Produire des pommes Empire de qualité


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 211/20
Date de publication : 08/2000
Commande no. 00-014
Dernière révision : 08/09
Situation : En remplacement de la fiche n° 97-138, qui porte le même titre
Rédacteur : Ken Wilson - spécialiste en pomiculture/MAAARO; Don Elfving - l’Institut de recherches horticoles de l’Ontario

Table des matières

  1. Forme fruitière à axe central
  2. Maintenir la vigueur de la flèche centrale
  3. Taille de formation et mise à fruits précoce
  4. À maturité
  5. Calibre des fruits
  6. Éclaircissage des fruits
  7. Date de la récolte

Le cultivar Empire est un pommier McIntosh de semis, obtenu par pollinisation libre, qui a été sélectionné à Geneva (État de New York) et dénommé en 1966. Depuis sa mise au commerce, il a reçu un assez bon accueil sur les marchés et est désormais planté dans la plupart des vergers. C’est un pommier de type McIntosh débarrassé de certains des inconvénients propres aux arbres de cette famille. Quoique moins facile à élever que ces derniers, c’est un cultivar très précoce capable de produire avec régularité tous les ans. Ses pommes sont plus fermes et plus rouges que les McIntosh et elles se conservent bien. Parvenu au stade adulte, l’arbre n’est pas sujet à une forte croissance végétative. En outre, sa croissance globale se ralentit dès qu’il entre en production. Les pommes Empire ont naturellement une belle coloration lorsqu’elles poussent sur un arbre à ramure aérée; le problème de la chute prématurée ne se pose pas et les fruits récoltés avec soin au juste stade de maturité ont une bonne aptitude à la conservation.

La conduite d'un verger de pommiers Empire demande une grande minutie de la part du pomiculteur dont l'objectif est la production de fruits de qualité supérieure pendant de nombreuses années. Le cultivar Empire est très fructifère et se développe de façon très compacte, en produisant de nombreuses lambourdes, bien qu'il ne soit pas véritablement de type « spur ». La croissance des branches secondaires et des rameaux doit être stimulée, surtout après l'entrée en production. En effet, tout ralentissement de la production des nouvelles pousses ne tarde pas à entraîner la prolifération des lambourdes et une diminution du calibre des fruits.

Il faut assurer aux pommiers Empire une croissance végétative vigoureuse pendant les premières années afin que la taille de formation puisse aboutir à des ramures de forme et de volume voulus. Une bonne préparation du terrain avant la plantation, l’amélioration du drainage, la rectification du pH, les précautions contre les maladies de replantation et autres problèmes ayant trait au sol, le choix de plants de pépinière vigoureux et élevés dans les règles de l’art et leur plantation aussitôt que possible au printemps sont autant de facteurs qui contribueront à la croissance vigoureuse des arbres.

Forme fruitière à axe central

La forme d'arbre la plus intéressante quand on recherche une qualité de fruits maximale et une certaine commodité de conduite est la forme conique : le diamètre de la base de la ramure est égal ou supérieur à la hauteur de l'arbre et les charpentières inférieures s'étalent plus loin que les charpentières du haut. La forme conique est propice à l'uniformité d'éclairement de toutes les branches et à la captation optimale de la lumière. La meilleure façon de stimuler la croissance conique de l'arbre est de maintenir la vigueur de la flèche centrale (ou axe central).

Élever les cultivars Empire selon le système à axe central pose souvent des difficultés quand il n'y a pas de tuteur. En l'absence d'un soutien, et s'ils ne reçoivent pas les soins appropriés, ces arbres voient leur flèche centrale péricliter et cesser de croître en hauteur. Cette tendance est encore plus marquée chez les pommiers établis sur un porte-greffe de faible vigueur tels que le M.9 ou le M.26, ou avec un porte-greffe intermédiaire. Si l'on ne prend pas garde de maintenir la vigueur de la flèche et sa domination en position centrale dans l'arbre, certaines branches charpentières du bas de l'arbre se retrouvent privées de lumière et finissent par dépérir. En outre, chez un arbre qui a perdu sa flèche centrale, il devient impossible de lui donner une forme conique appropriée.

Le cultivar Empire se prête bien à la conduite avec tuteur et les versions des formes de conduite à cloche étroite et à axe vertical donnent satisfaction aux producteurs. Si on soutient la flèche centrale pendant toute la vie de l’arbre, on peut hâter l’entrée en production de celui-ci et on réussira à obtenir la forme conique. La faible taille exigée par les pommiers tuteurés entraîne un plus grand développement de la ramure et une plus forte productivité de l’arbre dès ses premières années.

Pour favoriser la domination de la flèche centrale chez les arbres non tuteurés et pour obtenir la forme à axe central, on rabat le tiers ou la moitié du bois nouveau de la flèche chaque année pendant la saison de dormance. Cette taille stimule en général le développement de plus d’un rameau vigoureux. On choisit ensuite parmi les nouveaux rameaux celui qui dominera en supprimant un ou deux des rameaux concurrents qui poussent à la verticale, peu après la floraison ou quand ils mesurent de 5 à 10 cm de long. L’application de cette méthode pendant les premières années aboutit à la formation d’une flèche centrale de force satisfaisante chez les arbres dotés d’une bonne vigueur (figure 1). Si la flèche semble portée à quitter son axe ou si elle manque de vigueur, il est conseillé de tuteurer l’arbre. Dans les vergers balayés par les vents, le tuteurage des pommiers Empire est indispensable au développement d’une ramure de forme satisfaisante.

Pommier Empire de six ans établi sur porte-greffe M.26 EMLA.

Figure 1. Pommier Empire de six ans établi sur porte-greffe M.26 EMLA. On voit qu’il est possible d’obtenir un bon développement de la flèche centrale et des charpentières chez les arbres de bonne vigueur en utilisant les méthodes de formation et de taille appropriées. Noter la façon dont les charpentières s’étagent en rayonnant autour de la flèche pour produire une ramure aérée et productive.

La perte de la flèche centrale est un dommage aux conséquences difficiles à réparer. Quand cela se produit, on choisit un rameau vigoureux qui se développe verticalement au centre de l’arbre et on le taillera de façon à ce qu’il devienne la nouvelle flèche. Il faudra pour cela supprimer la concurrence des rameaux ou des fruits qui se développent à proximité et, pendant la dormance, rabattre une partie du nouveau bois du rameau dominant. Cette opération de renouvellement de la flèche devra dans certains cas être répétée jusqu’à trois fois pendant le développement de la ramure chez les arbres non tuteurés.

Maintenir la vigueur de la flèche centrale

La force naturelle de la flèche centrale est conditionnée par plusieurs facteurs. Ainsi, le développement d'un grand nombre de charpentières s'étageant trop près les unes des autres sur le tronc entraînera une perte de vigueur au niveau de la flèche. De préférence, le diamètre du tronc doit aller en diminuant progressivement. Des rétrécissements abrupts du tronc sur une courte distance trahissent le fait que des rameaux secondaires accaparent trop d'éléments nutritifs au détriment de la flèche. Pour combattre ce déséquilibre nutritionnel, il faut laisser au maximum quatre branches charpentières dans le bas de l'arbre. Ces branches doivent être réparties de façon que chacune pointe vers un quadrant différent de l'arbre et que leur point d'insertion sur le tronc soit distant d'au moins 10 cm du point d'insertion de la branche voisine. Normalement, le premier étage de charpentières sur le tronc doit être situé entre la hauteur du genou et la taille.

Il est conseillé de supprimer tout rameau latéral dont la base est de même diamètre que la flèche. La vigueur excessive d'une telle branche risquerait de nuire à l'étalement des autres branches.

Pendant la phase de développement de la charpente, il faut empêcher la flèche de porter des fruits. En effet, la mise à fruits livre une forte concurrence aux rameaux, qui voient ainsi diminuer leur croissance. En outre, le poids des fruits risque de faire ployer la flèche (figure 2). Plus tôt donc on supprime ces fruits et mieux c'est pour le développement la flèche.

Ce pommier Empire établi sur porte-greffe M.9 avec greffe intermédiaire MM.106 a perdu sa flèche centrale parce qu'on n'en a pas supprimé les fruits naissants l'année précédente.

Figure 2. Ce pommier Empire établi sur porte-greffe M.9 avec greffe intermédiaire MM.106 a perdu sa flèche centrale parce qu'on n'en a pas supprimé les fruits naissants l'année précédente. Remarquer le haut du bâton de 1 mètre qui montre à quelle hauteur la flèche a été perdue. Cet arbre n'a plus aucune chance de se développer en hauteur et, comme on le voit, il n'a encore produit aucune pousse verticale susceptible de remplacer la flèche centrale.

Taille de formation et mise à fruits précoce

Dès la deuxième ou la troisième année, les pommiers Empire sont normalement prêts à donner une petite récolte. Dès que les arbres commencent à produire, leur croissance végétative ralentit. Par conséquent, chez les jeunes pommiers Empire, il importe de limiter soigneusement la quantité de fruits qu'on laisse se développer de façon que la ramure puisse poursuivre sa croissance. L'entrée en production précoce tout comme la limitation de la croissance végétative qui en résulte jouent un rôle crucial dans l'exploitation d'un verger de haute densité. La mise à fruits est en général précoce chez les pommiers Empire, cependant, on ne doit pas les laisser fructifier tant que leur flèche centrale et le premier étage de charpentières ne sont pas solidement formés et capables de supporter le poids des fruits sans fléchir (figure 3). C'est à ce stade que le deuxième étage de charpentières se développe. Si le jeune pommier porte trop de fruits, il risque de perdre sa flèche, les charpentières ploieront sous le poids des fruits et l'arbre dans son ensemble cessera de se développer. Une fructification abondante réduira à néant tous les efforts précédemment déployés pour donner à l'arbre une structure convenable. Les dommages physiologiques subis par l'arbre seront plus graves encore puisque son développement sera fortement compromis. Le premier étage de charpentières n'occupera pas l'espace alloué et la production totale ne sera pas aussi abondante que souhaitée.

Bon exemple de limitation de la fructification chez un pommier Empire de 4 ans établi sur porte-greffe M.26.

Figure 3. Bon exemple de limitation de la fructification chez un pommier Empire de 4 ans établi sur porte-greffe M.26. À noter la flèche centrale qui continue de se développer et la répartition des charpentières supérieures qu’on a sélectionnées et dont on a supprimé les fruits sitôt passée la floraison. On a laissé juste assez de fruits sur les charpentières du bas pour qu’elles ne ploient pas sous le poids et que leur croissance végétative n’en soit pas affaiblie.

À mesure que l'arbre vieillit, il est indispensable de lui maintenir sa forme conique. Si les branches du haut de l'arbre surplombent celles du bas, ces dernières manqueront de lumière et leurs fruits présenteront des défauts de coloration. Cette situation obligera à recourir à une taille excessive pour corriger les défauts de formation de l'arbre. Le poids des fruits qui se développent sur les extrémités des charpentières fait ployer celles-ci plus fort et accroît le risque de fléchissement.

Le ravalement des rameaux secondaires n'est pas en général nécessaire et ne s'impose que s'il est utile de retarder la mise à fruit et de favoriser l'extension de la charpente de l'arbre, par exemple si les arbres sont petits et qu'ils se développent lentement. À ce stade, il est plus important de favoriser la croissance que la fructification et le ravalement des rameaux secondaires peut y contribuer en améliorant la vigueur végétative. Cependant, cette méthode décevra si la mauvaise croissance de l'arbre est la conséquence de conditions pédologiques défavorables, de problèmes d'humidité du sol, ou de dommages causés par le froid ou les insectes.

Il n'est en général pas nécessaire de corriger l'angle que forment les charpentières avec l'axe central. Des fourches ouvertes et solides se développent habituellement sans qu'il soit nécessaire d'intervenir. À l'occasion, on peut cependant avoir à corriger la fourche d'une charpentière que l'on tient à garder. On devra maintenir l'angle formé par la charpentière et l'axe central à environ 45-60 o. Les charpentières dont la position est trop voisine de l'horizontale ont tendance à cesser de croître puis à dépérir. Celles dont la fourche n'est pas assez ouverte conserveront trop de vigueur et iront encombrer l'espace normalement réservé à d'autres charpentières et leur feront de l'ombre.

À maturité

La ramure des pommiers Empire doit être maintenue dégagée et aérée pour permettre un éclairement uniforme de toutes les parties de l'arbre. Le nombre total de charpentières doit être choisi en fonction de la grandeur de l'arbre et de façon que tout le feuillage et tous les fruits puissent bénéficier d'une exposition maximale à la lumière. Seulement 10 % environ de la lumière qui touche une feuille passe au travers, ce qui limite la quantité de lumière qui atteint les feuilles et les fruits qui se trouvent en dessous. Un arbre dont la ramure est trop dense n'est pas capable de produire des fruits d'aussi bon calibre et d'aussi bonne qualité qu'un arbre à ramure aérée.

Lorsque les arbres ont un certain âge, il devient nécessaire d'appliquer un système d'entretien et de renouvellement des charpentières parce que leur tendance spur s'accentue au fil des années et entraîne une diminution de la productivité, du calibre et de la qualité des fruits. Il faut éviter que deux charpentières ou plus occupent la même position à l'intérieur du même quadrant de l'arbre sauf si leur point d'insertion sur le tronc est distant d'au moins 60-80 cm. Quand deux charpentières poussent directement l'une au-dessus de l'autre, l'ombrage pose problème, la vigueur des lambourdes diminue, la couleur et le calibre du fruit sont moins bons et, dans les cas extrêmes, la charpentière ombragée risque même de mourir. Une fois que les charpentières occupent l'espace qui leur est alloué, il faut les élaguer pour maintenir leur vigueur et les contenir dans l'espace. Quand on élague une charpentière, on la sectionne à la hauteur d'un rameau qui part d'elle, ce qui devrait réorienter sa croissance vers un secteur plus dégagé de l'arbre. Pour stimuler la croissance végétative, on supprime des lambourdes aussi bien que des rameaux faibles.

Il est recommandé de supprimer le vieux bois pour stimuler la production des nouveaux rameaux. Il s'avère nécessaire aussi parfois de ravaler des rameaux de l'année pour en stimuler la croissance. Si une charpentière, devenue trop grosse, encombre l'espace qui lui est normalement alloué, il est conseillé de la supprimer au profit d'une branche moins forte située juste au-dessus ou au-dessous qui est en mesure de prendre la relève. Cette précaution est indispensable dans les vergers à haute densité avec tuteurage. On doit prendre soin de modérer la croissance des rameaux tout en sélectionnant les lambourdes en bonne santé pour obtenir des fruits qui auront un calibre acceptable. Cette méthode de renouvellement des charpentières donne de bons résultats et vous devez inclure le cultivar Empire dans les espèces promises aux opérations annuelles de taille des pommiers adultes.

Calibre des fruits

De par sa génétique, le cultivar Empire donne généralement des fruits de calibre moyen. Son caractère spur prononcé le prédispose à une nouaison très abondante. Mais plus un arbre porte de fruits, moins il est capable de produire des fruits de gros calibre. La faible croissance végétative qui est commune chez les arbres adultes peut également jouer un rôle majeur dans la diminution du calibre des fruits.

Dans les pommiers, la présence abondante sur les lambourdes de feuilles en bonne santé est cruciale au succès de la nouaison et des premières phases de développement des fruits. Plus tard dans la saison, les feuilles des nouveaux rameaux participeront également à l’alimentation des fruits. Lorsque les pommiers Empire prennent de l’âge, le calibre de leurs fruits risque de diminuer si on ne modère pas leur tendance spur, laquelle se fait au détriment de la croissance des rameaux. Les lambourdes s’affaiblissent elles aussi avec l’âge et avec l’ombrage, ce qui réduit la nouaison et le calibre des fruits. Un arbre ainsi affaibli ne réagit pas en général à un apport d’azote, à l’éclaircissage des fruits, ou à l’irrigation.

Sur les lambourdes du cultivar Empire, la fleur centrale produit une pomme plus grosse que celle des fleurs latérales. Les arbres sur lesquels un grand nombre de fleurs centrales se développent en fruit procurent un certain avantage du point de vue du calibre des fruits. Il faut donc éviter d'installer les pommiers Empire dans les endroits où le gel peut survenir pendant la floraison. En effet, le cultivar Empire est sensible au gel et, souvent, ce sont les fleurs centrales des lambourdes qui subissent le plus de dommages parce que leur développement précède de quelques jours celui des fleurs latérales. De plus, si les feuilles des lambourdes sont également endommagées par le gel, la nouaison et les premières phases de développement des fruits seront compromises. Le cultivar Empire semble être acclimaté aux mêmes conditions de croissance que le cultivar Delicious. Dans les régions où ce dernier pousse bien, le cultivar Empire devrait en principe donner satisfaction également s'il reçoit les soins appropriés. Cependant, il ne donnera de gros fruits que dans les régions de production les plus clémentes.

Le cultivar Empire demande à être pollinisé par une autre variété de pommier pour donner des récoltes constantes; on doit favoriser la fécondation des fleurs centrales des lambourdes et donc choisir des variétés pollinisatrices dont la floraison est légèrement en avance sur celle des fleurs centrales chez Empire. Les cultivars tels qu'Idared, McIntosh, Gala et Cortland semblent convenir à la pollinisation d'Empire. En matière d'organisation du verger, une règle empirique veut que les pommiers pollinisateurs se trouvent à moins de 35 mètres des pommiers Empire et qu'ils constituent au moins 15 à 20 % des arbres du verger pour assurer une pollinisation et une nouaison de qualité.

Le sol doit être suffisamment pourvu en azote pour assurer la bonne croissance des rameaux et le développement de fruits de bon calibre. La teneur des feuilles en azote doit être de 2,1 - 2,5 % pour soutenir la croissance des rameaux et la production de fruits de calibre suffisant. Chez un jeune pommier Empire qui entre en production, un niveau élevé d'azote peut chuter pour s'établir à un niveau faible, voire insuffisant. Toutefois il faut également éviter la surfertilisation azotée car elle peut occasionner des défauts de coloris chez le fruit. Le cultivar Empire est sensible à une teneur marginale ou faible en potassium, sensibilité qui s'aggrave lorsque la charge de fruits est lourde. Des apports de calcium (Ca), de magnésium (Mg), de zinc (Zn) et de cuivre (Cu) n'entraînent pas de réponses positives sauf en cas de carence prononcée. Des analyses de tissus végétaux sont recommandées à intervalles réguliers pour vérifier que les niveaux de tous les éléments nutritifs sont suffisants pour couvrir les besoins d'un arbre qui produit en abondance des fruits de qualité.

L'humidité du sol peut influer sur le calibre du fruit si la teneur en eau est insuffisante pendant un laps de temps prolongé. La tendance naturelle du cultivar Empire à produire en abondance des fruits de calibre moyen sera aggravée par un manque d'humidité dans le sol. La texture du sol, sa capacité de rétention en eau, la quantité de pluie et sa répartition, et la quantité de fruits sont autant de facteurs qui influent sur le calibre du fruit. La fructification limite la croissance des racines plus que de tout autre partie de l'arbre. Un arbre qui donne beaucoup de fruits ne développe pas un système racinaire aussi fourni qu'un arbre moins prolifique. Les arbres à gros rendement ont besoin d'eau disponible en plus grande quantité que les arbres à fructification plus faible. Dans les plantations très denses où les systèmes racinaires sont peu étendus, l'activité des racines peut être nettement réduite par une forte charge de fruits et tout apport d'eau supplémentaire a donc des chances de donner de meilleurs résultats.

La plupart des porte-greffe n'ont pas une influence marquée sur le calibre des pommes Empire; cependant, on a noté les différences suivantes. Les porte-greffe M.9, M.26, M.7, MM.106, les greffons intermédiaires (MM.111 ou MM.106 plus M.9) et MM.111 ont été utilisés avec succès. Le porte-greffe M.26 peut accroître le calibre des fruits, mais donne un arbre parfois difficile à élever surtout en sol ingrat ou à un endroit venteux. C'est sur le porte-greffe M.9 que, bon an mal an, le cultivar Empire donnera les plus grosses pommes et sur le MM.111 qu'il donnera les plus petites.

Éclaircissage des fruits

Empire est aussi difficile ou plus difficile à éclaircir que McIntosh. Plus l’arbre est âgé, plus il est difficile à éclaircir. Comme pour les autres cultivars, une gelée survenant pendant la floraison a pour conséquence de rendre l’arbre plus sensible et de faciliter l’éclaircissage. Moins les fruits sont nombreux, plus ils seront gros. Il est important de rappeler qu’un éclaircissage réussi se traduit par une perte de rendement qui n’est compensée qu’en partie par le gain réalisé au niveau du calibre du fruit. Le programme d’éclaircissage doit viser le niveau minimum compatible avec un calibre de fruit acceptable et la quantité de fruits.

L'espacement idéal des pommes d'une branche est de 10-15 cm (la largeur d'une main). Un espacement plus grand signifierait une perte de rendement appréciable. La pulvérisation de carbaryl (Sevin) seul ne suffit pas d'ordinaire pour éclaircir les fruits. On peut obtenir de bons résultats en épandant de l'acide alpha-naphtalène-acétique (ANA) à raison de 7-10 ppm (parties par million) 10 à 14 jours après la pleine floraison. On élève la dose sur les arbres âgés. On pulvérise en général l'agent d'éclaircissage entre le 7e et le 21e jour qui suit la pleine floraison, cette date variant en partie selon la croissance des fruits. Si les fruits se forment très rapidement après la floraison, l'éclaircissage chimique doit être réalisé aussitôt que possible après le 7e jour. On doit parfois recourir à un mélange d'ANA, à raison de 2,5-4 ppm, et de carbaryl (0,5 kg de Sevin actif / 500 litres d'eau) dans le cas des arbres âgés qui sont plus difficiles à éclaircir. L'éclaircissage peut se faire aussi avec Accel®, un produit qui présente l'avantage d'améliorer le calibre des fruits indépendamment de l'amélioration procurée par l'éclaircissage. Des essais réalisés avec un traitement associant Accel® et le carbaryl (Sevin) ont donné de bons résultats. On a humecté à fond les pommiers avec une bouillie à base d'Accel®, à raison de 50 ppm de benzyladénine (ingrédient actif) et de Sevin XRL Plus, à raison de 1 litre, dans 1000 L d'eau. Les fruits ont été bien éclaircis et l'augmentation de leur calibre a dépassé celle obtenue par le seul effet de l'éclaircissage. Il ne faut jamais utiliser Accel® sur des pommiers qui, au cours de la même saison, ont été éclaircis au moyen de l'ANA, sous peine d'altérer gravement les fruits. Les effets des agents d'éclaircissage ne se manifesteront pas avant plusieurs jours, délai qui peut s'allonger si le temps est frais.

Même les arbres chez lesquels la nouaison a été faible doivent être éclaircis parce qu’il est nécessaire de supprimer une partie des fruits des lambourdes pour que les fruits restants soient mieux colorés. Les arbres dont la nouaison a été réduite par une gelée ne font pas exception, mais on utilise alors une dose inférieure de produit pour éclaircir les lambourdes. Si la plupart des fleurs latérales ont déjà formé leur fruit, les résultats de l’éclaircissage sont moins assurés à cause de la force égale des fruits latéraux.

Les conditions essentielles à l’obtention de fruits de calibre suffisant sont le maintien d’une bonne vigueur végétative par des apports suffisants d’azote, la taille, la fécondation des fleurs centrales des lambourdes par du pollen de variétés appropriées, puis l’éclaircissage des fruits. L’arboriculteur qui porte une grande attention à ces détails sera assuré d’une production de fruits de qualité pendant de nombreuses années.

Date de la récolte

Le porte-greffe ne semble pas avoir d'influence appréciable sur la date de maturité. L'erreur souvent commise au moment de la récolte est de laisser les pommes Empire sur l'arbre dans l'espoir d'une meilleure coloration, alors qu'on devrait les cueillir juste avant les Delicious. Laissées trop longtemps sur l'arbre, les pommes Empire perdent très vite leur aptitude à la conservation. Pour plus de détails sur les dates de récoltes des pommiers Empire, on peut consulter la fiche technique du MAAARO intitulée Évaluation du degré de maturité des pommes Empire, Idared et Spartan, commande n° 00-028.


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