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Le gaz carbonique dans les serres
Table des matières
Les avantages que procurent l'enrichissement des serres en gaz carbonique
sont reconnus depuis bon nombre d'années.
Sources de gaz carboniqueLe CO2 peut être obtenu par la combustion de carburants tels
que le gaz natu-rel, le propane, le kérosène ou encore
directement à partir de réservoirs contenant du CO2 à
l'état pur. Chaque source a ses avantages et ses inconvénients.
Quand on brûle du gaz naturel, du propa-ne ou du kérosène,
on produit certes du CO2 mais également de la chaleur qui peut
servir d'appoint au système de chauffa-ge normal. En revanche,
la combustion incomplète ou l'utili-sation de carbu-rant contaminé
peut causer des dommages aux végétaux. La plu-part des
sources de gaz naturel et de propane ne con-tien-nent que peu d'impuretés,
mais le serriste devrait aviser son fournisseur de son intention d'utiliser
le carburant pour l'enrichissement de la serre en CO2. Les te-neurs
en soufre du combustible ne doivent pas dépasser 0,02 % en poids.
La com-bustion produit aussi de l'eau. Dans le cas du gaz naturel, on
estime que pour chaque mètre cube (m3) de gaz brûlé,
on produit environ 1,4 kg de vapeur d'eau. Avec le propane, la quantité
d'humidité produite par kilogramme de CO2 est légè-rement
inférieure à celle qui est produite par le gaz naturel. Planche 1. Brûleur de gaz carbonique.
Planche 3a. Condenseur de CO2 et soufflerie.
Planche 5. Réservoir à eau chaude pour conserver
la chaleur - Enrichissement avec du CO2 provenant de gaz de combustion. De plus en plus de producteurs utilisent le gaz carbonique liquide malgré son prix généralement plus élevé. Cette forme de CO2 a l'avantage de ne pas contenir d'impu-retés, de sorte qu'on ne risque pas d'endommager les cultures en raison d'une combustion incomplète. Le gaz carbonique liquide ne produit ni chaleur ni humidité, permet aussi un meilleur réglage des niveaux de CO2 de même que la possibilité d'introduire en tout temps du gaz carbonique à l'intérieur du couvert végétal. Le CO2 pur est livré en vrac à la serre par camion. Chaque site doit être doté d'un réservoir spécial qu'on peut louer auprès du fournisseur (planche 6). Le CO2 comprimé est à l'état liquide et doit être vaporisé à travers un dispositif spécial (planche 7). Dans une serre, le système de distribution du gaz carbonique liquide est moins complexe et plus simple à installer. La plupart des serristes utilisent des tubes flexibles en polychlorure de vinyle (PVC) noir, perforés à un intervalle approprié (planche 8). Pour les exploitations de petite taille, le CO2 peut être vendu en cylindres.
Concentrations recommandées pour l'enrichissement en co2De nos jours, la plupart des serristes contrôlent et règlent l'environnement de leurs serres à l'aide de détecteurs reliés à un ordinateur central permettant l'intégration des divers paramètres environnementaux. On utilise un régulateur de gaz carbonique (généralement un analyseur des gaz à infrarouge) pour contrôler et maintenir les concentrations minimales et maximales de CO2 dans la serre. Habituelle-ment, il n'y a qu'un seul analyseur à infrarouge par exploitation. On peut prendre de nombreuses mesures des concentrations de gaz carbonique de parcelles indépendantes ou de diverses sections de la serre à l'aide d'un scanner ou d'un multiplexeur. L'analyseur à infrarouge peut être autonome ou, le plus souvent, relié à l'ordinateur contrôlant l'environnement. Dans ce dernier cas, l'ordinateur est utilisé pour régler les concentrations de CO2, en intégrant les niveaux d'intensité lumineuse, le degré de ventilation et la vitesse du vent. Les analyseurs de gaz à infrarouge doivent être calibrés régulièrement afin d'assurer l'exactitude des mesures des concentrations de CO2. La réaction des plantes et les considérations économiques
déterminent à quel point on peut enrichir la serre en
gaz carbonique. Les producteurs de fleurs et de légumes n'interviennent
pas nécessairement de la même manière. De façon
générale, on recommande un apport de 1 000 ppm durant
la journée quand les conduits d'aération sont fermés.
Lorsque ces derniers sont ouverts à 10 %, on peut interrompre
l'enrichissement en CO2 ou le réduire à 400-600 ppm. Par
ailleurs, les concentrations de CO2 peuvent être établies
en fonction de l'intensité lumineuse afin d'améliorer
l'efficience économique. Pour la culture de légumes, on
recommande un enrichissement de 1 000 ppm, par temps ensoleillé
lorsque les conduits d'aération sont fermés. Par temps
couvert, lorsque l'intensité lumineuse est inférieure
à 40 watts/m2, on recommande de se limiter à un apport
de 400 ppm. Toutefois, la plupart des producteurs de fleurs apportent
un supplément de 1 000 ppm quelle que soit l'intensité
de la lumière. L'ordinateur qui règle l'environnement
de la serre peut être programmé pour que la concentration
de CO2 s'ajuste en fonction de la mesure de l'intensité lumineuse.
Cependant, lorsque l'ouverture des conduits d'aération est supérieure
à 10 % ou que les ventilateurs d'évacuation fonctionnent
au deuxième niveau, on cherche plutôt à maintenir
la concentration de CO2 à 400 ppm à l'intérieur
du couvert végétal.
a) Échange gazeux naturelComme la serre n'est pas étanche, l'air extérieur (qui
ne contient que 340 ppm de CO2) s'infiltre continuellement. L'air introduit
par infiltration dans la serre correspond grosso modo à un renouvellement
complet de l'air par heure. Pour compenser cette dilution et pour maintenir
la concentration voulue de 1 300 ppm de CO2, il faut ajouter environ
0,37 kg de CO2 par 100 m2 de surface au sol. b) PhotosynthèseLe gaz carbonique est absorbé par les plantes durant la photosynthèse.
Le taux de consommation varie selon la cul-ture, l'intensité
lumineuse, la température, le stade de crois-sance et le niveau
nutritionnel des plantes. La consommation moyenne se situe entre 0,12
et 0,24 kg par heure et par 100 m2. Les concentrations plus élevées
s'observent au cours des journées enso-leillées dans le
cas des cultures arrivées à maturité.
Capacité du brûleurPour le calcul de la capacité des brûleurs, seuls sont con-sidérés le gaz naturel et le propane, les deux carburants les plus fréquemment utilisés en serriculture. Les serriculteurs qui ne possèdent pas d'analyseur de gaz ou d'ordinateur pour contrôler l'environnement de la serre doivent bien évaluer la capacité de leurs brûleurs. Cet aspect est particulièrement important pour les producteurs de plantes à massif dans les serres tunnels autoportantes. Le tableau 2, intitulé Capacité du brûleur à maintenir une concentration de CO2 de 1 300 ppm sous certaines conditions, énumère les différentes capacités des brûleurs en fonction des taux d'enrichissement mentionnés plus haut.
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Gaz naturel |
Propane |
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|---|---|---|---|---|
|
kW/1 000 m2 |
m3/1 000 m2/h |
kW/1 000 m2 |
litre /1 000 m2/h |
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|
Serre de verre |
30-36 |
2,8-3,4 |
20-24 |
2,8-3,4 |
|
Serre de plastique |
15-18 |
1,4-1,7 |
10-12 |
1,4-1,7 |
* kW (kilowatt = 3 420 BTU/h
On a fait les calculs en assumant que le brûleur
fonctionne continuellement.
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Nombre d'heures |
Taux de CO2 |
Quantité de produit requise |
Coût |
Coût du CO2 ($/h) |
Coût total/($/j) |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
CO2 liquide |
12 |
50 |
50,0 kg |
0,11 kg |
5,50 |
66,00 |
|
CO2 liquide |
12 |
50 |
50,0 kg |
0,15 kg |
7,50 |
90,00 |
|
CO2 liquide |
12 |
50 |
50,0 kg |
0,2 kg |
10,00 |
120,00 |
|
Gaz naturel |
12 |
50 |
27,8 m3 |
0,1 m3 |
2,78 |
33,33 |
|
Gaz naturel |
12 |
50 |
27,8 m3 |
0,15 m3 |
4,17 |
50,00 |
|
Gaz naturel |
12 |
50 |
27,8 m3 |
0,3 m3 |
8,33 |
100,00 |
|
Propane |
12 |
50 |
27,8 L |
0,2 L |
5,56 |
66,67 |
|
Propane |
12 |
50 |
27,8 L |
0,25 L |
6,94 |
83,33 |
|
Propane |
12 |
50 |
27,8 L |
0,3 L |
8,33 |
100,00 |
* N'inclut pas le coût du matériel
Tableau 4 : Coût du matériel pour une exploitation
de quatre hectares (10 acres)
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Gaz carbonique liquide |
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|---|---|---|---|---|
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Location du réservoir |
6 000 $ |
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|
Distribution de CO2 |
||||
| 1 000 pieds | 90 | 50 | 4 500 $ | |
|
Total |
10 500 $* |
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|
CO2 provenant des gaz de combustion |
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|
Condenseur |
30 000 $ |
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|
Soufflerie |
20 000 $ |
|||
|
Distribution |
15 000 $ |
|||
|
Tuyau de plastique de 65 mm |
|
|||
| 1 000 pieds | 150 | 100 | 15 000 $ | |
|
Total |
80 000 $ |
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|
Brûleur produisant le CO2 |
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|
Nbre d'appareils requis |
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20 |
2 500 |
50 000 $ |
||
|
Total
|
50 000 $ |
|||
*il s'agit du coût annuel
L'éthylène, à la concentration de 0,05 ppm, et
le propy-lène à des concentrations plus élevées
peuvent causer la sénescence prématurée des plants
de tomate et de concom-bre, provoquer la « somnolence »
chez l'illet et la chute des pétales chez le géranium.
Chez le chrysanthème et le poinsettia, ces gaz peuvent entraîner
la croissance excessive de gourmands, compromettre l'initiation florale
et causer la chute prématurée du bouton floral. L'éthylène
est souvent le produit d'une combustion incomplète, alors que
le propylène est habituellement associé à l'usage
du propane. Les fuites de propane dans les tuyaux d'alimentation ont,
dans le pas-sé, infligé de graves dommages financiers
aux producteurs. Le monoxyde de carbone (CO), qui en soi ne cause ordinai-rement
pas de problèmes, est souvent utilisé comme indica-teur
de combustion incomplète. Des niveaux supérieurs à
50 ppm de CO dans les gaz de combustion révèlent géné-ralement
la présence d'éthylène à des concen-trations
susceptibles d'endommager les plantes.
Les brûleurs dont la température de la flamme est très
élevée peuvent occasionner la formation d'oxydes d'azote
(NOX et NO2). Des concentrations excessives de ces gaz ris-quent de
causer une baisse du taux de croissance ou même des nécroses.
Lorsqu'on utilise les gaz de combustion comme source de gaz carbonique,
on doit se doter de chaudières dont les brûleurs dégagent
peu de NOx.
La présence simultanée de SO2 et de NOx, même à
de faibles concentrations, peut être plus toxique ou causer davantage
de dommages aux plantes que la présence d'un seul des deux gaz
à concentration élevée. L'utilisation excessive
et prolongée de CO2 (surtout dans le cas des tomates) peut faire
en sorte que les plants réagissent mal à l'enrichissement
en CO2. La réaction s'améliore lorsqu'on interrompt l'apport
de CO2 pendant quelques jours.
Si l'on souhaite que l'apport de CO2 entraîne une augmentation du taux de croissance, il se peut, pour certaines cultures, que la conductivité électrique de la solution nutritive doive être plus élevée. Par ailleurs, des concentrations supérieures de CO2 peuvent causer la fermeture partielle des stomates, ce qui réduit la transpiration de la plante et augmente la conductivité de la feuille pour certaines cultures. Cette diminution de la transpiration réduit l'absorption de calcium (Ca) et de bore (B), ce qui peut affecter la qualité de la tomate. Un apport modéré de ces éléments nutritifs pourra cependant compenser la baisse d'absorption.
1 kg de CO2 équivaut à 570 litres de CO2
La combustion de 1 m3 de gaz naturel fournit environ (1,8 kg) 1 000
litres de CO2 et 1,4 litre d'eau
1 m3 de gaz naturel produit autant de CO2 que 0,75 L de kérosène
et 1 L de propane.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
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