Brûlures des feuilles du céleri - Identification et lutte


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 251/635
Date de publication : 11/2000
Commande no. 00-094
Dernière révision : 11/2000
Situation :
Rédacteur : Jim Chaput - spécialiste de la lutte intégrée dans les cultures légumières/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Biologie et symptômes
  3. Surveillance et prévision des foyers de brûlures foliaires
  4. Remerciements

Introduction

Deux maladies fongiques affectent communément les feuilles du céleri dans les régions tempérées de l'Amérique du Nord. La brûlure cercosporéenne et la brûlure septorienne sont deux maladies qui déprécient souvent les pieds de céleri à cause des lésions qu'elles déterminent sur les feuilles et les pétioles. La brûlure bactérienne est une autre maladie foliaire, causée par la bactérie Pseudomonas syringae pv apii, qui peut également faire son apparition quand l'humidité est élevée pendant la saison de croissance ou en fin de saison, quand la culture est développée. Ces maladies ne diminuent pas chaque année le rendement global, mais les lésions qu'elles provoquent sur les feuilles et les pétioles allongent considérablement les travaux de récolte et d'habillage des pieds de céleri.

Il est indispensable d'identifier correctement les brûlures foliaires du céleri dès le premier stade du cycle d'infection pour que les mesures prises pour l'enrayer aient une chance de succès. À l'avenir, on disposera probablement de modèles prévisionnels qui aideront les producteurs à mieux intervenir contre ces maladies en les alertant rapidement.

La lutte contre les brûlures foliaires du céleri repose sur l'inspection régulière et minutieuse de la culture, la surveillance des conditions météorologiques, les méthodes de lutte culturales, le choix des parcelles, le choix des cultivars et la mise en oeuvre des traitements fongicides dès l'atteinte des seuils d'intervention.

Biologie et symptômes

La brûlure cercosporéenne est causée par le champignon Cercospora apii et se caractérise, pour commencer, par des petites taches rondes de couleur brun clair sur les feuilles. Ces taches s'étendent rapidement pour atteindre 1 cm et plus, puis se dessèchent et brunissent (voir la figure 1). Finalement, les feuilles très tachées sèchent, fanent et meurent (voir la figure 2).

La brûlure cercosporéenne peut aussi infecter les pétioles de céleri quand la pression de la maladie est élevée.

En règle générale, la brûlure cercosporéenne se déclare plus tôt dans la saison que la maladie septorienne, mais ce n'est pas toujours le cas. Le champignon Cercospora est transporté par les semences et la terre et peut survivre dans les résidus de végétaux infectés qui se trouvent dans le sol. La brûlure cercosporéenne est favorisée par une humidité élevée et des températures situées entre 15 °C et 30 °C. La maladie peut se propager rapidement par le vent, les éclaboussures d'eau, la circulation des travailleurs et des machines agricoles dans le champ.

Lésion de la brûlure cercosporéenne

Figure 1. Lésion de la brûlure cercosporéenne

Lésion de la brûlure cercosporéenne

Figure 2. Lésion de la brûlure cercosporéenne

La brûlure septorienne est causée par le champignon Septoria apiicola et se manifeste d'abord sous forme de petites taches brun rougeâtre sur les feuilles externes plus âgées. Ces taches ne tardent pas à devenir brun foncé ou noires et à grossir, de sorte que plusieurs petites lésions peuvent confluer pour former une grosse tache (voir la figure 3). La brûlure septorienne se caractérise également par les pycnides, c'est-à-dire des petites pustules noires, en forme d'outre, qui sont incrustées dans les lésions. Les pycnides sont visibles à l'oeil nu et font penser à du poivre moulu ou à des fragments de terreau au centre des taches (voir la figure 4).

Les spores sont émises par les pycnides et sont disséminées par les éclaboussures de pluies ou les gouttes de pluie charriées par le vent. Les spores de Septoria apiicola sont disséminées sur une distance beaucoup plus courte (plusieurs mètres) que celles de Cercospora apii (des dizaines de mètres). La brûlure septorienne affecte aussi les pétioles du céleri et peut causer beaucoup de dommage lorsque la croissance des plants est lente et que la rosée est abondante la nuit (voir les figures 5 et 6).

Lésion de la brûlure septorienne

Figure 3. Lésion de la brûlure septorienne

Pycnides sur lésion due à Septoria

Figure 4. Pycnides sur lésion due à Septoria

Brûlure septorienne sur pétiole de céleri

Figure 5. Brûlure septorienne sur pétiole de céleri

Infection grave due à Septoria, sur céleri

Figure 6. Infection grave due à Septoria, sur céleri

Le champignon responsable de la brûlure septorienne a pour principal vecteur les semences infectées et il peut y rester viable pendant deux ans. Il est très important de surveiller les plantules dès leur levée, partout dans la serre, pour s'assurer qu'elles ne présentent aucun symptôme de brûlure foliaire. Quand les conditions d'environnement lui sont propices, la brûlure septorienne se déclarera de façon plus grave chez les pieds de céleri au champ si ceux-ci sont déjà infectés au moment d'être mis en terre. Une fois présente dans le champ, la maladie peut être propagée par les éclaboussures, les machines agricoles, les animaux et les personnes qui circulent dans le champ. Il est très important de ne pas entrer dans un champ de céleri infecté par la brûlure septorienne quand les plants sont humides.

La brûlure bactérienne du céleri, causée par la bactérie Pseudomonas syringae pv apii. n'est pas aussi commune. Les premiers symptômes apparaissent sur les feuilles sous forme de petites taches circulaires de couleur jaune vif. Ensuite, les taches s'élargissent, prennent une couleur rouille et s'entourent d'un halo jaune (voir la figure 7). À mesure que les taches se multiplient et confluent, le tissu foliaire se nécrose et meurt. La brûlure bactérienne du céleri infecte rarement les pétioles.

Brûlure bactérienne des feuilles du céleri

Figure 7. Brûlure bactérienne des feuilles du céleri

La brûlure bactérienne se distingue facilement des brûlures fongiques parce que ses lésions ne forment pas de pycnides, contrairement à la brûlure septorienne, ni de spores, contrairement à la brûlure cercosporéenne. La bactérie responsable survit sur les semences infectées et sur les plantes laissées dans le champ pendant l'hiver. La brûlure bactérienne est favorisée par des conditions humides et fraîches et, pour qu'elle se déclare, il faut que les feuilles restent humides pendant au moins 10 heures. Elle se propage par les éclaboussures, les machines agricoles et les personnes travaillant dans le champ surtout quand le feuillage est humide.

Surveillance et prévision des foyers de brûlures foliaires

Dans le cadre d'un programme de lutte intégrée, le premier ingrédient clé du succès de la lutte contre les brûlures des feuilles du céleri consiste à éliminer l'inoculum de la maladie dans les planches de semis. Il faut ensuite surveiller régulièrement et minutieusement la culture sur pied, depuis le stade plantule jusqu'à la récolte. Comme la culture du céleri est généralement échelonnée, il est important de protéger les plantations tardives contre l'infection qui peut s'être développée dans les parcelles hâtives. Inspecter régulièrement de 50 à 100 plants et prendre en note le pourcentage de plants infectés par les brûlures foliaires.

La condition clé du succès de la lutte contre les brûlures des feuilles du céleri réside dans l'utilisation de semences saines. La deuxième condition consiste à inspecter minutieusement les plantules dans la serre. Le traitement des semences par l'eau chaude est une méthode efficace pour réduire les infections. Deux précautions importantes sont l'utilisation de semences ayant au moins deux ans et l'élimination des plants infectés dans les planches de repiquage intermédiaire. Les pulvérisations de fongicides sont plus efficaces et plus économiques quand elles sont faites au stade plantule dans la serre ou au stade du repiquage intermédiaire parce que les plantes sont concentrées sur une plus petite surface. Il est important d'alterner les fongicides employés pour limiter le développement de la résistance.

Pour ce qui concerne les brûlures fongiques des feuilles du céleri, on connaît relativement bien les conditions d'environnement qui favorisent leur apparition. À l'avenir, on disposera certainement de modèles prévisionnels qui aideront à prévoir la probabilité d'apparition d'une maladie et le risque qu'elle pose pour la culture. La lutte contre les maladies en sera grandement améliorée. En outre, on pourra probablement se procurer des cultivars de céleri tolérants ou résistants à une ou plusieurs de ces brûlures foliaires.

Des rotations culturales sur trois ou quatre années et l'enfouissement profond des résidus de culture peuvent également contribuer à réduire les sources d'inoculum. Les mesures prises pour améliorer la circulation de l'air entre les plants peuvent également être utiles : plus grand espacement des rangs, réduction des densités de plantation ou sélection de cultivars à fût dressé. Maintenir la santé des plants de céléri en observant un programme équilibré de fertilisation et d'irrigation qui renforce les défenses de la plante contre la maladie. Dans la mesure du possible, programmer les irrigations de façon que les périodes pendant lesquelles les feuilles restent mouillées ne soient pas plus longues que les périodes naturelles d'humidité. Par exemple, essayer d'irriguer la nuit quand les feuilles sont déjà couvertes de rosée.

Si la pulvérisation de fongicides s'impose, déterminer le moment du traitement et la dose en fonction du risque prévu de maladie, des observations au champ ou des problèmes antérieurs de maladies. Utiliser les fongicides contre les brûlures foliaires du céleri en rotation et les pulvériser avec un volume d'eau suffisant pour atteindre les feuilles et pétioles du dessous.

Remerciements

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

Nous tenons également à exprimer notre gratitude au Dr Ray Cerkauskas, AAC, Harrow, au Dr M. R. McDonald, Université de Guelph, et à M. Celetti, MAAARO, qui ont assuré la relecture du manuscrit.

Les figures 1 à 4 et la figure 6 sont une gracieuseté du DM. R. McDonald.


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