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Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales

Brûlure des pousses et brûlure propagée par des blessures

Extrémité d’une pousse infectée en forme de « J » inversé ou de crosse de berger. Pousses gravement infectées.  Suintement bactérien hors de la tige d’une pousse infectée.
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Débutant

Nom scientifique
Erwinia amylovora

Identification           
Comme la brûlure bactérienne peut se manifester à bien des endroits sur l’arbre, on parlera de brûlure de la fleur, des pousses, du fruit, des branches et du tronc, du collet ou des porte-greffes.

Brûlure des pousses :

  • Les pousses infectées paraissent d’abord gorgées d’eau, puis, rapidement, brunissent ou noircissent.
  • Au fur et à mesure que les bactéries descendent dans la pousse, les tissus des tiges se décolorent et se ratatinent.
  • Les pousses infectées fléchissent à l’extrémité et forment des « J » inversés rappelant des crosses de berger.
  • Les pommiers et les poiriers qui possèdent plusieurs pousses gravement infectées paraissent brûlés par le feu.
  • Les premiers symptômes sur les feuilles font penser à une altération brune ou noire de la couleur des pétioles et de la nervure principale, alors que le reste des tissus foliaires restent verts.
  • Un suintement bactérien le long de la nervure principale des feuilles infectées et de la tige des pousses infectées est également fréquent.
  • Tôt ou tard, les feuilles infectées brunissent à partir des tissus longeant la nervure principale.
  • Les feuilles mortes collent souvent à la pousse durant la saison de croissance et même durant l’hiver.
  • Habituellement, l’extrémité de la pousse est la partie qui est atteinte en premier, il arrive aussi que le point d’infection primaire soit la base des pousses.
  • Les lésions sur les feuilles et les pousses attribuables à l’abrasion par le sable, un vent cinglant ou la grêle ouvrent la voie à l’infection des tissus sensibles par des bactéries.

Brûlure propagée par des blessures :

  • Une phase rare et très destructrice de la brûlure bactérienne, qui se développe à la suite de blessures occasionnées aux feuilles, aux fruits et aux pousses par les gelées tardives, la grêle ou le vent.
  • Les blessures deviennent des points d’entrée pour la bactérie pathogène.

Souvent confondues avec

  • Dépérissement nectrien des rameaux – Les brûlures bactériennes vont des fleurs ou des extrémités des rameaux vers le bas; par contraste les infections dues au chancre nectrien progressent de la base vers le haut des pousses.
  • Arbres roussis – Les arbres qui sont situés près d’une fosse de brûlage peuvent montrer des symptômes similaires à la brûlure des pousses.  
  • Flétrissement dû à la tordeuse orientale du pêcher (TOP) - La présence de sciure (et d’excréments) et de tunnels dans la pousse est toujours associée aux dégâts dus à la TOP.

Période d’activité
La brûlure bactérienne est présente dans les vergers de la floraison jusqu’à la récolte. Une fois que les pousses terminales se sont endurcies durant juillet, il y a moins de risques d’infection de nouvelles pousses et les infections existantes tendent à moins se propager. 

Notes de surveillance
Lors de la surveillance de la brûlure bactérienne, rechercher les pousses terminales recourbées en forme de houlette de berger. Ces déformations des pousses terminales indiquent une infection due à la brûlure bactérienne.

Seuils d’intervention
Après la maîtrise pendant la floraison, il faut minimiser la brûlure des pousses et la croissance des chancres.

Avancé

Nom scientifique
Erwinia amylovora

Identification           
Comme la brûlure bactérienne peut se manifester à bien des endroits sur l’arbre, on parlera de brûlure de la fleur, des pousses, du fruit, des branches et du tronc, du collet ou des porte-greffes.

Brûlure des pousses : Les pousses succulentes et les pousses adventives peuvent également devenir infectées par la brûlure des pousses. Les pousses infectées paraissent d’abord gorgées d’eau, puis, rapidement, brunissent ou noircissent. La brûlure des pousses se développe très rapidement une fois que l’infection s’est déclarée. Les symptômes de la brûlure des pousses sont constatés tout au long du printemps et de l’été, particulièrement quand la brûlure bactérienne est présente dans le verger, dans des fleurs ou des pousses infectées et dans des chancres où la bactérie hiverne. Les lésions sur les feuilles et les pousses attribuables à l’abrasion par le sable, un vent cinglant ou la grêle ouvrent la voie à l’infection des tissus sensibles par des bactéries. Celles-ci peuvent avoir progressé de 15 à 30 cm ou même davantage à l’intérieur de la pousse dans les quelques jours seulement qui suivent l’infection. Au fur et à mesure que les bactéries descendent dans la pousse, les tissus des tiges se décolorent et se ratatinent. Les pousses infectées fléchissent à l’extrémité et forment des « J » inversés rappelant des crosses de berger. Souvent, les premiers symptômes ne se manifestent que plusieurs semaines après la floraison. Les pommiers et les poiriers qui possèdent plusieurs pousses gravement infectées paraissent brûlés par le feu. Les premiers symptômes sur les feuilles font penser à une altération brune ou noire de la couleur des pétioles et de la nervure principale, alors que le reste des tissus foliaires restent verts. Un suintement bactérien le long de la nervure principale des feuilles infectées et de la tige des pousses infectées est également fréquent. Tôt ou tard, les feuilles infectées brunissent à partir des tissus longeant la nervure principale. Les feuilles mortes collent souvent à la pousse durant la saison de croissance et même durant l’hiver. Habituellement, l’extrémité de la pousse est la partie qui est atteinte en premier. Il arrive aussi que le point d’infection primaire soit la base des pousses. Les bactéries de la brûlure bactérienne migrent dans le tissu vasculaire de l’arbre depuis un chancre jusque dans les pousses et causent l’apparition de symptômes semblables.

Brûlure propagée par des blessures : La brûlure propagée par des blessures est une phase rare et très destructrice de la brûlure bactérienne, qui se développe à la suite de blessures occasionnées aux feuilles, aux fruits et aux pousses par les gelées tardives (températures inférieures ou égales à 3 ºC), la grêle ou le vent. Les blessures deviennent des points d’entrée pour la bactérie pathogène, ce qui cause un choc ou un traumatisme aux pommiers et mine leurs mécanismes de défense naturels. 

Souvent confondues avec

  • Dépérissement nectrien des rameaux – Les brûlures bactériennes vont des fleurs ou des extrémités des rameaux vers le bas; par contraste les infections dues au chancre nectrien progressent de la base vers le haut des pousses.
  • Arbres roussis – Les arbres qui sont situés près d’une fosse de brûlage peuvent montrer des symptômes similaires à la brûlure des pousses.  
  • Flétrissement dû à la tordeuse orientale du pêcher (TOP) - La présence de sciure (et d’excréments) et de tunnels dans la pousse est toujours associée aux dégâts dus à la TOP.

Biologie
Réferez-vous à la page sur la brûlure de la fleur et du fruit pour l’information sur la biologie d’Erwinia amylovora, le bactérie qui cause la brûlure bactérienne.

Période d’activité
La brûlure bactérienne est présente dans les vergers de la floraison jusqu’à la récolte. Une fois que les pousses terminales se sont endurcies durant juillet, il y a moins de risques d’infection de nouvelles pousses et les infections existantes tendent à moins se propager. 

Notes de surveillance
Lors de la surveillance de la brûlure bactérienne, rechercher les pousses terminales recourbées en forme de houlette de berger. Ces déformations des pousses terminales indiquent une infection due à la brûlure bactérienne.

Seuils d’intervention
Après la maîtrise pendant la floraison, il faut minimiser la brûlure des pousses et la croissance des chancres.

Moyens de lutte
Lutte chimique
De la floraison au stade du calice la lutte chimique mise sur les pulvérisations au moment optimal pour maîtriser la brûlure des fleurs. Pour plus de détails sur l’usage des modèles de prévision pour choisir le moment optimal de pulvérisation, voir la fiche sur la brûlure de la fleur. La lutte après la floraison vise à réduire la brûlure des pousses et le développement des chancres qui survivent à l’hiver et servent d’inoculum les années suivantes.

Pratiques de lutte culturale

  • Éviter les apports excessifs d’engrais azotés. Un excès d’azote stimule la croissance végétative succulente, qui est sensible à la brûlure bactérienne. Se limiter aux apports d’azote justifiés par des analyses foliaires annuelles. Envisager de fractionner les apports de fertilisants, à raison de la moitié au printemps avant que la croissance reprenne et de la moitié après le stade calice (chute des pétales). Si l’incidence de la brûlure de la fleur a été forte, différer la seconde application. De même, éviter tout travail tardif du sol qui risquerait de rendre l’azote biodisponible aux pommiers et de stimuler la croissance végétative succulente en fin de saison.
  • Chez les pommiers sains, éviter les élagages majeurs durant l’hiver, afin de ne pas stimuler la croissance végétative la saison de croissance suivante. Le fait de se limiter à une taille annuelle périodique et de réduire au minimum le nombre d’incisions garde l’arbre moins « réactif ».
  • Retarder l’élagage d’été jusqu’au moment de la formation des bourgeons terminaux (c.-à-d. attendre que les pousses terminales se soient endurcies), ce qui se produit généralement entre le début et le milieu d’août. L’élagage effectué l’été dans le but de stimuler la croissance des rameaux fructifères (lambourdes) dans les vergers de pommiers à haute densité encourage la croissance de nouvelles pousses et prolonge la période de vulnérabilité à la brûlure des pousses. Si la brûlure bactérienne sévit, désinfecter les outils servant à l’élagage après chaque coupe. Toutefois, il n’est pas nécessaire de stériliser les outils d’élagage si la coupe est faite sous le point d’infection (soit 30 cm sous les symptômes visibles) et par conséquent si la partie élaguée ne comporte pas de sections concentriques sombres. Dans les vieux vergers qui sont fortement infectés par la brûlure bactérienne, éviter carrément l’élagage estival. Supprimer les dards sur le tronc principal et sur les branches charpentières afin d’éliminer leur potentiel infectieux.
  • Les pousses adventives (gourmands) offrent de bons points d’entrée à la maladie qui s’attaque ensuite aux grosses branches, aux branches charpentières et aux troncs. Supprimer périodiquement les gourmands en début de saison (c.-à-d. en juin).
  • Élaguer les arbres infectés durant la période de dormance afin d’éliminer tous les chancres hivernants et les sources d’inoculum. Faire les coupes bien en deçà des zones visiblement infectées.
  • Éviter de recourir à l’irrigation par aspersion afin de prévenir un excès de croissance végétative et de réduire la propagation des bactéries à l’intérieur du verger.
  • Maintenir de bonnes pratiques de lutte intégrée afin d’empêcher le plus possible les insectes de propager les bactéries responsables de la brûlure bactérienne et de causer des lésions aux tissus des feuilles et des pousses, lésions qui servent de points d’entrée aux bactéries. Il est particulièrement important de veiller à une bonne maîtrise des insectes suceurs comme les cicadelles, les pucerons et les punaises des plantes. Faire un dépistage fréquent (hebdomadaire) des insectes nuisibles et intervenir au besoin.
  • Surveiller de près les sources d’inoculum extérieures au verger, comme les espèces ornementales sensibles ou les pommiers abandonnés, les aubépines, les sorbiers d’Amérique, les cotonéasters et les cognassiers qui se trouvent à proximité des vergers commerciaux, à la recherche de signes de la brûlure bactérienne et de chancres. Les chancres hivernants sont l’une des principales sources de bactéries pour les infections subséquentes. Si possible, supprimer ces hôtes aux abords des vergers.
  • Inspecter les vergers deux fois par semaine à compter de la floraison, à la recherche d’infections des fleurs. Il est possible d’atténuer les répercussions que pourrait avoir la maladie plus tard dans la saison en supprimant sans tarder les fleurs infectées. Supprimer les dards infectés en les coupant à au moins 15 cm sous les symptômes visibles d’infection. Si la brûlure de la fleur est observée dans un endroit précis du verger, rechercher un chancre actif aux alentours et le supprimer sans tarder.

Quand la brûlure bactérienne revient année après année dans un verger, mettre en place des interventions plus musclées pour tenir cette maladie en échec. Pour plus d’information sur la lutte contre la brûlure bactérienne, voir la publication 360F du MAAARO, Guide de la culture fruitire.

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