux fleurs ouvertes et aux pousses tendres. Des bactéries peuvent également être transportées dans le verger par des insectes ou par le vent en provenance de zones infectées avoisinantes, notamment des hôtes constitués despèces sauvages et ornementales. Les fleurs épanouies représentent les tissus les plus sensibles à la fois chez le pommier et chez le poirier. Les bactéries infectent les fleurs à la faveur du vent, de la pluie et des insectes. Elles sy multiplient de façon exponentielle dans le nectar de la fleur. Puis, le pathogène continue à se disséminer lorsque les insectes pollinisateurs (essentiellement des abeilles) le transportent dune fleur infectée à une fleur saine. La pluie, les fortes rosées et les pulvérisations de pesticides lavent les bactéries à la base de la fleur où elles pénètrent dans les orifices naturels et provoquent des infections. Une fois que linfection sest produite, les bactéries se propagent rapidement aux tissus succulents (tissus de 1 à 4 ans), surtout par temps chaud et humide. Des infections secondaires peuvent se produire durant toute la saison de croissance. Elles découlent de la propagation de E. amylovora subséquente aux infections primaires des fleurs et des pousses ainsi quà la présence des chancres et de leur exsudat. Dinnombrables bactéries sont propagées par la pluie, le vent, et les insectes de type perceur-suceur. Lélagage effectué à laide doutils contaminés peut également accélérer la propagation de la brûlure bactérienne. Les infections secondaires sont habituellement les plus graves. Elles peuvent faire mourir les arbres. Au fur et à mesure que la saison de croissance avance, les infections ralentissent et des chancres se forment dans lécorce. Les chancres sont habituellement des zones déprimées aux pourtours dabord flous. Avec le temps, les chancres se fissurent et se distinguent nettement des tissus sains. | Haut de la page | SymptômesLa bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut attaquer toutes les parties de l'arbre, de telle sorte que les symptômes de la maladie sont désignés en fonction de la partie du plant qui est atteinte. On parle donc de brûlure de la fleur, de brûlure des pousses ou des rameaux, de brûlure du fruit, de brûlure des branches et du tronc, et de brûlure du collet ou du porte-greffe. | Haut de la page | En Ontario, la brûlure de la fleur est sporadique, à la fois dans les vergers de pommiers et les vergers de poiriers. Elle ne survient que lorsque la floraison est marquée par du temps doux et pluvieux, là où la bactérie responsable de la brûlure bactérienne est présente. Il arrive quune seule fleur ou quune inflorescence tout entière soit atteinte. Sur la fleur, la brûlure bactérienne se manifeste dabord par des pétales, des sépales (organes extérieurs de la fleur qui ressemblent à des feuilles) et un réceptacle (partie renflée de la tige florale) gorgés deau, puis par le flétrissement et le changement de couleur des tissus, qui passent du vert foncé au brun ou au noir (figure 2). Des gouttelettes dexsudat bactérien suintent du pédicelle (petite tige supportant chaque fleur). La bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut progresser au-delà de la fleur et sétendre à toute la lambourde ainsi quà dautres parties de larbre. Avec le temps, le fruit noircit, se dessèche et se ratatine (devient momifié). Il reste normalement attaché à larbre (voir sous « Brûlure du fruit »).
| Haut de la page | Après les fleurs, ce sont les pousses succulentes et les gourmands ou drageons qui sont les organes les plus sensibles à linfection. Les symptômes de la brûlure des pousses sobservent pendant tout le printemps et tout lété, souvent, une fois que les fruits ont été infectés et en présence de chancres hibernant. Labrasion par le sable, le balayage par le vent, la grêle ou des orages électriques violents peuvent endommager les pousses, offrant du coup une voie dentrée aux bactéries responsables des infections. Les premiers symptômes se manifestent souvent plusieurs semaines après la floraison par le noircissement et laffaissement caractéristique de lextrémité des pousses qui se courbent en forme de crosse puis flétrissent, symptôme dit du « bâton de berger » (figure 3). Au fur et à mesure que la bactérie descend dans la pousse, les tissus de la tige se décolorent (ils deviennent bruns chez le pommier et noirs chez le poirier) et se froissent. En quelques jours, le déplacement de la bactérie perceptible à loeil, progresse de 1530 cm (612 po) ou plus dans la pousse. Les premiers symptômes foliaires sont habituellement le brunissement ou le noircissement du pétiole (tige supportant la feuille) et de la nervure médiane, tandis que le reste des tissus foliaires demeurent verts. Ces symptômes saccompagnent fréquemment de lapparition dun exsudat le long de la nervure médiane des feuilles et de la tige de la pousse (figure 4). Les feuilles mortes restent attachées à la pousse pendant toute la saison de croissance et même durant lhiver. La bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut aussi se déplacer dans les tissus vasculaires de larbre à partir dun chancre et pénétrer ainsi dans la pousse.
| Haut de la page | Brûlure des branches et du tronc (chancre) Les pertes les plus graves occasionnées par la brûlure bactérienne surviennent lorsque les infections des fleurs et des pousses se propagent au vieux bois. Chez les cultivars de pommier particulièrement sensibles et chez les poiriers, en présence de températures douces et dune forte humidité, la brûlure bactérienne peut, en moins dune saison de croissance, se propager aux branches maîtresses et au tronc. Les chancres ceinturent les branches et font mourir le bois sain qui se trouve au-delà en stoppant le transport des éléments nutritifs et de leau. Les chancres vont habituellement du brun au violet, ils sont déprimés et ont des pourtours fissurés (figure 5). Les tissus sous-jacents à lécorce deviennent dabord gorgés deau et striés de rouge (figure 6), puis brunissent. Pendant les périodes pluvieuses ou très humides, lexsudat bactérien est visible à la surface des chancres. Le suintement est dabord blanc laiteux, mais il brunit rapidement au contact de lair. Une fois sec, lexsudat forme pendant plusieurs mois une substance gommeuse durcie à la surface des chancres. Les bactéries qui peuplent lexsudat peuvent être disséminées par les insectes qui butinent et par les éclaboussures deau lorsquil pleut. Elles sont également facilement transportées dun arbre à lautre par les outils servant à lélagage. Les chancres sont inactifs durant lhiver jusquau moment où, à larrivée du printemps, les bactéries qui prolifèrent sur leur pourtour assurent à nouveau la propagation de la maladie. Les infections peuvent ensuite se propager aux pousses, aux branches et aux gourmands adjacents. La propagation de ce type de brûlure peut commencer avant, pendant ou peu après la floraison, selon les températures qui règnent au printemps dans le verger.
| Haut de la page | Brûlure propagée par des blessures Cette forme de brûlure est rare, mais très dévastatrice. Elle survient à la suite dinfections subséquentes à des blessures aux feuilles, aux fruits et aux pousses occasionnées par des gelées printanières, de la grêle ou des vents violents. | Haut de la page | Pendant la saison de croissance, linfection peut gagner le fruit à la faveur de blessures causées par des insectes, de gros vents, de la pluie ou de la grêle. Les symptômes peuvent commencer à apparaître dans les 2448 heures suivant un épisode de grêle. Le fruit infecté paraît dabord vert grisâtre et gorgé deau (figure 7), puis il brunit ou noircit et produit un exsudat laiteux qui suinte à sa surface (figure 8). Sur les poires infectées qui approchent de la maturité, la zone infectée présente souvent un pourtour vert foncé gorgé deau. Sur les pommes, on observe plutôt un rougissement prématuré aux abords de la zone infectée. Par la suite, les pommes brunissent et les poires noircissent pour ensuite se ratatiner et paraître momifiées. Les fruits restent attachés au dard.
| Haut de la page | Brûlure du collet et du porte-greffe La brûlure du collet et du porte-greffe peut frapper la plupart des porte-greffes, mais surtout les cultivars nanifiants M.9 et M.26 utilisés comme porte-greffes de pommiers, ainsi que les cognassiers et cultivars Bartlett utilisés comme porte-greffes de poiriers. La brûlure du collet et du porte-greffe se manifeste souvent au niveau du sol, immédiatement sous le point de greffe, dans la partie de larbre constituée du porte-greffe. Ce type de brûlure entraîne fréquemment la mort des arbres et elle est difficile à distinguer à loeil de la pourriture du collet causée par Phytophthora. Au début, la zone infectée paraît sombre, gorgée deau et pourpre (figure 9). Les pourtours sont dabord flous ou surélevés et cloqués, puis ils deviennent définis et se fissurent au fur et à mesure que la maladie progresse. Dans la zone atteinte, les tissus sous-jacents à lécorce présentent souvent des stries rouge-brun (figure 10). Linvasion du porte-greffe par la bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut être causée par :
| Haut de la page | Prévision Et SurveillanceIl existe des logiciels qui servent à déterminer limportance des risques de brûlure bactérienne et à prédire le moment de lapparition des symptômes de la maladie. Cette information permet aux producteurs de mieux choisir le moment des traitements chimiques. Si les conditions énumérées ci-dessous se produisent les unes à la suite des autres et que la bactérie responsable de la brûlure bactérienne est présente, les modèles informatisés peuvent prédire linfection des fleurs :
Pour utiliser ces modèles, il faut noter les températures minimales et maximales quotidiennes, les précipitations ou les rosées, et le stade de croissance phénologique de la culture. | Haut de la page | Pratiques Culturales Et Méthodes De Lutte1. Choix du cultivar en fonction de sa sensibilitéIl y a de gros risques à planter des cultivars sensibles dans des zones de la province où la brûlure bactérienne a de bonnes chances dapparaître (c.-à-d. dans un rayon de 100 km au nord du lac Érié, depuis le comté dEssex et dans toute la région du Niagara) (figure 11). Au cours des saisons propices à la brûlure bactérienne, les producteurs sexposent alors à subir des pertes économiques considérables, sans compter que les cultivars sensibles peuvent constituer une source importante de bactéries qui risquent de se propager à des cultivars moins sensibles dans le verger. Le tableau 1, Résistance relative des cultivars et porte-greffes de pommier à la brûlure bactérienne, et le tableau 2, Résistance relative des cultivars et porte-greffes de poirier à la brûlure bactérienne, présentent la sensibilité des différents cultivars et porte-greffes. Il est à noter que « résistance » à la brûlure bactérienne ne signifie pas « immunité » à la maladie.
Tableau 1. Résistance relative des cultivars et porte-greffes
de pommier à la brûlure bactérienne*
* La résistance peut varier selon les conditions de croissance. Tableau 2. Résistance relative des cultivars et porte-greffes de poirier à la brûlure bactérienne*
| Haut de la page | 2. Pratiques culturalesVoici les pratiques culturales qui sont recommandées pour réduire lincidence de la brûlure et sa propagation dans le verger :
| Haut de la page | 3. Lutte chimiqueLes populations de bactéries responsables de la brûlure peuvent gonfler rapidement dans les fleurs lorsque les températures montent à plus de 18 °C. Il est important dabaisser les niveaux de populations des bactéries afin de prévenir une infection ultérieure des fleurs et létablissement de points dinfection dans le verger. Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les possibilités de lutte chimique. Le choix du moment des interventions est particulièrement important, du fait que le produit pulvérisé doit, pour donner un maximum de résultats, venir en contact direct avec lorganisme à combattre. Dans tous les cas, bien lire létiquette du produit avant lemploi et suivre à la lettre les directives du fabricant. | Haut de la page | 4. Stratégies de gestion de la résistanceDes souches de E. amylovora résistantes aux antibiotiques ont été identifiées en Colombie-Britannique, dans les États du Michigan, de New York, de la Californie, de Washington et de lOregon, ainsi quen Grèce et en Égypte. Une étude réalisée par Agriculture et Agroalimentaire Canada au début des années 1990 dans des blocs de vergers de pommiers et de poiriers du sud de lOntario a révélé que toutes les souches de la bactérie responsable de la brûlure bactérienne prélevées dans la province étaient alors sensibles. Pour réduire le risque dapparition dune résistance aux antibiotiques :
Le tableau 3 présente un résumé des pratiques culturales destinées à minimiser les risques dapparition de la brûlure bactérienne dans les vergers. Tableau 3. Recommandations pour une lutte musclée contre la brûlure bactérienne.
Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
| Haut de la page | For more information:Toll Free: 1-877-424-1300 Local: (519) 826-4047 E-mail: ag.info.omafra@ontario.ca |
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