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La
culture des oignons à repiquer en plateau
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| Agdex : | 258/22 |
|---|---|
| Date de publication : | 03/01 |
| Commande no. | 01-020 |
| Dernière révision : | 03/01 |
| Situation : | |
| Rédacteur : | Maria Jaime - Université de Guelph; Lorie Roberts - Université de Guelph; Mary Ruth McDonald - Université de Guelph |
La culture de plants à repiquer en contenants sous serre devient une technique de plus en plus en vogue pour produire les plants de légumes. En Ontario, les oignons à cuire sont cultivés à partir de plants à repiquer depuis presque une décennie. Tous les ans, environ 80 hectares (200 acres) doignons sont cultivés à partir de plants à repiquer dans la région du marais Holland. Le procédé utilisé pour la production de plants à repiquer et la culture de ceux-ci dans les champs est maintenant plus efficace grâce à lutilisation de plateaux alvéolés. En effet, cette technique permet aux plants à repiquer de croître dans leur propre alvéole, ce qui diminue la concurrence entre les plants et rend le développement plus uniforme. En outre, les plants ont une meilleure reprise au champ, puisque leurs racines sont moins endommagées au moment du repiquage.
Le choix du plateau ainsi que sa profondeur et sa taille
influent sur le comportement des plants au champ. Les plateaux à
alvéoles profondes ont un plus grand volume et les plants bénéficient
donc dun apport plus important deau et dengrais. Les
plateaux alvéolés en plastique sont vendus en différentes
tailles (tableau 1) et sont les plus
couramment utilisés, puisque les plateaux en styromousse coûtent
plus cher, favorisent le développement dalgues et peuvent
héberger des agents pathogènes. En cultivant leurs propres
plants à repiquer, les producteurs réduisent les pertes
de culture attribuables aux insectes, aux nématodes et aux maladies
transmises par le sol, comme la fonte des semis et le charbon. En effet,
les producteurs peuvent contrôler la température, lhumidité
relative et lhumidité du sol dans la serre (figure
1) et réduire les risques de fonte des semis, donnant
ainsi aux plants une meilleure chance de survie contre cette maladie
une fois quils sont repiqués dans le champ.

Figure 1. Oignons cultivés en plateaux alvéolés
en plastique, placés sur des banquettes surélevées
dans la serre.

Figure 2. Oigons repiqués prêts pour la récolte.

Figure 3. Oignons repiqués cultivés au champ.
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Tableau 1. Caractéristiques techniques des plateaux de semence en plastique couramment utilisés pour la culture doignons à repiquer
| Plateau (nbre dalvéoles) | Diamètre de lalvéole(haut) | Profondeur de lalvéole | Volume de lalvéole1 (cm3) | Diamètre du trou de drainage |
|---|---|---|---|---|
| 128 | 1 1/4" | 2" | 23-28 | 3/8" |
| 200 | 7/8" | 1 3/4" | 11-13 | 9/32" |
| 288 | 3/4" | 1" | 7 | 5/16" |
| 288 moyennes | 13/16" | 1 1/4" | 10,5 | 5/16" |
| 288 profondes | 3/4" | 1 3/4" | 10 | 5/16" |
En choisissant le repiquage des plants plutôt que le semis direct, les producteurs évitent en outre les pertes de culture attribuables au charbon de loignon. Étant donné que les risques dinfection par le charbon sont présents seulement au cours des premières semaines suivant la germination et que les plants à repiquer sont cultivés dans une zone exempte de maladie, les plants sont immunisés contre le charbon au moment de leur repiquage au champ.
Lutilisation de plants à repiquer comporte de nombreux autres avantages. Une récolte plus hâtive est davantage réalisable avec les plants à repiquer quavec la culture de semis direct. En effet, les oignons à repiquer se récoltent au moins 5 à 10 jours plus tôt que les oignons semés (figure 2). En règle générale, les récoltes hâtives peuvent être vendues à un prix plus élevé. La culture de plants à repiquer permet déconomiser sur les semences et de produire un taux de germination plus élevé ainsi que des plants plus uniformes, plus gros et de qualité supérieure (figure 3).
De cette façon, les producteurs peuvent produire des plants à repiquer convenables, qui sont prêts au moment opportun. Ils évitent ainsi des conditions atmosphériques défavorables tôt au printemps, lesquelles nuisent à lensemencement en plein champ. Les plants peuvent être conservés en assez bon état même si le repiquage au champ doit être retardé en raison de conditions atmosphériques peu favorables. En outre, les producteurs éliminent la possibilité dimporter des mauvaises herbes et des maladies, puisquils exercent un contrôle sur les sources de semence, le milieu de culture et la gestion de la lutte contre les ennemis des cultures.

Figure 4. Oignons à repiquer cultivés en plateaux
alvéolés en styromousse, placés sur des banquettes
surélevées dans la serre.
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Le substrat, ou milieu de culture, est traditionnellement un mélange de tourbe, de perlite horticole et de vermiculite.
Il faut prendre soin de choisir un substrat exempt de contamination. À lheure actuelle, les substrats les plus demandés sont le Pro Mix BX et lASB. Certains substrats contiennent de lengrais dont il faut tenir compte lors du mélange et de lapplication des fertilisants (tableau 2). Les mélanges artificiels sont demandés parce quils sont stériles et faciles à manipuler, et quils favorisent une croissance rapide et uniforme.
Lensemencement commence habituellement entre le début et la fin de mars. Les oignons jaunes et rouges sont plus couramment semés directement, à raison de 35 graines par alvéole dans des plateaux de plastique à 288 alvéoles ou dans des plateaux de styromousse à 388 alvéoles. Les oignons espagnols comptent habituellement 1 ou 2 graines par alvéole.
La culture doignons à partir de plants à repiquer est très exigeante en main-duvre. Cest pourquoi, en général, les producteurs produisent suffisamment de plants à repiquer pour cultiver 3,28 hectares (820 ac). Les cultivars précoces ayant la plus courte période de croissance, tels que Norstar ou Corona, conviennent davantage.
Tableau 2. Composition chimique de certains substrats*
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SUBSTRAT |
pH |
Nitrate (ppm) |
P (ppm) |
K (ppm) |
Ca (ppm) |
Mg (ppm) |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Pro Mix BX |
5,6 |
115 |
35 |
117 |
145 |
44 |
|
ASB |
5,5 |
67 |
30 |
91 |
32 |
42 |
|
Metro Mix 200 |
6,5 |
50 |
5 |
99 |
144 |
84 |
|
Metro Mix 240 |
6,2 |
39 |
6 |
68 |
99 |
77 |
|
Speedel |
6,3 |
89 |
4 |
62 |
145 |
62 |
On remplit les plateaux de substrat préalablement humidifié, on le tasse denviron 6 mm pour créer une surface uniforme où lon y déposera les graines. Lorsque les graines sont semées trop peu profond, les oignons sont portés à se déchausser. Après lensemencement, on épand à la surface des plateaux de la vermiculite de grosseur moyenne. La vermiculite est le matériau préféré pour plusieurs raisons : elle est facile à étendre uniformément, elle améliore laération des racines et contrecarre la croissance des algues. Les plateaux ensemencés sont placés dans la serre sur des banquettes surélevées pour que les racines ne traversent pas le fond des alvéoles (figure 4).
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Loptimum en ce qui concerne la température de germination des oignons est de 1824 °C. Les plantules commencent généralement à lever au terme de 35 jours. Ils réagissent le mieux lorsque la température est de 1618 °C le jour, et de 815 °C la nuit. Il existe une méthode appelée DIF qui consiste à régler les températures diurne et nocturne de façon à influer sur la hauteur de croissance du plant. La DIF désigne la différence entre la température nocturne et la température diurne.
Une température élevée pendant le jour donne une DIF positive, ce qui hâte la croissance, tandis quune température basse donne une DIF négative, qui la retarde. Habituellement, une DIF négative de 45 °C suffit à empêcher les plants de croître excessivement en hauteur. Des températures élevées au cours des 3 ou 4 premières heures suivant le lever du soleil entraînent un allongement excessif des plants. Il est possible de freiner ce phénomène en faisant en sorte que la serre soit plus fraîche durant les premières heures du jour que durant la nuit.

Figure 5. Endurcissement des plants placés à lextérieur
sur des remorques.
Avant la période de végétation, il est conseillé de faire faire une analyse poussée de leau. En fonction du pH, du taux de bicarbonates (taux de calcaire) et de la charge nutritive de leau, il sera peut-être nécessaire de modifier le programme de fertilisation en serre.
Leau servant à arroser les plants dans les plateaux alvéolés devrait avoir un pH de 5,56,5, et une faible teneur en sels solubles, puisque les taux élevés de sels peuvent endommager les plantules. Le taux de bicarbonates est une mesure de la « dureté » de leau. Il permet de déterminer la quantité dacide nécessaire pour ajuster le pH. Un échantillon qui contient 90 ppm de bicarbonates est considéré comme doux (peu calcaire), tandis quun échantillon qui en contient 350 ppm est qualifié de très dur (très calcaire). Idéalement, on doit avoir une eau darrosage dont le taux de bicarbonates est compris entre 60 et 100 ppm de façon à éviter des variations trop brusques du pH après adjonction de certains types dengrais. Pour neutraliser 60 ppm de bicarbonates, il est nécessaire dajouter 7 litres dacide phosphorique (à 85 %) par 100 000 litres deau ou 7 litres dacide nitrique (à 67 %). Cest en général lacide nitrique que lon choisit quand il sagit de neutraliser plus de 60 ppm de bicarbonates. Chaque fois que lon ajoute 7 litres dacide nitrique dans 100 000 litres deau, celle-ci senrichit de 14 ppm dazote nitrique.

Figure 6. Oignons à repiquer cultivés en plateaux
alvéolés en styromousse, avant le repiquage au champ.
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Tableau 3. Concentrations de N, P et K pour des solutions à 100 ppm préparées avec différents engrais solubles recommandés pour la production de plants légumes
| COMPOSITION DE LENGRAIS | Dose dengrais pour une solution à100 ppm N(g/100 L deau) | N (ppm) | P (ppm) | K (ppm) |
|---|---|---|---|---|
| 20-20-20 | 50 | 100 | 43 | 83 |
| 20-10-20 | 50 | 100 | 21 | 83 |
| 20-8-20 | 50 | 100 | 17 | 83 |
| 15-5-15 | 67 | 100 | 14 | 83 |
| 14-0-14 | 71 | 100 | 0 | 83 |
La quantité et la fréquence de larrosage varient selon le type dalvéoles, le substrat utilisé, la ventilation de la serre et les conditions atmosphériques. Il faut arroser copieusement les plateaux alvéolés le matin, et éviter d'arroser en fin d'après-midi puisque les risques de développement de maladies s'élèvent quand le feuillage des plants reste mouillé pendant la nuit. La fertigation, cest-à-dire la fertilisation avec un engrais soluble mélangé à leau dirrigation, est lune des façons de fertiliser les jeunes plants à repiquer. Le tableau 3 donne la composition de plusieurs engrais recommandés pour la production de plants. Ces engrais varient par le pourcentage dazote (N), de phosphate (P2O5) et de potasse (K2O) et par la teneur en oligo-éléments. Les engrais de serre à base de nitrate dammonium, de nitrate de potassium et de nitrate de calcium devraient être les principales sources nutritives.
La concentration de N est habituellement de 100200 ppm, appliquée tous les 4 à 6 jours, selon les conditions atmosphériques. Les plants ont besoin dun apport plus important deau et déléments nutritifs lorsque les conditions de croissance sont optimales. Si la température est fraîche et que le ciel est couvert, les plants peuvent être fertilisés moins fréquemment. En règle générale, plus les plants sont fertilisés souvent, moins la concentration de la solution nutritive requise lors de la fertigation doit être élevée.
La surfertilisation entraîne des teneurs élevées en sels solubles dans le substrat. Or, ces teneurs élevées peuvent restreindre fortement la croissance des plants. Les sels solubles peuvent aussi influer sur labsorption deau par les plants. Un arrosage copieux aidera à abaisser déventuelles teneurs trop élevées en sels solubles dans le substrat.
L'âge optimal des plants de légumes est fonction tant de la culture que de la grosseur des alvéoles utilisées. En général, les grosses alvéoles permettent de produire des plants plus gros et plus âgés. On doit habituellement rabattre plusieurs fois les oignons à repiquer à 812 cm de hauteur pour les renforcer, et on compte 810 semaines avant leur repiquage au champ. On doit « endurcir » ou acclimater les plants au stress que pose le repiquage en supprimant graduellement les conditions de croissance optimales, soit par la réduction de larrosage, de la température et des fertilisants.
Les plants sont souvent placés sur des remorques et exposés aux conditions extérieures deux semaines avant leur repiquage afin de les endurcir (figure 5 et figure 6). Une fois à lextérieur, on peut appliquer linsecticide Lorsban 4E pour prévenir les dommages causés par la larve de loignon dans le champ. Cet insecticide est habituellement appliqué 35 jours avant le repiquage à raison de 1,6 mL dans 500 mL deau par plateau.
Les oignons jaunes et rouges sont habituellement repiqués sur 4 rangs distants denviron 40 cm; on laisse 1015 cm entre les plants pour loignon jaune, et 1520 cm pour loignon rouge (figure 7). Les oignons espagnols sont repiqués sur 4 rangs distants denviron 43 cm; on laisse 12 cm entre les plants.

Figure 7. Repiqueuse mécanique utilisée pour mettre
les plantules doignon dans le champ.
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Les meilleures stratégies de lutte contre les maladies chez les plants à repiquer reposent sur des semences propres, lhygiène, et le maintien de conditions dambiance défavorables aux maladies.
Hygiène
Éliminer toutes les mauvaises herbes à l'intérieur et à l'extérieur de la serre, car elles sont susceptibles d'héberger des organismes pathogènes. Si les plateaux sont réutilisés d'une culture à l'autre, il faut les laver pour enlever toute terre ou tout substrat resté collé au plateau, puis les plonger dans une solution de D.C.D. ou de Virkon à la concentration recommandée par le fabricant ou dans une solution d'eau de Javel à 1 %. Comme le chlore peut être toxique pour les jeunes plantules, rincer à fond les plateaux avant de les réutiliser.
Lutte contre la fonte des semis
La ventilation, en favorisant le brassage de l'air autour des plants, est la meilleure méthode pour prévenir le devéloppement des champignons responsables des différentes variantes de fonte des semis et de taches foliaires. Dès les premiers indices de fonte des semis dans la serre, se référer à la publication 371F du MAAO, La culture des légumes en serre.
Mesures de lutte chimiques
Très peu de fongicides ont été homologués pour usage sur les oignons à repiquer sous serre. Consulter la publication 363F du MAAO, Recommandations pour les cultures légumières, pour en savoir plus long sur ce sujet.
Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
Les auteurs expriment leur gratitude envers les personnes suivantes pour avoir révisé cette fiche : Shawn Janse et Kevin Vanderkooi, Département dagronomie, Université de Guelph, et Jim Chaput, MAAO.
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