Les Amarantes


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 640
Date de publication : 01/01
Commande no. 01-010
Dernière révision :
Situation :
Rédacteur : Susan Weaver - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Table des matières

  1. Distribution
  2. Description
  3. Biologie et ecologie
  4. Repercussions economiques
  5. Lutte

On trouve couramment dans le sud de l’Ontario trois espèces d’amarantes : l’amarante réfléchie, l’amarante de Powell et l’amarante paniculée. Ces trois plantes se ressemblent et sont difficiles à différencier avant le stade de la floraison. Dans les endroits où leur distribution se chevauche, il n’est pas rare de les trouver toutes trois dans un même champ.

Distribution

L’amarante réfléchie (Amaranthus retroflexus L.), dit « à racine rouge », est l’espèce la plus répandue des trois; on la trouve partout aux États-Unis, dans toutes les provinces canadiennes, sauf à Terre-Neuve, et en des points aussi septentrionaux que Kenora et Cochrane en Ontario. L’amarante de Powell (Amaranthus powellii S. Wats.) est courante dans l’ouest des États-Unis. Depuis 1940, elle s’est étendue au Midwest américain et au sud de l’Ontario. L’amarante paniculée (Amaranthus hybridus L.) est abondante dans l’est des États-Unis. Depuis 1970, elle s’est propagée à l’Ontario, où on la trouve surtout dans les comtés du sud-ouest.

Description

Les trois amarantes ont une racine rose ou rouge, et une tige allant du vert au rougeâtre qui peut être simple ou ramifiée et mesurer jusqu’à 1,5 m de hauteur. Les tiges, dans leur partie supérieure, et les feuilles des plants à maturité sont recouvertes de poils dispersés et ont une texture rugueuse. Les feuilles sont alternes, à longs pétioles, de vert terne à vert brillant ou vert rougeâtre. Le limbe est ovale ou en losange, mais il est habituellement plus large à la base. Le pourtour des feuilles est lisse. Les feuilles sont pointues à l’extrémité ou parfois légèrement échancrées. Les fleurs, petites et vertes, sont groupées en grands épis hirsutes au sommet de la plante, et en épis plus petits à l’aisselle des feuilles sous-jacentes. Les graines sont petites (environ 1 mm de diamètre), rondes et un peu aplaties. Elles vont du noir jais au brun foncé.

Les premières feuilles des amarantes réfléchie et paniculée sont arrondies, tandis que celles de l’amarante de Powell sont allongées et légèrement pincées vers l’extrémité (figure 1). La partie supérieure de la tige de l’amarante de Powell est moins souvent pubescente que celle des amarantes réfléchie et paniculée. L’amarante réfléchie possède une inflorescence relativement courte, épaisse et compacte, dont l’épi central le plus haut s’étend seulement légèrement au-dessus des premières ramifications de la panicule (figure 2a). L’amarante de Powell forme un épi terminal plus long et plus étroit et des ramifications secondaires, moins nombreuses, mais plus longues (figure 2b). L’amarante paniculée forme un épi terminal très grêle, souvent laxiforme, qui a de nombreuses ramifications latérales (figure 2c).

Figure 1. Plantules âgées de 3 semaines : amarante réfléchie (R);

Figure 1. Plantules âgées de 3 semaines : amarante réfléchie (R);

amarante de Powell(P)

amarante de Powell(P);

amarante paniculée (H)

amarante paniculée (H).

figure 2a L’amarante réfléchie

figure 2a L’amarante réfléchie

figure 2b L’amarante de Powell

figure 2b L’amarante de Powell

figure 2c L’amarante paniculée

figure 2c L’amarante paniculée

Il arrive qu’on rencontre des formes hybrides de ces espèces. Les plants hybrides sont habituellement stériles et leurs longs épis peuvent être de formes variables et rester verts bien après que les graines des autres amarantes du champ aient bruni. On trouve deux autres espèces d’amarantes en Ontario : l’amarante blanche et l’amarante fausse-blite. Ni l’une ni l’autre ne possèdent d’épi terminal, ne portant de petites fleurs vertes qu’au niveau des aisselles des feuilles. Les deux espèces sont plus petites de taille et moins fréquentes que les amarantes réfléchie, de Powell et paniculée.

Biologie Et Écologie

Les amarantes réfléchie, de Powell et paniculée ont un cycle biologique annuel et se reproduisent par graines seulement. Leurs semences sont fines et germent près de la surface du sol, lorsque les températures moyennes dépassent 15 °C. La lumière et la chaleur favorisent la germination. On peut donc réduire la germination des amarantes, sans toutefois l’éliminer, en travaillant le sol quand il fait nuit plutôt que le jour. Des plantules d’amarante peuvent lever par vagues au cours de la saison, à la suite de pluies ou d’opérations de travail du sol. Les amarantes sont nuisibles aussi bien dans les champs travaillés suivant une méthode traditionnelle que dans les champs soumis au travail réduit ou au semis direct.

La floraison commence habituellement en juillet, puis les graines mettent plusieurs mois pour parvenir à maturité. Dans le sud-ouest de l’Ontario, les graines d’amarante réfléchie sont les premières à parvenir à maturité et celles de l’amarante paniculée, les dernières. L’amarante paniculée parvient souvent à maturité 2-3 semaines après l’amarante réfléchie, ce qui peut restreindre sa propagation plus au nord. L’amarante de Powell a tendance à germer et à pousser plus rapidement, et à être plus compétitive que les amarantes réfléchie et paniculée. Les trois espèces peuvent produire jusqu’à 100 000 graines par plant, bien que la plupart des plants qui poussent au milieu d’une culture produisent entre 10 000 et 30 000 graines par plant. Les graines non germées peuvent vivre dans le sol jusqu’à 40 ans. Les graines sont petites et légères et sont dispersées par le vent et par les semences ou la machinerie agricole contaminées.

Répercussions Économiques

Les amarantes sont nuisibles pour plusieurs raisons. Elles abaissent les rendements des cultures à cause de la concurrence qu’elles exercent au niveau de la lumière, de l’eau et des éléments nutritifs. Les seuils de nuisibilité économique, pour les amarantes qui lèvent en même temps que la culture sont, dans le soya et le maïs, de 5-15 plants par 10 mètres de rang, suivant le coût de l’herbicide et la valeur de la culture. Certaines espèces d’amarante peuvent entreposer dans les tiges et les ramifications des quantités de nitrate suffisantes pour empoisonner le bétail. Des infestations dans du maïs destiné à l’ensilage ont déjà rendu gravement malades et même fait mourir des bovins. Les amarantes servent d’hôtes de remplacement aux ennemis des cultures que sont le puceron vert du pêcher, la punaise terne, la pyrale du maïs, l’altise, le virus de la mosaïque du concombre et des souches de Fusarium et de Rhizoctonia qui s’attaquent à la betterave à sucre. Par ailleurs, le pollen des amarantes peut provoquer des réactions allergiques chez des personnes sensibles.

Lutte

Les amarantes sont sensibles à la plupart des herbicides radiculaires et de postlevée recommandés pour la lutte contre les dicotylédones en général. La plupart des étiquettes d’herbicides ne font pas de distinction entre les amarantes réfléchie, de Powell ou paniculée en ce qui a trait à l’efficacité ou à la dose. L’utilisation d’un produit à action rémanente est souvent souhaitable, compte tenu que ces mauvaises herbes lèvent par vagues successives. Un sarclage ou un binage détruit facilement les plantules d’amarantes. Les plants plus vieux réussissent parfois à récupérer dans la mesure où la racine n’a pas été sectionnée complètement.

Figure 2. Inflorescences à maturité : a) amarante réfléchie; b) amarante de Powell; c) amarante paniculée.

On a identifié en Ontario un certain nombre de peuplements d’amarantes qui résistent aux herbicides. Les premiers signalements de peuplements d’amarante de Powell et d’amarante réfléchie résistant à l’atrazine dans le sud de l’Ontario remontent au début des années 1980. En 1998, on confirmait dans au moins 7 comtés des peuplements d'amarante de Powell et d’amarante réfléchie résistant aux herbicides du groupe 2, les inhibiteurs de l’acétolactate synthase (ALS), tels que PURSUIT (imazéthapyr) ou PINNACLE (thifensulfuron-méthyl). Des peuplements d’amarante paniculée résistant à l’atrazine et aux ALS ont été signalés dans l’est des États-Unis, mais pas encore en Ontario. Un seul peuplement d’amarante résistant au linuron (AFOLAN, LOROX) a été découvert en 1999 dans un champ de carottes près de Keswick (Ontario). Il est impossible à l’œil nu de distinguer les plants résistants des plants sensibles. L’alternance des herbicides et la rotation des cultures, ainsi que d’autres pratiques de lutte intégrée contre les mauvaises herbes contribuent à prévenir la propagation des amarantes résistant aux herbicides.

Pour de l’information sur les herbicides, les doses et les précautions particulières à prendre, consulter la dernière édition de la publication 75F du MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


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Courriel :ag.info.omafra@ontario.ca