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Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales

Brûlure bactérienne – Brûlure du collet et des porte-greffes

Brûlure des porte-greffes au niveau du sol juste sous le point de greffe dans la partie porte-greffe de l’arbre.
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Débutant

Nom scientifique
Erwinia amylovora

Identification           
Comme la brûlure bactérienne peut se manifester à bien des endroits sur l’arbre, on parlera de brûlure de la fleur, des pousses, du fruit, des branches et du tronc, du collet ou des porte-greffes.

La brûlure du collet et des porte-greffes :

  • Frappe les porte-greffes sensibles, souvent au niveau du sol, juste au-dessous du point de greffe sur la partie porte-greffe.
  • Au départ, les infections prennent la forme de lésions sombres, gorgées d’eau et violettes. Leurs pourtours sont d’abord diffus ou surélevés et cloqués, mais à la longue, ils deviennent plus nets et se fissurent ou se fendillent.
  • Quand on soulève l’écorce, on aperçoit des stries rouge-brun sur les tissus internes de la zone atteinte.
  • Quand le porte-greffe est infecté, il y a tout lieu de craindre la mort de l’arbre, surtout si celui-ci est jeune.

Souvent confondues avec

Période d’activité
La brûlure des porte-greffes est présente dans les vergers de la floraison jusqu’à la cueillette. 

Notes de surveillance
Lors du dépistage pour la brûlure, il importe de reconnaître le stade de croissance et ce qu’il faut rechercher. Quand l’arbre est en période de dormance, il faut rechercher les chancres qui survivent à l’hiver dans le verger. De la floraison à la première pulvérisation en couverture, prendre note des précipitations, des températures et des stades de croissance dans les cultivars qui sont les plus à risque d’être infectés. Au moyen des modèles de prévision Maryblyt ou Cougar blight, il est souvent possible de prévoir le moment propice à l’infection. Le dépistage doit viser les chancres qui semblent suinter et les fleurs qui semblent infectées.

Seuils d’intervention
Il faut se renseigner s’il y a déjà eu des foyers d’infection dans les vergers. Si ces antécédents sont connus, recourir aux outils de lutte adéquats pour maîtriser la brûlure pendant les épisodes climatiques favorables au développement de foyers de la maladie. Pour l’information sur les modèles qui aident à choisir le moment d’intervention référez-vous à  la page sur la brûlure de la fleur et du fruit.

Avancé

Nom scientifique
Erwinia amylovora

Identification           
Comme la brûlure bactérienne peut se manifester à bien des endroits sur l’arbre, on parlera de brûlure de la fleur, des pousses, du fruit, des branches et du tronc, du collet ou des porte-greffes.

La brûlure du collet et des porte-greffes frappe les porte-greffes sensibles, tels que M.9 et M.26. Elle se produit souvent au niveau du sol, juste au-dessous du point de greffe sur la partie porte-greffe. Ce type de brûlure fait souvent mourir le pommier et est difficile à distinguer de la pourriture du collet causée par Phytophthora. Au départ, les infections prennent la forme de lésions sombres, gorgées d’eau et violettes. Leurs pourtours sont d’abord diffus ou surélevés et cloqués, mais à la longue, ils deviennent plus nets et se fissurent ou se fendillent. Quand on soulève l’écorce, on aperçoit des stries rouge-brun sur les tissus internes de la zone atteinte. L’invasion par les bactéries de la brûlure bactérienne a pour point de départ les gourmands ou les pousses adventives, les bactéries qui sont présentes dans l’eau ruisselant sur le tronc depuis des pousses et des fruits infectés, ou la diffusion interne (sans symptômes d’infection des tissus vasculaires) des bactéries de la brûlure bactérienne depuis le greffon situé au-dessus du sol jusqu’au porte-greffe. Quand le porte-greffe est infecté, il y a tout lieu de craindre la mort de l’arbre, surtout si celui-ci est jeune.

Souvent confondues avec

Biologie
Réferez-vous à la page sur la brûlure de la fleur et du fruit pour l’information sur la biologie d’Erwinia amylovora, le bactérie qui cause la brûlure bactérienne.

Période d’activité
La brûlure des porte-greffes est présente dans les vergers de la floraison jusqu’à la cueillette. 

Notes de surveillance
Lors du dépistage pour la brûlure, il importe de reconnaître le stade de croissance et ce qu’il faut rechercher. Quand l’arbre est en période de dormance, il faut rechercher les chancres qui survivent à l’hiver dans le verger. De la floraison à la première pulvérisation en couverture, prendre note des précipitations, des températures et des stades de croissance dans les cultivars qui sont les plus à risque d’être infectés. Au moyen des modèles de prévision Maryblyt ou Cougar blight, il est souvent possible de prévoir le moment propice à l’infection. Le dépistage doit viser les chancres qui semblent suinter et les fleurs qui semblent infectées.

Seuils d’intervention
Il faut se renseigner s’il y a déjà eu des foyers d’infection dans les vergers. Si ces antécédents sont connus, recourir aux outils de lutte adéquats pour maîtriser la brûlure pendant les épisodes climatiques favorables au développement de foyers de la maladie. Pour l’information sur les modèles qui aident à choisir le moment d’intervention référez-vous à  la page sur la brûlure de la fleur et du fruit.

Moyens de lutte
Modèles éclairant les décisions
Les modèles de prévision de la brûlure bactérienne (Maryblyt and Cougarblight) aident les producteurs à choisir le moment de leurs interventions. Pour l’information sur les modèles qui aident à choisir le moment d’intervention référez-vous à  la page sur la brûlure de la fleur et du fruit.

Sensibilité des cultivars et des porte-greffes
Tous les cultivars et porte-greffes de pommiers sont sensibles à la brûlure bactérienne, mais certains le sont moins que d’autres. Au moment de planifier de nouvelles plantations, surtout dans le sud-ouest de l’Ontario (c.-à-d. au sud d’un tracé reliant Sarnia et Oakville), prendre en considération la sensibilité à la brûlure bactérienne dans le choix des cultivars et des porte-greffes. Pour plus d’information sur la résistance relative à la brûlure bactérienne des cultivars et porte-greffes de pommiers voir la publication du MAAARO 310F, Lutte intégrée contre les ennemis du pommier.

Pratiques de lutte culturale

  • Éviter les apports excessifs d’engrais azotés. Un excès d’azote stimule la croissance végétative succulente, qui est sensible à la brûlure bactérienne. Se limiter aux apports d’azote justifiés par des analyses foliaires annuelles. Envisager de fractionner les apports de fertilisants, à raison de la moitié au printemps avant que la croissance reprenne et de la moitié après le stade calice (chute des pétales). Si l’incidence de la brûlure de la fleur a été forte, différer la seconde application. De même, éviter tout travail tardif du sol qui risquerait de rendre l’azote biodisponible aux pommiers et de stimuler la croissance végétative succulente en fin de saison.
  • Chez les pommiers sains, éviter les élagages majeurs durant l’hiver, afin de ne pas stimuler la croissance végétative la saison de croissance suivante. Le fait de se limiter à une taille annuelle périodique et de réduire au minimum le nombre d’incisions garde l’arbre moins « réactif ».
  • Retarder l’élagage d’été jusqu’au moment de la formation des bourgeons terminaux (c.-à-d. attendre que les pousses terminales se soient endurcies), ce qui se produit généralement entre le début et le milieu d’août. L’élagage effectué l’été dans le but de stimuler la croissance des rameaux fructifères (lambourdes) dans les vergers de pommiers à haute densité encourage la croissance de nouvelles pousses et prolonge la période de vulnérabilité à la brûlure des pousses. Si la brûlure bactérienne sévit, désinfecter les outils servant à l’élagage après chaque coupe. Toutefois, il n’est pas nécessaire de stériliser les outils d’élagage si la coupe est faite sous le point d’infection (soit 30 cm sous les symptômes visibles) et par conséquent si la partie élaguée ne comporte pas de sections concentriques sombres. Dans les vieux vergers qui sont fortement infectés par la brûlure bactérienne, éviter carrément l’élagage estival. Supprimer les dards sur le tronc principal et sur les branches charpentières afin d’éliminer leur potentiel infectieux.
  • Les pousses adventives (gourmands) offrent de bons points d’entrée à la maladie qui s’attaque ensuite aux grosses branches, aux branches charpentières et aux troncs. Supprimer périodiquement les gourmands en début de saison (c.-à-d. en juin).
  • Élaguer les arbres infectés durant la période de dormance afin d’éliminer tous les chancres hivernants et les sources d’inoculum. Faire les coupes bien en deçà des zones visiblement infectées.
  • Éviter de recourir à l’irrigation par aspersion afin de prévenir un excès de croissance végétative et de réduire la propagation des bactéries à l’intérieur du verger.
  • Maintenir de bonnes pratiques de lutte intégrée afin d’empêcher le plus possible les insectes de propager les bactéries responsables de la brûlure bactérienne et de causer des lésions aux tissus des feuilles et des pousses, lésions qui servent de points d’entrée aux bactéries. Il est particulièrement important de veiller à une bonne maîtrise des insectes suceurs comme les cicadelles, les pucerons et les punaises des plantes. Faire un dépistage fréquent (hebdomadaire) des insectes nuisibles et intervenir au besoin.
  • Surveiller de près les sources d’inoculum extérieures au verger, comme les espèces ornementales sensibles ou les pommiers abandonnés, les aubépines, les sorbiers d’Amérique, les cotonéasters et les cognassiers qui se trouvent à proximité des vergers commerciaux, à la recherche de signes de la brûlure bactérienne et de chancres. Les chancres hivernants sont l’une des principales sources de bactéries pour les infections subséquentes. Si possible, supprimer ces hôtes aux abords des vergers.
  • Inspecter les vergers deux fois par semaine à compter de la floraison, à la recherche d’infections des fleurs. Il est possible d’atténuer les répercussions que pourrait avoir la maladie plus tard dans la saison en supprimant sans tarder les fleurs infectées. Supprimer les dards infectés en les coupant à au moins 15 cm sous les symptômes visibles d’infection. Si la brûlure de la fleur est observée dans un endroit précis du verger, rechercher un chancre actif aux alentours et le supprimer sans tarder.

Quand la brûlure bactérienne revient année après année dans un verger, mettre en place des interventions plus musclées pour tenir cette maladie en échec. Pour plus d’information sur la lutte contre la brûlure bactérienne, voir la publication 360F du MAAARO, Guide de la culture fruitire.