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Brûlure Bactérienne de la Pomme et de la Poire en Ontario

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 634/210
Date de publication : 02/02
Commande no. 02-012
Dernière révision : 07/02
Situation :
Rédacteur : Bernt Solymar - spécialiste de la LI dans les fruits à pépins/MAAO; Gerald M. Walker - spécialiste de la LI dans les fruits tendres et le raisin/MAAO; Gordon Bonn - Biobonnex Inc. Consulting; Neil Carter

Table des matières

  1. Introduction
  2. Cycle De La Maladie
  3. Symptômes
    1. Brûlure de la fleur
    2. Brûlure des pousses
    3. Brûlure des branches et du tronc (chancre)
    4. Brûlure propagée par des blessures
    5. Brûlure du fruit
    6. Brûlure du collet et du porte-greffe
  4. Prévision Et Surveillance
  5. Pratiques Culturales Et Méthodes De Lutte
    1. Choix du cultivar en fonction de sa sensibilité
    2. Pratiques culturales
    3. Lutte chimique
    4. Stratégies de gestion de la résistance

Introduction

La brûlure bactérienne, causée par Erwinia amylovora, est une maladie bactérienne grave des pommiers (Malus spp.) et des poiriers (Pyrus spp.), ainsi que des espèces ornementales de poirier, de pommetier, d’aubépine, de sorbier d’Amérique, de cotonéaster, de cognassier et de buisson ardent. La brûlure bactérienne a été signalée pour la première fois en Amérique du Nord dans l’État de New York vers la fin du XVIIIe siècle. Elle est apparue en Ontario, dans la péninsule du Niagara, en 1840. Aujourd’hui, la brûlure bactérienne est présente dans toute la province, dans les régions de culture de la pomme et de la poire, mais surtout dans le sud-ouest de l’Ontario, au sud d’une ligne allant de Sarnia à Oakville. Des flambées de brûlure bactérienne se manifestent périodiquement et sont liées à des conditions météorologiques propices aux infections (temps doux et pluvieux durant la floraison ou orage électrique violent accompagné de grêle durant l’été). Chez les cultivars sensibles de pommier et de poirier, la brûlure bactérienne peut se propager rapidement sur un même arbre, faisant mourir de grosses branches ou même l’arbre au complet (figure 1).

Symptôme caractéristique de la brûlure bactérienne
Figure 1. Symptôme caractéristique de la brûlure bactérienne: feuilles desséchées qui restent attachées aux pousses et branches mortes.

La brûlure bactérienne est une maladie d’importance économique, surtout dans les vergers à haute densité de pommiers tuteurés appartenant à des cultivars ou à des porte-greffes plus récents et plus sensibles, et à la plupart des cultivars commerciaux de poiriers.

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Cycle De La Maladie

Erwinia amylovora, agent responsable de la brûlure bactérienne, hiberne sur les pourtours des chancres. Au printemps, au moment où les arbres sortent de leur dormance, certains de ces chancres deviennent actifs et produisent des bactéries qui peuvent se propager aux fleurs ouvertes et aux pousses tendres. Des bactéries peuvent également être transportées dans le verger par des insectes ou par le vent en provenance de zones infectées avoisinantes, notamment des hôtes constitués d’espèces sauvages et ornementales.

Les fleurs épanouies représentent les tissus les plus sensibles à la fois chez le pommier et chez le poirier. Les bactéries infectent les fleurs à la faveur du vent, de la pluie et des insectes. Elles s’y multiplient de façon exponentielle dans le nectar de la fleur. Puis, le pathogène continue à se disséminer lorsque les insectes pollinisateurs (essentiellement des abeilles) le transportent d’une fleur infectée à une fleur saine. La pluie, les fortes rosées et les pulvérisations de pesticides lavent les bactéries à la base de la fleur où elles pénètrent dans les orifices naturels et provoquent des infections. Une fois que l’infection s’est produite, les bactéries se propagent rapidement aux tissus succulents (tissus de 1 à 4 ans), surtout par temps chaud et humide.

Des infections secondaires peuvent se produire durant toute la saison de croissance. Elles découlent de la propagation de E. amylovora subséquente aux infections primaires des fleurs et des pousses ainsi qu’à la présence des chancres et de leur exsudat. D’innombrables bactéries sont propagées par la pluie, le vent, et les insectes de type perceur-suceur. L’élagage effectué à l’aide d’outils contaminés peut également accélérer la propagation de la brûlure bactérienne. Les infections secondaires sont habituellement les plus graves. Elles peuvent faire mourir les arbres.

Au fur et à mesure que la saison de croissance avance, les infections ralentissent et des chancres se forment dans l’écorce. Les chancres sont habituellement des zones déprimées aux pourtours d’abord flous. Avec le temps, les chancres se fissurent et se distinguent nettement des tissus sains.

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Symptômes

La bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut attaquer toutes les parties de l'arbre, de telle sorte que les symptômes de la maladie sont désignés en fonction de la partie du plant qui est atteinte. On parle donc de brûlure de la fleur, de brûlure des pousses ou des rameaux, de brûlure du fruit, de brûlure des branches et du tronc, et de brûlure du collet ou du porte-greffe.

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Brûlure de la fleur

En Ontario, la brûlure de la fleur est sporadique, à la fois dans les vergers de pommiers et les vergers de poiriers. Elle ne survient que lorsque la floraison est marquée par du temps doux et pluvieux, là où la bactérie responsable de la brûlure bactérienne est présente. Il arrive qu’une seule fleur ou qu’une inflorescence tout entière soit atteinte. Sur la fleur, la brûlure bactérienne se manifeste d’abord par des pétales, des sépales (organes extérieurs de la fleur qui ressemblent à des feuilles) et un réceptacle (partie renflée de la tige florale) gorgés d’eau, puis par le flétrissement et le changement de couleur des tissus, qui passent du vert foncé au brun ou au noir (figure 2). Des gouttelettes d’exsudat bactérien suintent du pédicelle (petite tige supportant chaque fleur). La bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut progresser au-delà de la fleur et s’étendre à toute la lambourde ainsi qu’à d’autres parties de l’arbre. Avec le temps, le fruit noircit, se dessèche et se ratatine (devient momifié). Il reste normalement attaché à l’arbre (voir sous « Brûlure du fruit »).

Brûlure de la fleur 
Figure 2. Brûlure de la fleur: des gouttelettes d’exsudat bactérien suitent du pédicelle.

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Brûlure des pousses

Après les fleurs, ce sont les pousses succulentes et les gourmands ou drageons qui sont les organes les plus sensibles à l’infection. Les symptômes de la brûlure des pousses s’observent pendant tout le printemps et tout l’été, souvent, une fois que les fruits ont été infectés et en présence de chancres hibernant. L’abrasion par le sable, le balayage par le vent, la grêle ou des orages électriques violents peuvent endommager les pousses, offrant du coup une voie d’entrée aux bactéries responsables des infections. Les premiers symptômes se manifestent souvent plusieurs semaines après la floraison par le noircissement et l’affaissement caractéristique de l’extrémité des pousses qui se courbent en forme de crosse puis flétrissent, symptôme dit du « bâton de berger » (figure 3). Au fur et à mesure que la bactérie descend dans la pousse, les tissus de la tige se décolorent (ils deviennent bruns chez le pommier et noirs chez le poirier) et se froissent. En quelques jours, le déplacement de la bactérie perceptible à l’oeil, progresse de 15–30 cm (6–12 po) ou plus dans la pousse. Les premiers symptômes foliaires sont habituellement le brunissement ou le noircissement du pétiole (tige supportant la feuille) et de la nervure médiane, tandis que le reste des tissus foliaires demeurent verts. Ces symptômes s’accompagnent fréquemment de l’apparition d’un exsudat le long de la nervure médiane des feuilles et de la tige de la pousse (figure 4). Les feuilles mortes restent attachées à la pousse pendant toute la saison de croissance et même durant l’hiver. La bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut aussi se déplacer dans les tissus vasculaires de l’arbre à partir d’un chancre et pénétrer ainsi dans la pousse.

Brûlure bactérienne
Exsudat bactérien sur la tige
Figure 3. Brûlure bactérienne: le recourbement des pousses en « bâton de berger » est un symptôme caractéristique. Figure 4. Exsudat bactérien sur la tige.

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Brûlure des branches et du tronc (chancre)

Les pertes les plus graves occasionnées par la brûlure bactérienne surviennent lorsque les infections des fleurs et des pousses se propagent au vieux bois. Chez les cultivars de pommier particulièrement sensibles et chez les poiriers, en présence de températures douces et d’une forte humidité, la brûlure bactérienne peut, en moins d’une saison de croissance, se propager aux branches maîtresses et au tronc. Les chancres ceinturent les branches et font mourir le bois sain qui se trouve au-delà en stoppant le transport des éléments nutritifs et de l’eau. Les chancres vont habituellement du brun au violet, ils sont déprimés et ont des pourtours fissurés (figure 5). Les tissus sous-jacents à l’écorce deviennent d’abord gorgés d’eau et striés de rouge (figure 6), puis brunissent. Pendant les périodes pluvieuses ou très humides, l’exsudat bactérien est visible à la surface des chancres. Le suintement est d’abord blanc laiteux, mais il brunit rapidement au contact de l’air. Une fois sec, l’exsudat forme pendant plusieurs mois une substance gommeuse durcie à la surface des chancres. Les bactéries qui peuplent l’exsudat peuvent être disséminées par les insectes qui butinent et par les éclaboussures d’eau lorsqu’il pleut. Elles sont également facilement transportées d’un arbre à l’autre par les outils servant à l’élagage. Les chancres sont inactifs durant l’hiver jusqu’au moment où, à l’arrivée du printemps, les bactéries qui prolifèrent sur leur pourtour assurent à nouveau la propagation de la maladie. Les infections peuvent ensuite se propager aux pousses, aux branches et aux gourmands adjacents. La propagation de ce type de brûlure peut commencer avant, pendant ou peu après la floraison, selon les températures qui règnent au printemps dans le verger.

Brûlure des branches et du tronc
Premier stade de la brûlure des branches et du tronc
Figure 5. Brûlure des branches et du tronc: le chancre est violet et ses pourtours sont fissurés. Figure 6. Premier stade de la brûlure des branches et du tronc: les tissus sous-jacents à l’écorce sont gorgés d’eau et striés de rouge.

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Brûlure propagée par des blessures

Cette forme de brûlure est rare, mais très dévastatrice. Elle survient à la suite d’infections subséquentes à des blessures aux feuilles, aux fruits et aux pousses occasionnées par des gelées printanières, de la grêle ou des vents violents.

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Brûlure du fruit

Pendant la saison de croissance, l’infection peut gagner le fruit à la faveur de blessures causées par des insectes, de gros vents, de la pluie ou de la grêle. Les symptômes peuvent commencer à apparaître dans les 24–48 heures suivant un épisode de grêle. Le fruit infecté paraît d’abord vert grisâtre et gorgé d’eau (figure 7), puis il brunit ou noircit et produit un exsudat laiteux qui suinte à sa surface (figure 8). Sur les poires infectées qui approchent de la maturité, la zone infectée présente souvent un pourtour vert foncé gorgé d’eau. Sur les pommes, on observe plutôt un rougissement prématuré aux abords de la zone infectée. Par la suite, les pommes brunissent et les poires noircissent pour ensuite se ratatiner et paraître momifiées. Les fruits restent attachés au dard.

Pomme infectée par la brûlure du fruit
Exsudat bactérien à la surface d’une poire infectée par la brûlure du fruit
Figure 7. Pomme infectée par la brûlure du fruit. Figure 8. Exsudat bactérien à la surface d’une poire infectée par la brûlure du fruit. À noter: le pourtour de la zone infectée est vert foncé et gorgé d’eau.

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Brûlure du collet et du porte-greffe

La brûlure du collet et du porte-greffe peut frapper la plupart des porte-greffes, mais surtout les cultivars nanifiants M.9 et M.26 utilisés comme porte-greffes de pommiers, ainsi que les cognassiers et cultivars Bartlett utilisés comme porte-greffes de poiriers. La brûlure du collet et du porte-greffe se manifeste souvent au niveau du sol, immédiatement sous le point de greffe, dans la partie de l’arbre constituée du porte-greffe. Ce type de brûlure entraîne fréquemment la mort des arbres et elle est difficile à distinguer à l’oeil de la pourriture du collet causée par Phytophthora. Au début, la zone infectée paraît sombre, gorgée d’eau et pourpre (figure 9). Les pourtours sont d’abord flous ou surélevés et cloqués, puis ils deviennent définis et se fissurent au fur et à mesure que la maladie progresse. Dans la zone atteinte, les tissus sous-jacents à l’écorce présentent souvent des stries rouge-brun (figure 10). L’invasion du porte-greffe par la bactérie responsable de la brûlure bactérienne peut être causée par :

  • des drageons ou gourmands infectés;
  • le lessivage des bactéries depuis les pousses et les fruits infectés vers le tronc et le sol entourant les racines; ou
  • la diffusion interne des bactéries en provenance du bois infecté du scion (la partie qui est greffée sur le porte-greffe).
    Brûlure du collet et du porte-greffe
    Brûlure du collet et du porte-greffe
    Figure 9. Brûlure du collet et du porte-greffe: la zone infectée est pourpre et gorgée d’eau. Figure 10. Brûlure du collet et du porte-greffe: les tissus sous-jacents sont marqués de stries rouge-brun caractéristiques.

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Prévision Et Surveillance

Il existe des logiciels qui servent à déterminer l’importance des risques de brûlure bactérienne et à prédire le moment de l’apparition des symptômes de la maladie. Cette information permet aux producteurs de mieux choisir le moment des traitements chimiques. Si les conditions énumérées ci-dessous se produisent les unes à la suite des autres et que la bactérie responsable de la brûlure bactérienne est présente, les modèles informatisés peuvent prédire l’infection des fleurs :

  • les fleurs sont épanouies et les pétales intacts;
  • on compte 110 degrés-heures au-dessus de 18,3 °C depuis l’ouverture de la première fleur;
  • la culture est exposée à au moins 0,25 mm de pluie ou à une forte rosée, ou a reçu la veille plus de 2,5 mm de pluie;
  • la température moyenne quotidienne est de 15,6 °C.

Pour utiliser ces modèles, il faut noter les températures minimales et maximales quotidiennes, les précipitations ou les rosées, et le stade de croissance phénologique de la culture.

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Pratiques Culturales Et Méthodes De Lutte

1. Choix du cultivar en fonction de sa sensibilité

Il y a de gros risques à planter des cultivars sensibles dans des zones de la province où la brûlure bactérienne a de bonnes chances d’apparaître (c.-à-d. dans un rayon de 100 km au nord du lac Érié, depuis le comté d’Essex et dans toute la région du Niagara) (figure 11). Au cours des saisons propices à la brûlure bactérienne, les producteurs s’exposent alors à subir des pertes économiques considérables, sans compter que les cultivars sensibles peuvent constituer une source importante de bactéries qui risquent de se propager à des cultivars moins sensibles dans le verger. Le tableau 1, Résistance relative des cultivars et porte-greffes de pommier à la brûlure bactérienne, et le tableau 2, Résistance relative des cultivars et porte-greffes de poirier à la brûlure bactérienne, présentent la sensibilité des différents cultivars et porte-greffes. Il est à noter que « résistance » à la brûlure bactérienne ne signifie pas « immunité » à la maladie.

La brûlure bactérienne peut ravager un verger tout entier
Figure 11. La brûlure bactérienne peut ravager un verger tout entier.

Tableau 1. Résistance relative des cultivars et porte-greffes de pommier à la brûlure bactérienne*

Les plus résistants

Moyennement résistants

Sensibles

Pommiers

Red Delicious

Liberty

Enterprise

Freedom

Golden Delicious

Empire

Granny Smith

McIntosh

Mutsu (Crispin)

Spartan

Summered

GoldRush

Nova Easygro

Paulared

JerseyMac

Vista Bella

Braeburn

Fuji

Gala

Ginger Gold

Idared

Jonagold

Rome

Winter Banana

Golden Russet

Pommetiers

 

Dolgo

Manchurian

Snowdrift

Porte-greffes

M.7

MM.106

MM.111

M.4

M.9

M.26

M.27

Mark

Ottawa 3

B.9

* La résistance peut varier selon les conditions de croissance.

Tableau 2. Résistance relative des cultivars et porte-greffes de poirier à la brûlure bactérienne*

 

Les plus résistants

Moyennement résistants

Sensibles

Poiriers

Harrow Delight

Harrow Sweet

Harvest Queen

AC Harrow Crisp

AC Harrow Gold

Seckel

Anjou

Bartlett

Bosc

Cascade

Flemish Beauty

Starkrimson

Clapp’s Favorite

Poiriers asiatiques

 

Kosui

Chojuro

Shinsui

Seuri

Shinko

Singo

Hosui

Shinseiki

20th Century

Porte-greffes

Old Home (OH)

Old Home x

Farmingdale

(sauf OHxF 51)

 

Semis Bartlett cognassier

* La résistance peut varier selon les conditions de croissance.

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2. Pratiques culturales

Voici les pratiques culturales qui sont recommandées pour réduire l’incidence de la brûlure et sa propagation dans le verger :

  • Éviter toute fertilisation azotée excessive, car un surplus d’azote stimule la croissance végétative succulente, qui est plus vulnérable à la brûlure bactérienne. Employer des engrais azotés uniquement lorsqu’une analyse foliaire annuelle et une analyse de sol périodique le justifient.
  • Éviter de trop élaguer pendant l’hiver, sous peine de stimuler la croissance végétative la saison suivante. L’élagage annuel qui minimise le nombre d’entailles permet de maîtriser la croissance végétative.
  • L’été, retarder l’élagage jusqu’à l’apparition des bourgeons terminaux (c.-à-d. jusqu’au moment de l’aoûtement des bourgeons terminaux), ce qui se produit généralement vers le début ou la mi-août. L’été, l’élagage doit se faire lorsque la météo annonce du temps sec et ensoleillé pendant 2 ou 3 jours consécutifs.
  • Les drageons (gourmands) offrent à la brûlure de bons points d’entrée dans les grosses branches, les branches maîtresses et le tronc. Aussi faut-il les supprimer périodiquement durant la saison. Chez les poiriers, cette précaution offre aussi l’avantage de réduire l’incidence de la psylle du poirier, un insecte ravageur qui contribue à propager la brûlure bactérienne. Lorsque des arbres sont infectés, il est important des les élaguer pendant la dormance afin de débarrasser le verger de tous les chancres hibernant, qui constituent des sources de bactéries. Tailler à au moins 30–60 cm (1–2 pi) sous la zone infectée.
  • Si l’on a recours à un système d’irrigation, éviter l’irrigation par aspersion afin de ne pas stimuler à outrance la croissance végétative. Mouillés, le feuillage et les chancres sont propices aux infections et à la propagation de la bactérie. Utiliser de préférence des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte.
  • Pratiquer une lutte intégrée efficace afin de minimiser la propagation de la brûlure par les insectes et afin de réduire les blessures que les insectes infligent aux tissus des feuilles et des pousses, blessures qui constituent autant de points d’entrée possibles pour la maladie. Il est particulièrement important de bien maîtriser les insectes de type suceur comme les psylles du poirier, les cicadelles, les pucerons et les punaises. Surveiller de près (chaque semaine) les populations d’insectes et recourir aux mesures de lutte appropriées lorsqu’une intervention est justifiée.

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3. Lutte chimique

Les populations de bactéries responsables de la brûlure peuvent gonfler rapidement dans les fleurs lorsque les températures montent à plus de 18 °C. Il est important d’abaisser les niveaux de populations des bactéries afin de prévenir une infection ultérieure des fleurs et l’établissement de points d’infection dans le verger. Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les possibilités de lutte chimique. Le choix du moment des interventions est particulièrement important, du fait que le produit pulvérisé doit, pour donner un maximum de résultats, venir en contact direct avec l’organisme à combattre. Dans tous les cas, bien lire l’étiquette du produit avant l’emploi et suivre à la lettre les directives du fabricant.

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4. Stratégies de gestion de la résistance

Des souches de E. amylovora résistantes aux antibiotiques ont été identifiées en Colombie-Britannique, dans les États du Michigan, de New York, de la Californie, de Washington et de l’Oregon, ainsi qu’en Grèce et en Égypte. Une étude réalisée par Agriculture et Agroalimentaire Canada au début des années 1990 dans des blocs de vergers de pommiers et de poiriers du sud de l’Ontario a révélé que toutes les souches de la bactérie responsable de la brûlure bactérienne prélevées dans la province étaient alors sensibles.

Pour réduire le risque d’apparition d’une résistance aux antibiotiques :

  • Limiter le nombre de traitements à 3-4 par saison quel que soit le produit utilisé, afin d’atténuer la pression sélective et de ralentir l’apparition d’une résistance à un produit en particulier.
  • Ne faire les traitements antibiotiques que durant la période de floraison.
  • S’abstenir de recourir aux antibiotiques une fois que les symptômes sont apparus ou pour maîtriser la brûlure, puisque les antibiotiques ne sont alors plus efficaces et peuvent accroître le risque d’apparition d’une résistance, à moins que la culture n’ait subi un traumatisme (comme une averse de grêle).

Le tableau 3 présente un résumé des pratiques culturales destinées à minimiser les risques d’apparition de la brûlure bactérienne dans les vergers.

Tableau 3. Recommandations pour une lutte musclée contre la brûlure bactérienne.

Moment

Intervention

Période de dormance

Élaguer les arbres chaque année durant la période de dormance. Il s’agit de supprimer toutes les branches et les pousses atteintes de brûlure bactérienne et tous les chancres hibernant, afin de réduire le nombre et la distribution des chancres qui se forment le printemps suivant. Il est parfois plus rentable de supprimer complètement les arbres gravement atteints et de replanter que de conserver une source de bactéries.

Période de pré-floraison

Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits à employer au stade du bouton vert, afin de réduire les populations de bactéries sur l’écorce et à la surface des bourgeons. Il est nécessaire de traiter le bloc au complet étant donné que les bactéries semblent également coloniser les surfaces des cultivars résistants, qui peuvent par la suite devenir des sources de contamination des espèces sensibles durant la floraison.

Période de floraison

Consulter la publication 360F du MAAO, Recommandations pour les cultures fruitières, pour connaître les produits à employer tout juste avant que l’infection ne se déclenche lorsque le risque d’infection est de moyen à élevé. Traiter de nouveau 2–3 jours plus tard si des conditions à hauts risques persistent. Ne pas traiter uniquement le milieu d’une rangée sur deux. Éviter les pulvérisations foliaires à haut volume à d’autres fins durant la floraison lorsque les risques d’infection sont élevés, sous peine de déclencher une infection. Ne pas dépasser 3-4 pulvérisations d’antibiotiques par année. La décision de traiter doit être fonction uniquement de l’imminence de l’infection et non de sa gravité éventuelle!

Période allant de la post-floraison jusqu’à l’apparition des bourgeons

Lutter contre les insectes de type suceur afin de réduire l’incidence de la brûlure bactérienne. Surveiller les vergers de près pour déceler les premiers symptômes de brûlure bactérienne et supprimer promptement les organes atteints avant qu’une nécrose étendue ne se forme. Recourir à la méthode du « vilain chicot » (voir ci-dessous).

Éliminer les points d'infection peut être utile si l’opération est faite tôt et si le nombre et la superficie des zones infectées sont relativement faibles. Toutefois, lorsque les symptômes de brûlure bactérienne sont graves et étendus, la multiplication des coupes (sauf pour protéger la structure centrale de l’arbre) peut stimuler la croissance végétative et prolonger ainsi la période de vulnérabilité.

Méthode du « vilain chicot » : Les bactéries responsables de la brûlure bactérienne sont souvent présentes dans des tissus d’apparence saine à 1 m (3 pi) ou plus des symptômes visibles. Des études ont démontré que le fait de couper une branche d’apparence saine, qui n’en est pas moins colonisée, a pour effet de perturber les mécanismes de résistance normaux de l’arbre, ce qui risque de provoquer la formation d’un petit chancre hibernant. Ces chancres se développent même si les outils sont stérilisés et ils survivent à l’hiver, fournissant ainsi une source de bactéries qui se propageront aux fleurs l’année suivante.

Ainsi, au moment de supprimer des organes actifs durant la saison :

  1. Commencer à supprimer les organes atteints dès que les symptômes apparaissent, c.-à-d. avant qu’une nécrose étendue ne se forme.
  2. Faire les tailles à 15–30 cm (6–12 po) ou plus sous les symptômes visibles.
  3. Faire les tailles dans le bois qui a au moins 2 ans.
  4. Ne pas tailler jusqu’à la prochaine branche saine ou au prochain dard sain, mais laisser plutôt un « vilain » chicot d’au moins 10–15 cm. La stérilisation de l’outil pour cette intervention ne semble pas offrir d’avantage significatif. De petits chancres se formeront inévitablement à l’extrémité du moignon. Ils ont souvent moins de 7 mm (¼ po) de profondeur et ne ressemblent en rien aux chancres caractéristiques qu’on retrouve sur les branches maîtresses et qui sont illustrés dans la plupart des ouvrages de référence.
  5. En période de dormance, lorsque les températures sont trop froides pour permettre aux bactéries de se multiplier, supprimer tous les « vilains chicots ». Il est avisé de marquer les chicots à l’aide d’un peinture voyante au moment de la première coupe, afin de les repérer plus facilement quand vient le temps de les supprimer durant la période de dormance.

Plusieurs opérations d’élagage à 2 jours d’intervalles peuvent être nécessaires pour limiter le nombre et la distribution des sources de bactéries responsables de la brûlure des pousses et de la formation subséquente des chancres. Éviter les élagages trop sévères, sous peine de stimuler la croissance végétative et de prolonger la période de vulnérabilité à la brûlure des pousses.

Fin de saison

Même si les risques d’infection sont relativement faibles en fin de saison, des orages violents peuvent tout de même déclencher une infection causée par des blessures, surtout si la brûlure s’est manifestée en début de saison. Les années où une deuxième poussée de croissance se produit en fin de saison, s’assurer de maîtriser les insectes qui peuvent constituer des vecteurs possibles. Intervenir rapidement pour freiner les infections en fin de saison.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

 

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Toll Free: 1-877-424-1300
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E-mail: ag.info.omafra@ontario.ca