Lutte contre la mouche de l'oignon


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 258/605
Date de publication : 03/2000
Commande no. 00-018
Dernière révision : 03/2000
Situation : En remplacement de la fiche n° 92-008, qui porte le même titre
Rédacteur : Gwen Ritcey - Université de Guelph; Jim Chaput - spécialiste de la lutte intégrée dans les cultures légumières, MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Description et évolution
  3. Dommages
  4. Méthodes de lutte
  5. Liens connexes

Introduction

La mouche de l'oignon est le plus important ravageur de l'oignon dans les régions septentrionales où cette plante est cultivée. En l'absence de moyens de lutte, elle peut anéantir toute une récolte commercialisable. En Ontario, l'insecte est devenu difficile à combattre : il a acquis une résistance à de nombreux insecticides granulaires appliqués avec les semences dans les sillons pour enrayer les dégâts causés en début de saison.

Description et évolution

La mouche de l'oignon hiverne (en dormance) dans le sol à l'état de pupe. Les pupes sont brunâtres, ovales et légèrement plus grosses qu'un grain de blé (figure 1). Au printemps, dès que le temps se réchauffe, les pupes se transforment en adultes; ils émergent de la mi-mai à la fin mai dans les régions de l'Ontario où on cultive l'oignon. Les adultes sont grisâtres et ressemblent un peu à la mouche domestique, sauf que leurs pattes sont plus grosses et leur abdomen plus étroit (figure 2). L'adulte de cette espèce est deux fois plus gros que la mouche des légumineuses et juste un peu plus gros que la mouche du chou, qui a, elle, deux bandes sombres à la partie supérieure du thorax.

Mouches de l'oignon à l'état de pupe

Figure 1. Mouches de l'oignon à l'état de pupe

Vers la fin mai et en juin, on voit les mouches dans les champs d'oignons et, souvent, sur les pissenlits qui poussent au bord des champs. Les adultes s'accouplent au bout d'environ six jours et la ponte commence trois ou quatre jours plus tard.

Mouches de l'oignon adultes

Figure 2. Mouches de l'oignon adultes

La femelle vit environ 30 jours au cours desquels elle pond jusqu'à 200 oeufs. Elle pond ses oeufs en trois fois, avec, chaque fois, des intervalles sans ponte de quelque jours. Ses oeufs sont blancs, allongés et petits (figure 3). Elle les dépose autour de la base des plantules d'oignon mais, si les plants ont grossi, et surtout si le temps est sec, elle les dépose dans la gaine foliaire. Les oeufs éclosent quelques jours plus tard, et les larves se creusent un chemin dans la plante même. Les larves sont minuscules, blanches, vermiformes et leur partie antérieure est effilée (figure 4). À maturité, elles atteignent environ 1 cm de long et portent des crochets de couleur sombre, grâce auxquels elles se nourrissent, bien en évidence à leur partie antérieure. Les larves attaquent l'oignon à n'importe quel stade de son développement et s'en nourrissent, de l'intérieur, durant deux ou trois semaines. La larve quitte l'oignon lorsqu'elle a atteint sa taille maximale et entre en pupaison dans le sol.

En Ontario, trois générations se succèdent chaque année (figure 5) : les adultes de la première génération apparaissent de la mi-mai à la fin juin; ceux de la deuxième génération, du début juillet jusqu'au début août; ceux de la troisième génération, de la fin août au début octobre.

Oeufs de la mouche de l'oignon

Figure 3. Oeufs de la mouche de l'oignon

Larves de la mouche de l'oignon

Figure 4. Larves de la mouche de l'oignon

Dommages

Les dommages causés par les insectes de la première génération se manifestent dès la deuxième moitié de juin par la flétrissure des jeunes plants d'oignon (figure 6). Si l'on tente d'arracher la plante, elle se cassera probablement juste au-dessous de l'endroit où la tige est en train de pourrir. Souvent, le jeune plant meurt avant que la larve n'ait atteint sa taille maximale. La larve se déplace alors jusqu'au plant suivant et ainsi de suite.

Ce comportement, ajouté au fait que l'adulte semble pondre ses oeufs par groupes, se traduit dans les rangs par des ensembles de plantes malades.

Lorsqu'en juillet, la deuxième génération de larves apparaît, les bulbes des oignons ont déjà commencé à se former. Les plantes sont alors capables de survivre aux attaques de l'insecte. Pour évaluer les dommages, on arrache les plantes et on les examine. Les dégâts causés à ce moment donnent des oignons déformés, impropres au commerce. Après les larves, des pourritures secondaires peuvent se développer et détruire le bulbe.

Graphique illustrant la capture de trois générations d'adultes en une année

Figure 5. Graphique illustrant la capture de trois générations d'adultes en une année

La plupart des oignons sont en andains, en train de sécher, au moment où les mouches de la troisième génération pondent leurs oeufs. Elles pondent directement sur les bulbes ou sur le sol tout près, juste sous les oignons. Après leur éclosion, les larves s'introduisent dans le bulbe, surtout par les racines. Les larves sont à l'intérieur des oignons au moment de l'entreposage. Elles causent donc des pertes aux oignons commercialisables, tant parce qu'elles attaquent directement le bulbe que parce qu'elles favorisent la présence d'une pourriture secondaire.

Dommages causés aux plantules d'oignon

Figure 6. Dommages causés aux plantules d'oignon

Méthodes de lutte

Il est extrêmement important d'avoir de bonnes pratiques sanitaires pour lutter contre la mouche de l'oignon. En effet, les larves de la troisième génération survivent et hivernent sur place à condition de pouvoir se nourrir de déchets de triage ou d'oignons oubliés. Si l'on prend bien soin de récolter tous les oignons, les larves ne peuvent pas se nourrir et meurent. Il faut donc tout faire pour qu'il ne reste rien de la culture dans le champ. On connaît à la mouche de l'oignon un certain nombre d'ennemis naturels, de prédateurs et de parasitoïdes, parmi lesquels se trouvent les mouches prédatrices Coenosia tigrina et Scatophaga stercoraria, la guêpe Aphaerata pallipes, le coléoptère Aleochara bilineata et le champignon Entomopthora muscae.

L'application de granulés chimiques au moment des semis et le traitement insecticide des semences sont les méthodes de prévention les plus efficaces. Les insecticides que recommande le MAAARO dans la publication 363F, Recommandations pour les cultures légumières, permettent de combattre les larves de la première et de la deuxième générations, à condition qu'on les répande en bonnes quantités dans les sillons en même temps que les semences. Si l'insecticide est mal placé ou utilisé en trop faibles doses, les larves attaqueront les oignons. En revanche, s'il est employé en trop grandes quantités, il provoque des lésions aux bulbes.

Lorsque les insecticides granulaires ne sont pas efficaces et que les mouches sont très nombreuses, on doit aussi avoir recours à la pulvérisation pour combattre les adultes. Une telle mesure peut s'avérer nécessaire dans le cas des adultes de la troisième génération, car, au moment de leur sortie, la majeure partie de l'insecticide granulaire a déjà disparu, laissant sans protection les oignons groupés en andains.

Autrefois, les producteurs pulvérisaient de l'insecticide toutes les semaines dès l'apparition des premières mouches de l'oignon. Cette pratique entraîna un usage excessif d'insecticides, de grandes dépenses et la résistance de l'insecte sans pour autant assurer nécessairement une protection efficace. Il faut souligner que les pulvérisations foliaires sont tout à fait inutiles pour réduire les dégâts causés par la mouche de l'oignon, particulièrement chez les oignons à cuire. Les pulvérisations pendant la période où les adultes sont les plus actifs et nombreux peuvent être utiles chez les oignons verts et les oignons à mariner.

Pour évaluer ce moment, on pourra se servir du nombre de mouches capturées dans les pièges et de la température. Pour obtenir de bons résultats, on pourra combiner les deux méthodes. En tenant à jour un registre des températures, on peut prévoir le moment où la larve se développera. En effet, la larve ne se développe pas à des températures inférieures à 4 °C; au-dessus, son taux de croissance est proportionnel à la température. Ainsi, la croissance d'une larve pendant deux jours à 19 °C sera la même que pendant six jours à 9 °C. On appelle « degrés-jours » ces unités thermiques de croissance. L'addition des degrés-jours au fur et à mesure que la saison progresse permet de prévoir l'apparition des adultes, le moment de la reproduction et celui de la ponte. Le nombre d'insectes capturés dans les pièges disposés dans les champs vient confirmer certaines de ces prévisions. L'ensemble de ces renseignements permet de déterminer le moment où la pulvérisation d'insecticide sera le plus efficace contre les mouches aptes à pondre.

Bien qu'on ne doive pas placer des pièges à mouches adultes dans chaque champ d'oignons, les pièges encollés jaunes, blancs, ou jaune clair sont un moyen pratique d'évaluer les tendances au sein des populations de mouches de l'oignon. Ce ravageur n'est toutefois pas facile à identifier dans les pièges. Il est suggéré de se faire aider par une personne compétente. Le modèle des degrés-jours est aussi utile pour prédire la période d'activité des mouches. Dans les champs où la surveillance est plus serrée, l'évaluation régulière des dégâts après chaque génération et au moment de la récolte permet de vérifier l'efficacité des stratégies de lutte utilisées. Dans de nombreux cas où l'insecticide s'est révélé efficace, il faut très peu de pulvérisations contre les mouches adultes pour que les dommages à la récolte soient gardés au minimum. Par ailleurs, le temps chaud et sec est peu propice aux dégâts par la mouche de l'oignon. Pour obtenir plus de renseignements, consulter un spécialiste des cultures légumières et se référer à la publication 700F du MAAARO, intitulée Lutte intégrée contre les ennemis de l'oignon, de la carotte, du céleri et de la laitue en Ontario.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

Liens connexes


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