Analyse du flux de trésorerie et gestion de la trésorerie


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 18-016
Date de publication : juin 2018
Commande no. 818
Dernière révision : septembre 2018
Situation : Remplace 10-022
Rédacteur : E. Weber

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Dans le cadre de la prestation d'un service à la clientèle accessible, veuillez envoyer un courriel à Centre d'information agricole (ag.info.omafra@ontario.ca) si vous avez besoin de supports de communication ou de formats alternatifs de cette publication.

Table des matières

  1. Introduction
  2. Signes avant-coureurs - Flux de trésorerie
  3. Trois étapes de l'analyse du flux de trésorerie
  4. Analyse rapide de l'entreprise
  5. Résumé
  6. Ressources

Introduction

Même si tous les propriétaires d'entreprise chérissent l'espoir de ne jamais connaître de soucis financiers, dans les faits, la plupart d'entre eux subissent des pressions financières à un moment ou à un autre de leur vie. La présente fiche technique vise à faciliter le diagnostic d'un problème de trésorerie et le choix des mesures de redressement.

En ce qui concerne le diagnostic, le plus tôt il est posé, le mieux. Les diagnostics précoces laissent plus de temps pour prendre des décisions et permettent d'envisager un plus grand éventail de solutions en vue de régler les problèmes de trésorerie de l'entreprise agricole.

Signes avant-coureurs - Flux de trésorerie

La plupart des exploitants sont alertés lorsque les liquidités se mettent à manquer, et il devient alors de plus en plus difficile de faire face aux engagements à court et à moyen termes. Il peut s'agir d'un problème momentané (une mauvaise saison, par exemple) qui est appelé à se résorber tôt ou tard, ou d'un problème plus grave et plus persistant.

D'abord et avant tout, il faut déterminer si le problème est à court ou à long terme. La distinction est indispensable. Les problèmes à long terme obligent à rajuster le tir, sous peine de mettre en péril la survie de l'entreprise.

Trois étapes de l'analyse du flux de trésorerie

Les trois étapes nécessaires au diagnostic de problèmes de trésorerie sont les suivantes.

Étape 1 Déterminer si le problème à l'origine du manque d'argent actuel est de courte durée ou permanent.

Étape 2 Calculer l'actif net de l'entreprise.

Étape 3 Trouver la cause principale du problème de trésorerie.

Une fois cette analyse terminée, les solutions sont plus faciles à trouver.

Étape 1. Déterminer si le problème à l'origine du manque d'argent actuel est de courte durée ou permanent.

Remplir une feuille de travail sur l'aptitude à assurer le service de la dette permet de constater si l'on est à même de faire face à ses obligations pour l'année à venir. Il faut tenir compte à la fois d'une perspective optimiste et d'une perspective pessimiste. Même si chacun souhaite que les choses aillent bien, il faut toujours se préparer au pire. Une feuille de travail vierge sur l'aptitude à assurer le service de la dette est comprise à l'annexe 1.

La feuille de travail sur l'aptitude à assurer le service de la dette résume plusieurs éléments d'information financière clés. Il convient de consulter son logiciel de comptabilité ou ses documents de tenue de comptes et ses relevés d'impôt afin d'y recueillir les renseignements suivants et ainsi obtenir les résultats les plus précis :

    le montant des encaissements et des décaissements de l'entreprise agricole;

    les revenus d'autres sources et l'apport des propriétaires;

    les retraits personnels, soit le montant nécessaire pour couvrir les frais personnels ou de subsistance et les impôts à payer;

    les provisions pour l'acquisition d'éléments d'actif qui pourraient correspondre à la valeur de l'amortissement ou à une estimation des fonds qui seront nécessaires, au cours de l'année à venir, aux acquisitions d'immobilisations.

Il faut inclure la valeur des stocks commercialisables entreposés dans le calcul des encaissements prévus de l'entreprise agricole ainsi que la valeur des stocks commercialisables qui seront entreposés.

Le tableau ci-dessous, Aptitude à assurer le service de la dette, montre un exemple des calculs à faire. Une feuille de travail est fournie à l'annexe 1, aux pages 8 et 9.

Aptitude à assurer le service de la dette - prévisions pour l'exercice

+ encaissements (entreprise agricole) 380 000 $

- décaissements (entreprise agricole) 328 000 $

= encaisse nette (entreprise) 52 000 $

+ paiements d'intérêts 18 000 $

+ apports du propriétaire 8 000 $

- retraits personnels (impôts y compris) 42 000 $

= encaisse disponible pour les paiements de capital et d'intérêts 36 000 $

- paiements de capital et d'intérêts 31 000 $

= encaisse disponible après paiements de capital et d'intérêts 5 000 $

- amortissement ou provision pour acquisition d'éléments d'actif 20 000 $

= aptitude à assurer le service de la dette (15 000 $)

Cet exemple montre que l'encaisse disponible couvre les paiements de capital et d'intérêts, mais ne couvre pas l'amortissement. L'amortissement ou une provision pour acquisition d'éléments d'actif sert à remplacer les éléments d'actif parvenus à la fin de leur durée de vie utile. Dans cet exemple, on fait face à un déficit de 15 000 $.

Calcul approximatif - L'information résumée dans la feuille de travail sur le service de la dette, à la page 9, peut aussi servir à prévoir les prix de vente des cultures et des animaux qui correspondent au seuil de rentabilité. Pour ce faire, on divise le total des paiements de capital et d'intérêts, des retraits personnels et de la dette d'exploitation par la valeur prévue de la production.

Étape 2. Calculer l'actif net de l'entreprise.

L'exploitant qui connaît la valeur de son actif net dans l'entreprise (ou capitaux propres) est en mesure de juger de l'aptitude de celle-ci à survivre à un déficit de trésorerie. Un déficit de trésorerie qui persiste finit par réduire le montant des capitaux propres. L'exploitant qui détient des capitaux propres importants dans l'entreprise est à même de résister à des problèmes de trésorerie plus graves et de plus longue durée, car il peut se servir de son actif net comme levier de refinancement. À l'opposé, l'exploitant qui détient peu de capitaux propres dans l'entreprise n'a pas cette possibilité, ce qui l'expose à des risques beaucoup plus grands.

L'exploitant qui connaît son actif net peut déterminer à l'avance les sommes minimales qu'il souhaite laisser investies dans l'entreprise. Cette démarche est importante, étant donné que la valeur acquise dans l'entreprise représente le fonds de retraite de nombreux producteurs. Il est important de protéger ce capital. Un exploitant peut, par exemple, décider qu'il ne laissera pas ses capitaux propres tomber en deçà d'un montant donné, disons de 500 000 $. S'il connaît le montant actuel de ses capitaux propres et les déficits de trésorerie à prévoir, il peut déterminer si son actif net risque de chuter sous ce seuil.

Les capitaux propres sont calculés en retranchant le total du passif du total de l'actif. Pour exprimer les capitaux propres en pourcentage, il suffit d'en diviser le montant par le total de l'actif et de le multiplier par 100.

Les capitaux propres figurent toujours au bilan, mais ils peuvent varier considérablement selon la manière dont les éléments d'actif sont évalués. En général, à des fins comptables, on part du prix coûtant, ou prix d'achat, et on retranche l'amortissement fiscal. Si le calcul est destiné à des prêteurs, il est préférable d'utiliser la juste valeur marchande, soit le montant que l'on pourrait tirer de la vente de l'élément d'actif. Quand un propriétaire veut connaître l'actif net qu'il détient dans l'entreprise, il doit fonder ses calculs sur de justes valeurs marchandes prudentes.


Example de calcul des capitaux propres: capitaux propres X 100 ÷ Total de l'actif = Capitaux propres en %

(420 000 X 100) ÷ 650,000 = 64%

Figure 1. Example de calcul des capitaux propres.


Étape 3. Trouver la cause principale du problème de trésorerie.

Trouver la cause du problème de trésorerie constitue l'étape la plus importante et la plus difficile de l'analyse. Cette étape repose sur l'examen de l'efficience, de l'échelle des opérations et de la structure de la dette.

Efficience

Certains producteurs se mettent sur la défensive dès qu'ils entendent le mot « efficience ». Souvent, ils ont déployé des efforts considérables pour accroître leur efficience, et leurs efforts se sont soldés par une baisse de rendement. L'explication se trouve parfois dans une baisse du prix des denrées. Quoi qu'il en soit, il est important de déterminer si le problème de trésorerie persistera malgré une remontée des prix. Si l'efficience de l'entreprise est même légèrement inférieure à la moyenne, il peut arriver que même de bons prix ne réussissent pas à enrayer le déficit de trésorerie.

On mesure l'efficience d'après les extrants physiques et économiques produits par l'entreprise. Comme il n'existe pas une mesure unique de l'efficience, il faut évaluer les extrants physiques et économiques de l'entreprise, notamment le rendement par acre ou les coûts variables par unité d'extrant.

Échelle des opérations

L'échelle des opérations s'entend de la taille de l'entreprise. Les fermes peuvent être trop grosses ou trop petites par rapport à la main-d'œuvre qui y travaille. Dans les grandes entreprises à structure complexe, il arrive que le contrôle de gestion se trouve trop dilué.

Les tableaux 1 et 2 établissent une comparaison entre les données financières relatives à deux fermes. La Ferme 1 affiche un prix de revient plus élevé par dollar d'extrant produit et un pourcentage plus élevé de coûts variables, ce qui peut signaler un problème d'efficience et inciter à voir pourquoi ces différences existent.

Sur les petites fermes, il se peut que la main-d'œuvre soit trop abondante. Dans le cas des fermes dont l'exploitation repose entièrement sur le travail de l'exploitant, il arrive que l'échelle des opérations soit trop petite pour justifier même cette main-d'œuvre et qu'il en résulte un déficit de trésorerie.

Tableau 1. Étude de cas - comparaison d'entreprises agricoles

    Données d'exploitation Ferme 1 Ferme 2
    + Encaissement
    524 000 $
    330 000 $
    - Décaissement
    439 000 $
    275 000 $
    = Encaisse nette (entreprise)
    85 000 $
    55 000 $
    + Paiements d'intérêts
    35 000 $
    18 000 $
    + Apports du propriétaire
    4 000 $
    15 000 $
    - Retraits personnels
    68 000 $
    41 000 $
    = Encaisse disponible pour les paiements de capital et d'intérêts
    56 000 $
    47 000 $
    - Paiements de capital et d'intérêts
    64 000
    51 000
    = Encaisse disponible après paiements de capital et d'intérêts
    (8 000 $)
    (4 000 $)
    - Amortissement ou provision pour acquisition d'éléments d'actif
    26 000 $
    19 000 $
    = Aptitude à assurer le service de la dette
    (34 000 $)
    (23 000 $)

Tableau 2. Étude de cas - avec repères

 

    Rentabilité Ferme 1 Ferme 2 Repères
    Bénéfice net (comptabilité d'exercice)
    59 000 $
    36 000 $
    -
    Rendement de l'actif
    4,9 %
    9,0 %
    9,5 %
    Rendement des capitaux propres
    11,80 %
    10,0 %
    11,4 %
    Rentabilité

 

    Stabilité financière Ferme 1 Ferme 2 Repères
    Capitaux propres
    41,7 %
    60,0 %
    65,8 %
    Stabilité financière

 

    Efficience financière Ferme 1 Ferme 2 Repères
    Coût par dollar de production
    0,84 $
    0,78 $
    0,56 $
    Coût variable en % des produits d'exploitation
    83,8 %
    70,3 %
    63,5 %
    Efficience financière

 

    Échelle Ferme 1 Ferme 2 Repères
    Équivalents personne à temps plein
    2
    1,5
    -
    Animaux produits par personne
    1 510
    1 980
    -
    Échelle

 

    Structure de la dette Ferme 1 Ferme 2 Repères
    Ratio de la dette à l'actif*
    0,58:1
    0,40:1
    0,34:1
    Pourcentage du passif à court terme par rapport au total du passif
    14,0 %
    41,7 %
    27,3 %
    Structure de la dette

* Mise en garde au sujet des ratios - Chaque fois qu'on utilise des ratios ou des indicateurs financiers, il est important de se rappeler qu'un ratio qui s'écarte de la fourchette normale n'est en fait qu'un signe d'avertissement qu'une recherche plus approfondie s'impose. Dans bien des cas, la valeur hors-norme peut s'expliquer. Les ratios, donc, ne permettent pas à eux seuls de conclure à un problème; ils ne font qu'orienter l'analyse.


Quand cette situation se produit, les solutions envisageables sont d'augmenter la taille de l'entreprise, de réduire les coûts ou d'orienter la production sur un produit de plus grande valeur qui génère une marge bénéficiaire plus élevée.

On peut juger de l'échelle des opérations en comparant l'efficience de l'utilisation de la main-d'œuvre au sein de l'entreprise et au sein d'entreprises semblables. Le tableau 2 montre que la Ferme 1 n'est pas aussi efficiente qu'elle pourrait l'être, puisque le coût par dollar de production est plus élevé que le repère. Cela peut indiquer que la main-d'œuvre de la Ferme 1 est trop abondante ou que cette ferme n'est pas assez grosse.

Structure de la dette

La structure de la dette s'entend des facteurs qui déterminent l'importance des paiements de capital et d'intérêts. Ces facteurs sont le taux d'intérêt, le montant de la dette, la durée des emprunts, et la proportion des dettes à court terme par rapport aux dettes à long terme. Chacun de ces facteurs peut influencer les sommes à rembourser et se répercuter sur la situation de trésorerie de l'entreprise.

Il peut arriver qu'une entreprise agricole limite son efficience, l'échelle de ses opérations et sa capacité à dégager des bénéfices en ne recourant pas du tout ou pas suffisamment au capital d'emprunt. La plupart du temps, toutefois, les problèmes liés à la structure de la dette découlent d'une surutilisation du crédit, d'emprunts trop coûteux ou d'emprunts qui doivent être remboursés à trop court terme.

Certains problèmes inhérents à la structure de la dette sont relativement faciles à résoudre; c'est le cas notamment lorsque la prolongation de la durée d'un prêt permet d'enrayer le déficit de trésorerie. Le plus souvent, toutefois, la solution passe par une révision de la structure de l'actif ou du passif de l'entreprise. Les producteurs peuvent alors être tenus de vendre des éléments d'actif et de réduire leur dette. Ils peuvent aussi essayer d'éliminer les éléments d'actif auxquels sont assorties des exigences de remboursement d'emprunt dépassant la capacité de remboursement de l'entreprise.

La Ferme 2 semble avoir une dette à court terme trop importante, puisque son pourcentage du passif à court terme par rapport au total du passif est considérablement plus élevé que celui du repère et de la Ferme 1. Le pourcentage du passif à court terme par rapport au total du passif est de 41,7 %, ce qui laisse croire que la durée du prêt peut être trop courte. (Le capital et les intérêts qui sont exigibles dans l'exercice en cours font partie du passif à court terme.)

Ces étapes et outils aident les exploitants à déterminer s'ils se heurtent ou non à un problème de trésorerie. La présente fiche technique propose des solutions possibles pouvant être mises en œuvre afin d'aider à résoudre un tel problème.

Analyse rapide de l'entreprise

L'Arbre de diagnostic des difficultés financières présenté à la figure 1 est un outil utile à l'évaluation de l'efficience, de l'échelle des opérations et de la structure de la dette d'une entreprise agricole. On peut l'utiliser pour déterminer les problèmes au sein de l'entreprise.

Même si l'arbre simplifie à outrance l'analyse, il fait ressortir l'influence de l'efficience, de l'échelle des opérations et de la structure de la dette, et montre les mesures susceptibles de remédier à chaque problème. Les choix qui s'offrent à l'exploitation sont passablement variés. Pour une entreprise affichant une efficience acceptable, mais une échelle et un fardeau de la dette inacceptables, les choix ne sont pas les mêmes que pour l'entreprise dont l'efficience laisse à désirer, mais qui présente une échelle acceptable et un fardeau de la dette inacceptable.

Il y a aussi la question de savoir quel problème doit être résolu en priorité.

L'exploitant qui ne veut pas utiliser l'arbre de diagnostic peut remplir la liste de contrôle suivante, puis passer au tableau 3.

      Va Ne va pas
    Efficience - -
    Échelle - -
    Structure de la dette - -

Le tableau 3, Stratégies financières génératrices de changement, présente plusieurs mesures de gestion pour chacune des branches de l'arbre de diagnostic. Cette liste n'est pas exhaustive; elle ne fait qu'illustrer des moyens de résoudre des problèmes de trésorerie compte tenu de l'efficience, de l'échelle des opérations et de la structure de la dette d'une entreprise agricole.

Arbre de diagnostic des difficultés financières.

Figure 2. Arbre de diagnostic des difficultés financières.

Équivalent à l'arbre de diagnostic des difficultés financières

Tableau 3. Stratégies financières génératrices de changement

    Situation financière Efficience Échelle Structure de la dette Stratégies d'accroissement de la rentabilité ou d'instauration de changements
    A
    Va
    Va
    Va

    Continuer de surveiller la performance financière.

    Doter l'entreprise de buts, d'objectifs et de plans stratégiques.

    Recourir aux nouvelles technologies performantes.

    Analyser les possibilités d'expansion et des canaux de distribution additionnels.

    Évaluer les stratégies d'investissement, notamment investir ailleurs que dans la ferme.

    B
    Va
    Va
    Ne va pas

    Restructurer la dette pour améliorer la situation de trésorerie.

    Envisager de vendre des éléments d'actif improductifs pour réduire la dette.

    Étudier la possibilité de louer des éléments d'actif.

    C
    Va
    Ne va pas
    Va

    Si l'entreprise est trop grosse, envisager d'en réduire l'activité ou d'engager du personnel.

    Si l'entreprise fonctionne à trop petite échelle, envisager d'intensifier ses activités ou de lui faire prendre de l'expansion.

    Dresser la liste de tous les moyens abordables d'accroître l'échelle des opérations, par exemple en louant des terres ou des installations additionnelles, en nourrissant du bétail à forfait, en concluant des contrats de location prévoyant une contrepartie en nature (récolte) plutôt qu'en espèces, ou en offrant des services de culture à forfait.

    Se demander si la machinerie, la main-d'œuvre et les éléments d'actif sont pleinement utilisés.

    Étudier les possibilités d'ajouter de la valeur à la production ou de produire des biens ou services de plus grande valeur.

    Envisager d'engager davantage de personnel provenant de l'extérieur de la ferme, mais en évaluer les répercussions sur l'efficience.

    D
    Va
    Ne va pas
    Ne va pas

    Étudier d'abord les solutions ayant trait à l'échelle des opérations, afin de déterminer si elles permettent de régler les problèmes de structure de la dette. Voir les stratégies applicables à la situation C susmentionnée.

    Voir les stratégies liées à la structure de la dette (situation B) susmentionnée.

    Essayer d'augmenter les revenus d'appoint, mais en évaluer les effets sur l'efficience.

    Évaluer la possibilité de réduire l'échelle des opérations de la ferme afin d'augmenter les revenus d'autres sources que la ferme.

    E
    Ne va pas
    Va
    Va

    Analyser les registres pour découvrir les secteurs où l'efficience pourrait être améliorée.

    Se concentrer sur 3 à 5 points clés qui serviront de base à l'élaboration des priorités de gestion.

    Étudier les dépenses liées au coût de la vie et les coûts d'exploitation.

    Déterminer si l'exploitation est trop grosse pour fonctionner efficacement.

    Étudier les possibilités d'accroître l'efficience de l'entreprise par des investissements dans du matériel, des installations ou des technologies performantes.

    Voir si le recours à des services consultatifs ou à des services de gestion particuliers pourrait permettre d'augmenter l'efficience des opérations.

    Envisager de former une coentreprise avec d'autres producteurs afin de se donner un levier permettant d'accroître l'efficience des activités.

    Envisager d'engager davantage de personnel provenant de l'extérieur de la ferme, mais en évaluer les répercussions sur l'efficience.

    F
    Ne va pas
    Va
    Ne va pas

    Déterminer si une amélioration de l'efficience permettrait de réduire ou d'éliminer les problèmes liés à la structure de la dette. Voir la situation E ci-dessus.

    Se demander si le fait de résoudre uniquement le problème lié à la structure de la dette n'entraînera pas une réapparition du problème à l'avenir si l'on fait fi des questions d'efficience.

    Voir les stratégies liées à la structure de la dette (situation B) susmentionnée.

    G
    Ne va pas
    Ne va pas
    Va

    Déterminer si un accroissement de l'efficience corrigera ou atténuera les problèmes liés à l'échelle des opérations.

    Voir les stratégies liées à l'efficience (situation E) et à l'échelle (situation C) susmentionnées.

    Si les stratégies visant à remédier aux problèmes de trésorerie ne sont pas les bonnes, déterminer s'il n'y a pas lieu d'investir les ressources ailleurs.

    Explorer les possibilités d'emploi à l'extérieur de la ferme et ses préférences personnelles.

    H
    Ne va pas
    Ne va pas
    Ne va pas

    Se demander si l'on veut vraiment remédier à cette situation difficile.

    Recourir à des services de consultation en gestion agricole pour déterminer si le plan d'affaires visant à corriger la situation de trésorerie est réaliste.

    Réfléchir aux effets sur le mariage, la famille et la santé.

    Voir si mettre fin maintenant aux activités de l'entreprise n'est pas la solution qui procure le plus de capitaux propres.

    Voir les mesures suggérées relativement aux situations B, C et E susmentionnées.

Certaines des suggestions indiquées ci-dessus exigent une analyse plus poussée. Se reporter aux annexes 1 à 5 de la présente fiche technique.

Annexe 1 - Feuille de travail sur l'aptitude à assurer le service de la dette

Annexe 2 - Programmes gouvernementaux

Annexe 3 - Établissement des prévisions de trésorerie

Annexe 4 - Ressources sur l'analyse financière

Annexe 5 - Rencontre avec le prêteur

Résumé

L'examen de l'efficience, de l'échelle des opérations et de la structure de la dette contribue de façon importante à la gestion de la trésorerie. Les pages qui suivent présentent des mesures qui peuvent être prises aussitôt qu'une cause est déterminée. Les solutions proposées ne conviennent pas à toutes les situations. Il est clair que certaines peuvent être difficiles à mettre en œuvre, du fait des répercussions considérables qu'elles peuvent avoir sur l'entreprise, sur les rôles que les membres de la famille jouent au sein de l'entreprise ou sur les deux à la fois. Il n'en reste pas moins que, lorsqu'un déficit de trésorerie constitue un problème à long terme, des mesures fermes s'imposent.

Les conseils suivants peuvent être utiles aux exploitants qui sont aux prises avec des problèmes de trésorerie et qui souhaitent se sortir de l'impasse.

    Prendre le temps d'étudier et de dresser les états financiers de l'entreprise, notamment le bilan et l'état des flux de trésorerie. Si l'exercice paraît ardu, se faire aider d'un conseiller de confiance.

    Adopter des stratégies musclées de gestion de la production et de gestion des risques liés aux prix courant, comme le recours à l'assurance-récolte, à des programmes de gestion des risques et à des programmes publics de gestion des risques des entreprises, quand il est avantageux de le faire. De plus amples détails sont accessibles à Agricorp.com.

    Examiner des stratégies de commercialisation des denrées, comme les contrats à terme de gré à gré, les contrats à terme standardisés et les options dans le cadre d'un plan de commercialisation d'ensemble. La gestion des risques est particulièrement importante pour les producteurs qui connaissent des difficultés financières et qui tolèrent mal les flux de trésorerie négatifs.

Annexe 1 - Feuille de travail sur l'aptitude a assurer le service de la dette

Au moyen de la feuille de travail, l'exploitant doit d'abord déterminer les fonds nécessaires au service de la dette, puis son aptitude à assurer le service de la dette.

Les fonds nécessaires au service de la dette correspondent aux paiements de capital et d'intérêts à faire au cours de l'année à venir.
L'aptitude à assurer le service de la dette correspond à la capacité de payer le capital et les intérêts une fois qu'ont été effectués les autres décaissements et les dépenses liées au coût de la vie.

L'aptitude à assurer le service de la dette est habituellement calculée selon la méthode de la comptabilité de caisse, mais il est possible d'y inclure les cultures en entrepôt. Certaines banques acceptent, en effet, de tenir compte de la valeur des cultures si celles-ci sont faciles à vendre.

La dette est remboursée à même les rentrées de fonds provenant des activités agricoles, mais également des revenus d'appoint et des revenus personnels. De la même façon, les dépenses ne sont pas uniquement liées aux activités de l'entreprise, mais découlent aussi des dépenses liées au coût de la vie, des impôts à payer et des provisions pour acquisition d'éléments d'actif.

Il convient de savoir que le passif est normalement séparé en deux postes distincts, soit le passif à court terme et le passif à long terme.

Passif à court terme : articles payables dans les douze mois.

Passif à long terme : obligations à plus long terme pour lesquelles seule une fraction de la dette sera payée dans les douze mois. Ce poste comprend les comptes fournisseurs, les arriérés sur impôts fonciers, et les prêts d'exploitation consentis par les banques.

Feuille de travail sur l'aptitude à assurer le service de la dette

1. Fonds nécessaires au service de la dette (Si ces données servent à établir des prévisions, y inclure les nouveaux prêts.)

Pour la période : _______________________________

Nom : ______________________________

Passif à court terme

    Comptes fournisseurs Solde au début de l'exercice Taux d'intérêt Versements annuels Solde à la fin de l'exercice
    Intérêts Capital
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    Total des comptes fournisseurs
    -
    -
    -
    -
    -

Prêt d'exploitation :_____________________________

Description du prêt

    Description du prêt Solde au début de l'exercice Taux d'intérêt Versements annuels Solde à la fin de l'exercice
    Intérêts Capital
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    Total des prêts d'exploitation
    -
    -
    -
    -
    -

Passif à long terme

    Description du prêt Solde au début de l'exercice Taux d'intérêt Versements annuels Solde à la fin de l'exercice
    Intérêts Capital
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    -
    Total partiel
    -
    -
    -
    -
    -
    Total général
    -
    -
    -
    -
    -
    Total des versements de capital et d'intérêts
    -
    -
    -
2. Aptitude à assurer le service de la dette
      Exercice précédent Exercice visé par les prévisions
    + encaissements (entreprise agricole) - -
    - décaissements (entreprise agricole) - -
    = encaisse nette (entreprise agricole)
    - -
    + paiements d'intérêts - -
    + apports du propriétaire - -
    - retraits personnels - -
    = encaisse disponible pour les paiements de capital et d'intérêts
    $
    $
    - paiements de capital et d'intérêts - -
    = encaisse disponible après paiements de capital et d'intérêts
    - -
      - -
    - provisions pour l'acquisition d'éléments d'actif - -
    = aptitude à assurer le service de la dette (somme disponible pour les paiements de capital et d'intérêts sur la nouvelle dette)
    - -

Annexe 2 - Programmes gouvernementaux

Les programmes d'aide gouvernementaux peuvent, dans certains cas, aider à gérer les déficits de trésorerie. Par exemple, les programmes de gestion des risques des entreprises, comme Agri-stabilité, peuvent fournir un soutien au revenu.

Dans le cadre du Partenariat canadien pour l'agriculture (le partenariat), il est possible d'avoir accès à du financement à frais partagés en vue de procéder à des évaluations financières et à la planification des activités. L'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario administre, pour le MAAARO, le programme du partenariat à l'intention des producteurs. Pour obtenir plus de renseignements à ce sujet, il suffit de consulter le site Agricorp.com ou de composer le 1 800 265-9751.

Le MAAARO publie la liste complète des programmes qu'il offre dans la fiche technique Programmes et services à l'intention des agriculteurs ontariens.

Annexe 3 - Établissement des prévisions de trésorerie

L'état des flux de trésorerie prévisionnels est un document de gestion très utile. Il permet de prévoir les déficits de trésorerie et fait ressortir les postes des produits et des charges qui ont le plus de répercussions sur l'entreprise. Il indique également à quels moments les ressources financières seront le plus nécessaires. Ce document ne fait pas le suivi des variations dans les comptes débiteurs, les comptes créditeurs ni les stocks. Il est possible d'effectuer ce suivi en examinant l'état des résultats et le bilan.

Préparation d'un état des flux de trésorerie prévisionnels

Prévoir les mouvements de trésorerie consiste à anticiper à quels moments se produiront les encaissements et les décaissements au cours de l'exercice à venir, et quels postes seront visés par les rentrées et sorties de fonds, y compris les encaissements provenant :

    de l'exploitation agricole,

    des emprunts et revenus d'appoint;

et les décaissements attribuables :

    à l'exploitation de la ferme,

    aux acquisitions d'immobilisations,

    aux impôts,

    aux dépenses liées au coût de la vie

    au service de la dette.

Seuls les articles de caisse sont compris dans les encaissements et les décaissements. Il est bon de se montrer prudent dans ses prévisions.

Il y a deux façons d'établir les prévisions des mouvements de trésorerie :

    se reporter aux registres des exercices précédents en augmentant ou en diminuant les coûts de façon à tenir compte de l'inflation, des changements dans la superficie ou du nombre d'animaux ainsi que des dépenses en immobilisations;

    si les registres des exercices antérieurs font défaut ou si l'entreprise a subi des changements tellement importants qu'il n'est plus possible d'établir des comparaisons valables, il faut partir à neuf et établir des budgets pour chaque activité de l'entreprise. On ajoute ensuite à ces budgets les frais fixes et les dépenses liées au coût de la vie.

On peut établir des prévisions relatives aux mouvements de trésorerie pour différentes périodes, habituellement mensuelles, trimestrielles ou annuelles. Si l'on commence par des prévisions annuelles, on peut les modifier pour en faire des prévisions trimestrielles ou mensuelles, au besoin.

Surveillance des mouvements de trésorerie

Les producteurs doivent surveiller mensuellement, trimestriellement ou annuellement les mouvements de trésorerie selon la période visée par les prévisions. La surveillance révèle des différences entre les données réelles et les données prévisionnelles, ce qui permet d'étudier les rajustements à apporter à l'entreprise.

Annexe 4 - Ressources sur l'analyse financière

Voici une liste de ressources qui peuvent faciliter la préparation de l'état des flux de trésorerie prévisionnels et l'obtention d'autres données d'analyse utiles. Toutes sont accessibles sur le site Web du MAAARO.

Outils informatisés

L'analyse de la ferme - une feuille de calcul Excel conçue pour analyser une entreprise en se servant des données contenues dans la déclaration de revenus de la ferme. Cet outil est également utile pour analyser les effets sur le bénéfice net d'un changement touchant les produits d'exploitation, les charges variables et les dépenses liées au coût de la vie.

Cahier planification et analyse financière de ferme, publication 37F - une feuille de calcul Excel proposant une démarche systématique pour préparer des états financiers complets et comprenant un état des flux de trésorerie, une feuille de travail sur l'aptitude à assurer le service de la dette, et des états financiers actuels et prévisionnels.

Budgets de production de l'Ontario - les budgets de production sont mis au point pour aider les producteurs à fonder leurs décisions en matière de production sur des bases économiques. Le site Web du MAAARO présente des budgets des coûts de production pour différentes activités.

Les budgets sont offerts en deux formats : les outils de budgétisation, qui sont des feuilles de calcul Excel, et les Budgets des grandes cultures (publication 60F) qui peuvent être imprimés directement à partir du site Web pour ensuite être remplis à la main.

Annexe 5 - Rencontre avec le prêteur

Si une analyse révèle qu'il faut apporter des changements à l'entreprise, il est habituellement nécessaire de rencontrer le prêteur. Le producteur doit être prêt à répondre aux questions qui suivent.

Finances

    Comment êtes-vous parvenu aux estimations de données financières et de données de production (registres antérieurs, normes de référence établies par l'industrie)?

    Y a-t-il eu dernièrement des changements importants touchant les activités de la ferme? Quels résultats ces changements ont-ils donnés?

    Tenez-vous à jour les données relatives aux coûts de production?

    À quelle fréquence sont établis les états des résultats selon la méthode de la comptabilité d'exercice?

    L'encaisse suffit-elle à respecter vos obligations (capacité d'assurer le service de la dette)

    Dans quel état se trouvent vos éléments d'actif et ceux-ci sont-ils évalués à leur juste valeur marchande

    Comment gérez-vous les risques (assurance, programmes publics, valeur ajoutée)?

    Comment vos résultats se comparent-ils à d'autres dans le même secteur d'activité (repères)?

Production et commercialisation

    Quelle stratégie de commercialisation employez-vous?

    Quels résultats cette stratégie a-t-elle donnés au cours des trois dernières années?

    Envisagez-vous de modifier votre stratégie de commercialisation?

    Comment réagissez-vous aux conditions actuelles du marché?

    En quoi consistent vos stocks actuels

    Offrez-vous un éventail de produits satisfaisant? Modifiez-vous parfois votre production?

    En quoi votre production se compare-t-elle aux autres du même secteur?

    Quelle technologie utilisez-vous actuellement?

La présente fiche technique a été rédigée par Rob Gamble, BSA, MTax, et mise à jour par Erich Weber, CPA, B. Com., spécialiste des finances d'entreprise, MAAARO, Guelph.

Des sections de la présente fiche technique sont une adaptation d'un texte reproduit, avec autorisation, d'une publication de la Iowa State University Extension intitulée « Financial Troubleshooting », dont les auteurs sont Robert W. Jolly et Alan Vontalge.


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Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
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