Groupe d'étude sur les
exploitations agricoles intensives en milieu rural ontarien-Consultation
Nous mettons cette page à jour pour refléter
les règlements actuels.
Linformation fournie sur cette page concernant les règlements
de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs
et la Loi sur la protection de lenvironnement nest plus
à jour. Le 18 septembre 2009, de nouveaux règlements visant
lépandage de matière de source non agricole (MSNA)
sur des terres agricoles ont été déposés.
Veuillez visiter www.omafra.gov.on.ca/french/nm/nasm.html
pour plus de renseignements à ce sujet.
| Rapport du Groupe de travail
| Normes proposées | Document
de discussion |
Table des matières
- Mot des coprésidents
- Participation du public
- Document de travail
- Sommaire des points de vue exprimés
- Généralités
- Les pratiques actuelles
- Qu'entend-on par « intensif »
?
- Activités de planification en milieu
rural ontarien
- Distance minimale de séparation
- Entreposage du fumier - code du bâtiment
- Planification de la gestion des éléments
nutritifs
- Comités consultatifs
- Application des lois
- Examen des autres compétences
- Conclusions
- Planification
- Miser sur les réussites antérieures
- Application
- Comités consultatifs
- Éducation
Mot des coprésidents
Nous avons le plaisir de vous présenter un sommaire des consultations
que nous avons tenues au nom du gouvernement ontarien; celles-ci faisaient
suite aux préoccupations qui avaient été exprimées
au sujet des incidences des exploitations agricoles intensives sur la
qualité de l'eau et la qualité de vie dans les régions
rurales de l'Ontario.
Les consultations ont pour but l'élaboration d'un plan qui réponde
aux besoins du secteur agricole et des résidents ruraux en matière
de productivité et de protection de l'environnement.
Le taux de participation a été sensationnel. Plus de 700
personnes nous ont écrit et nous avons entendu 140 exposés.
Nous avons beaucoup apprécié la qualité des mémoires
reçus et la sollicitude témoignée par les participants.
Nous tenons à remercier tous ces gens pour leurs efforts. La question
présente certes un grand intérêt et nous croyons avoir
déjà fait quelques progrès, puisque tant d'intervenants
divers ont eu la possibilité de présenter leur point de
vue et d'écouter celui des autres.
Nous avons distribué un document de travail et un questionnaire,
et tenu des assemblées publiques dans le Sud, le Sud-Ouest et l'Est
de l'Ontario. Nous avons donné aux agriculteurs du Nord de l'Ontario
la possibilité de mener des téléconférences.
Nous avons également reçu des mémoires et des questionnaires
de parties intéressées. Les membres du panel de discussion
ont reçu des mémoires de délégations représentant
des organismes agricoles, des citoyens, des particuliers, des municipalités,
des planificateurs, des médecins hygiénistes et des intervenants
provinciaux que la question intéresse.
Nous avons par ailleurs étudié en détail comment
d'autres compétences abordent la question des exploitations agricoles
intensives. Nous avons en effet regardé ce qui se fait dans la
plupart des provinces canadiennes, dans plusieurs États américains
et dans quelques pays d'Europe.
Nous savons que la question des exploitations agricoles intensives est
particulièrement complexe et délicate. Le document qui suit
résume la plus grande partie de l'information que nous avons recueillie
durant cette consultation. Nous reconnaissons que certains problèmes
soulevés durant les rencontres ou dans les mémoires n'ont
pas été mentionnés dans le rapport parce que nous
voulions nous concentrer sur l'objectif de consultation. Nous continuerons
de faire référence à l'excellente information qui
a été réunie dans le cadre de cet exercice alors
que nous travaillons ensemble à la mise en uvre des résultats
du présent rapport.
Dr. Douglas Galt
Adjoint parlementaire au ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation
et des Affaires rurales
Mr. Toby Barrett
Adjoint parlementaire au ministre de l'Environnement
Participation du public
Assemblées
Nous avons tenu des assemblées publiques du 17 janvier au 31 janvier
2000 à Burford, Glencoe, Clinton, Orangeville, Chesterville, Hastings
et Guelph. Bien que 628 personnes se soient officiellement inscrites à
ces assemblées, nous savons que bien d'autres y assistaient, mais
ont choisi de ne pas s'inscrire. Des groupes et des particuliers ont fait
130 exposés à l'occasion de ces assemblées.
Pour s'assurer d'obtenir le point de vue des municipalités rurales,
Dr Galt et M. Barrett ont participé à la conférence
annuelle de la Rural Ontario Municipal Association - Ontario Good Roads
Association (ROMA / OGRA) qui a eu lieu à Toronto les 21 et 22
février 2000. Plus de 1 600 participants à la conférence
ont entendu l'exposé donné par Dr Galt et M. Barrett. Dix
délégations municipales ont profité de l'occasion
pour faire des remarques sur les problèmes entourant les exploitations
agricoles intensives et suggérer des solutions possibles.
Mémoires
Nous avons reçu des commentaires écrits par courrier ordinaire,
par télécopieur et par courrier électronique. Les
200 mémoires reçus peuvent être répartis selon
les catégories suivantes : 10 % provenaient de particuliers agriculteurs,
14 % d'organismes agricoles, 24 % de personnel et de fonctionnaires municipaux,
48 % de citoyens que la question intéresse, 2 % d'entreprises agricoles
et 2 % d'autres groupes d'intérêts.
Questionnaire
Nous avons reçu 420 questionnaires remplis par une vaste gamme
d'intervenants. Ils se répartissaient comme suit : 49 % d'agriculteurs,
41 % de citoyens non agriculteurs que la question intéresse, 9
% de personnel et de fonctionnaires municipaux, et 1 % d'entreprises agricoles.
Affichage au registre environnemental
Nous avons également porté l'avis de consultation au registre
environnemental conformément à la Charte des droits environnementaux.
L'avis portant le numéro d'inscription au registre TC00E0001 a
été affiché du 14 janvier 2000 au 13 février
2000. L'avis comportait un hyperlien au document de travail et au questionnaire.
Sommaire des points de vue exprimés
Les exposés présentés lors des assemblées
publiques ainsi que les mémoires reçus étaient d'une
grande qualité. Les assemblées publiques ont permis aux
participants de mieux saisir d'autres points de vue et peut-être
même d'adopter une nouvelle perspective sur certaines questions.
Généralités
La consultation a permis de confirmer que plusieurs problèmes
se posent à l'égard des exploitations agricoles intensives
en Ontario et que certaines mesures s'imposent. On s'attend par ailleurs
à ce que le gouvernement cherche activement des solutions. Bon
nombre ont souligné la nécessité de mieux comprendre
les problèmes. La plupart des participants estimaient qu'il y avait
lieu d'intensifier leurs efforts de concertation pour résoudre
les problèmes soulevés à l'échelon local.
Voici un résumé des thèmes qui revenaient sans cesse
dans les exposés et les mémoires :
Il faudrait mieux définir le terme « intensif ». On
a beaucoup discuté de la signification du mot, mais sans jamais
parvenir à un consensus. La plupart des gens jugeaient que la gestion
du fumier et d'autres éléments nutritifs ne formait qu'une
partie de la question globale et que toutes les pratiques agricoles devaient
être gérées correctement.
Les gens demandaient immanquablement un cadre législatif qui permettrait
aux municipalités de réglementer et de mettre en pratique
la planification de la gestion des éléments nutritifs. On
a également demandé l'établissement d'un plan de
traitement des plaintes.
La plupart des participants, à quelques exceptions près,
étaient d'avis que les normes et lignes directrices provinciales
en vigueur étaient suffisantes, mais qu'il serait nécessaire
d'instaurer de meilleures méthodes de mise en application. Il y
avait deux grandes exceptions à cette règle : les formules
relatives à la distance minimale de séparation et les codes
du bâtiment. Bon nombre de gens ont signalé le besoin d'une
application améliorée et plus stricte des lois environnementales
en vigueur dans la province.
De l'avis de certains, il était temps de revoir les politiques
provinciales actuelles pour aborder les questions entourant le terme «
intensif ». On a suggéré entre autres de retrancher
les exploitations d'envergure de la Loi sur la protection de l'agriculture
et de la production alimentaire, de manière à ce que les
grandes exploitations agricoles ne soient plus protégées;
d'établir une nouvelle catégorie d'« exploitation
intensive » en vertu de la Loi sur l'aménagement du territoire;
et de supprimer les exemptions pour l'agriculture dans la Loi sur la protection
de l'environnement.
Quelques participants jugeaient qu'il serait bon de mener des évaluations
environnementales de portée générale en vertu de
la Loi sur les évaluations environnementales. Bon nombre se sont
prononcés en faveur de l'imposition d'un moratoire sur les nouvelles
exploitations d'élevage d'envergure.
Nous avons entendu plusieurs exposés sur les techniques d'atténuation
des odeurs et de meilleures méthodes de gestion du fumier liquide.
La plupart des gens estimaient que ces techniques semblaient prometteuses,
mais nombreux sont ceux qui ont exprimé le point de vue que pour
être économiques, pratiques et efficaces, ces techniques
devaient être peaufinées davantage.
Les pratiques actuelles
La consultation a permis de mettre en évidence l'existence d'un
conflit entre la nécessité pour les exploitations agricoles
de la province d'être concurrentielles sur le marché mondial
et les idéaux au sujet de la pratique traditionnelle de l'agriculture
(y compris les normes relatives au mode de vie des voisins agriculteurs
et non agriculteurs). La tendance aux plus grandes unités de production
agricole s'oppose souvent aux idéaux et aux valeurs des voisins
ruraux.
Plusieurs participants à la consultation ont suggéré
qu'il faudrait élaborer, ou du moins reconfirmer, une « vision
» pour l'Ontario rural, comme étape première de la
résolution des problèmes associés aux exploitations
agricoles intensives.
Un autre message clé était la nécessité de
mettre de côté les aspects politiques et émotifs des
problèmes et de prendre des décisions reposant sur des fondements
scientifiques. Certains étaient d'avis que toute tentative de résolution
des problèmes techniques par l'adoption de nouveaux règlements
serait vouée à l'échec.
Qu'entend-on par « intensif »
?
L'emploi du terme « intensif » est la source d'un grand malaise.
La plupart des groupes agricoles et des particuliers agriculteurs ont
soutenu que toutes les exploitations agricoles modernes sont intensives
et que le terme ne pouvait par conséquent être employé
pour désigner un seul secteur de l'industrie.
L'agriculture intensive est habituellement la pratique concentrée
de l'agriculture, par
exemple, une agriculture axée sur un seul produit ou un seul type
de bétail. D'après certains, l'emploi de l'expression «
exploitation agricole concentrée » serait plus juste. Certains
groupes qui se soucient particulièrement de la protection de l'environnement
ont déjà adopté l'expression « exploitation
concentrée d'engraissement de bétail » pour désigner
les grandes installations d'élevage.
Malgré la controverse entourant les exploitations intensives,
la plupart des particuliers et des groupes environnementaux ont déclaré
ne pas vouloir l'interdiction de ces « grandes » exploitations
agricoles. Ils se sont cependant prononcés en faveur d'une relocalisation
de ces exploitations dans des régions où la collectivité
ne serait pas aussi touchée et en faveur de l'imposition de règles
d'exploitation plus strictes.
Bon nombre des participants estimaient que toutes les opérations
agricoles devraient être davantage réglementées, mais
la plupart concentraient leur attention sur les gros éleveurs de
bétail. Les serres et les champignonnières constituaient
également d'importants secteurs de préoccupation. Ont été
mentionnés à titre de préoccupations éventuelles
le processus de compostage d'une champignonnière et les incidences
de la culture en serre, tels que la lumière, la chaleur, le vent
et les changements climatiques, les rejets et l'usage de pesticides dans
un ensemble de serres et autour de celui-ci.
On a proposé moult interprétations de la façon dont
une exploitation agricole « intensive » ou concentrée
devait être définie :
- En ce qui concerne les éleveurs de bétail : Nombreux
sont ceux qui ont suggéré qu'une ferme d'élevage
de bétail possédant plus de 150 unités animales
(UA) sur une ferme d'élevage devrait être considérée
intensive. D'autres ont suggéré que ce seuil devrait être
fixé à au moins 600 unités animales. Et d'aucuns
ont suggéré qu'il devrait être fixé à
1 500 unités animales. Plusieurs estimaient que le critère
décisif devait être la densité du nombre d'animaux.
On a cité les exemples suivants : plus de 1 UA par acre, plus
de 1,5 UA par acre et plus de 2 UA par acre.
- En ce qui concerne les entreprises de cultures commerciales : Certains
jugeaient que les exploitations agricoles de plus de 2 000 acres devaient
être considérées intensives, alors que d'autres
estimaient que la superficie devait être fixée à
plus de 5 000 acres.
- En ce qui concerne les entreprises de culture en serre : On a suggéré
que toute exploitation de plus de 15 acres sous verre soit considérée
intensive.
Activités de planification en milieu
rural ontarien
La planification en milieu rural a été fortement critiquée.
Le morcellement des lots de ferme a été l'un des points
de mire et a été cité comme étant la cause
numéro un de confrontation en milieu rural.
Il a été suggéré que le morcellement des
lots est un « procédé à sens unique ».
Autrement dit, quand un lot a été cédé, il
n'est presque jamais restitué à la propriété
agricole d'origine. Beaucoup ont mis en doute le bien-fondé de
cette tendance.
Certaines des personnes qui ont présenté des exposés
ont proposé que l'on envisage l'établissement de «
zones tampons » autour des secteurs résidentiels et touristiques,
notamment le long des grands cours d'eau et du littoral. On a demandé
par exemple que soit établie une zone tampon de huit kilomètres
le long du lac Huron et une autre zone tampon près du hameau de
Trent River.
Il a également été suggéré que la Loi
sur l'aménagement du territoire soit modifiée de manière
à permettre aux municipalités d'établir une nouvelle
catégorie d'exploitation agricole pour tenir compte des exploitations
de grande envergure. Certaines municipalités aimeraient classifier
ces grandes exploitations dans la catégorie des exploitations commerciales
ou industrielles aux fins de l'impôt foncier. Certains se sont également
prononcés en faveur de l'imposition de redevances relatives à
l'aménagement de biens-fonds, pour aider à couvrir les besoins
de viabilisation supplémentaires de ces exploitations agricoles
de grande envergure, surtout sur le plan de l'entretien accru des routes
qui est à prévoir.
Distance minimale de séparation
Les formules servant au calcul de la distance minimale de séparation
(DMS) ont été reconnues comme étant des outils de
planification efficaces. Il a cependant été suggéré
que les distances ne suffisaient pas à fournir une zone tampon
suffisante entre les différentes vocations du territoire, les formules
ne tenant pas compte de la direction des vents et de l'emploi de techniques
novatrices. Les agriculteurs s'inquiétaient que les habitations
qui se trouvent sur les lots morcelés n'avaient pas été
construites à une distance suffisante des exploitations agricoles.
Les propriétaires fonciers estimaient, pour leur part, que les
grandes porcheries devraient être construites à une plus
grande distance des résidences.
Il y a également eu des plaintes à l'effet que le facteur
d'« expansion » de la distance minimale de séparation
était employé à mauvais escient pour construire des
granges à une distance des résidences beaucoup plus réduite
que ce qui est permis. D'autres considéraient que la DMS I devait
protéger les propriétés agricoles destinées
à accueillir plus de 150 unités animales (UA) et que les
formules de calcul de la DMS devaient être renforcées par
le biais de la législation.
D'après certains participants, il faudrait revoir la définition
des unités animales pour les besoins de la DMS. Il a été
suggéré que l'unité animale ne reflétait pas
les valeurs en éléments nutritifs avec précision.
Entreposage du fumier - code du bâtiment
Parmi ceux qui ont présenté des exposés, bon nombre
ont fait valoir la nécessité d'actualiser les codes du bâtiment
de manière à y incorporer des normes précises pour
la conception de citernes à lisier étanches. Selon eux,
la conception de structures agricoles devrait être confiée
à des ingénieurs, ainsi que la surveillance des travaux
de construction. L'ingénieur devrait être tenu d'approuver
la structure après en avoir fait l'inspection finale.
Certains participants ont proposé qu'il soit obligatoire d'installer
un élément épurateur sous les citernes à lisier
et les porcheries, et autour de celles-ci, pour surveiller les fuites.
D'aucuns ont proposé qu'une évaluation environnementale
de portée générale soit exigée avant qu'un
permis de construction puisse être délivré. D'autres
estimaient qu'un certificat d'autorisation devrait être exigé
pour les terres sur lesquelles on prévoyait épandre le fumier.
Planification de la gestion des éléments
nutritifs
La plupart des participants étaient d'accord avec le recours aux
plans de gestion des éléments nutritifs pour résoudre
les problèmes associés aux grandes exploitations agricoles.
Bien des gens demandaient un traitement cohérent dans l'ensemble
de la province, mais plusieurs insistaient qu'il fallait aussi faire preuve
de souplesse à l'échelon local. Les participants estimaient
que la présente disparité des règlements relatifs
aux plans de gestion des éléments nutritifs était
nettement insuffisante. De l'avis de la plupart, les lignes directrices
et les normes actuelles étaient acceptables, mais leur mise en
application laissait à désirer.
Certains ont fait valoir la nécessité d'élaborer
une législation provinciale qui permettrait aux municipalités
d'adopter des règlements à cet égard et de les mettre
en application par la suite. Bien d'autres ont soutenu que la réglementation
des plans de gestion des éléments nutritifs et son application
devraient relever de la province, et non de l'administration municipale.
La plupart étaient d'avis que l'on devrait exiger des plans de
gestion des éléments nutritifs pour tous les éléments
nutritifs et pour tous les utilisateurs. Nombreux sont ceux qui estimaient
toutefois que ce n'était pas vraiment une solution réalisable
pour tous. Les organismes regroupant les entreprises de cultures commerciales
n'étaient pas du tout d'accord avec cette idée. Il a été
proposé que l'on adopte un processus d'instauration graduel ou
progressif, par lequel les plans de gestion des éléments
nutritifs ne deviendraient obligatoires qu'après une période
de temps prescrite.
L'examen des plans de gestion des éléments nutritifs par
un tiers a également suscité des débats. Certains
soutenaient que cet examen devait être fait par le ministère
de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
(MAAO). Certains offices de protection de la nature se sont offerts à
titre de tierce partie, mais bien des participants s'opposaient à
cette idée. D'autres ont suggéré que le ministère
de l'Environnement participe à un tel examen, surtout pour ce qui
est des très grandes entreprises d'élevage.
De l'avis de bien des participants, il devrait y avoir des lignes directrices
ou des règles prescrivantes pour tous les aspects de la planification
de la gestion des éléments nutritifs. Parmi les questions
préoccupantes, mentionnons : l'entreposage, le transport et l'épandage
du fumier; la tenue de livres; l'épandage hivernal; la notification
des voisins avant l'épandage; et l'enregistrement d'ententes sur
les titres fonciers.
Bien des participants ont déclaré que les municipalités
locales devraient jouir de la souplesse et de l'autorité nécessaires
pour régir l'agriculture intensive et la gestion du fumier. Elles
devraient, entre autres, être en mesure d'adopter des règlements
rigoureux et d'exiger l'utilisation d'un plan de gestion des éléments
nutritifs. Elles pourraient ensuite imposer des critères relatifs
aux assises territoriales et des baux à long terme obligatoires.
Nombreux sont ceux, cependant, qui ont souligné que cette option
entraînerait une exploitation agricole intensive seulement dans
les secteurs où les politiciens locaux ne s'y opposent pas. Ceci
pourrait mener à une forte concentration de grandes exploitations
dans certains secteurs, et pas dans d'autres. Une question qui revenait
sans cesse était celle de savoir si les contrôles devaient
relever de la province ou bien des administrations locales.
Beaucoup ont proposé l'emploi de techniques de remplacement pour
la manutention du lisier liquide et la lutte contre les odeurs, en vue
de réduire le nombre de plaintes. Le compostage, la conversion
annélidique (vers), les effluents de fonte des neiges, la dessiccation
du fumier, les filtres biologiques, la déshumidification de l'air
vicié et les digesteurs de méthane communautaires sont quelques-unes
des solutions de rechange proposées. Nombreux sont les participants
qui ont dit que toute règle ou tout règlement qui serait
instauré devrait inclure des exigences qui tiennent compte des
nouvelles techniques et des techniques de remplacement.
Comités consultatifs
Beaucoup de participants ont proposé la mise sur pied de comités
consultatifs locaux pour traiter les plaintes associées aux plans
de gestion des éléments nutritifs. Il y aurait lieu de constituer
de tels comités pour chaque comté ou région. Certains
proposaient l'établissement d'une fonction de médiation
pour la résolution de problèmes, au cas où les comités
consultatifs locaux ne parviendraient pas à une solution acceptable.
Il incomberait aux organismes ou ministères fédéraux
ou provinciaux concernés de sévir en cas d'infraction aux
lois en vigueur.
Application des lois
Bien des participants ont souligné qu'une application plus stricte
ou accrue des lois environnementales en vigueur s'imposait.
Examen des autres compétences
Un survol de quelques compétences choisies en Amérique
du Nord et en Europe a révélé de nombreuses similitudes,
ainsi que certaines différences, dans la législation en
vigueur et dans les lois proposées pour la résolution des
problèmes environnementaux, économiques et socio-politiques
entourant les exploitations agricoles intensives.
Parmi les points communs à la plupart des compétences,
mentionnons les suivants :
- Une comptabilisation plus rigoureuse de l'emploi d'éléments
nutritifs, que ce soit par la préparation d'un plan de gestion
des éléments nutritifs (en Amérique du Nord) ou
par un bilan de l'apport nutritif ou de la production d'éléments
nutritifs au niveau de l'exploitation (en Europe), constitue un élément
essentiel de la plupart des programmes.
- Le bétail et les préoccupations relatives au lisier
(odeurs, éléments nutritifs, etc.) constituaient les principales
raisons pour lesquelles il était nécessaire d'élaborer
des lois régissant les exploitations agricoles intensives. L'approche
adoptée différait légèrement selon que la
compétence avait à résoudre un problème
environnemental résultant de la mauvaise gestion du fumier (aux
Pays-Bas, par ex.) ou qu'elle essayait d'accumuler une ressource (au
Manitoba, par ex.).
- Bien que l'emploi d'autres techniques de transformation du lisier
ait été encouragé, il ne semble pas s'être
avéré un moyen significatif de résoudre les préoccupations
relatives aux odeurs et aux éléments nutritifs qui entourent
la gestion du fumier. Il y avait une exception, le Danemark, où
la production de biogaz est une importante composante de sa stratégie
de gestion du fumier. Le Danemark a cependant dû consacrer énormément
d'efforts à la recherche-développement pour parvenir à
une telle réussite.
- On légifère de plus en plus la construction, l'inspection
et la surveillance des systèmes de gestion du fumier pour en
assurer l'étanchéité. La surveillance des bilans
nutritifs en général est beaucoup plus intense en Europe
qu'elle ne l'est en Amérique du Nord. Une vérification
périodique ou au hasard des plans de gestion des éléments
nutritifs devient peu à peu la norme au Canada.
- En principe, toutes les compétences découragent fortement
l'épandage de fumier durant l'hiver ou sur des terres gelées.
Bon nombre de compétences vont jusqu'à préciser
les périodes de l'année où l'on ne peut procéder
à l'épandage de fumier ou d'engrais, mais fournissent
souvent une dérogation advenant une situation d'urgence.
- Bien que bon nombre des compétences étudiées
aient établi une législation visant les « exploitations
intenses », toutes les compétences disposent de codes de
bonnes pratiques pour l'emploi du fumier et encouragent les agriculteurs
à y adhérer, quelle que soit la taille de leur exploitation.
Parmi les principales différences constatées, mentionnons
les suivantes :
- La définition de l'unité animale (UA) n'était
pas uniforme d'une compétence à l'autre. Certaines compétences
se fondent essentiellement sur le poids total de l'animal, d'autres,
sur le poids de l'animal et l'azote qu'il rejette, d'autres encore,
sur une évaluation complexe du poids de l'animal, de sa production
d'azote dans le lisier et d'autres facteurs liés aux odeurs.
- Les seuils employés pour définir un élevage de
bétail intensif varient d'une compétence à l'autre.
On a constaté le plus grand écart entre les provinces
canadiennes. Il y a une variation moins marquée aux États-Unis
en raison du fait que les installations d'alimentation du bétail
en bâtiment clos sont définies dans la loi fédérale
américaine sur la protection de l'environnement (US-EPA). En
Europe, la définition dépend davantage de la productivité
des terres de l'exploitation que de la taille du troupeau. Ainsi, les
producteurs qui ont une densité d'unités animales (UA/ha)
supérieure à un certain seuil sont tenus de respecter
certaines règles ou de s'abstenir de pratiquer certaines activités
de gestion du fumier.
- Bien que les normes régissant les taux d'azote admissibles
dans l'eau potable soient semblables d'une compétence à
l'autre, la façon dont cette norme est exprimée varie.
La concentration d'azote peut être exprimée sous la forme
NO3 ou sous la forme NO3-N. En Europe, la limite est habituellement
exprimée en fonction de la concentration de NO3 admissible, alors
qu'en Amérique du Nord, elle est habituellement exprimée
en concentration de NO3-N admissible. Par conséquent, la limite
européenne, qui correspond à la limite de l'Organisation
mondiale de la santé, est de 50 ppm (c'est-à-dire 11,3
ppm de NO3-N). En Amérique du Nord, la limite est de 10 ppm de
NO3-N. Certaines compétences nord-américaines, comme la
Californie, expriment cette limite d'azote comme étant 45 ppm
d'azote, ce qui équivaut à peu près à 10
ppm de NO3-N.
- Les exigences minimales relatives à la capacité d'entreposage
du fumier varient d'une compétence à l'autre, selon la
longueur de la saison morte.
- On constate des disparités régionales quant au niveau
d'appui que reçoivent les agriculteurs pour régler les
problèmes liés à la pollution. De manière
générale, les producteurs européens et américains
obtiennent davantage d'aide financière ou de soutien technique
pour la résolution de problèmes environnementaux au niveau
de l'exploitation.
Conclusions
Au terme de la consultation, le groupe d'étude est arrivé
aux conclusions suivantes :
Planification
Le groupe de travail estime que la province devrait continuer à
favoriser l'émergence d'une vision rurale.
Bien que la définition du terme « intensif » ait suscité
une saine discussion, nous ne sommes pas parvenus à un consensus
sur ce qui constitue une exploitation intensive, mais il est manifeste
que les pratiques de bonne gestion sont une préoccupation que partagent
les intervenants que nous avons consultés.
Le groupe d'étude constate qu'en dépit du fait que la politique
ontarienne a été de permettre la prise des décisions
relative à l'aménagement du territoire à l'échelon
local, il y avait quelques pratiques proposées par les participants
qui méritaient d'être étudiées, notamment :
dissuader de nouveaux morcellements dans les secteurs agricoles à
fort rendement et encourager la réunification des parcelles cédées
qui n'ont pas encore été aménagées. Par ailleurs,
toute nouvelle législation ou politique devrait favoriser le développement
de nouvelles techniques et permettre l'emploi de techniques écologiques
éprouvées dans les exploitations agricoles situées
à proximité de zones urbaines.
Distance minimale de séparation
Le groupe d'étude soutient que l'emploi de distances minimales
de séparation demeure un outil de planification judicieux, mais
que les formules de calcul de ces distances méritent d'être
revues, en portant une attention particulière à la clarification
de la question des unités animales. Le groupe d'étude a
également conclu qu'il serait peut-être intéressant
d'envisager une formule du genre de celle qui est employée pour
les DMS pour résoudre les problèmes éventuellement
associés aux serres, aux champignonnières, aux installations
de compostage à la ferme, etc.
Miser sur les réussites antérieures
Le groupe d'étude a constaté que les intervenants estiment
que la plupart des outils nécessaires à la gestion de cette
question sont déjà en place. Il recommande donc que tous
les utilisateurs d'éléments nutritifs dressent leur propre
plan de gestion. Il reconnaît également qu'un suivi et une
mise en application des plans de gestion s'imposent.
Délimitation des rôles et des pouvoirs
Le groupe d'étude conclut que les intervenants sont en faveur
de l'adoption de lois provinciales définissant clairement les rôles
et les responsabilités du gouvernement provincial et de l'administration
municipale en ce qui concerne la gestion des éléments nutritifs.
Il est également arrivé à la conclusion que les municipalités
devraient être autorisées à exiger des utilisateurs
qu'ils élaborent des plans de gestion des éléments
nutritifs et qu'ils y adhèrent.
Approche améliorée
1. Élaboration d'une politique cohérente : le groupe d'étude
appuie l'élaboration d'une politique applicable et cohérente,
qui exigerait que tous les utilisateurs d'éléments nutritifs
dressent un plan de gestion des éléments nutritifs et le
mettent en uvre. Ceci devrait se faire graduellement en mettant
d'abord l'accent sur les grands éleveurs puis, sur tous les éleveurs
dans une période de temps donnée (cinq ans, par exemple),
et éventuellement, sur tous les utilisateurs d'éléments
nutritifs sur une période de 10 ans.
2. Création de catégories d'exploitations agricoles : Le
groupe d'étude prône la création de catégories
d'exploitations agricoles, qui exigeraient différents niveaux d'autorisation.
Dans tous les cas, l'autorisation continuera d'être accordée
à l'échelon municipal. Citons à titre d'exemples
:
- Exploitation agricole de catégorie 1 : DMS exigée; plan
de gestion des éléments nutritifs exigé, mais versé
aux dossiers conservés à domicile;
- Exploitation agricole de catégorie 2 : Plan de gestion des
éléments nutritifs exigé et revu par un tiers;
DMS exigée; capacité suffisante d'entreposage du fumier
exigée;
- Exploitation agricole de catégorie 3 : Certificat d'autorisation
des exploitations agricoles intensives exigé. Composantes qui
pourraient être visées par un tel certificat : plan de
gestion des éléments nutritifs, DMS, plans techniques,
étude des sols sur les lieux de l'exploitation, recours à
un aménagement paysager autour du lieu de l'exploitation. Il
pourrait y avoir lieu de prévoir, dans certaines circonstances,
d'autres méthodes, telles que des techniques de lutte contre
les odeurs et des techniques de traitement ou de transformation du lisier
liquide, etc.
- Exploitation agricole de catégorie 4 : Autres types d'exploitation
agricole : étudier d'autres catégories possibles, notamment
pour les serres, les champignonnières, les installations de compostage
à la ferme, les entreprises de cultures commerciales, etc.
Le groupe d'étude a conclu que si un agriculteur procède
à l'épandage de fumier sur des terres dont il n'est pas
propriétaire, il y a lieu d'exiger un plan de gestion des éléments
nutritifs revu par un tiers.
Le groupe d'étude reconnaît que la consultation n'a pas
produit de consensus sur la ligne de démarcation pour ces catégories.
Il réalise par ailleurs qu'un examen des unités animales
utilisées dans le calcul de la DMS pourrait mener à l'élaboration
de nouveaux chiffres ou même d'une toute nouvelle approche. Par
conséquent, après avoir examiné les pratiques en
vigueur en Ontario et les tendances qui se dessinent dans des compétences
analogues, le groupe d'étude a conclu, comme point de départ,
que les niveaux suivants étaient généralement acceptés
:
- Exploitation agricole de catégorie 1 : moins de 150 unités
animales (UA)
- Exploitation agricole de catégorie 2 : de 150 à 450
UA
- Exploitation agricole de catégorie 3 : plus de 450 UA
3. Rôle de la province - examen par un tiers : Le groupe d'étude
a conclu que la province devrait continuer à assurer la coordination
des examens par un tiers de divers documents (notamment les plans de gestion
des éléments nutritifs, les plans structuraux, l'évaluation
des sols et l'emploi de techniques) avant que les grandes entreprises
d'élevage de bétail puissent amorcer des travaux de construction
de bâtiments de ferme.
4. Élaboration de lignes directrices : Le groupe d'étude
prône l'élaboration de lignes directrices provinciales pour
la gestion des éléments nutritifs et leur mise en application.
Ces lignes directrices devraient être d'ordre prescriptif pour veiller
à une application cohérente dans toute la province.
Application
Le groupe d'étude reconnaît que les participants s'entendaient
presque tous sur une chose : les contrevenants aux lois environnementales
doivent être punis de manière efficace et en temps opportun.
Les participants lui ont fait savoir qu'une application efficace et une
autorité clairement définie s'imposaient pour que les problèmes
liés à la qualité de l'eau et aux odeurs puissent
être résolus. Le groupe d'étude estime que la Loi
sur la protection de l'agriculture et de la production alimentaire ne
devrait pas être perçue comme une « permission de polluer
». Il exhorte le ministère de l'Environnement à continuer
de poursuivre les contrevenants aux lois environnementales.
Le groupe d'étude conclut qu'on devrait conférer aux municipalités
de palier supérieur des pouvoirs bien définis relativement
à l'application des plans de gestion des éléments
nutritifs qui n'enfreignent aucune loi provinciale ni aucune loi fédérale.
Il estime que l'application et la vérification des plans de gestion
des éléments nutritifs sont critiques. Il est d'avis qu'il
serait peut-être bon d'élaborer une approche qui emprunte
certaines caractéristiques du Programme à l'intention des
utilisateurs sur l'emploi sécuritaire des pesticides, que l'on
assortirait d'une composante de vérification améliorée.
Comités consultatifs
Le groupe d'étude reconnaît le succès qu'ont eu les
municipalités par le passé en ayant recours à des
comités consultatifs, qui leur ont prodigué des conseils
sur une foule de questions liées à l'agriculture. Il propose
la mise sur pied de comités consultatifs, réunissant de
nombreux porte-parole de la collectivité, pour porter conseil aux
municipalités, pour les aider à informer les agriculteurs
et pour intervenir comme médiateur dans le règlement des
plaintes. Par contre, ces comités consultatifs ne devraient pas
intervenir dans l'application des lois et des règlements.
Éducation
Le groupe d'étude conclut qu'en général, les gens
veulent davantage de programmes de sensibilisation et d'éducation
pour favoriser une meilleure compréhension des problèmes
par toutes les parties visées. Parmi les programmes proposés,
mentionnons les suivants : la promotion des bonnes pratiques de voisinage,
l'élaboration de ressources expliquant les pratiques de production
agricole (y compris la gestion des éléments nutritifs) et
le parrainnage d'une conférence comme celle qui s'intitule «
Environmental Law, the Farm and You ».
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 866 242-4460
Courriel : nman.omafra@ontario.ca
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