Détection précoce
de la tremblante du mouton
Des chercheurs mettent au point une nouvelle méthode pour identifier
rapidement cette maladie dégénérative
|l'Ontario renouvelle
son partenariat avec l'Université de Guelph |
Par Christine Eisler
La détection de la tremblante et dautres maladies dégénératives
semblables pourrait se faire plus rapidement, grâce à un
capteur mis au point par des chercheurs de luniversité de
Guelph.
Les professeurs Gordon Hayward et Warren Stiver de lécole
de génie ont mis au point un appareil capable de détecter
certaines particules protéiques appelées prions et soupçonnées
dêtre à lorigine de maladies dégénératives
comme la tremblante du mouton.
« Nous voulons mettre au point une méthode rapide et économique
permettant de détecter les prions causant ces maladies mortelles,
a déclaré le professeur Stiver. Nous voulons que tout le
monde soit capable de lutiliser, que ce soit un inspecteur des viandes
ou un vétérinaire. »
La tremblante est une maladie dégénérative mortelle
affectant le système nerveux central des ovins. Jusquici,
pour détecter la présence de la maladie, il fallait abattre
lanimal et en analyser le cerveau en laboratoire.
Loutil mis au point par léquipe de Guelph, appelé
détecteur acoustique de prions, pourra être utilisé
sur des animaux vivants et fournira des résultats en deux heures
environ. À laide de cristaux de quartz, le détecteur
est capable didentifier la protéine prion anormale à
partir déchantillons prélevés dans lenvironnement,
sur les tissus nerveux ou dans les liquides organiques.
Selon les chercheurs, la rapidité et la précision de cet
instrument permettront de repérer plus facilement les animaux infectés,
sans quil soit nécessaire dabattre un troupeau entier
pour éliminer la maladie. Le détecteur pourrait également
être utilisé pour identifier dautres maladies dégénératives
de la famille de la tremblante du mouton, telles lencéphalopathie
bovine spongiforme (ESB) affectant le bétail, lencéphalopathie
des cervidés chez le wapiti et le cerf, ainsi que la maladie de
Creutzfeldt-Jakob chez lêtre humain.
Les professeurs Hayward et Stiver espèrent quaprès
avoir apporté certaines améliorations au détecteur,
celui-ci pourra devenir un outil dusage routinier dans le domaine
de lexportation, et ainsi éliminer la nécessité
de fermer les frontières. Cela permettrait de prévenir des
pertes considérables dans le domaine de lexportation comme
celles qui sont survenues en 2002, lors de la crise de lESB. Rappelons
que la détection dune vache infectée en Alberta a
coûté à léconomie canadienne 6,3 milliards
de $, avant que les États-Unis ouvrent à nouveau leur frontière
à limportation du boeuf canadien en 2005.
« Nous avons démontré le principe, a déclaré
monsieur Hayward. Nous allons travailler à recueillir dautres
preuves et régler certaines questions, afin dêtre en
mesure de développer le détecteur commercialement. »
Léquipe de luniversité de Guelph
a collaboré avec le Dr A. Balachandran du laboratoire national
de référence pour la tremblante et la maladie débilitante
chronique, à lAgence canadienne dinspection des aliments,
afin de mettre au point le détecteur.
Les travaux de recherche ont été financés
par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie
du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada, PrioNet
Canada, ainsi que le ministère de lAgriculture, de lAlimentation
et des Affaires rurales de lOntario.
Warren Stiver,
519 824-4120, poste 54862
Christine Eisler a écrit pour ÉCLATS (Étudiants
communiquant les liens et les avancées technologiques et scientifiques)
à luniversité de Guelph.