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La Pourriture Fusarienne de la Tige et des Racines Chez le Concombre de Serre
Table des matièresChez le concombre de serre, la pourriture fusarienne de la tige et des racines due au champignon Fusarium oxysporum f.sp. radicis-cucumerinum a d'abord été observée en Grèce et aux Pays-Bas. Elle a fait son apparition en Colombie-Britannique en 1994, puis en Ontario, en 2000, où elle a respectivement causé pour 10 % et 25-35 % de pertes dans les cultures. | Haut de la page | SymptômesLes symptômes consistent en un flétrissement de la plante qui se produit au moment où les fruits grossissent et durant les fortes chaleurs. Les tissus externes du collet de la plante prennent une coloration jaunâtre ou chamois, mais, à ce stade, ils ne sont pas encore recouverts par le feutrage blanc qui est le mycélium du champignon. La colonisation de la tige du plant par le champignon s'étend au-delà de la zone portant les symptômes visibles de la maladie. Aux stades avancés de la maladie, la colonisation gagne progressivement le haut de la tige. Une coupe longitudinale du collet révèle la nécrose des tissus corticaux (figure 1). Le plant devient ensuite la proie d'une infection secondaire par des bactéries. Chez les plants gravement atteints, la tige devient filamenteuse et se couvre de pustules saumon pâle ou orange-rosé, qui sont les amas de spores, et de feutrage blanc qui est le mycélium du champignon (figure 2). Ces plants brunissent et finissent par mourir surtout lorsqu'ils portent beaucoup de fruits et qu'il fait très chaud. Chez les plants atteints de la pourriture fusarienne, les racines restent fermes, alors que chez les plants atteints du pourridié dû à Pythium, les racines pourrissent complètement. Le concombre et le melon brodé sont très sensibles à la pourriture fusarienne. Le melon d'eau (pastèque) est également sensible, tandis que la citrouille (potiron) et la courge ne manifestent que des symptômes bénins. Chez le poivron et la tomate la maladie reste dissimulée.
| Haut de la page | ÉpidémiologieSur des débris de plantes et dans le sol, le champignon peut survivre plusieurs années sous la forme de chlamydospores (les spores hivernantes). Il survit moins longtemps sur les structures des serres, entre deux cultures successives, sous la forme de conidies. Il peut se disséminer par l'intermédiaire des réseaux qui recyclent les solutions nutritives, en empruntant les conduites d'irrigation. L'infection s'opère le plus souvent par la pointe des racines et les plaies causées aux plants pendant le repiquage. Le champignon peut aussi coloniser les blocs de laine minérale et se propager entre les racines qui se touchent à l'intérieur des matelas. Le développement de la maladie dépend beaucoup de la présence d'inoculum dans la serre dès le début de la saison de culture. Bien que les spores soient produites à profusion sur les tissus malades des tiges, elles ne se dispersent pas facilement par voie aérienne (seulement sur une distance de 1-2 mètres) à cause de la matière visqueuse dans laquelle elles sont enrobées. L'eau est probablement le principal vecteur de propagation des spores à l'intérieur de la serre et une source de contamination du substrat de culture. Les spores se propagent également par l'intermédiaire des plantes infectées qui sont déplacées à l'intérieur de la serre, des instruments de taille ou des vêtements des employés qui entrent en contact avec les tiges des plantes malades. On soupçonne également l'infection des semences par Fusarium oxysporum f.sp. radicis-cucumerinum, mais cela n'a pas encore été prouvé. L'infection des semences a été observée au sujet de Fusarium oxysporum f. sp. radicis-lycopersici, un organisme pathogène de même nature qui s'attaque à la tomate. Les températures avoisinant 20 °C favorisent l'infection des jeunes plantes surtout durant leurs quatre premières semaines de croissance et si celles-ci subissent un stress physiologique. La maladie ne se développe pas à 32 °C, et elle affecte peu les plantes développées. | Haut de la page | Méthodes De LutteLa lutte contre la pourriture fusarienne de la tige et des racines du concombre de serre suppose une approche intégrée qui associe la résistance des cultivars, des méthodes préventives et des mesures d'hygiène. RésistancePour savoir quels cultivars sont sensibles et lesquels sont résistants, on peut se renseigner auprès des semenciers. PréventionDes études ont montré que le traitement des semences peut réduire les faibles niveaux d'infection transmise par les semences, lorsque celle-ci est présente. Consulter la publication 363F du MAAARO intitulée Recommandations pour les cultures légumières pour en savoir plus sur les traitements des semences qui sont disponibles. Les mesures sanitaires doivent être appliquées avant les semis et avant le repiquage en serre, étant donné que l'infection a lieu très probablement au cours des quatre premières semaines et que les plants plus développés sont moins sensibles. Inspecter les caissettes de semis pour éliminer les plantules mortes prématurément ainsi que les plantules en bonne santé qui se trouvent juste à côté. Plus tôt la maladie est détectée, plus on augmente les chances de s'en débarrasser. Inspecter les plants de repiquage pour vérifier qu'ils ne manifestent pas de symptômes tels que le flétrissement ou l'infection de la tige. Apporter les plants suspects à un spécialiste ou à un laboratoire de diagnostic phytosanitaire. S'assurer que tous les employés de la serre savent reconnaître les symptômes de la maladie et ont reçu l'ordre d'alerter un responsable de la serre dès qu'ils les remarquent. Nouer un ruban de couleur sur les plants malades pour les signaler à l'attention des employés. Avertir les employés qu'ils peuvent disséminer les spores s'ils touchent avec leurs mains ou leurs vêtements des tiges atteintes ou le substrat qui porte des plants malades. Travailler dans les zones de la serre infectées par la maladie en dernier, après avoir travaillé dans les zones où la maladie n'a pas été observée. Ne pas déplacer les chariots et les cageots des zones infectées aux zones saines. Ne pas laisser de visiteurs entrer dans les zones atteintes.
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