Lutte contre le ver fil-de-fer
dans les cultures légumières
Table des matières
- Identification du ver fil-de-fer
- Biologie
- Surveillance
- Lutte
- Remerciements
Le ver fil-de-fer ou larve de taupin (famille des
Élatérides) est depuis quelques années un ravageur
de plus en plus fréquent de bien des cultures légumières.
Dans certaines régions, on lui attribue en effet des pertes
de plus en plus importantes dans les cultures suivantes : carotte,
cucurbitacées, rutabaga, oignon, maïs sucré,
pomme de terre, betterave à sucre, haricot et pois.
Identification du ver fil-de-fer
On reconnaît aisément le ver fil-de-fer pour peu qu'on
l'ait déjà observé à quelques reprises.
Il se distingue de la plupart des larves par son corps dur et sa
teinte sombre. De forme cylindrique et de couleur allant de l'ocre
au cuivre, le ver fil-de-fer mesure de 1 à 4 cm à
maturité. (figures 1-3). Les adultes
sont des coléoptères de forme allongée, à
carapace dure et de couleur sombre. Leur corps est habituellement
fuselé et mesure de 1 à 3 cm de long. Quand on
le capture et qu'on le place sur le dos, le taupin adulte se retourne
de lui-même en fléchissant le milieu de son corps.
(figure 4).
Il existe de nombreuses espèces de ver fil-de-fer en Amérique
du Nord. Ce sont les espèces Limonius, Ctenicera et
Agriotes qui sont les plus nuisibles aux cultures pratiquées
en Ontario. Bien d'autres espèces sont inoffensives pour
les cultures.

Figure 1. Ver fil-de-fer ou larve de taupin

Figure 2. Vers fil-de-fer dans le rutabaga

Figure 3. Vers fil-de-fer dans la carotte

Figure 4. Taupin adulte
Biologie
Le cycle biologique du ver fil-de-fer s'étend sur 2-6 ans,
selon l'espèce et l'emplacement. Tous les stades de croissance
(adulte, larve et pupe) peuvent résister à l'hiver.
Dans la plupart des champs infestés, on peut trouver des
individus appartenant aux différents stades larvaires. Les
adultes s'accouplent et les femelles pondent leurs œufs autour des
racines des graminées et des céréales. La larve
constitue le stade nuisible, car ce sont les larves qui se nourrissent
des racines et des graines à l'intérieur du sol pendant
une période allant jusqu'à 6 ans. Elles creusent
les graines plus grosses et font souvent mourir les plants qu'elles
attaquent au moment de leur levée ou peu après le
repiquage. Les dommages faits plus près du moment de la récolte
aux cultures-racines telles que le rutabaga et la carotte peuvent
réduire les qualités marchandes de ces cultures en
plus de les prédisposer à souffrir d'infections bactériennes
secondaires.
Le ver fil-de-fer se déplace verticalement dans le profil
pédologique en réaction à la température
et à l'humidité du sol. Au printemps, lorsque le sol
atteint des températures d'environ 10 °C, le ver
fil-de-fer remonte dans les premiers centimètres de sol et
reste à cette profondeur tant que les températures
se situent autour de 26 °C. Si les températures
montent plus haut que 26 °C ou que les conditions de sol
deviennent très sèches, le ver fil-de-fer peut s'enfoncer
à des profondeurs atteignant 60 cm (24 po).
La larve du dernier stade larvaire forme une loge nymphale de terre
et amorce la pupaison soit immédiatement, soit au printemps
après avoir passé l'hiver à l'abri dans la
loge.
Surveillance
Les infestations par le ver fil-de-fer sont habituellement plus
importantes dans les champs qui ont déjà été
ensemencés de graminées ou de pâturages à
base de graminées, ou dans les pâturages à base
de luzerne qui ont été passablement envahis par des
graminées et des dicotylédones. Les peuplements purs
de luzerne n'augmentent pas les populations de ver fil-de-fer. Certaines
cultures légumières comme la carotte et la pomme de
terre contribuent également à accroître les
populations de ver fil-de-fer. Par ailleurs, les sols lourds et
détrempés semblent être plus propices aux attaques
de ce ravageur. On doit évaluer les populations de ver fil-de-fer
avant de semer une culture sensible. La lutte commence donc par
l'analyse des antécédents culturaux.
On peut procéder au dépistage du ver fil-de-fer à
l'automne avant la première gelée, lorsque les larves
commencent à s'enfoncer plus profondément dans le
sol ou au printemps lorsque les températures du sol se sont
élevées à environ 8 °C. Différentes
méthodes permettent d'établir le taux d'infestation
du sol par le ver fil-de-fer. Il est recommandé de prélever
des échantillons de sol au hasard en autant de points du
champ qu'il est possible de le faire. Tous les échantillons
doivent représenter une superficie équivalente, soit
de 30 cm2 (1 pi2) sur 15 cm (6 po)
de profondeur. On tamise ensuite le sol au moyen d'un grillage métallique
à maille de 6 mm (1/4 po) afin de compter les vers
fil-de-fer.
Des appâts permettent aussi d'obtenir une mesure relative
du degré d'infestation par les larves de taupin. On peut
notamment se servir de carottes entières qu'on enfouit à
8 cm (3 po) de profondeur en 10-20 points identifiés
du champ et qu'on retire du sol après 2-3 jours. Il
est également possible d'utiliser une centaine de grammes
de farine de blé entier grossière ou de flocons d'avoine
ou un mélange de maïs non traité et de semence
de blé placé dans un filet à mailles fines
qu'on enfouit à 15-30 cm (6-12 po) de profondeur.
On enterre l'appât, en prenant soin de ne pas entasser le
sol qui le recouvre. On protège ensuite l'appât d'une
pellicule de plastique noir dont on ancre les bords en les recouvrant
de sol. On dispose ces appâts 2-3 semaines avant les
semis. On les déterre après 2-3 semaines et l'on
compte le nombre de vers fil-de-fer. Les seuils peuvent varier.
Toutefois, en règle générale, le seuil de nuisibilité
est fixé à 0,5-1 ver vivant par appât. Dans
certaines régions, on a mis au point des appâts à
la phéromone pour surveiller en même temps les taupins
adultes. Il s'agit là d'un outil plus utile lorsqu'on doit
identifier l'espèce de ver fil-de-fer présente dans
une région donnée étant donné que l'identification
se fait plus facilement par observation de l'adulte.
Lutte
Une fois qu'on a parti la culture, on ne peut plus compter sur
des insecticides pour combattre le ver fil-de-fer. Il existe très
peu d'insecticides, sinon aucun, qui puissent être utilisés
dans les cultures légumières. Certaines cultures,
comme le maïs, les pois et les haricots, se prêtent à
un traitement des semences au lindane. Il se pourrait cependant
qu'on ne puisse plus un jour recourir à cet insecticide.
L'étiquette du produit Orthene (acéphate) indique
que ce produit convient à un traitement par bassinage des
plants de repiquage de tomate afin de combattre les insectes du
sol, notamment le ver fil-de-fer. L'étiquette de Counter 15G
(terbufos) précise que ce produit peut être utilisé
sur le maïs sucré et les betteraves à sucre également
au moment des semis. L'étiquette du fumigant Vorlex Plus
précise que ce produit peut être utilisé sur
la plupart des cultures légumières pour combattre
le ver fil-de-fer. Toutefois, la fumigation généralisée
du sol n'est pas toujours une méthode de lutte durable ni
économique.
La meilleure méthode de lutte consiste à éviter
les champs gravement infestés, ce qui n'est pas toujours
possible. Il est utile de connaître les antécédents
de culture des champs et d'éviter les rotations qui comprennent
des graminées et des pâturages. Pendant la saison de
croissance, il est judicieux de combattre les graminées adventices
dans la culture, surtout le chiendent et les céréales
spontanées. Comme le ver fil-de-fer compte une vaste gamme
d'hôtes, les rotations n'ont qu'une efficacité moyenne,
bien qu'elles puissent contribuer à réduire les populations.
Les rotations incluant des cultures qui ne sont pas des hôtes
du ravageur, comme l'oignon, la laitue, la luzerne, le tournesol
et le sarrasin, abaissent les populations de ver fil-de-fer. Il
est indiqué d'inclure dans les rotations des cultures comme
la tomate, la betterave à sucre ou le maïs, du fait
que des insecticides sont actuellement homologués pour ces
cultures. Les rotations incluant des céréales, des
graminées, des pâturages, la carotte et la pomme de
terre doivent être planifiées avec soin étant
donné qu'elles sont des cibles de choix pour le ver fil-de-fer.
La lutte contre le ver fil-de-fer exige une surveillance périodique
constante et des interventions promptes dans le cadre d'un programme
de lutte intégrée. Pour plus d'information sur la
lutte contre le ver fil-de-fer, consulter un spécialiste
des cultures, un fournisseur agricole ou des représentants
sur le terrain des entreprises de transformation.
Remerciements : Nous tenons à
remercier M. Bob Vernon, AAC, Agassiz, C.-B. qui a revu
le manuscrit.
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel :
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