Dans cette section |
Comment Créer Une Coopérative
Table des matières
IntroductionLes coopératives existent en Ontario depuis plus de 150 ans. Elles ont été formées pour répondre aux besoins de différents secteurs dactivité et des collectivités de lOntario rural. La structure dentreprise quest la coopérative nest quune structure parmi bien dautres.
La présente fiche technique a pour but daider les propriétaires dentreprise et les collectivités rurales à comprendre la structure de la coopérative et à déterminer si cette structure convient à leurs besoins.
Les coopératives de nouvelle génération ont une structure différente de celle des coopératives traditionnelles. Elles sont tout indiquées dans diverses situations, surtout lorsque les producteurs agricoles souhaitent détenir une participation dans des activités de transformation ou autres à valeur ajoutée. Pour de linformation sur les coopératives de nouvelle génération, voir la fiche technique Coopératives de nouvelle génération, commande no 02-018.
Section 1. Notions De Base Sur Les CoopérativesQuest-Ce Quune Coopérative?Une coopérative est une entreprise commerciale dont la propriété est détenue par les membres qui en utilisent les services. Le contrôle de lentreprise est réparti également entre les membres qui se partagent lexcédent au prorata des opérations quils effectuent avec la coopérative. Principes De Base Dune CoopérativeToutes les coopératives sont guidées par les mêmes principes généraux, énoncés comme suit par lAlliance coopérative internationale :
Bénévolat et adhésion libre Les coopératives sont des organisations bénévoles, ouvertes à toutes les personnes qui peuvent utiliser leurs services et qui sont prêtes à accepter les responsabilités des membres.
Contrôle démocratique des membres Les coopératives sont des organisations démocratiques contrôlées par leurs membres qui participent activement à lélaboration de leurs politiques et aux prises de décisions.
Participation des membres aux aspects économiques Les membres participent de façon équitable à la constitution du capital de leur coopérative et le contrôlent de façon démocratique. Au moins une partie de ce capital est en général la propriété commune de la coopérative.
Autonomie et indépendance Les coopératives sont des organisations autonomes, contrôlées par leurs membres. Si elles concluent des ententes avec dautres organisations, y compris avec les gouvernements, ou recueillent des capitaux auprès de sources extérieures, elles le font à condition de préserver leur autonomie et de conserver à leurs membres le contrôle démocratique.
Éducation, formation et information Les coopératives font léducation et la formation de leurs membres, des représentants élus, des gestionnaires et des employés afin que ceux-ci puissent participer efficacement au développement des coopératives.
La coopération entre les coopératives Les coopératives rendent des services plus efficaces à leurs membres et renforcent le mouvement coopératif en collaborant avec dautres coopératives par lintermédiaire de structures locales, nationales, régionales et internationales.
Intérêt pour la collectivité Les coopératives travaillent au développement durable de leur collectivité en mettant en oeuvre des politiques approuvées par leurs membres. | Haut de la page |
Types De CoopérativesIl existe des coopératives dans presque toutes les sphères de léconomie. Le tableau 1 dresse une liste des différents types de coopératives.
Coopératives À But Lucratif C.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
Coopératives |
Sociétés par actions et entreprises appartenant à des investisseurs |
||
|---|---|---|---|---|
|
À but lucratif |
À but non lucratif |
Société par actions à but lucratif |
Société à but non lucratif |
|
|
Distribution de lexcédent ou des bénéfices |
Aux membres, au prorata des services quils utilisent. Lexcédent est réparti, mais les membres peuvent décider de le réinvestir. Lexcédent peut être affecté à la réserve ou versé aux membres sous forme de ristourne proportionnelle aux opérations effectuées par chaque membre avec la coopérative, ou sous forme de dividendes. Les dividendes sur les parts sociales sont limités au taux préférentiel majoré de 2 %; aucun maximum nest fixé pour les dividendes sur les parts privilégiées. Les primes payées au rachat des parts privilégiées sont soumises à un taux maximal annuel composé de 10 %. |
Lexcédent reste investi dans la coopérative. À la dissolution de la coopérative, lexcédent est remis à un autre organisme à but non lucratif. |
Des dividendes sont versés sur les actions. Les taux sont établis par le conseil dadministration. Aucune limite nest fixée sur le montant des dividendes. Les profits peuvent être distribués sous forme de dividendes selon les modalités établies pour chaque catégorie dactions, ou réinvestis dans la société. La valeur des actions reflète la valeur nette de la société. Les actionnaires peuvent disposer de tous les éléments dactif de la société sous réserve de certaines dispositions législatives. |
Lexcédent reste investi dans la société. À la dissolution de la société, lexcédent est remis aux membres ou à une oeuvre de charité. Lexcédent nappartient pas en propre aux membres mais à lorganisme. Il ne peut donc pas être réparti entre les membres, mais doit être affecté en entier à la réserve générale indivisible de lorganisme. |
|
Initiative des politiques |
Conseil dadministration, membres et direction. |
Conseil dadministration, membres et direction. |
Conseil dadministration, actionnaires et direction. |
Conseil dadministration, membres et direction. |
| Haut de la page |
La direction supervise et coordonne les activités quotidiennes de la coopérative. La direction rend compte de ses activités au conseil dadministration.
Le personnel de la coopérative relève de la direction. Il doit être bien informé des activités de la coopérative et être en mesure de les expliquer à la fois aux membres et aux non-membres.
Les grandes coopératives, plus complexes, peuvent avoir des structures centralisées ou fédérées. Une structure centralisée est parfois appelée système de vote par délégation. La structure du Saskatchewan Wheat Pool en est un exemple. Elle se divise en douze districts comptant chacun un certain nombre de sous-districts. Les membres de chaque sous-district proposent des candidats et élisent un délégué. Les délégués dun même district élisent à leur tour un administrateur qui représentera le district au conseil central.
Une coopérative fédérée est formée de coopératives autonomes, mais liées, qui se regroupent pour former des coopératives secondaires avec lesquelles elles traitent. La Credit Union Central of Ontario est un exemple de fédération regroupant des coopératives de crédit de lOntario. Il sagit dun service de dépôt centralisé pour les fonds excédentaires des coopératives de crédit. Les membres des coopératives autonomes élisent des délégués au sein de la fédération. Ces derniers se réunissent par districts pour élire les administrateurs de la fédération.
La démarche menant à la création dune coopérative ne diffère pas tellement de celle qui mène à la création dune autre forme dentreprise. Il y a létape de la planification et les détails techniques à régler au sujet de la structure à adopter. La mise sur pied dune entreprise entièrement opérationnelle à partir dune idée initiale requiert un sens de lorganisation et un sens de la communication poussés ainsi quun plan daffaires complet. Voir lannexe 1 pour une liste de vérification détaillée du travail de planification.
Les étapes suivantes décrivent lordre des événements qui mènent à la création dune coopérative.
Idée initiale et principaux organisateurs Lidée de former une coopérative vient habituellement dun groupe de personnes qui perçoivent une occasion daffaires ou une solution à un problème.
Choix dun comité directeur Former un comité directeur à partir du groupe initial et des personnes acceptant de financer létude de faisabilité.
Réalisation de létude de faisabilité Prévoir la portée de létude de faisabilité, y compris les aspects de létude et lampleur du budget à y accorder. Évaluer avec soin la faisabilité du projet avant dentreprendre quoi que ce soit. Létude de faisabilité détermine lenvergure quil est le plus rentable de donner à létablissement et du même coup la quantité de produit que létablissement peut accepter. Létude de faisabilité peut être financée par des levées de fonds faites par les organisateurs et les membres éventuels ou même par une agence de développement économique.
Non seulement ces études établissent la viabilité économique de lentreprise, mais elles décrivent également les avantages commerciaux dune coopérative de transformation appartenant à des membres, le cas échéant. Si létude de faisabilité est positive, elle suscite lenthousiasme des membres du comité directeur et incitent les organisateurs à passer à létape suivante.
Choix dun conseil provisoire Si létude de faisabilité est positive et que la décision est prise daller de lavant et de créer la coopérative, dissoudre le comité directeur et constituer un conseil provisoire. Élire un président ou une présidente du conseil et explorer les sources de financement afin de compléter le plan daffaires. Le conseil provisoire peut décider sil y a lieu de recruter un chef de la direction.
Constitution de la coopérative Le choix du moment où constituer la coopérative dépend dun certain nombre de facteurs, notamment de la nécessité de conclure des ententes, comme des ententes de confidentialité, des lettres dintention, des contrats dapprovisionnement, des ententes de financement avec les pouvoirs publics. Constituer la coopérative en personne morale dès que les activités de la coopérative risquent dengager sa responsabilité.
Élaboration du plan daffaires et de la structure juridique de la coopérative Le plan daffaires décrit les buts et objectifs de la coopérative et les étapes à franchir pour les atteindre. Le conseil utilise cette information, de même que le plan daffaires, pour promouvoir la coopérative et déposer, au besoin, une déclaration doffre auprès de la Commission des services financiers de lOntario (CSFO) (voir la rubrique Financement de la coopérative). Cette étape doit être complétée avant que des actions ne puissent être vendues. Pour des détails sur ce quil y a lieu dinclure dans un plan daffaires, voir lannexe 2.
Se renseigner sur les études de faisabilité et les plans daffaires auprès du MAAO, des Centres locaux dencadrement des entrepreneurs et des consultants privés. Voir aussi les fiches techniques du MAAO no 03-052, Comment étudier la faisabilité dun projet dentreprise, et no 99-012, Établissement de plans dexploitation.
Préparation dune déclaration doffre Les coopératives qui souhaitent lever plus de 200 000 $, émettre des parts à plus de 25 membres ou émettre des parts dune valeur nominale de plus de 1000 $/membre sont généralement tenues de déposer une offre (semblable à un prospectus) auprès de la CSFO.
Lancement de la campagne de levée de fonds Une fois que les exigences juridiques ont été satisfaites, que les documents ont été déposés auprès de la CSFO et que le plan daffaires est terminé, le conseil peut lancer la campagne de financement.
Un élément clé de la création dune coopérative est la participation déventuels membres clés de la coopérative. On sassure ainsi de leur apport au plan et on encourage les membres à adhérer à la coopérative et à sy engager.
| Haut de la page |
Linformation qui suit relative à la « Loi sur les sociétés coopératives » (la « LSC ») et à la structure juridique dune coopérative constitue de linformation générale qui ne saurait remplacer un avis juridique compétent.
La LSC est administrée par la CSFO.
Il faut au moins cinq personnes pour constituer une coopérative, sauf dans le cas des coopératives de travail pour lesquelles trois personnes suffisent. Ces personnes doivent avoir au moins 18 ans. Il peut aussi sagir de personnes morales, notamment dautres coopératives.
Voici un aperçu des principales exigences de la LSC. Il est entendu que ce résumé ne saurait remplacer la LSC. On peut se procurer auprès de la CSFO un tableau des droits exigés pour la constitution dune coopérative.
La LSC exige quune société coopérative soit exploitée selon un mode dorganisation, dexploitation et de gestion qui respecte les principes qui suivent :
Chaque membre ou délégué na droit quà un vote. Dans une société commerciale, le nombre de voix que peut exercer un actionnaire dépend du nombre dactions quil détient. Dans une société coopérative, chaque membre na droit quà un vote, indépendamment de la somme quil a investie dans la coopérative.
Aucun membre ni aucun délégué na le droit de voter par procuration. Il sagit ici déviter que le pouvoir ne se retrouve entre les mains dune poignée de membres.
Les intérêts sur le capital emprunté et les dividendes sur le capital social sont limités. Les intérêts sur les prêts consentis par les membres et les dividendes sur le capital social sont limités au taux préférentiel majoré de 2 %. Cette limite est fixée par la LSC. Les parts privilégiées font toutefois exception à cette règle. La LSC nimpose pas de limite au taux des dividendes versés sur ces parts, lequel est fixé par la coopérative.
Pour constituer une coopérative en Ontario, il faut déposer des statuts constitutifs auprès de la CSFO. Les statuts constitutifs et la LSC établissent les bases juridiques de la coopérative. Ils décrivent le but poursuivi par la coopérative et la manière dont celle-ci sera financée. Ces documents créent ni plus ni moins la coopérative. Les statuts constitutifs comprennent :
La dénomination sociale dune coopérative doit comprendre le mot coopérative en français ou co-operative en anglais (ou labréviation correspondante coop en français et co-op en anglais). Elle doit de plus se terminer par le mot Incorporée, Incorporated ou Corporation ou par labréviation correspondante Inc. ou Corp. La dénomination sociale dune coopérative avec capital social peut se terminer par le mot Limitée ou Limited, ou labréviation correspondante Ltée ou Ltd. Il est illégal en Ontario dintégrer le mot coopérative à la dénomination sociale dune entreprise si celle-ci nest pas constituée en vertu de la LSC de lOntario.
Une fois la dénomination sociale choisie, confier à une maison de recherches privée la tâche de sassurer que cette dénomination sociale ne désigne aucune autre entité. La maison de recherches fournira un rapport du Système informatisé pour la recherche de dénominations sociales et de marques de commerce (NUANS) qui sera déposé auprès du ministère des Finances. Ce ministère publie une liste des maisons de recherches privées de lOntario.
Voici les documents à faire parvenir à la CSFO pour constituer une coopérative en personne morale :
Il est recommandé denvoyer une version préliminaire des statuts constitutifs à la CSFO pour une opinion. Les formulaires requis sont disponibles auprès de la CSFO. Une fois que la CSFO aura approuvé les statuts constitutifs, elle délivrera un certificat de constitution démontrant que la coopérative est légalement constituée en personne morale.
Après réception du certificat de constitution, les administrateurs disposent de 60 jours pour inscrire la coopérative auprès du ministère des Services aux consommateurs et aux entreprises en remplissant un formulaire intitulé « Avis initial ». Ce formulaire comporte les renseignements de base relatifs à la coopérative, y compris sa dénomination sociale, sa date de constitution, ladresse de son siège social, ainsi que les noms et adresses de ses administrateurs et dirigeants. La CSFO enverra ce formulaire en même temps que le certificat de constitution.
Pour se procurer la trousse de constitution de la coopérative en personne morale, sadresser à la :
Commission des services financiers de lOntario
C.P. 85
5160, rue Yonge, 4e étage
North York (Ontario)
M2N 6L9
Téléphone : 1 800 668-0128
(416) 226-7776
Pour modifier les statuts constitutifs, il faut déposer auprès de la CSFO le formulaire intitulé « statuts de modification ». Des frais sont exigés chaque fois que la coopérative soumet ces documents.
Au lieu de modifier les statuts, il est beaucoup plus simple de modifier les règlements administratifs de la coopérative. Ce processus nexige pas le dépôt de documents auprès de la CSFO ni le paiement de frais. Afin déviter davoir à déposer des « statuts de modification » auprès de la CSFO, la plupart des règles internes de base de la coopérative devraient être incluses dans les règlements administratifs, plutôt que dans les statuts constitutifs. Les règlements administratifs pourraient décrire, par exemple, les conditions dadhésion et le processus délection.
Communiquer avec une association de coopératives comme la Canadian Cooperatives Association (CCA) afin dobtenir des conseils sur ce que devraient comprendre les règlements administratifs.
| Haut de la page |
Si la coopérative prévoit étendre ses activités commerciales à lextérieur de lOntario, elle peut se constituer en vertu des lois fédérales. Pour pouvoir le faire, la coopérative doit effectuer des activités commerciales dans au moins deux provinces et établir une place daffaires dans plus dune province. En vertu de la Loi canadienne sur les coopératives, il faut au moins trois personnes âgées dau moins 18 ans pour constituer une coopérative. Il faut noter que les coopératives constituées à lextérieur de lOntario sont régies par la Commission des valeurs mobilières de lOntario (CVMO), ce qui signifie quelles doivent satisfaire aux lois et aux règlements administrés par la CVMO.
On peut communiquer avec le Secrétariat aux coopératives, Agriculture et Agroalimentaire Canada, en téléphonant au (613) 759-7194 ou en consultant le site Web du MAAO pour obtenir plus de renseignements sur la constitution dune coopérative en vertu des lois fédérales.
Létape suivante est celle de lélection des administrateurs et de ladoption des règlements administratifs. Les règlements administratifs énoncent les règles de fonctionnement de la coopérative et expliquent les statuts constitutifs. Il nest pas nécessaire de déposer les règlements administratifs auprès de la CSFO. Ils prennent effet sitôt quils sont adoptés par le conseil dadministration et quils sont ratifiés par les membres. Tous les règlements administratifs doivent être conformes aux dispositions de la LSC.
Voici certains des points que peuvent prévoir les règlements administratifs :
Faire préparer les statuts constitutifs et les règlements administratifs par des professionnels qui connaissent les exigences juridiques associées aux coopératives et le fonctionnement de ces dernières. Veiller à ce que les administrateurs participent à la démarche et quils comprennent en quoi les statuts et les règlements influencent la coopérative.
Les coopératives peuvent avoir recours au financement par emprunt ou par émission de parts. Elles peuvent choisir de se constituer « avec capital social » ou « sans capital social ». La constitution « avec capital social » permet à une coopérative de se financer en vendant des parts sociales et en ayant recours à dautres moyens de financement comme les débentures. Une coopérative constituée « sans capital social » peut seulement se financer par emprunt et elle ne peut émettre de parts. La coopérative doit décider de son mode de financement avant dentamer le processus de constitution.
Le plan daffaires de la coopérative définit ses besoins en capitaux et ses objectifs. On peut obtenir du capital supplémentaire en émettant des parts sociales privilégiées, en empruntant auprès des membres ou en émettant dautres titres. Linvestissement peut être menacé si la coopérative natteint pas ses objectifs.
Avant démettre des parts sociales ou des débentures, une coopérative doit déterminer sil lui faut déposer une déclaration doffre auprès de la CSFO. Ce document dévoile de façon simple, complète et véridique aux investisseurs éventuels tous les aspects importants du fonctionnement et des activités prévues de la coopérative. Y sont inclus, un profil des résultats financiers en cours et lusage prévu du financement obtenu. La déclaration doffre permet à un membre éventuel dévaluer le risque lié à un investissement dans la coopérative.
Une coopérative nest pas tenue de déposer une déclaration doffre dans les cas suivants :
La CSFO diffuse sur son site les formulaires normalisés et des modèles de déclarations doffre. Les déclarations doffre sont des documents juridiques complexes qui doivent être rédigés par un spécialiste en la matière.
Si la coopérative a besoin dun apport massif de capitaux pour, notamment, du matériel, des fournitures et des installations, il est probablement préférable de constituer une coopérative avec capital social. Pour adhérer à ce genre de coopérative, les futurs clients sont tenus de souscrire des parts (ordinaires) de la coopérative. Il sagit dun investissement dans la coopérative que les membres sexposent à perdre si celle-ci se révélait non viable. La coopérative avec capital social offre lavantage dune souplesse de financement accrue du fait quelle peut à la fois contracter des emprunts auprès de ses membres et leur émettre des parts. Les coopératives sans capital social sont tenues en vertu de la LSC de se constituer en coopérative sans capital social.
Il y a deux grandes catégories de parts : les parts sociales ordinaires et les parts sociales privilégiées.
Les deux types de parts sont des parts à valeur nominale, ce qui signifie que lorsque la coopérative rachète les parts des membres ou dautres investisseurs, la somme que ces derniers reçoivent pour chaque part rachetée correspond au prix dachat de la part. Pour mieux protéger les investisseurs contre linflation, la coopérative peut vouloir payer un montant supplémentaire ou une prime sur les parts sociales privilégiées quelle rachète. La prime maximale sur une part sociale privilégiée correspond à un taux annuel composé de 10 % ou à lindice des prix à la consommation, selon le plus élevé des deux montants. En versant une prime, on sassure que la valeur des parts de la coopérative nest pas en reste par rapport à linflation. Le versement de primes signifie également un capital moindre pour la coopérative, aussi faut-il veiller à léquilibre.
La coopérative peut également verser un rendement sur les parts sociales ordinaires et les parts sociales privilégiées. Cest ce quon appelle un dividende. Le dividende maximal que peut verser toute coopérative sur les parts de membre est fixé à 2 % au-dessus du taux préférentiel de tout établissement financier (caisse de crédit, banque, société de fiducie) nommé dans les règlements administratifs de la coopérative.
Il ny a pas de plafond pour le dividende qui peut être versé au détenteur de parts sociales privilégiées, à moins que la coopérative nen décide autrement.
Si la coopérative peut lever tous les capitaux dont elle a besoin uniquement auprès de ses membres, il se peut que lémission de parts sociales ordinaires suffise. La coopérative doit alors obliger ses membres à acheter un nombre minimal de parts sociales ordinaires comme condition dadhésion.
Les coopératives qui émettent des parts sont tenues démettre des parts sociales ordinaires. Comme seuls les membres de la coopérative sont autorisés à détenir de ces parts, les coopératives imposent des restrictions au transfert de la propriété des parts sociales ordinaires. Lorsque la coopérative autorise le transfert des parts sociales ordinaires, elle doit obtenir au préalable lautorisation du conseil dadministration. Cette caractéristique des parts sociales ordinaires peut influencer lattrait quelles présentent pour les membres investisseurs.
La coopérative peut aussi envisager démettre des parts sociales privilégiées si des membres ou dautres investisseurs dans la collectivité souhaitent en acheter. Les parts sociales privilégiées peuvent être détenues par des membres ou par dautres investisseurs. Elles peuvent être plus intéressantes que les parts sociales ordinaires pour les raisons suivantes :
| Haut de la page |
La coopérative peut aussi exiger que ses membres utilisent une partie ou la totalité de leurs ristournes pour acheter davantage de parts sociales. Ce faisant, la coopérative sassure que ses capitaux propres augmentent dannée en année, pourvu évidemment que les activités de la coopérative aient été suffisamment rentables pour quune ristourne soit versée.
Un autre moyen pour la coopérative dutiliser lexcédent quelle génère pour augmenter ses capitaux propres consiste à verser un dividende sous forme de parts sociales. Ce type de dividende permet à la coopérative de verser des dividendes et en même temps daccroître ses capitaux propres. Il se peut que les dividendes versés sous forme de parts soient plus attrayants pour les membres que pour les autres investisseurs.
Le financement par capitaux propres offre de la souplesse à la coopérative. Par exemple, si la coopérative se procure passablement de capitaux propres pour acquérir des éléments dactif importants, elle peut utiliser ces éléments dactif pour emprunter davantage de fonds. De cette façon, la coopérative peut se servir de ses capitaux propres comme levier de financement.
Même sil est sage détablir un registre des dividences versés sur les parts sociales privilégiées, la coopérative (comme les sociétés par actions) nest pas légalement tenue de le faire. Que la coopérative verse des dividendes ou non dépend de son excédent. Par contre, les créanciers ont le droit de poursuivre la coopérative pour défaut de paiement des intérêts et du capital sur les sommes empruntées. Si la coopérative éprouve des problèmes de trésorerie, elle aura avantage à augmenter ses capitaux propres.
Dans une coopérative sans capital social, au lieu de souscrire des parts de la coopérative, les membres sont tenus de prêter à celle-ci une somme minimale portant intérêt à un taux qui est actuellement plafonné au taux préférentiel majoré de 2 %. Les prêts sont normalement des prêts à long terme afin de garantir une stabilité à la coopérative. Pour constituer une coopérative sans capital social et avec au plus 25 membres, il suffit de décider des droits dadhésion, de prévoir les restrictions au transfert des prêts consentis par les membres, de déterminer les catégories de membres et de fixer le montant minimal du prêt exigé de chacun, le cas échéant.
Un membre qui décide de quitter la coopérative doit, pour récupérer son investissement, donner à la coopérative un préavis écrit de six mois. Si sa demande de rachat ou de remboursement devait porter préjudice à la coopérative et lexposer à linsolvabilité, cette dernière pourrait remettre au membre le cinquième seulement de son investissement chaque année pendant cinq ans.
Le financement par emprunt peut revêtir les quatre formes suivantes :
Si la coopérative némettra pas de parts sociales, à tout le moins une partie de son financement sera assuré par les prêts consentis par les membres. Il sagit de sommes que la coopérative oblige les membres à lui prêter comme condition dadhésion. Les coopératives qui émettent des parts sociales peuvent aussi exiger que les membres lui consentent des prêts.
Comme elles le font pour les dividendes versés sur les parts sociales, les coopératives peuvent offrir à leurs membres un taux dintérêt sur les emprunts plafonné à 2 % de plus que le taux préférentiel de tout établissement financier (caisse de crédit, banque ou société de fiducie). Les coopératives doivent rembourser leurs emprunts à leurs membres, y compris tout intérêt couru, lorsque ces derniers quittent la coopérative.
Toute coopérative peut exiger de ses membres de lui prêter en tout ou en partie leur ristourne. Ces prêts sont appelés prêts de ristourne. En demandant à ses membres ce genre de prêt, la coopérative peut se financer à même son propre excédent. La coopérative peut verser sur le prêt de ristourne le même taux dintérêt maximal applicable aux prêts consentis par les membres.
Au besoin, la coopérative peut emprunter des sommes additionnelles auprès de membres, de non-membres et détablissements financiers, au taux du marché. La disponibilité et le coût de ces emprunts dépendront de la santé financière de la coopérative et de sa cote de crédit.
Si elle a besoin dimportantes sommes dargent, la coopérative peut aussi émettre des débentures. Elle peut offrir certains éléments dactif en garantie de ces débentures. Si la coopérative possède des immobilisations financées par des capitaux propres, comme des terrains et des immeubles, elle peut sen servir pour obtenir du financement au moyen de ses débentures. Les coopératives peuvent émettre plusieurs types de débentures, mais elles promettent généralement de verser périodiquement des intérêts et de rembourser le capital avant une certaine date. Si la coopérative neffectue pas ses paiements, les détenteurs de débentures peuvent la poursuivre. Il nexiste pas de plafond au taux pouvant être offert par une coopérative sur ses débentures. Cependant, la coopérative devra décider du taux quelle peut se permettre. Les débentures peuvent également être non garanties.
| Haut de la page |
On entend par « excédent », lexcédent des produits sur les charges. Comment une coopérative utilise son excédent peut influer directement sur son financement. La coopérative aura probablement besoin de conserver une partie de son excédent sous la forme dexcédent non réparti ou de réserve. Lexcédent non réparti sert au financement de lexpansion des activités ou au remplacement éventuel déléments dactif. Il faut définir les besoins de la coopérative avant de redistribuer lexcédent aux membres et aux détenteurs de parts.
Par tradition, les coopératives distribuent généralement la plupart de leur excédent à leurs membres sous forme de ristourne. Si la coopérative entend attirer des capitaux importants en convaincant les investisseurs quelle a lintention de verser des dividendes sur ses parts sociales, elle devra veiller à ne pas prendre cet engagement au détriment des membres qui sattendent à toucher une ristourne.
La méthode utilisée pour distribuer lexcédent a une incidence fiscale sur celui-ci, tant pour la coopérative que pour ses membres et investisseurs. Les ristournes sont versées à même le revenu avant impôt de la coopérative et sont considérées comme une charge, ce qui diminue la somme dimpôt à payer par la coopérative. Les ristournes versées par les coopératives de travail et certains types de coopératives autres que des coopératives de consommateurs sont imposables comme un revenu gagné par le membre.
Les dividendes versés sur les parts le sont à même le revenu après impôt de la coopérative et sont imposables entre les mains des membres. Les membres de la coopérative peuvent réclamer le crédit dimpôt fédéral pour les dividendes versés par la coopérative. Pour plus de détails sur la fiscalité, consulter un comptable.
La LSC précise quil faut nommer un vérificateur pour examiner les registres financiers et produire un rapport annuel. Il doit sagir dune personne impartiale et en aucun cas de lun des administrateurs ou des employés de la coopérative. Si la coopérative compte peu de membres et dispose dun capital restreint, il se peut que le vérificateur ne soit pas nécessaire. La coopérative peut être exemptée de lobligation de se soumettre à une vérification :
Les coûts de vérification peuvent être élevés. Ils varient selon la complexité de lentreprise.
Retrait des membres
Les parts sociales détenues dans la coopérative constituent un bien personnel et sont transférables selon les conditions établies par la LSC. Un membre peut se retirer de la coopérative en donnant un préavis de six mois. À la fin de la période de préavis, la coopérative doit commencer à racheter les parts du membre ou à lui rembourser ses prêts. Les parts sociales ou les prêts dun membre doivent être remboursés dans les six mois qui suivent son décès. Un membre peut être expulsé par vote majoritaire du conseil dadministration. La coopérative doit alors lui rembourser ses parts ou ses prêts en deçà de une année. Un membre qui a voté contre une résolution qui (dans les faits) apporte un changement important à la nature de la coopérative peut se retirer. Ses parts ou ses prêts doivent alors lui être remboursés dans les 90 jours. Par « changement important », on entend la vente ou la disposition des biens de la coopérative, la fusion avec une autre coopérative ou sa conversion en société par actions.
Dans chaque cas, la LSC comporte des dispositions additionnelles qui accordent à la coopérative le pouvoir de retarder le versement si celui-ci entraîne linsolvabilité de la coopérative ou menace très sérieusement la stabilité financière de cette dernière. Une coopérative devient insolvable si son endettement dépasse la valeur de revente de son actif ou si elle est incapable de payer ses dettes à la date déchéance.
Pour pouvoir dissoudre la coopérative, les membres doivent dabord signifier leur intention en déposant des statuts de dissolution auprès de la CSFO. Les prêts consentis par les membres et les prêts de ristournes viennent au deuxième rang, après les dettes courantes de la coopérative qui ont la priorité. Lexcédent net est alors réparti également entre les membres ou redistribué en proportion de la ristourne versée durant les cinq années précédentes. Autrement, ce montant peut être versé à des oeuvres de charité. Si aucune méthode de disposition de lexcédent nest définie dans les statuts constitutifs ni dans les règlements administratifs, les fonds sont redistribués également entre les membres, indépendamment du nombre de parts de chacun.
Les coopératives qui commercialisent les biens des membres concluent des contrats ou des conventions de commercialisation avec eux. Ces conventions précisent par écrit les droits et les obligations des membres quant à la commercialisation de leurs produits par lintermédiaire de la coopérative. Ce document prévoit aussi les modalités selon lesquelles les produits seront commercialisés et les opérations comptabilisées. Cette convention, qui vise à garantir à la coopérative un approvisionnement constant de la part de ses membres, peut prévoir le versement à la coopérative de dommages-intérêts advenant la non-coopération des membres. Il sagit soit dun contrat dachat-vente, soit dun contrat dagence qui constitue un document vital pour la plupart des coopératives agro-alimentaires. Les règlements administratifs peuvent même le préciser.
Pour plus détails, consulter la LSC. Il est fortement recommandé de consulter des avocats, des comptables et des experts en planification qui sy entendent en matière de constitution de coopératives, puisque la marche à suivre diffère passablement de celle qui vise la constitution dune société par actions. Le présent document ne présente quun aperçu de la LSC et ne saurait sy substituer.
On peut obtenir des renseignements sur les coopératives en sadressant au ministère des Finances ainsi quaux organismes suivants :
Les coopératives en Ontario, ministère des Finances de lOntario, série de publications qui comprend : Comment constituer une coopérative; Constituer une coopérative en personne morale avec capital social; Constituer une coopérative en personne morale sans capital social; et Exigences légales.
Créer notre coopérative, Secrétariat aux
coopératives, Agriculture et Agroalimentaire Canada,
Site Web : www.agr.gc.ca/policy/coop/kitcoop/fiche13.html
La présente publication se veut un document dinformation générale qui ne fournit pas de conseils sur des situations particulières. Même si on y trouve des renseignements sur les aspects juridiques et fiscaux concernant les coopératives, elle ne saurait tenir lieu dinterprétation ou de résumé de la Loi de limpôt sur le revenu, de la Loi sur les sociétés coopératives (Ontario) ou de toute loi touchant la constitution dune coopérative. Le gouvernement de lOntario décline toute responsabilité envers quiconque sen servirait ainsi.
Nous remercions le Secrétariat dÉtat pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
La présente fiche technique a été mise à jour par Rob Gamble, chef de programme, Finances et structures dentreprise, Division de lagriculture et des affaires rurales, MAAO, Guelph, à partir, en partie, dune fiche technique rédigée par Tony ten Westeniend et Helen Prinold. Lauteur aimerait remercier George Alkalay, Northfield Ventures Ltd., King City (Ontario) pour son aide dans la révision de cette fiche technique.
| Haut de la page |
Évaluer les chances que le projet attire le nombre minimal de membres requis. Si létude nest pas concluante, réévaluer le projet. Si létude démontre que le projet de coopérative est viable, passer à la phase II.
| Haut de la page |
Les étapes 3 et 4 peuvent être menées de front ou dans lordre inverse de celui qui est indiqué ci-dessous. À défaut davoir mis en place à tout le moins une structure temporaire, il peut être difficile de concevoir ou de peaufiner un plan daffaires.
Si le plan daffaires révèle des lacunes graves ou sil soulève peu denthousiasme de la part du groupe, les membres du conseil provisoire peuvent décider dabandonner le projet. Dans le cas contraire, le groupe peut procéder à la phase III.
Former des comités spéciaux chargés de répartir la charge de travail entre les membres du conseil dadministration provisoire. Par exemple, des comités chargés :
| Haut de la page |
Le plan daffaires est un document qui donne une description complète des activités de la coopérative que lon souhaite créer. Il décrit en détail les produits ou services qui seront produits ou vendus, lorganisation du travail et la méthode de gestion, les résultats de létude de marché, le plan de commercialisation, le plan des ressources humaines, le matériel et léquipement nécessaires, les besoins en financement et le plan de financement.
Le plan daffaires est un outil de travail. Il vise deux objectifs :
Le plan daffaires servira de canevas à suivre dans le démarrage de la coopérative et la surveillance de ses activités et de ses résultats. Il doit être clair et concis.
Un plan daffaires renferme les sections suivantes :
ISSN 1198-7138
| Haut de la page |
Pour plus de renseignements :
Ce site est mis à jour
par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur
de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :