Anguillule des tiges chez l'oignon et la carotte


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 258/628
Date de publication : 04/2000
Commande no. 00-044
Dernière révision : 04/2000
Situation :
Rédacteur : phytopathologiste, Cultures horticoles/MAAARO, Tom Clarke - ancien conseiller en cultures fruitières et légumières/MAAARO; John Potter - ancien nématologiste, Centre de recherches du Sud sur la phytoprotection et les aliments/Agriculture et Agroalimentaire Canada

Table des matières

  1. Introduction
  2. Symptômes
  3. Biologie
  4. Mesures de lutte préconisées

Introduction

L'anguillule des tiges, ou anguillule des tiges et des bulbes (Ditylenchus dipsaci) est présente dans bien des régions du monde et est particulièrement destructrice pour les légumes cultivés sous des climats tempérés.

Bien des cultures sont la proie de ce nématode dont on a identifié plus de 20 races biologiques. Quelques-unes seulement de ces races ont été répertoriées au Canada, où le gouvernement fédéral réglemente l'importation des hôtes potentiels de races exotiques, afin d'en empêcher l'introduction. Certaines races biologiques ne s'attaquent qu'à des cultures ou hôtes spécifiques, tandis que d'autres peuvent envahir plusieurs hôtes. Les cultures infestées par l'anguillule des tiges comprennent l'oignon, l'ail, le poireau, la ciboulette, l'échalote, les pois, la betterave, la carotte, le céleri, la tomate, le concombre, le narcisse, la jacinthe, la tulipe, l'avoine, le seigle, la luzerne, le trèfle des prés, le phlox et le fraisier. L'oignon est vulnérable à plusieurs des races d'anguillule des tiges.

La gravité des éventuelles répercussions économiques et la rapidité du taux de reproduction de l'anguillule des tiges obligent à mettre en place des mesures de lutte pour :

  • prévenir l'introduction de ce nématode dans les champs; et
  • si l'on est déjà aux prises avec une infestation, maintenir les populations sous des seuils de nuisibilité économique.

Depuis la première infestation signalée en Ontario en 1957, l'anguillule des tiges n'a pas dans l'ensemble causé de problèmes graves aux producteurs maraîchers de l'Ontario. On le doit à de bonnes rotations qui comprennent, pendant 3 ans, des cultures ne servant pas d'hôtes à ce ravageur et qui ont pour effet d'éliminer l'anguillule des sols infestés. On a découvert récemment la présence de très faibles populations d'anguillule des tiges dans les terres noires de certaines parties de Holland Marsh.

Bien que l'incidence et la densité de population y soient faibles, l'anguillule a néanmoins infesté des champs de carotte et d'oignon. Dans les champs échantillonnés, ni les carottes, ni les oignons ne portaient de marques de la présence du ravageur. Il n'en reste pas moins que les dommages attribuables à ce nématode phytoparasite peuvent être dévastateurs du point de vue du rendement et de la qualité de la récolte.

Symptômes

Oignons

Les symptômes d'une infestation par l'anguillule des tiges varient suivant la culture et la densité de population du ravageur. Chez l'oignon, les jeunes plants se renflent à la base et les feuilles se tordent, se déforment et sont parfois marquées de petites cloques (figure 1). Les plants gravement infestés commencent par jaunir, puis meurent. Souvent, les tuniques infestées des bulbes plus vieux sont boursouflées et craquelées (figure 2). Les symptômes s'apparentent souvent aux dégâts causés par la mouche de l'oignon. Les bulbes infestés sont aussi très sensibles à des infections secondaires d'origine bactérienne ou fongique.

Jeunes plants d’oignon infestés par l’anguillule des tiges.

Figure 1. Jeunes plants d'oignon infestés par l'anguillule des tiges. L'infestation se reconnaît d'abord au renflement de la base du plant et aux feuilles tordues (A). Au fur et à mesure que la maladie progresse, les feuilles extérieures commencent à dépérir à partir des extrémités, les tuniques externes du bulbe se fendillent et le collet peut prendre une texture spongieuse (B).

Oignons présentant les symptômes d’une infestation grave par l’anguillule des tiges (à gauche) et oignons sains (à droite).

Figure 2. Oignons présentant les symptômes d'une infestation grave par l'anguillule des tiges (à gauche) et oignons sains (à droite). Les tuniques externes des bulbes infestés sont fendillées et laissent entrevoir les tuniques sous-jacentes. Lorsque les fendillements s'étendent à la région des racines, des pousses semblables à des tiges se forment souvent là où normalement des racines poussent.

Carottes

Même si la présence en Ontario de souches de l'anguillule des tiges qui infestent les carottes n'a pas été confirmée, les producteurs doivent quand même connaître les symptômes qui leur sont particuliers.

Sur les jeunes plants de carotte, les feuilles se déforment. Au moment de la récolte, les plants infestés ont des collets spongieux et granuleux qui compliquent la récolte mécanisée. Les symptômes s'apparentent souvent aux dommages causés par la jaunisse de l'aster. Les plants de carotte infestés sont aussi plus sujets aux infections par le champignon responsable du rhizoctone commun et par les bactéries qui causent la pourriture molle.

Biologie

L'activité de l'anguillule des tiges commence tôt au printemps lorsque le nématode quitte le sol sous des conditions de forte humidité causée par une pluie ou une rosée récente. Les anguillules se déplacent dans la pellicule d'eau qui recouvre la surface des tiges et des feuilles. Chez l'oignon, elles pénètrent à l'intérieur de l'enveloppe foliaire jusqu'à ce qu'elles atteignent le bulbe, puis elles se nourrissent entre les tuniques de l'oignon. Pendant qu'elles s'alimentent, les anguillules injectent leur salive dans les cellules. Celle-ci renferme une toxine (enzyme) qui provoque des lésions et la déformation des tissus.

L'anguillule des tiges préfère les terres noires et risque moins d'être préoccupante les années chaudes et sèches. Toutefois, l'irrigation peut favoriser l'envahissement de cultures sensibles durant les périodes de sécheresse. L'anguillule se propage par l'eau d'irrigation, par des bulbes ou de la semence infestés et par du matériel contaminé. Elle survit au gel ou aux conditions extrêmement sèches, à l'état dormant, dans des résidus secs de plantes infestées.

Mesures de lutte préconisées

Les producteurs maraîchers ont intérêt à pratiquer le dépistage de l'anguillule des tiges à l'automne, après la récolte, ou au printemps, avant de travailler le sol.

Choix de semence, d'oignons de repiquage et de bulbes sains

Prendre toutes les précautions nécessaires pour que la semence, les plants de repiquage, et les bulbes d'oignon, d'ail, d'échalote et de fleur soient sains, de façon à prévenir la contamination de la ferme. Examiner attentivement les plants de repiquage et les bulbes et ne mettre en terre que ceux qui paraissent parfaitement sains. Les plants de repiquage infestés ont tendance à être mous, ratatinés et décolorés (brun foncé) près du collet. Ils sont aussi plus légers.

Hygiène

Jeter les oignons et les carottes de rebut loin du champ, pour éviter qu'ils ne contaminent les canaux d'irrigation. Enlever le sol qui adhère aux outils aratoires avant de passer d'un champ à l'autre. Retirer des champs et des entrepôts les plants et les débris infestés, puis les détruire.

Rotation

Dans tous les champs, même ceux où les populations sont faibles, pratiquer la rotation des cultures en incluant pendant 3 ans une culture qui ne sert pas d'hôte à l'anguillule des tiges.

Fumigation

La fumigation du champ à l'automne, à l'aide d'un fumigant homologué, donne de bons résultats contre ce type de nématode là où l'on compte partir une culture sensible le printemps suivant.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


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